24 octobre 2014

A-t-on besoin des réseaux sociaux ?

Dans le Huff, Camille Saint Paul revient sur une interview de Guy Birenbaum et mon billet à propos de Twitter : est-ce la mort de Twitter et de Facebook ? Vous me connaissez, je ne peux pas m’empêcher d’en ajouter. Tout d’abord, un premier constat : ils ne sont pas mort. Ils sont là. Au cœur de notre ordinateur.

Commençons par oublier ces deux gros pendant cinq minutes, de même que les réseaux sociaux, internet et tous ces machins. Faisons un peu d’informatique. J’ai d’ailleurs une réserve de 0 et de 1 en stock. Un peu d’informatique et d’archéologie. Il y a cinq ans, vous aviez un ordinateur. Il y avait évidemment un navigateur qui vous permettait de voir des films de cul mais vous aviez aussi un disque dur avec des logiciels que vous y installiez, des saloperies téléchargées,… Vous y rangiez vos photos, vos documents,… Les habitudes sont tenaces et vous continuez probablement à faire un tas de trucs avec votre ordinateur mais les industriels, en général, ont fait évoluer nos pratiques.

Je vais donner un exemple : les photos. Il y a une dizaine d’années, les appareils photos numériques se sont démocratisés et ont remplacé les argentiques. On archivait nos photos dans un dossier de l’ordinateur. On faisait vachement attention. On achetait des cartes supplémentaires pour être sûrs de prendre autant de photo que l’on voulait et en rentrant de vacances, on se précipitait pour tout archiver, faire des sauvegardes,... Les « APN » ont progressivement été remplacés par les smartphones au fur et à mesure de l’amélioration des capacités de l’appareil photo intégré. On s’est retrouvés avec deux phénomènes. Le premier est que les photos ont commencé à se propager sur le Cloud. Plus besoin de les archiver, de les ranger,… Le deuxième est que tout le monde s’est mis à faire des photos, on voit des photos partout, les gens partagent des photos, on est envahis de photos, je ne supporte plus les photos, d’autant que les lascars se prennent pour des photographes de qualité alors qu’il est impossible de réussir une bonne photo avec un smartphone, je déteste les photos, je conchie les photographes amateurs qui oublient que c’est aussi un métier de prendre des photos. J’exècre les imbéciles qui diffusent des photos de bouffe mais je déteste encore plus les crétins qui se sentent autorisés à critiquer ceux qui diffusent des photos de bouffe.

Ne bougez pas, je vais me calmer.

Toujours est-il qu’il est devenu très simple de faire des photos et qu’on a perdu le réflexe de les archiver sur son PC. Et on les balance sur Facebook à partir de son smartphone appareil photo. Hop !

Je pourrais multiplier les exemples (à quoi bon avoir de la musique sur son ordinateur si vous pouvez l’écouter en streaming, par exemple ?). Ainsi, en quelques années, le disque dur, qui était le cœur de l’ordinateur (rappelez-vous, on achetait encore des disques durs amovibles il y a très peu… Si vous venez de le faire, c’est que vous êtes hermétique au progrès), prend une position secondaire dans votre navigateur.

Le navigateur s’est mis au centre et, un lascar comme moi, commence toujours par ouvrir ses mails et son Facebook quand il allume son PC. Facebook s’est ainsi placé en élément pivot de la vie de beaucoup d’internautes, c’est presque devenu un système d’exploitation : vous regardez des vidéos, communiquez, archivez vos photos. Si on est bien conscients de ce qu’apporte Facebook quand on est utilisateurs (ce n’est pas une obligation, non plus…), on oublie souvent qu’il remplace autre chose et qu’il est plus qu’un réseau social.

Quand on fait des jolis billets de blog à propos de Facebook, on oublie cette dimension : l’utilisateur que l’on va qualifier de lambda se fout totalement de ce qu’est un réseau social. Et pas seulement le lambda.

Guy dit un peu la même chose à propos de Twitter, d’ailleurs. Pour le résumer, si c’était possible : ce n’est plus la peine de parler de Twitter, il est là.

Alors, je vais reprendre la conclusion de Camille que je partage : « Qu'en conclure ? Que Facebook et Twitter ne sont pas morts - loin de là - mais qu'ils sont peut-être en train de scier lentement la branche où ils sont assis ; que ceux qui prédisent leur fin disent autre chose en creux : leurs besoins (d'anonymat, de partage, d'information qualifiée, d'authenticité etc.) ne sont pas, ne sont plus pourvus. Qu'il y a de la place pour de nouveaux entrants, pour de nouveaux Facebook à condition qu'ils soient en capacité d'offrir des fonctionnalités suffisamment nouvelles et attractives pour « déplacer les foules » du web. Qu'après la course au temps réel, une frange grandissante de twittos aspire à la sélection et à une « information apaisée », comme le suggère le lancement de Vellum par le New-York Times ou du futur Brief.me par les anciens de Rue89. Ce serait une bonne nouvelle pour les media... et leurs lecteurs. »

C’est une petite partie qui a retenu mon attention et qui m’a poussé à faire ce billet : « leurs besoins ne sont plus pourvus. »

Pourquoi parler de besoin ? Je n’ai besoin ni des réseaux sociaux ni de ce que je peux y faire. Parfois, le marché ou l’usage créent le besoin. Par exemple, cela fait quinze ans que j’ai un téléphone mobile. J’ai très bien vécu sans pendant à peu près autant d’années en tant qu’adulte. Depuis que je l’ai, j’en ai réellement besoin pour pouvoir être joint en permanence et un tas de raison. Mon mobile s’est transformé il y a cinq ou six ans en smartphone et j’en ai besoin, maintenant, ne serait-ce que pour consulter mes mails.

Par contre, à peu près personne n’a besoin des réseaux sociaux. Des fonctionnalités intégrées peuvent couvrir des besoins. Par exemple, Facebook permet de créer des albums photos pour les archiver et les partager avec d’autres, ce que l’on peut considérer comme des besoins qui pourraient être couverts autrement. Le réseau social en tant que tel, ou, du moins, l’outil de réseautage social ne sert à rien. Papoter avec des gens plus ou moins inconnus, partager des trucs ou voir ce que d’autres partagent ne répond à rien, aucun besoin. Cela permet simplement de passer du bon temps, ce qui n’est déjà pas mal.

C’est ce qui fait le génie de Twitter et Facebook : avoir un succès prodigieux sans répondre au moindre besoin, sans avoir le moindre intérêt. Après la dose de génie et le travail nécessaire pour mettre la mécanique en branle, le succès ne repose que sur le hasard. Par exemple, tout le monde connais l’histoire de Facebook. Les créateurs ont fait un machin pour causer entre potes à la fac. Dix ans après, il y a plus d’un milliard d’utilisateurs… C’est devenu à la mode…

On ne m’enlèvera pas de la tête qu’un tel succès a une grande probabilité d’être éphémère…

Reprenons l’exemple des photos. Il y a quinze ans, les APN arrivaient. C’était génial. On pouvait mitrailler, ça ne coûtait rien. Les prix ont baissé, on pouvait en offrir aux gamins. Pour l’anecdote, mon APN fut mon dernier achat important en francs, c’était pour le Noël qui précédait le passage à l’euro, le 1er janvier 2002. Je voyais ça plus vieux mais je viens de me rappeler du prix : 1111 euros. Plus de 7000 francs. J’avais acheté le top du top. Il avait une résolution de 4 mégas. Les smartphones modernes font plus du double, aujourd’hui pour un prix bien inférieur. Ils auront prochainement une telle résolution qu’on pourra prendre les photos n’importe comment : des logiciels de retouche permettront d’obtenir de très bonnes photos.

Les APN auront vécu une quinzaine ou une vingtaine d’années.


Twitter et Facebook sont éphémères et ne répondent à aucun besoin.

23 octobre 2014

Le désarroi du militant socialiste

Suite à mon billet d’hier, à propos de la « gauche passéiste », j’ai continué à lire mes camarades de gauche qui ronchonnent après le premier ministre quand je suis tombé sur ce billet de la camaradette @iboux. Elle se demande de quelle gauche parle Manuel Valls et apporte des éléments de réponse dont : « La gauche passéiste pour laquelle Hollande a concocté un programme qui a emporté l'adhésion des électeurs face à celui de Sarkozy ? »

On a l’impression qu’elle sous-entend que Valls et Hollande auraient trahi les électeurs mais je me demande à quel point on pourrait se demander si se tromper à ce point sur les intentions des électeurs n’est pas une trahison. Je me comprends.

Un de ces jours, il va falloir réécrire l’histoire de la Cinquième République ! Un président qui serait élu parce que son programme est meilleur. On croit rêver.

Petit 1 : François Hollande a été élu parce que la droite était au pouvoir depuis dix ans, a échoué, et que les Français ne voulaient plus de ces gens-là.

Petit 2 : le petit 1 est surtout valable pour l’ancien président qui énervait tellement les gens et a montré tant d’incompétence que tout le monde voulait le foutre dehors.

Petit 3 : François Hollande a été élu parce qu’il avait promis de s’attaquer aux déficits ce qui a fait que François Bayrou a dit : « je vote pour lui ». Ce qui veut dire : « nous sommes centristes et nous n’avons pas de raison de voter systématiquement à droite et il est urgent de virer l’autre qui est mauvais et divise la France. »

Le petit 2 était tellement fort que François Hollande a été donné gagnant avec 20 points d’avance dans les sondages mais cette avance a fondu au fil de la campagne pour tomber à un peu plus de trois points. Nous avons donc un candidat qui a perdu un petit cinquième de ses électeurs potentiels de second tour pendant la campagne. On y trouvera plusieurs raisons dont, évidemment, le fait que les sondages donnent n’importe quoi. Il n’empêche qu’il n’est pas interdit de penser que les électeurs aient été effrayés par certains points du programme bien trop à gauche parce que l’aile gauche de ce qui allait devenir la majorité les a imposés au candidat.

On pourrait ajouter un certain nombre de faits. Depuis de Gaulle, par exemple, aucun candidat sortant n’a été réélu hors période de cohabitation. En 2012, la gauche a fait 45% au premier tour comme à peu près à chaque élection présidentielle sauf 2007.

Cela étant, le Parti Socialiste est en crise. L’ami Nathanaël revient longuement sur cette mauvaise passe, le jeu de chacun,…  Il évoque rapidement « désarroi des militants PS qui ne savent plus sur quel pied danser, coincés entre leur désir de voir « leur » président réussir et le sentiment diffus que la méthode n’est pas la bonne. » Le PS est probablement un bon parti d’opposition mais est dans le cirage quand il est au pouvoir.

Je disais hier, et je le rappelle souvent, que je ne suis pas membre du PS. Si je le rappelle, ce n’est pas pour me désolidariser, c’est presque le contraire, même. Je n’ai pas la responsabilité de convaincre des électeurs de voter pour lui, je n’ai pas celle de faire passer mes idées au sein de débats,… Et je ne comprends rien aux guerres internes. Nathanaël pense qu’elles sont issues du referendum de 2005. Il a fait des ravages au sein du parti mais je crois que le clivage est autre, maintenant. Par exemple, Manuel Valls était opposé au traité de 2005 mais avait fait campagne pour le « oui » par discipline de parti vu que le « oui » l’avait emporté lors du vote interne. C’est d’ailleurs assez cocasse de voir ce qu’est devenue la discipline du parti par rapport à celui qui est actuellement premier ministre.

Depuis que je fréquente beaucoup de militants socialistes, disons lors de la création des leftblogs début 2008, mais aussi que je lis des blogs de toute la gauche, je suis frappé par le décalage entre :
Petit 1 : la politique que l’on aimerait voir mener dans le meilleur des mondes,
Petit 2 : la politique que l’on pense que devrait mener son parti,
Petit 3 : la politique que l’on pense qu’il est réellement possible de mener en fonction de la conjoncture, des circonstances internationales,
Petit 4 : la politique qu’il faut vendre aux électeurs.

Prenons un exemple : le nucléaire.

Petit 1 : le nucléaire est potentiellement dangereux, pas spécialement gratuit, pas durable,… Il faut sortir du nucléaire au profit d’énergies renouvelables.
Petit 2 : il faut engager la recherche et organiser la sortie progressive du nucléaire.
Petit 3 : il faut favoriser la recherche, encourager le développement d’énergies renouvelables et préparer la fermeture d’une ou deux centrales.
Petit 4 : il faut favoriser la recherche, préserver notre indépendance énergétique mais ne pas sortir du nucléaire avant d’être sûrs d’avoir de quoi le remplacer.

C’est mon point de vue, pour illustrer la conversation, il est discutable mais ce n’est pas l’objet du billet. Les débats sur la sortie du nucléaire entre la primaire et l’élection de 2012, avec le fameux accord entre les verts et les socialos a été désastreux, électoralement, donnant une grande impression d’amateurisme. Les Français ne veulent pas d’une sortie du nucléaire mais d’un gouvernement qui assure la pérennité de l’approvisionnement en énergie, la sortie du nucléaire est la cerise sur le gâteau. En outre, la mesure pourrait choquer  les ouvriers qui travaillent dans le secteur et leur donner un doute quant à la durabilité de leur emploi…

Faut méditer.

L’ami Jeff, du blog Perdre La Raison, nous fait un billet pour taper sur Valls. Il commence ainsi : « Bien, je crois que le ci-devant Manuel Valls a poussé le bouchon un peu loin, trop loin ces derniers temps pour qu'on ne lui rappelle pas que s'il est là c'est parce que le Parti Socialiste dont il changerait volontiers le nom l'y a mis. » C’est un peu le problème de l’œuf ou de la poule mais ce n’est pas le PS qui l’a mis là, mais François Hollande. Il termine ainsi : « Il n'a rien à faire à la tête du gouvernement sauf à vouloir mener une politique qui n'est pas socialiste et donc pas celle souhaitée par les électeurs de gauche le 6 mai 2012 quand ils ont voté François Hollande. »

Ce qui nous ramène à ce que je disais en début de billet (Jeff est membre du PS, pas moi, au fait, ce que je rappelle pour relativiser mes propos) : quelles sont les raisons qui ont fait que les électeurs ont voté pour François Hollande ? François Hollande a-t-il été élu avec les seules voix de gauche ?

Alors, je préfère la conclusion de l’ami El Camino : « Passéisme, modernisme, socialisme, pas socialisme, je m'en fous de tout ça, je n'ai pas voté en 2012 pour un parti qui tombe en ruine mais pour sauver un pays qui tombait en ruine alors démerdez-vous les socialistes pour vous entendre et penser à la France parce qu'à ce rythme de conneries,à la présidentielle de 2017, le nain et ses alliés en bottes allemandes vont péter les scores dans les urnes. »

Il n’est pas le seul à s’en foutre.

L’opposition interne n’a que trop duré. C’est bien François Hollande qui a été élu. Si le PS veut rester conforme à lui-même, à savoir un parti de débat (pour être gentil,…), il peut l’être.


Benoît Hamon arrivera peut-être à obtenir le graal : devenir Premier Secrétaire du Parti Socialiste. C’est son problème et je m’en fous.

22 octobre 2014

La gauche gauche

Manuel Valls donne une interview au Nouvel Obs. Il sera à lire dans son intégralité dès demain. Un extrait est disponible onezehouaibe. Il dit notamment : « Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer l’émancipation des individus. » Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne va pas de main morte avec la fraction de la gauche qui critique le gouvernement. Et je suis d’accord avec lui.

Le premier ministre a dit plein de trucs que vous lirez dans la presse. Par exemple, il est favorable à une fédération des partis de gauche ou un machin en commun, voire au changement de nom. Je pense qu’il n’a pas entièrement tort.

En préambule, avant de raconter les conneries d’usage, je rappelle que je ne suis pas membre du parti socialiste ni d’aucune autre formation politique. Si je tiens ce blog, c’est par habitude, pour le reste, qu’ils se débrouillent, tous ces braves gens.

Je crois tout d’abord qu’il est temps de faire exploser quelque chose. Il se passe un événement par jour qui assombrit le parti. Hier, nous avions le Gégé qui disait des conneries dans Twitter. Aujourd’hui, c’est Benoît Hamon qui raconte des âneries du genre : la politique du gouvernement menace la république. Il y a eu un débat : Hamon doit-il être exclu du PS ? Hier, c’était : Filoche doit-il être exclu du PS. Je m’en fous. Gérard Filoche doit comprendre qu’un responsable politique doit savoir fermer sa gueule ou, du moins, respecter quelques conventions. Hamon joue un jeu, on ne sait pas lequel. Il était jeune, occupait un de ministère les plus importants. Il a décidé d’arrêter tout pour revenir confortablement dans une espèce d’opposition qui ne le mènera à rien. Il va se retrouver complètement marginalisé, avec cette histoire.

Je me demande si Filoche et Hamon se rendent compte qu’ils viennent de torpiller leur propre courant, l’un passant pour un vieillard sénile et l’autre pour un enfant gâté qui mérite un bon coup de pied au cul.

Faut-il renommer le parti socialiste ?

J’aurais tendance, à titre personnel, à dire oui. J’en ai marre de voir la gauche passer pour de ringards collectivistes et être rejetée uniquement parce qu’un mot fait peur. J’en ai marre de tous ces débats avec des andouilles qui cherchent à définir des mots, à mettre des étiquettes… D’ailleurs l’année avait commencé par des débats sur le social libéralisme, la sociale démocratie et tout ça.

Je suis attaché au socialisme en tant que machin visant à un monde meilleur, la justice sociale et tout ça. D’ailleurs, qui pourrait être contre ?

Je ne suis pas attaché à un mot.

L’autre jour, je parlais de Jean-Luc Bennahmias qui se disait, dans le même entretien, soutien de François Hollande et pas socialiste. Pareil ! Je soutiens Pépère et je ne me suis jamais présenté comme étant socialiste. Ce qui ne veut pas dire que je ne me sente pas socialiste. Tout cela est bien compliqué. S’il fallait définir le socialisme en tant que machin visant à une propriété collective des moyens de production (ben oui, entrons dans le concret), je dirais que c’est bien joli mais inefficace.

Nicolas Sarkozy est sur le pont pour 2017. Il a fait un discours à Nice, hier, très à droite, la plus grande partie axée sur l’immigration, pour bien s’adresser au cœur des militants UMP. Il refera un virage au centre après l’élection interne. Nul doute que s’il gagne la présidence du parti, il gagnera aussi la primaire. Le Front National est en pleine forme. Ca n’est pas récent. Marine Le Pen a fait un bon score à la présidentielle. Soral et Dieudonné ont annoncé la création d’une nouvelle formation politique, forcément à la droite de la droite.

Une partie du Parti Socialiste ne vote pas le budget. Benoît Hamon dit que le gouvernement met en danger la République.

Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Est-il vraiment idiot de s’interroger sur ce que doit être le Parti Socialiste, sur ce que doit être son avenir, sur ce que doivent devenir ceux qui ont mangé la soupe pendant deux ans et se placent maintenant aussi froidement dans l’opposition ?

Je vois des types qui ronchonnent dans les blogs, dans Twitter et tout ça. Ils sont à gauche, n’aiment pas spécialement ce que fait le gouvernement et s’étonnent que Cambadélis et Le Foll tombent sur le paletot des dissidents en culote courte.

Les gars, il faudrait peut-être se réveiller… Le Parti Socialiste existe-t-il encore ?


Kremlin des Blogs spécial Jean-Luc Bennahmias reporté

Ca devait être demain. Ca sera le 4 !

Désolé pour ce contretemps...

21 octobre 2014

La fin de Twitter ?

Logo de startup après reconversion
Si tu n’en as pas strictement rien à cirer, hypothèse que je suis assez loin d’écarter, tu auras remarqué que je parle beaucoup des nouveaux réseaux sociaux qui naissent tous les jours ou presque. L’ami Poireau pense que Twitter est en train de se suicider avec des nouveautés qui ne sont pas satisfaisantes. Je suis un peu d’accord avec lui mais je le développerais différemment : les utilisateurs de Twitter sont en train de l’euthanasier. Ou presque.

Je ne suis pas le porte-parole d’un Poireau. Nous faisons les mêmes constats, en tirons certaines conclusions identiques ou non qui auront la même conséquence : nous finirons par déserter plus ou moins Twitter et nous ne serons pas les seuls.

Commençons par l’affaire du jour. Le patron de Total est mort dans un accident d’avion. Gérard Filoche, député PS, a sorti un tweet lamentable, ne respectant pas les usages, à savoir que quand il y a un mort, il faut penser à ses proches et fermer sa gueule. Ainsi, nous avons peut-être le tweet d’une personnalité politique le plus déplorable de l’histoire de ce pataquès, malgré la présence de Mme Boutin et Morano… Toujours est-il que les réactions ont été disproportionnées de la part ceux qui critiquent Gégé comme de la part de ceux qui le soutiennent.  Les critiques sont idiots. On voit des cadres de l’UMP qui exigent que le Parti Socialiste le foute à la porte. Les soutiens sont du même métal : ce n’est quand même pas compliqué de comprendre qu’il aurait pu s’abstenir. Il n’a pas à être défendu.

Ainsi, Twitter, dans sa globalité, a perdu toute objectivité, toute sérénité,… Depuis deux ou trois ans, le grand public a débarqué en masse et chaque utilisateur se permet de donner son avis. Ce n’est pas une critique individuelle. Chacun fait ce qu’il veut. Pour ma part, je tiens des blogs pour donner mon avis. C’est le cumul qui devient invivable : je me fous de vos avis. Seul m’intéresse l’avis de mes potes.

Je ne me fous pas que de ça. Je me fous de vos « livetweets » d’émissions de télévision. Je ne sais pas si vous vous rendez compte que vous en êtes réduits à regarder votre poste uniquement pour pouvoir sortir des conneries dans Twitter. Une psychothérapie s’imposerait presque mais, comme toujours, chacun fait ce qu’il veut. Il n’empêche que cela m’emmerde prodigieusement. On m’objectera que je peux filtrer #dals, #onpc,… Je préfère filtrer Twitter et aller voir ailleurs, ou unfollower divers lascars qui ne se rendent même pas compte qu’ils polluent.

Tiens ! Je me fous de vos hashtag. C’est quoi cette manie de mettre des dièses devant un mot sur deux. Savez-vous au moins à quoi peut bien servir un hashtag ?

Je me fous des informations que vous pouvez diffuser. La plupart ont déjà fait la une des sites d’informations ou ont été l’objet d’une alerte d’un site de presse. Les autres n’ont strictement aucun intérêt mais vous ne vous en rendez même plus compte. Vous voyez un article, un billet, il vous plait, vous le RT sans même réfléchir à l’intérêt de la chose. Vous me répondrez évidemment : « et toi, le gros, tu t’imagines que tes RT ont de l’intérêt ? » Outre le fait que je ne vous permets pas de me tutoyer et celui que ma surcharge pondérale légère est purement accidentelle, je ne me fais aucune illusion. Je tweete essentiellement des billets de copains blogueurs parce que je les juge de qualité et que je défends la blogosphère. Je ne tweete pas un article du Monde, de 20 minutes ou du Figaro sauf si le contenu me parait suffisamment important. Et je ne le fais, généralement, que parce que je n’ai pas le temps de faire un billet sur un de mes blogs.

Nous allons prendre quelques exemples de tweets.

Ma TL à l’heure où je rédige cet article. De manière exhaustive.

Premier post : un machin publicitaire.
Deuxième post : le RT (par quelqu’un que j’apprécie) d’un député PS qui dit : « #DirectAN  #Valls en réponse à un député UMP «Ce gouvernement agit pour la famille. Pas de faux débats, pas de fausses polémiques !» #QAG »
Troisième post : un tweet d’une vidéo dont je n’ai que foutre, pas le temps de regarder et pas envie de prendre le risque de perdre du temps pour un truc qui pourrait n’avoir aucun intérêt.
Quatrième post : un tweet du parti socialiste qui reprend une ministre qui s’adresse à l’Assemblée.
Cinquième post : un tweet du Poireau dont au sujet duquel est à l’origine de ce billet. « Brigitte Barèges condamnée pour avoir fait payer à la mairie sa propre promotion http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/21/1976558-montauban-brigitte-bareges-condamnee-a-un-an-d-ineligibilite.html … » Comme tout un chacun, il tweete bien ce qu’il veut. Il n’empêche que…

Je vais arrêter là. Le tweet suivant n’a aucun intérêt. Les deux d’après, par contre, reviennent à l’esprit de Twitter, celui que l’on a connu il y a quelques années…

Le « slogan » de cette honorable société était « what are you doing » ce qui veut dire, pour ceux qui ne sont pas anglophones comme moi : « qu’est-ce que tu es en train de branler ? » On mettait alors ce qu’on était en train de faire. J’avais enregistré une phrase toute faite (« je bois une bière au comptoir »). Progressivement, on a commencé à lancer des vannes, à papoter, on s’amusait bien. Cela ne servait rien. Twitter est monté en charge. Des liens ont commencé à se multiplier puis ces fameux #hashtag. Nous autres, blogueurs, voyions tout cela d’un œil circonspect. Ce machin ne va-t-il pas plomber les blogs ? J’y reviendrai (si je pense, je ne suis pas une machine, non plus, hein !) mais on s’est sentis obligés d’y diffuser nos billets de blogs puis ceux des copains. On a bien participé au bordel ambiant, comme tout le monde.

Ces échanges de liens, de hashtag, de tweets autour de l’actualité est probablement ce qui a fait le succès de Twitter qui n’avait pas été imaginé pour cela, je suppose. C’est amusant de voir ce qui peut faire le succès d’un machin sur internet. Pourquoi Twitter a-t-il décollé et pas d’autres machins comme Google Buzz, Friendfeed et tant d’autres machins que nous avons vu passer ?

Twitter allait-il couler les blogs ?

C’est la question que nous nous posions à une époque, vers 2010 ou 2011 (mon compte Twitter date d’avril ou mai 2007, tout comme mon compte Facebook). Même a posteriori, on ne peut pas réellement répondre à la question sauf sur un point : les blogueurs qui sont dans Twitter ont probablement perdu des commentaires et les réflexions suite aux billets se sont limitées à 140 caractères.

Il y a peut-être moins de blogs politiques maintenant (je n’affirme rien, je n’ai pas de chiffres, disons que dans mon entourage, il y a moins de blogs). On ne peut pas affirmer que c’est à cause de Twitter, de la culotte de ma grand-mère ou de l’arrivée de la gauche au pouvoir, donc de la sortie de l’opposition directe des blogs les plus actifs.

Et Facebook ?

On ne peut probablement pas évoquer les évolutions de Twitter sans évoquer celles de Facebook sans se faire engueuler par le curé. Le problème est le même. On est noyés sous les « contenus » fournis par des inconnus, ce qui ne correspond pas à l’usage que j’ai ou que je voudrais avoir de Facebook qui, pour moi, reste un machin pour discuter avec des proches.

Depuis quelques jours, les deux ou trois premières entrées de mon machin sont bien des publications de proches mais les suivantes sont toutes des vidéos débiles. Ça me casse les burnes sérieusement.

Google+ ?

Ah ! Google+… J’en parle ici parce que j’en ai été fan dès la première heure et que je l’avais beaucoup étudié.  Toujours est-il que les nouveaux utilisateurs – donc tous les utilisateurs ? – ont tenté d’y reproduire ce qu’ils faisaient dans Facebook et Twitter, à savoir une course aux utilisateurs et la promotion de leurs propres billets de blog sans compter la diffusion de vidéos de chats et d’informations sans le moindre intérêt.

Cela fut une erreur. Google+ est un fiasco si on le regarde comme on regarde Twitter et Facebook.

Il ne faudra pas reproduire ces erreurs si nous basculons de Twitter à un autre machin et la course à l’influence se terminera. Amen. Je suis un blogueur statisticien. En septembre 2010, mon blog a eu 20638 visites. En septembre 2014, 20067. Sources : GA. Mes 4800 followers ne servent à rien pour mon blog même s’ils sont éminemment sympathiques, surtout la rouquine avec des gros nichons, là.

Des candidats au remplacement en pagaille

Depuis quelques jours, je teste, avec des potes, dont le Poireau en question quelques outils assez proches de Twitter et de Facebook, disons des « réseaux sociaux non spécialisés » et qui semblent être beaucoup plus récents. Cela a commencé par Ello.co puis vinrent Tsu et Let et Pheed m’a été présenté ce week-end.

Des quatre, c’est Tsu qui a le plus d’activité, du moins dans mon « réseau ». Le Poireau est persuadé que c’est ce machin qui deviendra à la mode. On verra s’il a raison dans trois ou quatre ans. Je ne crois pas que l’on verra basculer rapidement les utilisateurs d’un machin à l’autre si ces mêmes gens n’en font pas un usage précis, usage qu’il est impossible de prévoir, comme cela a été impossible pour Twitter.

La fin de Twitter ?

J’aime bien parler de la fin de Twitter car on évoque périodiquement, depuis des années, la mort des blogs.

Différentes études ont montré que les adolescents américains désertent progressivement Facebook, notamment au profit de Twitter. Facebook est déjà ringard même s’il poursuit sa croissance… Twitter connaitra un phénomène de lassitude mais il est déjà probablement entré durablement dans les mœurs.

Si Twitter finira par être détrôné, c’est probablement par un autre bazar qui aurait les mêmes défauts. Pour qu’un machin trouve une large clientèle, il faut que chacun puisse y faire ce qu’il imagine. Le bordel, au sens où Twitter n’est pas utilisé comme je voudrais qu’il le soit, se reproduira partout.

Par exemple, dans un des nouveaux machins dont je parlais, Tsu, j’ai déjà des abonnés non francophones, dont des gens qui ne lisent pas ce que je publie, d’autant que je ne publie presque rien. Ils s’abonnent donc uniquement soit par connerie soit pour faire du chiffre. C’est déjà le bordel.

Pourquoi quitter Twitter pour retrouver la même monstruosité ailleurs, avec d’autres clowns qui vont s’inventer de nouvelles règles de savoir vivre en société et finir par faire n’importe quoi, tout comme ils jugeront que je fais n’importe quoi.


La bêtise de Filoche et les commentaires, dans Twitter, aujourd’hui, marquent une étape supplémentaire du discrédit de ce truc.

Les cieux de Bayrou

Yo ! Tu sais ce que j’ai fait lors de mon apéritif dominical de dimanche dernier ? Non ? J’ai regardé François Bayrou à la télé. Non, ce n’est pas du vice. C’est une tradition multiséculaire que nous avons depuis plusieurs années. Comme nous sommes issus d’une longue lignée démocrate chrétienne, nous regardons François Bayrou à la télé à l’heure de la messe.

François Bayrou est un grand monsieur de la politique française, une des personnalités les plus connues des Français. Ministre de l’Education Nationale de 1993 à 1997, trois fois candidats à la présidence de la République, grand spécialiste de tracteurs devant l’éternel et très bien coiffé mais moins que François Fillon.

Néanmoins, j’avais oublié à quel point il était vide. Tiens ! Il pourrait servir de plug anal Place Vendôme.

Il était interviewé par un gugusse de France 3 et Françoise Fressoz du Monde. Tiens ! Depuis le  temps que je la lis, elle, j’ai l’impression qu’elle fait partie de la famille. La voir parler dans le poste, ça fait bizarre. Je pensais qu’elle était muette et se contentait d’écrire des machins dans le truc. Ben non… Tous les dimanches, elle cause dans le poste. Heureusement qu’il n’y a pas Bayrou à chaque fois, elle s’emmerderait sérieusement.

Je retiens deux passages de l’interview. Il faut dire que j’ai écouté en diagonale, seulement. Pendant l’apéro, on a mieux à faire comme tweeter et parler avec la famille.

A un moment, on lui demande comment ça se fait que, depuis Giscard, aucun candidat du centre n’avait atteint le second tour des présidentielles. Je cite sa réponse de mémoire (la mémoire n’étant pas ma principale qualité) : ah mais détrompez-vous, en 2007, on a fait un très bon score.

A un autre, ils discutaient du plafonnement des allocations familiales. Il a dit qu’il ne fallait pas y toucher parce que ce n’est pas de la politique sociale. Dois-je comprendre que l’on doit toucher à la politique sociale et pas au reste ? Toujours est-il que vous seriez bien aimable de lui expliquer que la famille est une des branches de la sécurité sociale.

Il a dit qu’il fallait réduire le train de vie de l’Etat, des collectivités locales, de la sécu… pour diminuer les déficits. La routine. Il n’a fait aucune proposition concrète, néanmoins, mais il a cassé l’exemple du jour, le plafonnement en question.

En l’occurrence, il nous a expliqué qu’il fallait tout faire pour réduire les dépenses mais qu’il ne fallait réduire aucune dépense.


Après, il se demande pourquoi il n’est pas président de la République.

20 octobre 2014

Vive Suzanne !

Suzanne n'est pas qu'une magnifique chanson de Léonard Cohen ou une formule magique pour sauter une greluche portant cet heureux prénom, inventée par Ali Baba et les 40 Balkany : Suzanne ouvre toi ! C'est aussi une délicieuse blogueuse de gauche. Réactionnaire, certes, mais de gauche. Rayons d'un trait acéré le côté négatif de ce mot, réactionnaire. Toi aussi, tu es opposé à la réforme des retraites de Sarkozy qui était présentée au nom du progrès (et celle de Hollande, mais c'est parce qu'il avait un peu forcé sur le Beaujolais nouveau, ce qui est bien compréhensible) car c'était mieux avant quand on pouvait prendre la retraite à 60 ans après avoir cotisé 150 trimestre. Tu es donc réactionnaire. 

Suzanne est de gauche, comment on aimerait tous l'être, sauf pour son côté un tantinet obsédé sexuel. Nul est parfait. Elle est de gauche. Par exemple, elle défend avant tout la laïcité, ce qui n'est pas spécialement de gauche et critique toute emprise de la religion sur la vie publique contrairement à des connards - je pèse mes mots, contrairement à moi - qui se prétendent à gauche et passent leur temps à défendre l'Islam parce que ça fait chier les cathos. 

Moi-même, je suis très réactionnaire. Par exemple, je considère qu'un plug anal Place Vendôme n'est pas de l'art mais une cochonnerie. Je considère aussi, mais c'est ma bête noire, que les zones commerciales ne sont pas un but dans la vie et dans la vue. Je considère que c'était mieux avant quand les taxes sur la bière étaient moins élevées. 

Pourquoi je parle de Suzanne, moi ? Ah ! Oui ! Elle est victime d'une attaque de l'ignoble Gauche de Combat :
http://gauchedecombat.net/2014/10/20/le-con-dune-autre/

Quels sont ses torts ? Avoir rappelé que c'était un abruti tout comme bon nombre de commentateurs de la blogosphère politique. Son seul vrai tort est de s'être attaqué à un sujet un peu trop facile. Je l'ai connue plus courageuse. 

Vous pouvez trouver Suzanne dans toutes les bonnes bloguerolles ou en cliquant où il faut :
http://merle-moqueur.blogspot.fr

Par contre, bien que Didier Goux, réactionnaire de droite ayant voté Mitterrand en 1981, m'ait assuré qu'elle a des gros nichons, je me demande si elle est d'un âge qui nous permette d'envisager de la retourner contrairement à Elooooody, Detoutderien ou Trublyonne, voire Videospatisserie, El Camino, Shaya, Mrs Clooney, Mandinette, JJU (ah non tiens !), Marguerite Yourcenar ou Justin Bieber. 

Continuons à mener des blogowars sur plusieurs fronts, bien dégarnis de neurones. 

Cela dit, lisez avec attention le billet du gugusse mais aussi le texte dans son illustration qui n'est autre que la copie d'écran d'un commentaire que Suzanne a laissé suite à un de mes billets. Elle se fout de la gueule de ces andouilles de gauche toujours rapides à dénoncer les autres. 

Et que fait GdC : un billet pour dénoncer Suzanne qui l'accuse de dénoncer sans cesse.

Il serait amusant de savoir qui a dénoncé Suzanne à GdC, je n'imagine pas qu'il perde son temps à lire les commentaires dans mon annexe. 

Beaucoup de petits procureurs, à gauche. Le retour des tribunaux propulsives. 

On n'a même pas l'opposition qu'on mérite...

Dans mon billet d’hier soir, je me foutais de la gueule du confrère Gauche de Combat qui finissait son billet en disant que Macron et Le Roux étaient bêtes à couper du foin. Je crois que depuis que je tiens un blog, je n’ai jamais insulté une personnalité politique. Je me contente d’insulter mes commentateurs anonymes. Quand je pense que cet imbécile (ben oui, il est anonyme) voulait faire une charte de bonne conduite, dans les blogs, pour éviter les insultes, j’ai bien envie de rigoler.

Par contre, j’ai vu pire, ce matin. Je vais insulter l’auteur de manière anonyme. On va l’appeler le « fini à l’urine » même si c’est un peu péjoratif pour ce liquide qu’il m’arrive de laisser échapper consécutivement à l’abus de jus d’orge qui a fermenté légèrement à cause des conditions de conservations.

Le « fini à l’urine » est Pierre Parrillo qui n’est autre qu’un éminent blogueur de droite, un des blogueurs personnels les plus connus car les plus cités dans les réseaux sociaux. Je vais d’ailleurs participer à se gloire en citant son billet de ce matin.

A propos de François Hollande, il a déclaré : « Que dire d’autre si ce n’est : quel con… »

Je veux bien qu’on appelle le chef de l’Etat « Pépère », c’est affectueux.

« Fini à l’urine » continue : « Et le terme n’est à mon sens pas exagéré. De ma vie je n’ai encore jamais vu quelqu’un renvoyer une image aussi dégradée de la France et de la fonction de présidentielle. Je respecte la fonction mais j’exècre l’âne qui est censé l’incarner. »

Avec les copains, on a été pendant un paquet des temps de blogueurs d’opposition. On en a envoyé plein la gueule de Nicolas Sarkozy.

Mais je ne crois pas me rappeler qu’un blogueur vaguement connu se soit permis de le traiter d’âne ou de con.

Ce pauvre « fini à l’urine » n’a donc-t-il plus rien à dire ? Des mois que je lis sa prose, pour rigoler. Jamais vu une touche de proposition mais, cette fois, il touche le fond.

La dépression le gagne.


Où est la camisole ?

19 octobre 2014

Vive le libéralisme, sauf le dimanche !

Parmi la chose politique de la semaine, il y en a une que je n'ai pas vraiment eu le temps de commenter dans mon blog : les annonces du ministre de l'économie Emmanuel Macron et des réactions qu'elles ont suscitées à gauche. Ca tombe bien, c'est aujourd'hui que Martine Aubry fait son vrai retour dans la presse en exigeant une réorientation de la politique économique. C'est elle qui soutenait Dominique Strauss-Kahn.

La vrauche a évidemment qualifié ces mesures de libérales, voire ultra libérales, la honte et tout ça mais a gueulé aussi quand Macron a fait des retours arrières : il est à la solde des lobbies de droite et tout ça aussi.

C'est bien rigolo. Le plus drôle étant l'Humanité qui qualifie les mesures de réactionnaires. Favoriser le travail du dimanche, c'est réactionnaire ? Torpiller les professions réglementées, c'est réactionnaires ? C'est vraiment n'importe quoi. En s'opposant au changement, l'Humanité qualifie les autres de réactionnaires. On croît rêver.

Les mots ont un sens, que diable ! Tiens ! Libéral : quel mal à libérer les professions réglementées ? En quoi pourrait-on considérer que casser des monopoles privés ne pourrait pas être de gauche. Un autre exemple : pourquoi les idées d'Emmanuel Macron de favoriser l'actionnariat salariés – à part le fait que les actions, c'est mal – serait-il mauvais ? Surtout quand ce sont des lascars qui préconisent la propriété de l'outil de travail par les salariés, ils ne pourraient pas devenir propriétaires de leur boite ?

Il n'y a qu'une seule vraie connerie, dans les propositions de Macron, la libération partielle du travail le dimanche. C'est une connerie pour un tas de raisons, la principale étant que c'est un leurre – qui plus est bien de droite, lui – qu'en travaillant plus, on pourra faire redémarrer l'économie. C'est faux ! Ce n'est pas parce que les gens dépenseront leurs sous le dimanche qu'ils en auront plus à dépenser.

Je vais donc faire une suggestion à notre jeune ministre de l'économie à propos de ce dossier. Petit 1 : aucune tolérance à la règle de la non ouverture des magasins le dimanche ne doit être accordée. Les contrevenant se verront enfoncer une statue gonflable de Mac Carthy dans un orifice tiré au sort. Petit 2 : les magasins auront le droit d'ouvrir tous les dimanches qu'ils veulent jusqu'à n'importe quelle heure dans des zones touristiques déterminées avec sagesse (les Grand Boulevards, à Paris, sont une zone touristique, contrairement au centre commercial des quatre temps, à La Défense). Petit 3 : les zones commerciales éloignées des centre-villes ou des centres d'activités touristiques ou de loisir ne pourront en aucun cas être reconnus en zone touristique. Petit 4 : même en centre-ville, les commerces qui ne peuvent prétexter aucun caractère touristique, comme les marchand de bricolage, les jardineries, ne pourront pas avoir de dérogation pour ouvrir le dimanche.

Ne chions pas sur le libéralisme, on se trompe de cible.

Hier soir, j'étais au bistro. Il n'y avait pas trop de monde, la soirée était sympa. J'en ai passé une partie à discuter avec le patron. A 0h35, il a sonné une première fois la cloche. Les clients connaissent : il ne va pas tarder à fermer, ceux qui ont encore soif peuvent encore passer une dernière commande. A 0h45, il a sonné une deuxième fois. Service terminé. A 0h50, il a commencé à prier les gens de régler leurs consommations et de partir. A 0h59, il a commencé à se fâcher. Il y avait un groupe de lascars qui faisaient la foiridon, qui voulait rester. A 0h05, tout le monde était sorti, y compris moi. Nous avions 5 minutes de retard, peut-être un peu moins. Si les gendarmes étaient passé devant, ils auraient pu faire un constat et obtenir une fermeture administrative de la boutique.

Ils ne sont évidement pas si cons : dans la mesure où il n'y a pas de problème de délinquance, de tapage nocturne, d'alcoolisme sur la voie publique, nos valeureuses forces de l'ordre n'ont aucune raison d'emmerder les commerçants.

Il n'empêche que, à Loudéac (comme dans tout le département), les bistros doivent fermer à 1h du matin le vendredi et le samedi. Pourquoi ce texte ? Pourquoi le patron n'aurait-il pas pu décider de fermer plus tard, hier, alors que nous n'étions pas nombreux, que tout se passait bien, que, de toute manière, la serveuse aurait pu faire le ménage dans la salle pendant que nous buvions le dernier verre... ?

Ce sont peut-être bien des textes réactionnaires qui imposent cet état de fait. De la sécurité, lutter contre les jeunes qui s'amusent, boivent, font du bruit.

Au nom du libéralisme, je demande leur suppression.

Si tu n'es pas d'accord et te prétends de gauche, réfléchis bien...

18 octobre 2014

Et l'impôt, ma poule ?

Plongé dans le travail, je n'ai que vaguement suivi les premiers débats budgétaires, à l'Assemblée Nationale, avec les réactions sur les deux premières mesures emblématiques retenues : la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu et la modulation des allocations familiales en fonction du revenu. Alors je vais moi-même réagir avec une violence inouïe compte tenu de la fraîcheur habituelle de ce blog : gauche comme droite, vous me faites chier. C'est dit.

Par exemple, quand je vois les syndicats unanimes (hors UNSA, il me semble), critiquer cette dernière mesure, j'ai envie de déclencher la machine à donner des baffes. Notre fameux modèle social mis en place à la libération et tout ça est en ruine. Il faut bien le réformer. Donner du pognon aux plus riches pour faire des mômes n'étant pas un acquis social, les jérémiades syndicalistes sont à pleurer. Notre modèle social est basé sur une époque où l'espérance de vie était faible et où, donc, une majorité de la population travaillait ce qui n'est plus le cas maintenant, il y a à peu près autant de retraités (moins, en fait...) que de salariés : les volets « santé » et « famille » ne peuvent plus tenir sur les revenus du seul travail, d'autant que les principaux revenus, de nos jours, ne proviennent pas du travail mais du capital, de l'épargne, de la spéculation et de tous ces machins qui puent un tantinet du cul.

Quant aux braves gens de droite qui critiquent la remise en cause de la politique familiale, ils peuvent aller se torcher hors de ma vue s'ils pensent réellement qu'un ménage à 6000 euros par mois va abandonner l'idée de faire un gosse parce qu'il risque de perdre 60 euros par mois. Ils sont beaux tous ces défenseurs de la famille – ils le claironnent, ils manifestent – qui réduisent la famille à une histoire de pognon. On fait des gamins pour avoir de l'argent. Ca va plus loin puisqu'ils arrivent à critiquer les étrangers qui viennent fonder des familles au cœur même de la mère patrie, allons enfants, pour gagner un maximum de blé.

Une critique est recevable : ce sont toujours les mêmes qui payent, les classes moyennes (en l'occurrence un peu largement supérieures, quand même), mais, ma pauvre dame, il faut bien aller chercher l'argent où il est...

Et ça rend d'autant plus con l'autre mesure : la suppression de la première tranche. L'impôt sur le revenu doit être progressif : supprimer cette progressivité en supprimant une tranche est une belle connerie et les lascars de gauche qui s'en félicitent me font bien rigoler. En outre, c'est donner un très mauvais signal de faire en sorte que certains quittent l'impôt.

Comme je le disais récemment, pour redonner du pouvoir d'achat aux pauvres, il faudrait diminuer des impôts que tout le monde paye à égalité, comme la TVA sur la bière ou la redevance télé.

Cette gauche (que je soutiens par ailleurs, à défaut de supporter) a du mal avec l'imposition sur le revenu. On l'avait vu avec les pigeons et le recul de Mosco et avec cette histoire de taxe exceptionnelle de 75%. Il serait temps qu'elle se sorte les doigts du postérieur.

Il faudrait par ailleurs qu'elle arrête de communiquer sur les baisses d'impôts pour les plus démunis. De toute manière, les plus démunis sont assez grands pour voir l'évolution de leur propre pouvoir d'achat et pour voter pour l'extrême de l'autre bord. Les copains du gouvernement viennent de sortir une infographie pour montrer comment évolue l'impôt pour les classes populaires et moyennes (inférieures, cette fois, hein !). Comme si ces braves regardaient les infographies du gouvernement. Ou alors le gouvernement leur dit : hé ho les gars vous voyez tout le bien qu'on fait pour vous ?

Enfin, il faut revoir la communication. J'aurais préféré qu'on fiscalise les allocations familiales. C'est d'ailleurs un projet de la plupart des gouvernements depuis celui d'Alain Juppé en 1996. Mais quitte à faire autre chose, comme les plafonner en fonction du revenu, autant communiquer franchement.

Genre : bordel de merde, alors que tout le monde doit se serrer la ceinture, l'Etat ne peut plus se permettre de donner du pognon à des ménages qui touchent plus de 6000 euros pour élever leurs gamins. 

Sortez-vous donc les doigts du fondement et arrêtez les positions de principe (ce qui revient au même, si on y réfléchit bien).