26 février 2015

Syrie d'une polémique

« POLÉMIQUE - Quatre parlementaires français ont rencontré Bachar al-Assad à Damas. Une "faute morale", selon le Premier ministre. » nous dit Europe 1, comme la plupart des sites d’information plaçant ce machin en tête !

Jean-Christophe Cambadélis veut même aller jusqu’à condamner Gérard Bapt, le socialo de la bande. Rappelons à Camba que le politburo n’existe pas : la politique de la France n’est pas menée par le Parti Socialiste mais par le président, le Parlement et le gouvernement. Déjà que, mardi, il déclarait vouloir auditionner ce dernier. Qu’il se calme, mon dieu… Le premier ministre a du utiliser le 49.3, récemment, ce n’est pas dramatique. C’est bien plus démocratique qu’un comité central d’un parti politique donne des ordres de vote. Voir mon billet d’hier soir.

Cela étant, je suis d’accord avec Manuel Valls, c’est une faute, immorale… d’autant qu’il ne revient pas aux députés de prendre des initiatives dans le cadre de la politique étrangère de la France.

Par contre, je lisais plusieurs dépêches, ce matin. A l’UMP et au FN, ils semblent majoritairement favorables à cette visite. L’Humanité penserait que renouer les relations avec Al-Assad la seule solution pour combattre l’EI et va jusqu’à se demander si les quatre députés n’auraient pas eu l’accord du gouvernement.

Les prises de position de chacun seraient-elles uniquement des postures politiques, pour critiquer le gouvernement ?

Dans ce genre de cas, cela me casse les oignons.



25 février 2015

Dialogue avec l'islam ?


Toujours en retard avec la lecture de l'actualité (troisième billet...), j'apprends ce soir que Bernard Cazeneuve a monté un nouveau machin pour le dialogue entre les musulmans et l'Etat. Je gueulais déjà lors de la création sous Chirac, du conseil machin des musulmans de France. 

Ce n'est pas à l'État d'organiser les religions. Et la laïcité, bordel ?

Baisse du chômage


Les chiffres du chômage sont bons pour ce début d'année 2015 et les courbes sont avantageuses. D'où la photo pied de nouveau nez à Blogger. 

Mais la polémique commence à enfler. Ils sont bons pour telle ou telle catégorie, mais pas pour les autres. 

Maintenant que je diffuse les illustrations des billets de blog dans Twitter pour @jegoun @legtblogs et @kremlindesblogs , je suis obligé de foutre un peu de cul. 

Il n'empêche qu'il faut parler du chômage avec deux nouveaux paramètres. 

Le premier : l'emploi salarié va se transférer progressivement vers d'autres types de travail. Comme les auto entrepreneurs ou les intermittents du spectacle. 

Le deuxième : le progrès technologique fait qu'il y a besoin de moins de monde pour produire la même chose. Le débat doit donc être centré sur le partage des richesses produites, voire du travail. 

Le chômage devrait baisser. Les cycles économiques et tout ça. Sans compter les images de cul dans Twitter. La dame est charmante mais il ne faudrait pas que son stérilet abîme les sièges de la voiture. 

Nicolas Sarkozy a fait un million de chômeurs en plus en cinq ans. A vue de nez, François Hollande devrait faire moins si on applique une bête règle de cheval de Troie. Mais il se pourrait qu'il bénéficie de l'inversion de la courbe (avantageuse). Celle qu'on attendait pour fin 2013. J'imagine les débats en 2017 : Sarkozy a fait un million de chômeurs  en plus, Hollande n'a fait que 500 000.  Grandiose. 

Et si on se mettait réelllement à réfléchir aux mutations de la société ? 

Politburo


Je dois avouer que je n'ai pris connaissance des discussions au bureau national du PS que ce soir. J'ai cru voir qu'ils ont adopté un texte disant qu'ils fixeraient les consignes de vote pour les députés après audition du gouvernement. 

Hé ho ! Jean-Christophe, camarade, tu délires ? 

Autant je suis favorable à une discipline de vote, autant je me demande en quoi le bureau national a la moindre légitimité pour donner la moindre consigne. 

Démerdez-vous avec vos histoires internes mais ne faites surtout pas croire qu'il existe un bureau politique qui décide des lois à voter. 

Vous êtes tarés ou quoi ? En plus ça m'oblige à être d'accord avec Pierre Parrillo. J'ai l'air malin. 

24 février 2015

Hollande évite une nouvelle guerre ?

C'est le Figaro qui nous l'apprend. C'est heureux. Pépère devrait aller faire une virée en Israël.

Les maux de souche

Souche victime d'amalgame.
Le moins que l’on puisse dire est que le boss du CRIF a manqué de diplomatie en disant que les actes de délinquance était fait par des musulmans. Je vais le laisser se débrouiller pour calmer le jeu auprès des musulmans. Hier, la blogosphère de gauche ronchonnait, comme seule elle sait le faire quand la blogosphère de droite est au repos, parce que Manuel Valls a parlé « d’islamofascisme ». Aujourd’hui, il y a une grosse polémique pace que François Hollande a parlé de « Français de souche » dans l’expression « Français de souche comme on dit ».

Tollé !

Dites, les gens, vous n’auriez pas mieux à faire ?

Tiens ! Mme Filippetti a tweeté : « "Français de souche" : plus qu'une maladresse, une faute. Camus: "Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde" » J’espère que ce n’est pas Renaud Camus, qu’elle cite.


Nous arrivons à un rare niveau de bêtise. 

22 février 2015

La lutte finale !

Hier soir, je fais mes courses chez Leclerc et j'arrive à la Comète vers 19h30. Normalement, elle ferme à 19h, le samedi. J'étais donc surpris. Je rentre et me fous de la gueule de Roger, le serveur. Genre : alors, tu fais des heures supplémentaires non payées ?

Il me montre alors deux clients en salle et me dis : je n'arrive pas à leur faire comprendre poliment que je ferme. Les tables des terrasses étaient rangées. Il était évident que le bistro fermait. Je lui dis de leur dire franchement mais il me répond qu'ils ne comprennent pas qu'il reste des cons au comptoir. 

Finalement, il y va. Fermement. Je ferme, dit-il fermement (le blogueur lourd). La dame paye les 4€90 qu'ils devaient (de mémoire, ce qui importe sont les dix centimes de monnaie sur le billet). 

Et la dame commence à gueuler : on partira quand j'aurais eu ma monnaie (les 10 centimes).  Roger va à la caisse et prend 10 centimes. Il avait embauché à 11h30. 

Ils finissent par partir. Plus de client en salle, les clients du comptoir se barrent, dont moi. 

Roger l'intercepter : tu les connais, ces crevures ?

Moi : oui. Il me semble que ce sont les candidats Lutte Ouvrière pour les départementales (j'étais sûr que lui était candidat à de précédentes élections pour LO, ce qui force mi respect. Faire le con dans un blog est une chose, être candidat une autre). 

Toujours est-il qu'ils conchiaient allègrement le type qui bosse. Ils s'étonneront ensuite de faire 0,3% aux élections. Elle a eu ses 10 centimes et a eu raison de réclamer : pourquoi un connard serait-il récompensé quand un client l'oblige à bosser bénévolement une heure de plus ? 

Les blogs politiques ne sont pas morts : certains bandent encore

Dans mon dernier billet, j’évoquais l’éternelle mort des blogs politiques. C’est un fait, les blogs politiques de ma bande sont beaucoup moins actifs. Bembelly est venu commenter. Il critique mes blogs puis pose la question : « Pourquoi les e-militants répondent aux abonnés absents. L’actuelle politique du gouvernement a- t- elle une incidence sur la production-web des blogueurs politiques, les ex- de gouvernement ? »

Selon lui, ce sont les actions du gouvernement qui provoque ce vide chez les blogueurs politiques. Il a raison sur un point : il est plus facile d’être blogueurs dans l’opposition. Il a raison. Comme il critique mon blog, je vais critiquer plein de blogs et tenter de donner quelques raisons à cette morosité.

Les effets Twitter

Petit 1 : il fut un temps, quand un blogueur avait une information, il voulait la diffuser car elle lui paraissait importante. Maintenant, elle buzze dans Twitter avant qu’il ait pu lire la fin de la dépêche AFP. Tous les jeux de mot possible sont sortis et tous les commentaires possibles sont faits avant qu’il ne sorte son billet. Il m’est arrivé de publier des trucs et de me rendre compte que tout avait déjà été dit. Ce n’est pas très grave, les lecteurs ne sont pas nécessairement les mêmes, mais c’est déprimant. Cela ne motive plus.

Petit 2 : on critique les 140 caractères mais ils ont des qualités. Ils obligent à la concision et quand la concision n’est pas là, les lecteurs fuient. Et quand la concision est là, le lecteur fuit aussi car il aurait pu trouver l’information dans Twitter. C’est une espèce de paradoxe.

Vous me connaissez, j’ai quelques cibles favorites, dans les blogs, comme Pierre Parrillo, Gauche de Combat, Corto,… Le dernier billet du premier porte sur une petite dame d’Amiens qui est passée du PS au PC puis au FN. Il en fait une tartine incroyable. Cela ne sert à rien. Toutes les conclusions possibles sont dans l’information. C’est un blogueur de droite : il dénonce la porosité entre le PS et le FN. Notons bien qu’il fait ce qu’il veut. Son billet est peut-être intéressant mais je ne l’ai lu qu’en diagonale pour voir ce qu’il avait dire. Il faut arrêter de se forcer à remplir un A4 quand on fait un billet de blog. L’autre erreur qu’il fait est que personne n’a rien à cirer de la petite dame en question, totalement inconnu. D’ailleurs ce paragraphe est superflu.

Petit 3 : la dictature de Twitter qui empêche le blogueur politique de gauche de sortir de la ligne fixée par la vraie gauche.

La médiocrité du blogueur

 Le fait de disposer d’un outil pour écrire ne génère pas automatique un écrivain, un journaliste ou un éditorialiste. Et même ceux maniant la langue correctement n’ont pas forcément quelque chose à dire ou le font pour manier la langue. A une époque, on avait beaucoup de billets très bien écrits mais pas du tout adapté à ce qu’est le blog ou le réseau social, ressemblant plus à un devoir de philosophie ou d’économie qu’à un éditorial, avec, en plus, la prétention de l’éditorialiste.

D’ailleurs, l’ancien classement Wikio n’a jamais été analysé sous le bon angle, notamment les « éternels » trois premiers que furent Intox2007, Sarkofrance et le présent blog. Sortons un euphémisme : aucun des trois ne respire franchement la littérature. Et on en vient directement au dernier point que je voudrais évoquer en réponse à Bembelly : la fainéantise des blogueurs, ce qui n’était pas un défaut dont on pouvait qualifier les tauliers de ces trois blogs.

La fainéantise des blogueurs

La loi Macron a fait la une de l’actualité mais citez-moi un seul blogueur qui soit rentré dans le fond de la loi, pour disséquer certains aspects, autrement que pour sortir des banalités sur le travail du dimanche, ah mais ma brave dame vous voyez bien que Valls n’est pas de gauche.

Il y a bien moi qui ait évoqué les lignes privées de car, de même que Gauche de Combat, par exemple. Je vais y revenir, le temps de changer de section.

La fainéantise intellectuelle des blogueurs

Egalement poussé par le terrorisme intellectuel, le même que celui que j’évoquais à propos de Twitter, le blogueur ne veut plus sortir du cadre. Il est évident que permettre l’ouverture des commerces plus de dimanches par an est une perte d’acquis sociaux. On peut en faire un plat mais, quand Martine Aubry a sorti sa tribune, il aurait fallu réfléchir un peu plus, car elle l’a sortie pour se positionner en chef de la vraie gauche. C’est un statut Facebook de Julien Dray et les commentaires acerbes de Didier Goux qui m’ont mis la puce à l’oreille. On ne fait pas un projet de société à partir d’un nombre de jours d’ouvertures.

Si j’ai parlé de la possibilité à des entrepreneurs privés d’ouvrir des lignes de car interrégionales, c’est en réaction à un billet de Gauche de Combat. Il disait que c’était mal, qu’il revenait au service public d’assurer ces machins qui allaient mettre en concurrence la SNCF.

Alors, je vais refaire mon billet. Pour aller de mon lieu de travail (La Défense) à chez ma mère, il me faut plus de trois heures de train, près d’une heure de car (on va dire une heure parce qu’il y a une correspondance) après un trajet à pieds puis en métro, comptons une cinquième heure. Nous sommes probablement une bonne cinquantaine dans ma situation : travailler à La Défense et passer des week-ends en Centre Bretagne. Un entrepreneur privé pourrait monter une ligne : La Défense, Saint-Meen, Merdrignac, Loudéac, Rostrenen, le tout pour 50 euros au lieu de 180 (sans abonnement). En près d’une heure de moins. Dans l’intérêt du peuple. Je pars à 16h30 du bureau, je suis à 22 heures au bistro après un dîner en famille… Pourquoi cela serait-il de droite ?

Le blogueur politique ne pourrait-il pas enlever ses œillères. On faisait de l’opposition de principe à tout ce que faisait Nicolas Sarkozy et ils ont pris le réflexe de le faire pour tout ce que fait Manuel Valls…

Concluons

J’ai encore fait une tartine alors qu’il me faut répondre à la question de Bembelly : « Pourquoi les e-militants répondent aux abonnés absents. L’actuelle politique du gouvernement a-t-elle une incidence sur la production-web des blogueurs politiques, les ex- de gouvernement ? »

Chacun a des sujets qui l’intéressent plus que les autres. Encore faut-il les traiter, à fond, pas comme si on était dans Twitter.


Pas par de vagues sous-entendus ou en traitant de racistes ceux qui osent dire que les terroristes islamistes sont des méchants.

21 février 2015

Les blogs politiques sont encore mort. "fait chier" ou "tant pis" ?

Hé ! Les gens ! T’as vu ? Les blogueurs politiques de gauche, ils ne glandent plus rien. Même Sarkofrance a à moitié laissé tomber son blog phare. Il a raison ! Qu’il se repose. Parmi les copains, il y en a qui sont toujours actifs, heureusement, mais je ne vais citer personne, de peur d’oublier les oubliés.

Il y en a d’autres qui ne savent plus que produire une bouillie infâme, sans queue ni tête. Tiens ! J’en ai vu un qui a écrit cette phrase : « Voila qui ne devrait pas plaire aux fachos entre autres réacs qui se croient «parangon de vertu» sur le Web avec des «arguments glaçage de cupcakes» livrés par l’ami «Ok Google Actualités!». » avec des parties en gras, d’autres en italique,… Comment voulez-vous que les lecteurs comprennent, voire s’y intéresse ?

L’ami Google Actualités, au fait, c’est moi ! Je m’intéresse à l’information grand public, à ce qu’entendent les électeurs. C’est mal, je sais.

Beaucoup des copains des leftblogs ne font plus rien sur leurs blogs. C’est triste. Moi-même, j’ai une baisse de rythme. Nous allons donc étudier deux blogs politiques, ou, plus exactement, les deux derniers billets de blogs politiques, les andouilles de service, Gauche de Combat et Pierre Parrillo qui, lui, au moins, a les couilles de ne pas être anonyme. Ils ont néanmoins un point commun : le QI.

Commençons par le dernier billet de Pierre Parrillo. Soyons sérieux, je vous prie, pour écrire ce billet, je l’ai lu. Un peu de respect, que diable. Il traite de Razzi Hammadi, député PS dont personne n’a strictement rien à cirer, il faut l’admettre. Il sait se faire un nom au sein du parti et des militants de gauche par quelques propos qui donnent envie de lui donner des baffes, mais Parrillo le croit représentatif. Lisez son billet. Je sais, je vous demande beaucoup mais n’oubliez pas que, cette fois, je ne vous demande pas de lire les commentaires chez Corto. Et ce n’est pas moi qui parle de Razzi machin. Lisez son billet (bis) et revenez ici, dans les commentaires, résumer ce que Parrillo lui reproche. Chiche ! Après, vous aurez trois heures pour répondre à la question : « Si Parrillo n’avait pas une haine personnelle contre cette andouille, que l’on ne sait pas expliquer, qu’aurait-il pu vouloir dire qui intéresse un lecteur, de droite, de gauche ou de nulle part ? »

Venons-en au dernier billet de Gauche de Combat. Vous me connaissez, je n’ai pas pris les blogueurs au hasard, mais avant de rédiger ce billet, je ne savais pas de quoi parlaient leurs derniers billets. Il nous diffuse une infographie au sujet de l’accessibilité pour les handicapés qu’il a trouvée par hasard. A priori, il est impossible de tout lire. Cela intéressera certainement un tas de types, néanmoins, qui vont s’empresser de buzzer entre gens ayant les mêmes préoccupations. Il n’empêche qu’il a oublié un détail : le fond. Prenons un exemple au hasard : la Comète. Comment la patronne peut-elle se mettre aux normes sachant qu’il lui faudrait installer un ascenseur pour aller aux toilettes et qu’elle n’est propriétaire ni du fond ni des murs ? Faire pleurer la bourgeoise qui se croit de gauche est facile… :

Alors je pose une question bête : la blogosphère politique ne pourrait-elle pas se ressaisir pour faire des billets avec un peu de fond ? Des trucs sérieux.
Tant pis pour le reste. Je fais un billet à propos de la réforme territoriale, j’ai 300 lecteurs. Un billet au sujet de la mort des blogs politiques, 800 ou 1000.


Merci à toi de contribuer à mes statistiques. 

20 février 2015

Difficile démocratie

Morceau de République
L’épisode du 49.3 a montré qu’on a un problème d’exercice démocratie en France. Certains expliquent que faire passer un texte avec le 49.3 est un déni de démocratie. Pour ma part, je pense que le premier ministre est nommé à un poste pour faire un job, ce n’est pas un déni de démocratie qu’il ait le droit de faire passer un texte par an pour faire le job s’il n’a pas de majorité pour le faire. Le plus drôle est que je dirais exactement le contraire si c’était la droite qui faisait ça.

C’était l’objet de mon billet d’hier : la droite a utilisé beaucoup moins souvent le 49.3 parce que les députés sont disciplinés, qu’à droite on suit le chef et tout ça. Je disais qu’ils étaient tenus par les couilles. A gauche, par contre, on aime bien les avis contraires, les discussions. Il est donc beaucoup plus difficile de trouver une majorité.

Ce qui ne sont pas d’accord avec la majorité sont souvent ceux qui prônent une Sixième République (et même si je parle souvent de Constitution parce que cela me passionne, je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que j’ai pu lire sur « leur » ligne) mais il y a un hic : changer les institutions ne leur fera pas réunir une majorité. Si vous regardez le résultat des élections présidentielles, il est rare qu’un président élu recueille plus de 30% au premier tour et personne, depuis 1969, n’a fait plus de 50. Il faut donc que le président trouve cette majorité et fasse des compromis, des négociations,… D’ailleurs si les politiciens de gauche qui se retrouve derrière cette nouvelle République étaient élus dans le cadre de cette République, ils peineraient à former une majorité.

Je ne sais pas si le phénomène est spécifique à la France. Prenez l’Allemagne où le fonctionnement de l’Etat pourrait être pris comme exemple pour ne nouvelles institutions. Le président est fantoche et c’est bien le parlement qui gère le pays mais le plus grand parti de droite a du faire une coalition avec le plus grand parti de gauche. Chez nous, cela serait impossible.
 
Autre morceau de la République.
C’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas en train de faire un billet prônant un changement des institutions. En France, on a le fameux rapport « droite gauche ». Il va sans doute prochainement tomber d’ailleurs. Imaginons que François Hollande fasse une dissolution, là, maintenant, parce qu’après il a apéro. On pourrait avoir une assemblée constituée ainsi : petits partis de gauche 15% (je parle en nombre d’élus), PS, 25%, UDI+UMP 40% et FN 20%. Il serait logique que le président appelle le patron du gagnant, l’UMP comme premier ministre et ce dernier serait bien obligé de faire appel au FN ou au PS pour former un gouvernement.

En France, on appelle ça l’ouverture. Mitterrand l’a fait en 1988 parce qu’il en avait besoin. Sarkozy l’a fait en 2007 pour faire joli (il avait la majorité). Si on refait cela aujourd’hui, c’est-à-dire dans un sens inédit : une ouverture de la droite vers la gauche pour trouver une majorité, ceux de gauche acceptant ce principe sur la base d’un texte de compromis, seraient appelés par la vraie gauche des traitres alors qu’ils ne feraient qu’éviter à l’UMP de se droitiser en pactisant avec le Front National.

Et c’est ce rapport « droite gauche » qui fout le bordel. Je ne souhaite pas le faire sauter, je me sens profondément de gauche mais pas nécessairement de la même gauche que d’autres qui ont une position de principe. Je vais prendre quatre exemples. Je précise que ce n’est pas de la provocation mais de l’illustration.

Le premier. Je vais le prendre dans le rapport Macron. Il y a un truc pour permettre la privatisation des aéroports. Les mecs de gauche gueulent : ah mais bon dieu c’est une mesure de droite, il ne faut pas privatiser les infrastructures, et l’aménagement du territoire bordel ? Je pourrais m’attacher à démontrer le contraire. Par exemple, l’Etat n’a pas à gérer des équipements utilisés exclusivement par des opérateurs privés, c’est bien la droite de dépenser des sous pour permettre à d’autres de gagner du pognon. Ou : prendre les aéroports de Nice et de Toulouse défendre pour l’aménagement des territoires, ce ne sont pas ces grandes villes qui en ont besoin. Ou : hého la plupart des aéroports sont déjà gérés par des CCI qui ne sont pas des structures publiques.

La seule question qui doit se poser est : ah mais bordel si un type juge rentable de dépenser un milliard pour acheter un aéroport et qu’il gagnera des sous avec c’est complètement con de le vendre puisqu’on pourrait les gagner nous-mêmes. C’est le principe de la privatisation des autoroutes : des andouilles gouvernementales ont jugé utile de le faire, on gueule parce que les tarifs sont trop élevés et les acheteurs s’en foutent plein les fouilles.

Donc je suis contre la privatisation des aéroports. Et c’est exactement le genre de position qui pourrait faire consensus (d’autant que moi, blogueur de gouvernement encore disponible, je prends une position qui est le contraire de celle de la loi en question). On réfléchit à froid. Et personne ne jugerait utile de passer en force pour privatiser nos autoroutes, nos aéroports ou nos toilettes publiques.

En aparté, ça montre le deuxième défaut de notre système : la possibilité de faire des lois « fourre tout » comme la loi Macron. C’est une erreur de leur part.

Rassurez-vous, je vais abréger les exemples suivants.

Le deuxième : le referendum de 2005 (et de manière plus générale). La fracture n’est pas droite gauche.  Elle est entre les « bouts » et le centre. Et être partisan de la construction de l’Europe est être partisan de l’amélioration de Maastricht qui est un truc de droite que nous a collé la gauche, donc un truc de gauche. Et être européaniste est être internationaliste. Et être de gauche nécessite, pour moi, d’être internationaliste.

Le troisième : le déficit et l’austérité. A gauche, ils veulent moins de restrictions budgétaires. Or la dette, elle est souscrite auprès d’opérateurs privés, des marchés financiers,… Donc vouloir que l’Etat dépense de l’oseille favorise le privé et c’est donc de droite.

Le quatrième : le mariage pour tous. C’est un truc bien de gauche que de vouloir que tous les couples aient les mêmes droits et j’en suis profondément partisan. Mais admettez que c’est quand même bien rigolo de voir la gauche défendre le mariage, cette putain de vieille institution catholique et réactionnaire.

Fin. Des exemples.

Je rappelle qu’ils ne sont pas là pour faire des provocations mais pour illustrer le fait que tout ne peut pas être réduit à un rapport droite gauche.

Dans ces paragraphes numérotés, j’ai introduit une deuxième numérotation, celle des défauts, conneries ou des difficultés de notre système. Le premier : la nécessité du compromis pour avoir une majorité rendu difficile par le rapport droite gauche. Le deuxième, abordé au détour d’une phrase, est la possibilité de faire des lois fourre tout et, d’une manière générale, cette habitude que l’on a, à droite comme à gauche, de légiférer pour un oui ou pour un non. Tiens ! Je vais prendre un truc que j’approuve dans la loi Macron : la libéralisation du transport par car (c’est une position qui pourrait être qualifiée de droite mais j’en ai déjà fait des billets, je ne vais pas me justifier). Je suis tombé sur le cul quand j’ai appris qu’un opérateur privé ne pouvait pas faire une ligne de transport interrégionale sans autorisation de l’Etat ! C’est délirant.

Et on en revient à nos aéroports : en France, vu de gauche, il faut que le service public soit assuré par l’Etat.  Il peut l’être par le privé. Et aussi par les collectivités territoriales.

Je parlais, hier soir, avec un camarade MRC (il y en a plein, à Bicêtre) qui notait tout le bien que faisait le service public, notamment à Bicêtre, au niveau de l’aide sociale, ce qui est vrai. Il m’a dit que c’était ça, pour lui, la République. J’ai dit non… Ce qui fait par la ville n’est pas du ressort de la République sauf si c’est imposé par les lois de la République.

Et c’est le troisième défaut ou connerie de notre système, c’est d’utiliser le mot République pour un oui ou pour un non. Pour résumer, le mot « république » signifie qu’on n’est pas en monarchie, ce qui ne veut pas dire qu’on est en démocratie, d’ailleurs (et ceux qui se sont appelés « républiques démocratiques » n’étaient pas franchement des démocraties). Si on y colle un R majuscule, « République » peut s’appliquer à notre pays, qui est une république. Par contre, l’adjectif « républicain » ne peut s’appliquer qu’à la forme d’organisation du pays, l’opposition à monarchie. Ainsi, ceux qui cherchent à casser le Front National en disant que ce n’est pas un parti républicain se trompent de combat. Ca aurait quel sens de dire qu’un parti d’extrême droite anglais n’est pas républicain ?

Alors le Front Républicain apparait comme une grosse connerie. Les braves gens ne font que dire qu’il faut un consensus entre la gauche et la droite pas extrême pour barrer la route à l’extrême. Et ce mot, « République », dont nous sommes très fier au point que certains voudraient rendre férié le 21 janvier, tout en en faisant une Sixième perd son sens.

C’est étrange. Je suis républicain parce qu’opposé aux privilèges que nécessite une monarchie mais surtout un démocrate, bien plus que républicain. Et le démocratie nécessite le consensus.

On ne fait pas une majorité tout seul. Et faire une sixième République ne garantit visiblement pas la démocratie.