02 septembre 2014

Le coût de l'annulation de Notre-Dame-des-Landes

On le sait (ou pas), j’étais partisan de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. On le devine (ou pas), le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls devrait marquer la fin de ce truc, ce qui a été confirmé récemment par Daniel Cohn-Bendit (mais de manière indirecte : à ma connaissance, ce n'est pas lui qui décide).

Terra Eco sort aujourd’hui un article sur le coût de l’abandon du projet.

Le coût du projet était estimé à 556,5 millions d’euros dont 256 millions à la charge de l’Etat. Les opposants avaient lancé des estimations et expliqué que l’aéroport coûterait environ 3 milliards. C’était évidemment n’importe quoi puisqu’ils intégraient au coût la construction d’une ligne de TGV entre Rennes et Nantes. On va donc l’estimer à la louche à environ un milliard, dont la moitié à la charge de l’Etat et le reste à la charge de Vinci.

La Direction Générale de l’aviation civile avait estimé le coût de la réfection de Nantes Atlantique à 825 millions, incluant la perte d’exploitation pendant sa fermeture pour les travaux.

Les experts indépendants mandatés par les opposants à NDDL ont estimé ce coût à « 475,8 millions d’euros […]. Soit plus de deux fois moins que les 825 millions prévus par la DGAC ! » Notons que ça ne fait pas « plus de deux fois moins » mais 60%.

Coupons la poire en deux (comme tous les militants, moi le premier, ils prennent les chiffres qui les arrangent) : le prix devrait être de l’ordre de 600 millions, soit un peu plus que le coût à la charge de l’Etat si NDDL se fait. Si on ajoute que les terrains de NA ne pourront pas être vendus et que Vinci devrait obtenir des compensations, je me demande si l’annulation de NDDL ne sera pas effroyablement cher…


La suite au prochain numéro.

Quand Cambadélis pulvérise Rebsamen

Ah ben Jean-Christophe Cambadélis semble d'accord avec mes deux billets précédents et tape sur François Rebsamen... Cliquez sur l'image pour agrandir le communiqué du Partie Socialiste.

(via Peggy)

L'erreur de Rebsamen

Fainéants (mais étrangers...)
Tiens ! Je reviens sur les propos de Rebsamen puisqu’elle fait encore la une de sites d’information et que je vois des loustics se demander pourquoi nous ronchonnons.

Petit 1 : il faut toujours ronchonner.

Petit 2 : nous avons gueulé quand la droite faisait ce genre de communiqué. Ca ne sert à rien de stigmatiser les chômeurs et tout ça. Et on passe pour des cons. C’est typiquement une mesure Sarkozyste, je ne dis pas droite ou autre, simplement Sarkozyste. La stigmatisation et l’appel aux pleurnicheries : ben voyons, ma bonne dame, il y a des chômeurs qui ne cherchent même pas du travail, ce sont des fainéants et tout ça.

Petit 3 : obliger les gens à chercher un boulot et contrôler s’ils le font ne permettra pas la création d’un seul poste, à part de contrôleur.

Petit 4 : amis chômeurs, faites le tour des bistros avec des CV et faites-les « tamponner » par les patrons pour prouver que vous êtes passés. Prenez le temps de boire quelques bières pour montrer que vous êtes sympathiques.

Petit 4 bis : relevez des séries de noms de domaine sur internet et envoyez des CV à contact@nomdedomaine.machin. Vous pouvez même essayer avec mes noms de domaine voire avec des noms de domaines fictifs, personne n’ira vérifier à Pôle Emploi si la boite existe réellement.

Petit 5 : faire des contrôles permettra de radier les chômeurs donc de faire baisser artificiellement les chiffres. Nous ne voulons plus ce genre de conneries et le public n’est pas dupe.

Petit 6 : on aimerait bien que les agents du service public soient occupés plus utilement que contrôler d’éventuel fraudeur, d’autant qu’ils seraient mieux à contrôler de potentiel vrais fraudeurs, comme les fraudeurs fiscaux, ceux qui embauchent des gens au noir,…

Petit 7 : ce genre de communiqué fait la une de la presse ce qui fait passer à la trappe le reste, comme cette interview d’Emmanuel Macron dans Ouest France et les vrais problèmes économiques du pays.


Petit 8 : quelques jours après la mise en place du nouveau gouvernement et les polémiques crées par ce Macron, notamment au sujet des 35 heures (ses propos sont salués par le Wall-Street Journal !) et par le retrait de la loi Duflot, ce n’est pas le moment ! C’est même franchement exaspérant (notamment pour le blogueur qui tente de soutenir le gouvernement parce qu’il est d’accord avec une grande partie des mesures prises).


Des fois, on se demande s’ils ne font pas des bourdes volontairement pour des raisons qu’il reste à identifier, comme faire chier la droite qui n’a plus rien à dire…

Contrôler les chômeurs ? Une nouvelle priorité ?

Quand j’ai vu l’information, ce matin, j’ai failli défaillir : François Rebsamen demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles sur les chômeurs. C’est l’ami Politeeks qui ressort, ce matin, le communiqué du Parti Socialiste, quand il était dans l’opposition, alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait voulu faire la même chose. « Il est manifeste que cette majorité est prête à tout pour parvenir à afficher une baisse statistique des chiffres du chômage : après la multiplication des radiations administratives, l’encouragement au travail précaire et aux contrats à temps très partiel, notamment dans le secteur des services à domicile, voici venue l’obligation pour les chômeurs d’accepter des emplois au rabais, même loin de chez eux, sous peine d’exclusion de l’indemnisation chômage. »

La gauche veut tout faire pour que son passage au gouvernement ressemble à une bonne séance de Guignol ?


Je vais donner une piste à M. Rebsamen : s'il y a réellement 350000 emplois non pourvus en France alors qu'il y a entre 3 et 5 millions de chômeurs, ce n'est pas parce qu'une partie d'entre eux ne cherche pas de boulot mais peut-être bien à cause d'une défaillance de ses services....

01 septembre 2014

Puteaux s'offre un genre

La mairie de Puteaux a offert des cartables aux enfants : des bleus pour les garçons et des roses pour les filles. « Les garçons ont, par ailleurs, reçu en cadeau un petit robot à construire, tandis qu’aux filles ont été distribués des livres pour apprendre à créer ses propres bijoux. » C’est une provocation consternante.

Les enfants de Puteaux seront ravis d’apprendre qu’ils servent d’outil de propagande à une des droites les plus réactionnaires qu’il soit. Leurs parents seront heureux de savoir que leur pognon est utilisé à des fins purement politiques.


J’invite les enfants à échanger leurs cartables ou a dessiner des bites dessus histoire de mettre un peu de poésie dans ce monde de brute. 

30 août 2014

La blogowar du blogueur réactionnaire

Monsieur Jacques Étienne me consacre une blogowar, ce qui est fort aimable de sa part. Il arrive même à en faire deux billets. Le plus drôle est que j'étais à peu près d'accord avec le premier. C'est avec le deuxième que j'ai compris que j'étais visé. C'est le problème des andouilles qui lancent des blogowars avec des propos trop imprécis. 

Ce qui n'empêche pas d'en rigoler. 

Ce qui n'empêche pas, non plus, de citer la conclusion d'un de ses précédents billets : "Résumons-nous : l’orthographe conservant toute son importance, ne serait-il pas préférable de lui rendre la place qu’elle mérite dans les cursus primaire et secondaire plutôt que d’obliger les jeunes à faire ensuite de grands efforts pour la maîtriser, conscients qu’ils sont devenus de l’importance sociale (et professionnelle) qui s’y attache ? Vous me direz qu’on ne peut pas être à la fois au « genre », au Bled et au Bescherelle…" 

Pour rigoler, j'ai fait un tweet à 23h30 (hips) pour souligner l'immonde racisme de la dernière phrase. Cet imbécile semble tellement traumatisé qu'il en a fait deux billets (le dernier en lien ci-dessous). Éloge de la folie ordinaire ? 

Ce qu'il y a de rigolo avec les blogueurs réactionnaires, c'est qu'ils entraînent des hordes de commentateurs heureux de taper sur les blogueurs de gauche. 

Le plus drôle est de voir deux billets pour un tweet. J'ai bien fait de ne pas aller à La Rochelle. On s'engueule mieux à la maison. 
Cela étant, si on pouvait se calmer un peu... On pourrait peut-être avancer un peu dans les blogs.  Néanmoins si un con veut me couvrir de ridicule, qu'il sache que je n'ai pas besoin de lui. 

Deux billets... Ça me rappelle la fois, avant l'élection présidentielle, où il avait fait un billet appelant à voter pour Nicolas Sarkozy alors qu'il penchait pour Madame Le Pen mais qu'il ne faut pas prendre de risque. 

Deux billets pour répondre aux 140 caractères d'un tweet. On avance. Je vais continuer à tweeter avec deux grammes, ça occupe les foules. 

Qui est Thierry Roncin ?

Moi ? Vous me connaissez ! L'engueulade avec d'autres blogueurs est un peu mon fond de commerce. Certains diront que je fais de la provocation, d'autres que je suis soupe-au-lait. Quelle importance ? Toujours est-il que je m'amusais à ironiser à propos d'un de mes congénères dans les commentaires suite à un billet de l'ami Jacques, quand ce con dégénéré est arrivé et a dit : "Nicolas Jégou ferait bien de balayer devant sa porte et de soigner son aspect physique."

Prenons ceci pour ce que c'est : une insulte au sujet du physique. Sans compter que devant ma porte, il y a de la moquette, je ne peux pas balayer, ma concierge y passe régulièrement l'aspirateur (trois fois par semaine vers 9h15, même que ça me réveille quand je suis très en retard pour aller au boulot).

Je pense donc que nous allons faire la fortune de mes avocats et provoquer des scènes d'hilarités à la gendarmerie de Loudéac où nos braves pandores ont déjà rencontré Thierry Roncin plus d'une fois.

Je vais faire un aparté puisque dans les commentaires en question il "m'accuse de l'accuser" de faire des fautes d'orthographe ce qui n'est pas le cas : il me faut donc lui répondre. Hé ! Mon canard, tu ne fais pas de faute mais tu écris le français qu'un blogueur de gauche croisé à Rosa ne renierait pas. Tiens ! Rien que dans le titre du billet mis en lien par Jacques, il y a une erreur. Tu as mis une apostrophe à la place d'un tiret. Quand je vois qu'un naze comme toi est instituteur, ça me fait très mal. 

Cela étant, je n'ai pas répondu à la question initiale : qui est Thierry Roncin ? Notons bien que tout le monde s'en fout. Il n'empêche qu'il nous faut contribuer au bien générale et notamment à la thèse de quelques étudiants en sociologie : il leur faut des spécimens de ratés.

En voilà un.

Néanmoins, il convient de ne pas le confondre avec une cuvette. Quand on vomit dans une cuvette, on a le réflexe de la nettoyer après.

J'aime bien faire des billets poétiques sur mon blog, à l'occasion.

J'attends des excuses.

Ma copine Manu se marie

28 août 2014

Le brave populisme de gauche


Voilà un tweet du camarade Des Pas Perdus. Ce brave Macron était banquier d'affaire et gagnait des centaines de milliers d'euros par an. Il a choisi de devenir conseiller à l'Elysée comme tout un chacun (je me comprends) divisant ainsi son salaire par dix... Il est revenu dans le service public. Je pourrais vous faire pleurer si vous voulez. 

Est-ce que le camarade DPP a essayé de réfléchir à ce qu'a pu gagner son idole, le camarade Mélenchon, avec des fonds publics depuis des années ? Il devrait être scandalisé. D'autant que Méluche a été ministre avant Macron. 

Populisme, quand tu nous tiens ! Pour ma part je me fous de ce que peuvent gagner ces guignols. Si je ne suis pas content, je ne vote pas pour eux. 

Mais est-ce quelqu'un pourrait expliquer au camarade DPP que, quand il aura vendu sa maison 200000 euros alors qu'il l'aura acheté 150000, il aura spéculé ?

Ce qui nous ramène à Montebourg. Avec des copains blogueurs, on l'avait interviewé pendant la primaire socialiste. En répondant à un d'eux, il avait dit : je vais interdire la spéculation. Quand mon tour est arrivé, je lui ai posé une question : vous avez dit que vous vouliez interdire la spéculation, mais comment allez-vous faire, comment allez-vous empêcher un type de vendre plus cher un truc que ce qu'il a acheté ? J'attends toujours la réponse. 

DPP est à côté de la plaque. C'est affligeant. Et il voudrait s'adresser à des électeurs. 

C'est rigolo, Montebourg sera le Mélenchon de la prochaine décennie. Espérer pouvoir gagner en mentant. Bravo. 

C'est pour ça que je cite Montebourg ce soir. Il n'arrête pas de dire qu'Hollande ment. 

Et DPP individualise l'impôt. "J'ai payé les études de Macron" dit-il ou presque. Et il se dit de gauche. Arrêtons immédiatement de payer les études aux gens doués, ils pourraient gagner de l'argent. Une seule solution : arrêter de payer les études. Privatisons tout ça, on sera peinards. 

Dis, DPP, puisque tu sous-entends des âneries sur les revenus de Macron, tu pourrais nous parler de ton salaire et du nombre d'employés dans ta boîte ? 

On pourra juger si tu as toute la légitimité pour parler au peuple. Pour ma part, je l'ignore, il sent sous les bras. 

On ne touche pas au temps de travail !

Ca ressemble à un premier couac : Emmanuel Macron a dit qu’il n’était pas opposé à un retour sur les 35 heures. Ca n’est pas un couac : il l’a dit dans une interview réalisée avant sa nomination au gouvernement. Il n’empêche que méchants twittos de gauche continue à délirer comme s’ils n’avaient pas vu les démentis du gouvernement. Il n’empêche que dans les propos de Macron (au micro…), on peut relever quelques sujets d’inquiétude…

Ce désir de nuire et ce manque de recul sont amusants. Ce matin, je me baladais dans Facebook et lisais quelques commentaires de retardataires donner leur avis sur le remaniement. J’ai vu une petite dame qui déclarait, ce matin : remplacer un industriel par un financier au ministère de l’économie est lamentable. Je vous passe le fait que M. Macron n’est pas un financier (ni une religieuse, d’ailleurs, et encore moins un Paris-Brest) mais ma petite dame n’avait pas remarqué que M. Montebourg n’était pas un industriel. C’est rigolo.

Revenons aux 35 heures…

Moi, vous me connaissez ! Ma gauchitude ne se traduit pas par une défense immodérée du droit du travail. D’ailleurs mes camarades gauchistes ne devraient pas oublier que nous sommes censés défendre les opprimés, tels de braves Robin des bois, qui sont essentiellement des gens qui ne sont pas concernés par le droit du travail, notamment des chômeurs mais aussi des salariés précaires, ce qui est à peu près tout le cas de tous ceux qui bossent dans les petites boites.

Il n’empêche que j’ai des marottes. Le temps de travail en est une tout comme la défense du CDI ce qui me pousse hurler occasionnellement contre le statut des intermittents et celui des autoentrepreneurs qui sont majoritairement utilisés par le patronat pour contourner le droit du travail. Alors, ce dernier, hein ! Pourquoi défendre les seuils sociaux alors que dans notre monde merveilleux que l’on prépare le salariat sera un jour remplacé par de la sous-traitance auprès de braves gens avec un statut particulier.

Je dis ça, j’ai l’air de déconner, mais je suis extrêmement sérieux ! Prenez mon job. Dans l’informatique, on a toujours fait appel à de la sous-traitance parce que les projets ont par nature une durée limitée et la quantité de travail est élastique. J’ai moi-même été salariés de SSII pendant 20 ans. Je dis que j’étais consultant parce que ça fait plus joli. Ainsi, dans mon service, aujourd’hui, il y a un bon tiers de « prestataires de services » que nous « louons » à des SSII. Figurez-vous que, maintenant, de plus en plus de ces prestataires ne sont plus salariés de leurs SSII mais sont autoentrepreneurs, entrepreneurs individuels voire salariés de toutes petites SSII. Notez bien qu’hors période de crise, ça arrange bien tout le monde : le prestataire gagne plus d’oseille et la SSII n’a pas de contraintes de gestion.

En résumé, moi, représentant d’une grosse entreprise, quand j’ai besoin de main d’œuvre, je fais appel à une société spécialisée (la SSII) qui me fournit du personnel qu’elle récupère à droite ou à gauche. Je n’ai donc pas de problème de gestion de personnel.

Il ne me surprendrait pas que ce mode de fonctionnement finisse par devenir la norme… Tiens ! Je connais quelqu’un qui est traductrice scientifique à son compte. Elle travaille soit pour des sociétés de traduction soit directement pour des entreprises qui ont besoin de traduction (publications scientifiques et autres notices ! Je me rappelle une fois, il y a une petite vingtaine, d’années où je l’avais aidée vu que j’avais internet et pas elle, j’avais passé des heures à me renseigner à propos des ciments). Toujours est-il qu’elle ne compte pas ses heures. Le matin, vers 6 heures, sur le PC, à travailler, vers 7 heures, elle s’occupe des enfants puis se remet au travail jusqu’à la fin de l’école, rapatrie son monde à la maison, se remet au travail, revient pour le repas et, quand les mômes sont couchés, rebelote. Pendant des périodes, elle n’a pas de client et peu souffler un peu mais le pognon ne rentre pas. Alors pendant les vacances, elle amène son ordinateur, se connecte à internet via la 3G de son iPhone et au boulot ! Le pire est qu’elle n’a pas le choix. Ce mode de fonctionnement est devenu un standard de la profession qu’elle a choisi il y a vingt ans, mais, outre le fait qu’il faut bien faire rentrer de l’argent, il faut bien qu’elle réponde aux besoins des clients, sinon ils vont chercher ailleurs et elle perdrait toutes ressources.

Elle ne connait ni les 35 heures, ni les 5 semaines,… Elle ne facture pas son travail au temps passé et personne ne peut savoir le nombre d’heures qu’elle y passe. Et cela pourrait bien être le cas de plus en plus de monde. Ou, du moins, il pourrait très bien y avoir de moins en moins de salariés.

Ainsi, si j’étais ministre de l’industrie, j’irais voir mon collègue ministre du travail et je me tournerais vers les partenaires sociaux pour leur suggérer de réfléchir à tout ça. Outre le fait que le travailleur n’est plus protégé par le code du travail et ce qu’il y a avec, l’entreprise ne verse plus de salaires et de cotisations sur le travail, c’est le prestataire qui paye ces cotisations (salariales et patronales, je ne sais pas exactement comment ça marche), en plus des différents impôts. L’entreprise ne paye qu’une facture globale en fonction de la prestation, majorée de la TVA par ailleurs récupérable.

Le modèle de société change… Et je ne suis pas Don Quichotte.

Revenons aux 35 heures…

Le temps de travail est globalement encadré par un nombre d’heures maximum par semaine, un nombre de semaines travaillées par an et un nombre d’années de travail au cours d’une vie. C’est un résumé mais, pour moi, la problématique du chômage ne peut pas être distincte de celle de la retraite… En gros, au cours de ta vie, tu devras travailler 64 000 heures et basta.

La limitation du temps de travail couvre plusieurs aspects.

Le premier est que c’est un acquis social, une conséquence du progrès et le résultat d’années de revendications, de luttes,… Il n’empêche que s’il y avait le plein emploi et que nous n’arrivions pas à produire suffisamment pour satisfaire nos besoins, nous concevrions très bien de travailler plus.

Le deuxième est que c’est garde-fou au « travailler plus pour gagner plus ». Des gens qui en ont la capacité pourraient souhaiter faire plus de 60 heures par semaine pour gagner du pognon. Je me rappelle d’une histoire qui avait fait l’actualité : une femme de ménage était salariée de deux entreprises différentes ce qui fait qu’elle dépassait 48 heures par semaine. La justice avait sévi.  Mais je me rappelle de commentaire de gauchistes à la petite semaine qui la plaignait… Avec la fin annoncée du salariat, il est temps de penser à ce sujet sérieusement…

Le troisième, et c’est ce qui génère ce billet suite aux propos de M. Macron, c’est que c’est un élément de partage du travail et donc des revenus. Si 9 types travaillent 39 heures, ils fournissent 351 heures de travail, ce qui pourrait occuper 10 lascars aux 35 heures. Evidemment, tout n’est pas une question de mathématiques et tout n’est pas aussi simple…

C’est un peu comme le travail le dimanche, tiens ! Si l’ensemble des Français ont 20 milliards (je dis ça au hasard) à dépenser par an dans les grandes surfaces spécialisées, qu’ils le fassent sur six jours ou sur sept ne change pas grand-chose et ne profite pas à l’économie, sauf dans les zones touristiques où pourrait consommer une clientèle étrangère.

Ainsi, les salariés français travaillent au total environ 40 milliards d’heures par an. Il me paraitrait à peu près plus juste de les répartir entre 30 millions de personnes qu’entre 20… Le coût serait le même et le montant que les Français auraient à dépenser dans l’économie. A droite, on dit qu’il faut travailler plus pour faire marcher l’économie et sortir de la crise. Ils ont raison ! Mais ce sont les 40 milliards qu’il faudrait augmenter, par le travail hebdomadaire de la partie de la population qui en a un.

Le ministre de l’industrie est chargé de permettre d’accroitre ce potentiel global de 40 milliards (que j’ai d’ailleurs sorti au hasard : ça fait 25 millions de salariés multipliés par 1600 heures).

Par contre, M’sieur Macron, M’sieur Rebsamen, M’sieur Valls et M’sieur pépère, ne touchez pas au 35 heures, bordel !

D’autant qu’avec la fin programmée du salariat, on est un peu dans la merde, et, surtout, qu’avec le progrès technologique, on a besoin de moins travailler pour subvenir aux besoins de la population (surtout qu’on achète des produits faits à l’étranger par des gens qui travaillent à notre place, ce qui n’est pas plus mal, au fond, mais fait sortir du pognon du pays).

Dans dix ans, toutes les caisses des supermarchés seront automatiques. Il n’y aura plus de caissière.

C’est un exemple. Je vais en prendre un autre. Je discutais hier avec un collègue. Mon boulot est de concevoir des logiciels. Le sien est d’aller les installer dans les agences « pilotes » (les premières qui vont utiliser ces machins pour les tester avant de les mettre dans toutes les agences). Hier, il me disait que les agents étaient inquiet par notre dernière trouvaille parce qu’ils avaient effectivement moins de travail à faire. On les rassure comme on peut (z’inquiétez pas les gars, on ne va pas vous virer mais quand machin partira à la retraite il ne sera pas remplacé).

Qu’on ait moins de travail est très bien ! Ca nous dégage du temps pour faire les cons dans les réseaux sociaux. Il n’empêche que cette réduction ne doit pas profiter uniquement à l’actionnaire mais à toute la société. On appelle ça la redistribution aussi. Ca peut se faire par l’impôt et les cotisations pour donner des sous à ceux qui ne peuvent pas en avoir par le travail.

Mais ça peut aussi se faire par le partage du travail. Les 35 heures en sont un outil.

N’y touchez pas, bordel !


Sauf pour les serveurs de bistro quand j’ai encore soif après la fermeture.