31 octobre 2014

Le milliard !

L'ami RPH est en colère. La décision d'arrêter l'écotaxe va nous coûter un milliard. 

http://renepaulhenry.blogspot.fr/2014/10/la-politique-du-mou.html

J'ai vu des crétins de la vraie gauche se prétendant écolo gueulant contre la décision au prétexte qu'elle serait contre la défense de l'environnement et tout ça. 

Arrêtons les conneries. C'est une taxe qui a été mise en place par le gouvernement précédent et que nous avons critiquée à l'époque. On ne va gueuler pour des raisons politiques de circonstance quand elle est supprimée. 

La droite a fait une loi débile. On était contre. La gauche l'annule. Il faudrait gueuler contre la gauche ? Les bonnets rouges, expression du nationalisme le plus con, ont foutu la merde à cause d'une loi de droite et il faudrait continuer à accuser le PS de faire monter le FN ?

Arrêtons les conneries. 

L'arrêt du contrat coûte un milliard parce que le contrat était mal branlé et favorisait des boîtes privées. Il nous aurait coûté combien si on ne l'avait pas annulé, si on n'avait pas empêché une boîte privée de collecter l'impôt à notre place ?

On a été volé par l'UMP. Ne l'oublions pas. 

Merci. 

L'égalité en marche

La France a gagné 29 places en un an au classement des pays de l'égalité femme homme.

Ca fait un choc, hein !

Je ne sais pas comment ils font leurs classements, ces braves gens du forum économique mondial. 

30 octobre 2014

Cazeneuve, démission !

J'ai vu qu'une pétition avait été lancée, relayée par des abrutis dans leurs blogs. C'était tellement beau que j'ai eu là l'arme à l'œil à défaut de l'alarme à l'œil. 

J'ai vu aussi que des connards qui furent des amis (je pourrais être peiné, d'ailleurs, mais le bistro est encore ouvert) qui prétendaient que le gouvernement avait organisé les bisbilles entre les manifestants et les poulets. 

C'est encore Gauche de combat qui est con comme une bite et à l'origine de ce billet avec les conneries qu'il dit dans son blog. Lisez-le. Je vais le remettre dans ma bloguerolle pour rigoler. Il nous explique que 95% des français ont voté contre Manuel Valls à la primaire socialiste. 

Plus ils sont ridicules plus le FN monte mais ils accusent le PS de faire monter le FN et si j'étais assez souple je pourrais sucer ma propre bite. Seule une légère surcharge pondérale m'en empêche. 

J'espère que je serai invité au pot de départ de Nanard quand la pétition aura atteint deux ou trois milliards de
signatures. Après je ferai des billets pour dénoncer les pages Facebook d'affreux réactionnaires.  

Et à l'enterrement de toutes les andouilles qui se seront suicidées en comprenant leur ridicule. C'est simple : ils exigent une sixième République avec des dirigeants honnêtes. Je vais plaider pour une septième. 

Etre athée ?

« Monsieur Poireau a commencé une remarquable série de billet sur les religions. Il a commencé par "être juif", et continue par "être musulman".» ainsi commence le billet de Gaël qui joint sa plume à la série en parlant de lui, athée. Je suis d’accord avec l’introduction mais pas avec les réponses de Gaël que je vais donc reprendre ici (partiellement).

Nous sommes en pleine philosophie. Je pense que cela va me donner soif.

« Peux-tu m’expliquer pourquoi tu es devenu athée ?

On ne devient pas athée, je pense qu'on l'est la naissance, la religion quelle qu'elle soit est issue d'un environnement familial ou sociologique qui te conduit à penser qu'une force supérieure existe. »

Comment peut-on dire qu’un bébé est athée ? Ne prend-il pas sa mère comme une déesse alors que, 20 après, il la prend pour repriser ses chaussettes ? Pour le reste, on est à peu près d’accord mais on devient bien athée dans la mesure où il arrive un jour où l’on prend conscience de l’athéisme.

T’as vu, je suis vachement sérieux, hein !

« Quel a été le parcours personnel qui a fait de toi, aujourd'hui, un athée ?

première phase : la crise mystique vers 10 - 12 ans, comme beaucoup de monde je pense. Mes parents étant eux-mêmes athées, me laissant le choix plus tard de me "convertir". Deuxième phase : enseignement au collège sur les différentes religions monothéistes, incrédulité sur le thème "ils croient en un même dieu finalement non ? pourquoi autant de guerres ?". Adolescence : crise de "bouffage de curés" au vu de certains épisodes historiques (guerres de religion, controverse de Valladolid, ..) »

Pas du tout d’accord avec Gaël. Hop ! D’ailleurs, sa réponse est contradictoire avec la deuxième partie de sa première réponse, fort juste, quant à elle.

Je suis athée parce qu’aucun parcours personnel n’a fait de moi un croyant…

« Est-ce que tu es pratiquant ?

Oui, chaque jour ! »

Mais pas du tout. On ne pratique pas un truc qui consiste à ne pas pratiquer.

« As-tu déjà pensé pouvoir être athée sans être dans la pratique ?

L'atheisme peut etre un sport de combat pour paraphraser le blog d'Antoine. Se battre pour la laïcité, sans faire de distinction entre les religions (le port de la burqa me navre autant que les processions). »

 J’ai déjà répondu sur la pratique. Ne confondons pas laïcité et athéisme. On peut être un sans l’autre. Dans les deux sens. Pas moi, hein !

« Concrètement, en quoi consiste ta pratique non religieuse ? Par exemple sur une journée ou sur une semaine, quels sont précisément tes actes religieux ?

Je n'ai bien entendu aucun acte religieux au quotidien, mais cela ne m'empêche nullement de méditer sur le monde qui m'entoure et réfléchir à des solutions sans divinité. »

J’ai déjà répondu sur la pratique, bordel !

On ne réfléchit pas à des solutions sans divinité puisque, n’ayant pas la foi, on ne peut pas savoir ce qu’est une solution avec divinité. C’est aussi cela le respect de l’autre : je n’ai aucune solution pour savoir ce qu’un croyant peut penser. Je le laisse croire.

« Est-ce qu’être pratiquant dans ta religion t’a déjà posé des problèmes dans ton quotidien ? Par exemple : dans les relations amoureuses, au travail, des phénomènes de rejet en société, … 

Je suis respectueux des us et coutumes de chacun mais faut pas pousser, je ne refuserais pas de me farcir une messe pour des amis croyants sauf s'il s’avère que le curé tient des propos injurieux (il m'est arrivé e sortir boire un coup lors d'un mariage quand le curé qui semblait avoir bien goûté le vin de messe commença à louer la chance de la demoiselle de se marier en France et non en Arabie car alors elle aurait été l'une parmi d'autres innombrables épouses). »

Je n’ai pas besoin de me faire engueuler par un curé pour aller boire un coût. Je vais quand même répondre sérieusement car la question est centrale. Imaginons que mon voisin vienne à mourir et que j’ai l’occasion d’aller à ses funérailles : sauf par curiosité, il est hors de question que j’aille à une cérémonie religieuse (sauf si c’est un vrai ami) autre que catholique parce que les enterrements « à l’église » font partie de mon éducation. Dans nos campagnes, beaucoup de non catholiques font enterrer leurs proches à l’église par habitude…

Mais j’ai une tendance naturelle à fuir ces cérémonies, notamment les mariages en dehors de la famille.

« Est ce que tu trouves qu’être athée est une bonne chose ?

Oui, je ne vois pas trop comment je pourrais être croyant. »

La fin de la réponse n’a aucun rapport avec la question. Enfin, je dis ça, hein…

Pour répondre à la question, je dirais que je me fous de savoir si c’est une bonne chose ou non. D’ailleurs, je n’y réponds pas.

« Est-ce que c’est une pratique que tu recommandes autour de toi ?

Oui, ne serait-ce que pour cessent ces conflits au nom d'un dieu. » 

L’athéisme n’étant pas une pratique, je crois l’avoir déjà dit, je ne peux pas le recommander. Tout ce que je peux faire, c’est encourager des parents non croyants à ne pas élever des mômes dans la religion par habitude ou pour faire plaisir à la belle-mère.

En fait, cela ne me regarde pas…

Par contre, je peux recommander de ne pas pratiquer certaines… pratiques religieuse voire d’ailleurs violemment lutter contre.

Tiens ! Mme NVB vient de supprimer le texte d’un de ces prédécesseurs, M. VP, empêchant les femmes voilées d’encadrer les sorties scolaires. C’est une belle connerie. Un recul… Alors que progressivement, on s’habituait à empêcher des pratiques religieuses dans un cadre public (et à respecter la laïcité parce qu’il s’agit bien de cela : les mères qui accompagnent les sorties scolaires le font dans le cadre de l’école laïque) et que plus personne ou presque ne ronchonnait, elle vient de faire un prodigieux retour en arrière.

« Si oui, pourquoi  ? Dans l'absolu, qu’est-ce que cela pourrait m’apporter de devenir pratiquant dans ta religion ?

On ira boire l'apéro pendant la messe ou toute autre forme de culte. »

Tiens ! Je suis un peu d’accord avec Gaêl (sauf que l’athéisme n’est pas une pratique, je ne sais plus si je l’ai déjà dit). Je l’écrirais néanmoins autrement : à mon avis (mais ce n’est qu’un avis), les religions imposent des contraintes, des rites,… qui n’ont rien à voir avec la foi (je ne parle pas des sacrements et des machins comme ça mais des trucs plus réguliers).

« Quelles sont les contraintes de ta religion ? Par exemple au niveau alimentaire ou dans la vie quotidienne, que t’impose ta religion ?

Sans objet. »

Pas d’accord avec Gaël. Ou presque. Par exemple, je subis des contraintes traditionnelles de la religion catholique alors que je suis athée. Par exemple, j’ai horreur du vendredi parce que le plat du jour est toujours du poisson.

« Que sais-tu des autres religions ? Est-ce que tu sais ce que c’est être catholique, bouddhiste, juif, ou protestant ?

Je t'ai dit que j'avais vu ça au collège, et continuer à lire ensuite. »

Je pourrais dire : comme Gaël (ce qui serait d’ailleurs un mensonge, je ne lis quasiment rien en relation avec la religion). Mais cela serait en contradiction avec ce que j’ai dit plus haut : ne sachant pas ce que « croire » veut dire, je ne peux rien savoir des religions à part une vision théorique : j’arrive à me rappeler pourquoi le 15 août est férié…

« Si oui, est-ce que tu as des amis dans ces autres religions ?

J'ai des amis juifs, catholiques et protestants et musulmans. »

Pareil. Surtout musulmans, mais c’est le hasard et ils ne font pas état de leur religion (ce sont pour la plupart des copains de bistro…).

« Si oui, est-ce qu’il arrive que vous discutiez ensemble de vos croyances respectives ?

Rarement. »

Pareil. Sauf dans les blogs. D’où ce billet. J’aime bien rappeler que l’athéisme n’est pas une religion ou une croyance. Je n’ai pas eu d’éducation à l’athéisme alors qu’un croyant à généralement une éduction à sa religion.


Et hop !

29 octobre 2014

Le lac aurait été artificiel, pas l'écœurement

Vous vous rappelez ce que l'on reprochait à Nicolas Sarkozy ? Essentiellement la politique du fait divers (en plus de l'incompétence, de la volonté de diviser, de la nullité en économie et des poils dans les oreilles). Le fait divers. Hop ! Un fait divers une loi. 

A la réflexion, je me demande si on ne faisait pas pire. Vous vous rappelez (je fais beaucoup appel à votre mémoire, ce soir) de ces deux jeunes types poursuivis par la police qui s'étaient réfugiés dans un transformateur électrique et qui étaient morts électrocutés. "On" avait utilisé cela pour taper sur Nicolas Sarkozy qui n'était pas encore président de la République. Je mets le "on" entre guillemets car je ne crois pas avoir été très virulent. Il faudrait que je fouille dans mes archives, tiens ! Toujours est-il que si je l'ai fait c'était pour montrer le mauvais climat qui régnait ce qui ne rend pas ma démarche beaucoup plus fine. 

Ce matin, dans mon billet, je me foutais de la gueule d'un blogueur de droite qui se plantait complètement dans les faits qui gêneraient son analyse. Comme s'il avait été fini à l'urine. 

Aujourd'hui, nous sommes la majorité. Je dis nous. J'aurais du mettre des guillemets. "Nous" avons "contribué" (les guillemets sont en solde) à la victoire de François Hollande puis de la gauche aux législatives. Nous étions content d'éjecter "le nabot" et d'être d'accord sur notre adversaire qu'est la finance et tout ça. Depuis, certains ont désillusionné (les néologismes sont au même rayon que les guillemets). Il n'empêche qu'on a viré le nain qui pratiquait la politique du fait divers. 

Récemment, Noël Mamère a déclaré qu'on ne construisait pas un barrage sur un fait divers. Il a pratiqué la politique du fait divers. Jean-Luc Mélenchon a "exigé" la démission de Bernard Cazeneuve. Il a pratiqué la politique du fait divers. Et toi, là, dans les réseaux sociaux, tu as profité de cet événement pour taper sur Hollande, Valls et Cazeneuve. Tu as pratiqué la politique du fait divers. 

Tu as regardé cette vidéo montrant les flics tabasser les manifestants et tu l'as probablement relayée. Tu n'as pas réfléchis au fait qu'il pouvait s'agir d'un montage et à celui que les poulets en question sont superbement entraînés et n'ont pas l'habitude de s'énerver pour des broutilles. Tu as oublié de te poser la question de savoir si, par hasard, les manifestants étaient si pacifistes que cela. Surtout, tu ne t'es pas interrogé sur les circonstances qui ont fait qu'une grenade qui ne tue jamais car elle n'est pas faite pour ça ait pu tuer un jeune homme. 

Tu as tapé sur Hollande, Cazeneuve et Valls parce que tu ne peux pas les sentir. Tu as voulu démontrer que l'Etat était un État policier et que l'on vivait en dictature. Ça t'amuse. Des émeutiers foutent sur la gueule des flics pour lutter contre un projet alors que les rapports d'experts montrent que le projet est mauvais et qu'il allait être abandonné mais qu'il avait été établi selon les volontés démocratiques et que celles-ci allaient être cassées par des instances supérieures justement par ce que nous sommes dans une République avec un État de droit. 

Tu ne t'es pas interrogé sur la légitimité des émeutiers. Tu veux rendre le pouvoir au peuple et n'arrête pas de réclamer une sixième République. Mais tu es incapable de respecter les décisions démocratiques prises dans le cadre de notre Constitution et tu en voudrais une nouvelle. Tu ne supportes que les décisions prises dans la rue, au fil des circonstances. 

Tu ne connais strictement rien au dossier. Tu penses qu'un lac est mauvais parce qu'il favorise l'agriculture intensive sans même savoir à quoi il sert, sans même savoir depuis plus d'une semaine que ce projet existe, sans même avoir lu l'avis des partisans. 

Tiens ! Je vais faire un aparté. J'étais plié de rire en voyant les vidéos des opposants. Ils sont tous identiques, la même coiffure, les mêmes vêtements. Ceux que d'autres types portaient dans le Larzac. On ne peut les imaginer autrement que buvant de la bière de merde et fumant des cigarettes mal roulées. Une caricature. 

Et un jeune homme est entré dans ce truc. Il en est mort. 

Et tu en profites pour taper sur le gouvernement alors que ce n'est qu'un fait divers.

N'as-tu pas honte ?

Dans l'attente, en contribuant à casser l'Etat de droit, j'espère que tu te prépares à assumer les conséquences. 

Un jour, tu te feras voler ton iPhone, dans la rue. Tu iras porter plainte pour prouver les faits à ton opérateur privé ou à ton assurance privée. Et tu seras surpris quand le brave préposé te répondra : vous savez, m'sieur, quand on essaie de faire respecter la loi, on se fait foutre sur la gueule, et quand on se défend, tu gueules comme une poissonnière. Alors tu remercies le bon dieu que ta tablette n'ait pas été volée car, ton smartphone, tu peux te le foutre dans le cul. Si tu veux, tu peux faire appel a un détective privé pour retrouver ton machin et une milice privée pour te protéger dans ton quartier. 

Le service public de maintien de l'ordre te pisse à la raie. 

Assume tes contradictions et ne réagis pas aux faits divers. Même tragiques. 

Blogueur de droite pas fini

Pierre Parrillo, émérite blogueur de droite, apporte son soutien aux forces de l'ordre suite à la morte du jeune homme, ce week-end. Il fait bien ce qu'il veut.

Il apporte une sympathique conclusion à son billet : "Je souhaite également que le Parti de Gauche assume sa position et quitte le Gouvernement sans attendre. On ne peut pas d’un côté demander la démission du Ministre de l’Intérieur et de l’autre continuer de collaborer dans un Gouvernement qui refuserait de le faire démissionner."

Quelqu'un peut-il lui expliquer que le Parti de Gauche ne fait pas partie du gouvernement. A la relecture de son billet, on se demande s'il n'a pas fait un lapsus et voudrait parler des Verts. Quelqu'un peut-il lui expliquer que les écolos sont sortis du gouvernement ?

Etre blogueur politique et être tant à la ramasse, ça ne s'était que rarement vu...

28 octobre 2014

Un jeune homme est mort

Un jeune gars qui luttait contre la construction d'un barrage (l'affaire rappelle un Notre-Dame-des-Landes mais cette fois je n'ai pas d'avis sauf une tendance naturelle à lutter contre ce qui est fait pour l'agriculture intensive, ce qui me fait d'ailleurs rigoler en voyant les opposants à NDDL défendre des paysans) est mort. On ne connait pas pas trop les circonstances mais les premiers éléments de l'enquête montreraient qu'il a été tué par une grenade tirée par les gendarmes. 

Quand on saura pourquoi les gendarmes ont tiré une grenade, on pourra avoir un avis. Si les gugusses mettaient en cause la sécurité des forces de l'ordre, on pourra s'autoriser à penser autrement que la vraie gauche, sinon on pourra etre d'accord avec ses honorables représentants. 

Il y a eu une polémique, hier. Nos dirigeants ont rendu hommage au patron de Toral mort récemment mais ont eu peu de mots pour ce jeune type. Malheureusement personne le connait et il est mort dans un combat qu'il menait. Le president du conseil général a tenu des propos idiots et on lui fait un procès. 

Il empeche qu'il serait temps de se calmer. Cécile Duflot a dit des conneries en comparant ce jeune type à Malik Oussekine. C'est odieux. 

http://mobile.lepoint.fr/societe/duflot-eelv-la-mort-de-fraisse-tache-indelebile-sur-l-action-du-gouvernement-28-10-2014-1876229_23.php

Elle a bien profité du gouvernement pour sa propre gloire et pour donner des postes à ses copains. Je pourrais la qualifier de grosse conne mais je vais éviter dans un moment de mansuétude. 

Et quand je vois des blogueurs qui se prétendent de gauche relayer ses propos, j'ai envie de crier. Tiens : aaaahh. J'ai crié. 

Et si on pouvait laisser la famille de Rémi Fraisse à sa douleur...

Vous êtes ignobles. 

Ce qui n est rien. Vous êtes en plus profondément ridicules. 

Tendre le bâton à Pellerin

La question du jour (hier, mais je suis en retard) étant de savoir s’il faut être particulièrement cultivé pour être ministre de la culture, nous allons répondre par d’autres questions. Par exemple, faut-il être grabataire pour être secrétaire d’Etat aux personnes âgées ? Faut-il être sportif pour être ministre des sports ? Faut-il être toubib pour être ministre de la santé ?

On pourra me répondre qu’il faudra un certain niveau de culture. Néanmoins, on en arrive à n’importe quoi… Dans le Figaro, hier, un écrivain lançait une « lettre ouverte à Fleur Pellerin » (reprise par Koltchak). Pour résumer, il reproche à notre ministresse de ne pas avoir appris par cœur la fiche Wikipedia de Patrick Modiano.

Elle est belle la culture ! Il faut que les ministres trichent pour faire croire qu’ils sont cultivés (alors qu’ils sont déjà occupés à tricher avec le fisc).

D’ailleurs, parmi tous les heureux internautes qui se foutaient de la gueule de Mme Pellerin, combien connaissaient-ils l’existence de Modiano avant son prix Nobel ? Combien auraient été capable de citer le titre d’un de ces livres ? Combien en ont-ils lu ?

24 octobre 2014

A-t-on besoin des réseaux sociaux ?

Dans le Huff, Camille Saint Paul revient sur une interview de Guy Birenbaum et mon billet à propos de Twitter : est-ce la mort de Twitter et de Facebook ? Vous me connaissez, je ne peux pas m’empêcher d’en ajouter. Tout d’abord, un premier constat : ils ne sont pas mort. Ils sont là. Au cœur de notre ordinateur.

Commençons par oublier ces deux gros pendant cinq minutes, de même que les réseaux sociaux, internet et tous ces machins. Faisons un peu d’informatique. J’ai d’ailleurs une réserve de 0 et de 1 en stock. Un peu d’informatique et d’archéologie. Il y a cinq ans, vous aviez un ordinateur. Il y avait évidemment un navigateur qui vous permettait de voir des films de cul mais vous aviez aussi un disque dur avec des logiciels que vous y installiez, des saloperies téléchargées,… Vous y rangiez vos photos, vos documents,… Les habitudes sont tenaces et vous continuez probablement à faire un tas de trucs avec votre ordinateur mais les industriels, en général, ont fait évoluer nos pratiques.

Je vais donner un exemple : les photos. Il y a une dizaine d’années, les appareils photos numériques se sont démocratisés et ont remplacé les argentiques. On archivait nos photos dans un dossier de l’ordinateur. On faisait vachement attention. On achetait des cartes supplémentaires pour être sûrs de prendre autant de photo que l’on voulait et en rentrant de vacances, on se précipitait pour tout archiver, faire des sauvegardes,... Les « APN » ont progressivement été remplacés par les smartphones au fur et à mesure de l’amélioration des capacités de l’appareil photo intégré. On s’est retrouvés avec deux phénomènes. Le premier est que les photos ont commencé à se propager sur le Cloud. Plus besoin de les archiver, de les ranger,… Le deuxième est que tout le monde s’est mis à faire des photos, on voit des photos partout, les gens partagent des photos, on est envahis de photos, je ne supporte plus les photos, d’autant que les lascars se prennent pour des photographes de qualité alors qu’il est impossible de réussir une bonne photo avec un smartphone, je déteste les photos, je conchie les photographes amateurs qui oublient que c’est aussi un métier de prendre des photos. J’exècre les imbéciles qui diffusent des photos de bouffe mais je déteste encore plus les crétins qui se sentent autorisés à critiquer ceux qui diffusent des photos de bouffe.

Ne bougez pas, je vais me calmer.

Toujours est-il qu’il est devenu très simple de faire des photos et qu’on a perdu le réflexe de les archiver sur son PC. Et on les balance sur Facebook à partir de son smartphone appareil photo. Hop !

Je pourrais multiplier les exemples (à quoi bon avoir de la musique sur son ordinateur si vous pouvez l’écouter en streaming, par exemple ?). Ainsi, en quelques années, le disque dur, qui était le cœur de l’ordinateur (rappelez-vous, on achetait encore des disques durs amovibles il y a très peu… Si vous venez de le faire, c’est que vous êtes hermétique au progrès), prend une position secondaire dans votre navigateur.

Le navigateur s’est mis au centre et, un lascar comme moi, commence toujours par ouvrir ses mails et son Facebook quand il allume son PC. Facebook s’est ainsi placé en élément pivot de la vie de beaucoup d’internautes, c’est presque devenu un système d’exploitation : vous regardez des vidéos, communiquez, archivez vos photos. Si on est bien conscients de ce qu’apporte Facebook quand on est utilisateurs (ce n’est pas une obligation, non plus…), on oublie souvent qu’il remplace autre chose et qu’il est plus qu’un réseau social.

Quand on fait des jolis billets de blog à propos de Facebook, on oublie cette dimension : l’utilisateur que l’on va qualifier de lambda se fout totalement de ce qu’est un réseau social. Et pas seulement le lambda.

Guy dit un peu la même chose à propos de Twitter, d’ailleurs. Pour le résumer, si c’était possible : ce n’est plus la peine de parler de Twitter, il est là.

Alors, je vais reprendre la conclusion de Camille que je partage : « Qu'en conclure ? Que Facebook et Twitter ne sont pas morts - loin de là - mais qu'ils sont peut-être en train de scier lentement la branche où ils sont assis ; que ceux qui prédisent leur fin disent autre chose en creux : leurs besoins (d'anonymat, de partage, d'information qualifiée, d'authenticité etc.) ne sont pas, ne sont plus pourvus. Qu'il y a de la place pour de nouveaux entrants, pour de nouveaux Facebook à condition qu'ils soient en capacité d'offrir des fonctionnalités suffisamment nouvelles et attractives pour « déplacer les foules » du web. Qu'après la course au temps réel, une frange grandissante de twittos aspire à la sélection et à une « information apaisée », comme le suggère le lancement de Vellum par le New-York Times ou du futur Brief.me par les anciens de Rue89. Ce serait une bonne nouvelle pour les media... et leurs lecteurs. »

C’est une petite partie qui a retenu mon attention et qui m’a poussé à faire ce billet : « leurs besoins ne sont plus pourvus. »

Pourquoi parler de besoin ? Je n’ai besoin ni des réseaux sociaux ni de ce que je peux y faire. Parfois, le marché ou l’usage créent le besoin. Par exemple, cela fait quinze ans que j’ai un téléphone mobile. J’ai très bien vécu sans pendant à peu près autant d’années en tant qu’adulte. Depuis que je l’ai, j’en ai réellement besoin pour pouvoir être joint en permanence et un tas de raison. Mon mobile s’est transformé il y a cinq ou six ans en smartphone et j’en ai besoin, maintenant, ne serait-ce que pour consulter mes mails.

Par contre, à peu près personne n’a besoin des réseaux sociaux. Des fonctionnalités intégrées peuvent couvrir des besoins. Par exemple, Facebook permet de créer des albums photos pour les archiver et les partager avec d’autres, ce que l’on peut considérer comme des besoins qui pourraient être couverts autrement. Le réseau social en tant que tel, ou, du moins, l’outil de réseautage social ne sert à rien. Papoter avec des gens plus ou moins inconnus, partager des trucs ou voir ce que d’autres partagent ne répond à rien, aucun besoin. Cela permet simplement de passer du bon temps, ce qui n’est déjà pas mal.

C’est ce qui fait le génie de Twitter et Facebook : avoir un succès prodigieux sans répondre au moindre besoin, sans avoir le moindre intérêt. Après la dose de génie et le travail nécessaire pour mettre la mécanique en branle, le succès ne repose que sur le hasard. Par exemple, tout le monde connais l’histoire de Facebook. Les créateurs ont fait un machin pour causer entre potes à la fac. Dix ans après, il y a plus d’un milliard d’utilisateurs… C’est devenu à la mode…

On ne m’enlèvera pas de la tête qu’un tel succès a une grande probabilité d’être éphémère…

Reprenons l’exemple des photos. Il y a quinze ans, les APN arrivaient. C’était génial. On pouvait mitrailler, ça ne coûtait rien. Les prix ont baissé, on pouvait en offrir aux gamins. Pour l’anecdote, mon APN fut mon dernier achat important en francs, c’était pour le Noël qui précédait le passage à l’euro, le 1er janvier 2002. Je voyais ça plus vieux mais je viens de me rappeler du prix : 1111 euros. Plus de 7000 francs. J’avais acheté le top du top. Il avait une résolution de 4 mégas. Les smartphones modernes font plus du double, aujourd’hui pour un prix bien inférieur. Ils auront prochainement une telle résolution qu’on pourra prendre les photos n’importe comment : des logiciels de retouche permettront d’obtenir de très bonnes photos.

Les APN auront vécu une quinzaine ou une vingtaine d’années.


Twitter et Facebook sont éphémères et ne répondent à aucun besoin.

23 octobre 2014

Le désarroi du militant socialiste

Suite à mon billet d’hier, à propos de la « gauche passéiste », j’ai continué à lire mes camarades de gauche qui ronchonnent après le premier ministre quand je suis tombé sur ce billet de la camaradette @iboux. Elle se demande de quelle gauche parle Manuel Valls et apporte des éléments de réponse dont : « La gauche passéiste pour laquelle Hollande a concocté un programme qui a emporté l'adhésion des électeurs face à celui de Sarkozy ? »

On a l’impression qu’elle sous-entend que Valls et Hollande auraient trahi les électeurs mais je me demande à quel point on pourrait se demander si se tromper à ce point sur les intentions des électeurs n’est pas une trahison. Je me comprends.

Un de ces jours, il va falloir réécrire l’histoire de la Cinquième République ! Un président qui serait élu parce que son programme est meilleur. On croit rêver.

Petit 1 : François Hollande a été élu parce que la droite était au pouvoir depuis dix ans, a échoué, et que les Français ne voulaient plus de ces gens-là.

Petit 2 : le petit 1 est surtout valable pour l’ancien président qui énervait tellement les gens et a montré tant d’incompétence que tout le monde voulait le foutre dehors.

Petit 3 : François Hollande a été élu parce qu’il avait promis de s’attaquer aux déficits ce qui a fait que François Bayrou a dit : « je vote pour lui ». Ce qui veut dire : « nous sommes centristes et nous n’avons pas de raison de voter systématiquement à droite et il est urgent de virer l’autre qui est mauvais et divise la France. »

Le petit 2 était tellement fort que François Hollande a été donné gagnant avec 20 points d’avance dans les sondages mais cette avance a fondu au fil de la campagne pour tomber à un peu plus de trois points. Nous avons donc un candidat qui a perdu un petit cinquième de ses électeurs potentiels de second tour pendant la campagne. On y trouvera plusieurs raisons dont, évidemment, le fait que les sondages donnent n’importe quoi. Il n’empêche qu’il n’est pas interdit de penser que les électeurs aient été effrayés par certains points du programme bien trop à gauche parce que l’aile gauche de ce qui allait devenir la majorité les a imposés au candidat.

On pourrait ajouter un certain nombre de faits. Depuis de Gaulle, par exemple, aucun candidat sortant n’a été réélu hors période de cohabitation. En 2012, la gauche a fait 45% au premier tour comme à peu près à chaque élection présidentielle sauf 2007.

Cela étant, le Parti Socialiste est en crise. L’ami Nathanaël revient longuement sur cette mauvaise passe, le jeu de chacun,…  Il évoque rapidement « désarroi des militants PS qui ne savent plus sur quel pied danser, coincés entre leur désir de voir « leur » président réussir et le sentiment diffus que la méthode n’est pas la bonne. » Le PS est probablement un bon parti d’opposition mais est dans le cirage quand il est au pouvoir.

Je disais hier, et je le rappelle souvent, que je ne suis pas membre du PS. Si je le rappelle, ce n’est pas pour me désolidariser, c’est presque le contraire, même. Je n’ai pas la responsabilité de convaincre des électeurs de voter pour lui, je n’ai pas celle de faire passer mes idées au sein de débats,… Et je ne comprends rien aux guerres internes. Nathanaël pense qu’elles sont issues du referendum de 2005. Il a fait des ravages au sein du parti mais je crois que le clivage est autre, maintenant. Par exemple, Manuel Valls était opposé au traité de 2005 mais avait fait campagne pour le « oui » par discipline de parti vu que le « oui » l’avait emporté lors du vote interne. C’est d’ailleurs assez cocasse de voir ce qu’est devenue la discipline du parti par rapport à celui qui est actuellement premier ministre.

Depuis que je fréquente beaucoup de militants socialistes, disons lors de la création des leftblogs début 2008, mais aussi que je lis des blogs de toute la gauche, je suis frappé par le décalage entre :
Petit 1 : la politique que l’on aimerait voir mener dans le meilleur des mondes,
Petit 2 : la politique que l’on pense que devrait mener son parti,
Petit 3 : la politique que l’on pense qu’il est réellement possible de mener en fonction de la conjoncture, des circonstances internationales,
Petit 4 : la politique qu’il faut vendre aux électeurs.

Prenons un exemple : le nucléaire.

Petit 1 : le nucléaire est potentiellement dangereux, pas spécialement gratuit, pas durable,… Il faut sortir du nucléaire au profit d’énergies renouvelables.
Petit 2 : il faut engager la recherche et organiser la sortie progressive du nucléaire.
Petit 3 : il faut favoriser la recherche, encourager le développement d’énergies renouvelables et préparer la fermeture d’une ou deux centrales.
Petit 4 : il faut favoriser la recherche, préserver notre indépendance énergétique mais ne pas sortir du nucléaire avant d’être sûrs d’avoir de quoi le remplacer.

C’est mon point de vue, pour illustrer la conversation, il est discutable mais ce n’est pas l’objet du billet. Les débats sur la sortie du nucléaire entre la primaire et l’élection de 2012, avec le fameux accord entre les verts et les socialos a été désastreux, électoralement, donnant une grande impression d’amateurisme. Les Français ne veulent pas d’une sortie du nucléaire mais d’un gouvernement qui assure la pérennité de l’approvisionnement en énergie, la sortie du nucléaire est la cerise sur le gâteau. En outre, la mesure pourrait choquer  les ouvriers qui travaillent dans le secteur et leur donner un doute quant à la durabilité de leur emploi…

Faut méditer.

L’ami Jeff, du blog Perdre La Raison, nous fait un billet pour taper sur Valls. Il commence ainsi : « Bien, je crois que le ci-devant Manuel Valls a poussé le bouchon un peu loin, trop loin ces derniers temps pour qu'on ne lui rappelle pas que s'il est là c'est parce que le Parti Socialiste dont il changerait volontiers le nom l'y a mis. » C’est un peu le problème de l’œuf ou de la poule mais ce n’est pas le PS qui l’a mis là, mais François Hollande. Il termine ainsi : « Il n'a rien à faire à la tête du gouvernement sauf à vouloir mener une politique qui n'est pas socialiste et donc pas celle souhaitée par les électeurs de gauche le 6 mai 2012 quand ils ont voté François Hollande. »

Ce qui nous ramène à ce que je disais en début de billet (Jeff est membre du PS, pas moi, au fait, ce que je rappelle pour relativiser mes propos) : quelles sont les raisons qui ont fait que les électeurs ont voté pour François Hollande ? François Hollande a-t-il été élu avec les seules voix de gauche ?

Alors, je préfère la conclusion de l’ami El Camino : « Passéisme, modernisme, socialisme, pas socialisme, je m'en fous de tout ça, je n'ai pas voté en 2012 pour un parti qui tombe en ruine mais pour sauver un pays qui tombait en ruine alors démerdez-vous les socialistes pour vous entendre et penser à la France parce qu'à ce rythme de conneries,à la présidentielle de 2017, le nain et ses alliés en bottes allemandes vont péter les scores dans les urnes. »

Il n’est pas le seul à s’en foutre.

L’opposition interne n’a que trop duré. C’est bien François Hollande qui a été élu. Si le PS veut rester conforme à lui-même, à savoir un parti de débat (pour être gentil,…), il peut l’être.


Benoît Hamon arrivera peut-être à obtenir le graal : devenir Premier Secrétaire du Parti Socialiste. C’est son problème et je m’en fous.