24 avril 2014

Moderniser les taxis ?

Thomas Thévenoud, député PS, a sorti un rapport sur les taxis et les véhicules avec chauffeur. qui sera présenté cette après-midi au premier ministre. On connaitra alors le détail mais la mesure la plus emblématique est l’interdiction par les sociétés de VTC de fournir à leurs clients des applications pour smartphones permettant d’indiquer la localisation des voitures les plus proches. Je suppose que M. Thévenoud, s’il avait été député il y a 40 ans, aurait interdit l’utilisation du téléphone pour avoir un taxi…

Les taxis et les sociétés de VTC ne sont pas contents.

Cela étant, je ne vais pas développer, j’ai suffisamment fait de billets à ce sujet. Il n’empêche que la presse nous dit que le texte vise essentiellement à moderniser les taxis. Je doute qu’il revienne à la loi de moderniser une profession.

La loi est faite, en l’occurrence, pour protéger les consommateurs ou les salariés pas pour protéger des professionnels sauf sur un point : la question des licences. On ne va pas spolier ceux qui ont acheté une licence pour avoir un taxi.

Encore que… Une vraie modernisation de la profession serait d’interdire la vente des licences, licences qui ne devraient être utilisées que pour vérifier que le taxi respecte la tarification.

En l’occurrence, si les taxis veulent mettre en place des forfaits pour les aéroports, pour la prise en charge ou des couleurs pour les voitures, il leur revient d’en faire la demande au ministre de tutelle et de montrer qu’ils sont majoritairement d’accord pour se fixer des contraintes supplémentaires. Ce n’est pas à un député de faire une proposition, surtout s’il est du PS.

Si les taxis veulent mettre en place une application smartphone pour que l’on puisse les appeler, c’est à leur organisations syndicales de le faire, pas au législateur. Pour un peu, il faudrait créer un service public au service des chauffeurs privés.

Cette histoire sombre dans le grand Guignol. D'ailleurs, dès que je tombe sur le rapport, je le lis pour trouver des perles pour un billet.

L'héritage [des blogs de droite]

Les blogueurs qui militent à droite me font généralement assez rigoler. "La gauche moderne a oublié l'essentiel de l'héritage de Jaures et autres grands apôtres de leur Panthéon" nous dit Lady Waterloo.

On n'a surtout pas oublié l'héritage de Nicolas Sarkozy et de la droite. Je ne cite qu'elle parce que je l'aime bien mais je vous invite à lire le blog de P. P. par exemple, blogueur très proche de l'UMP, qui tape régulièrement sur le gouvernement parce qu'il n'est pas assez à gauche. C'est à mourir de rire.

"On mettra les huées qui accompagnent le président où qu'il aille sur le dépit qu'éprouve les braves citoyens de ne pouvoir approcher leur bon président, éloignés par des barrières  toujours plus nombreuses, toujours plus hautes. Cachez ce peuple que la gauche ne saurait voir." dit aussi Lady Waterloo oubliant que Nicolas Sarkozy faisait venir des militants par car à chacune de ses sorties pour jouer le rôle du peuple.

23 avril 2014

La politique économique de la France est la bonne

Les camarades de la vraie gauche cumulent les billets de blogs contre l’austérité, comme si une politique faisant en sorte qu’on dépense 80 milliards de plus qu’on touche pouvait être qualifiée d’austéritaire. Gauche de Combat, par exemple, réussi à trouver une étude scientifique prouvant que l’austérité en Grèce avait provoqué une augmentation notable des suicides. Je ne critique pas le résultat mais l’article précise deux choses intéressantes. La première est que le taux de suicide est quatre fois supérieur en France. « En 2012, des chercheurs britanniques avaient déjà estimé qu'une hausse annuelle de 10% des chômeurs faisait augmenter de 1,4% les suicides chez les hommes. » Heureusement qu’il y a des chercheurs pour nous montrer que c’est plus difficile de vivre quand on est au chômage.

L’ami DPP, quant à lui, explique comment Manuel Valls fait avaler des couleuvres néolibérales à l’aile gauche du Parti Socialiste avec son plan de 50 milliards, ce qui aurait du être l’objet de mon billet d’hier soir (que j’avais annoncé dans les commentaires, chez un confrère). Pour moi, les députés socialistes en sautant au plafond se sont coupé l’herbe sous le pied en refusant d’attendre que les textes passent au Parlement pour pouvoir les amender. DPP appelle cela « avaler des couleuvres » alors qu’ils ont merdé. Peu importe.

Heureusement, que l’on trouve des lectures plus sérieuses, dans les blogs, comme ici.

Lisez-le. Je vais le résumer car c’est la conclusion qui m’intéresse.

La « troïka » (FMI, BCE, UE) a à moitié merdé en Grèce. Elle a réussi à résoudre les déséquilibres macroéconomiques en 4 ans en supprimant le déficit commercial mais, il y a plusieurs mais que vous pouvez lire. En particulier, ces « résolutions » ont été faites en l’absence de structure.

Un constat intéressant est fait en introduction, pour justifier ces réformes : « les détenteurs d’obligations publiques sont des rentiers au détriment des classes populaires qui doivent payer des impôts pour payer les intérêts de la dette publique. » C’est un argument que je reprends souvent : une politique de relance ne peut profiter, aujourd’hui, qu’à ceux qui prêtent du pognon pour la mener. Elle ne peut être de gauche puisqu’elle favorise les plus riches. Aucun « vrauchiste » ne m’a jamais répondu à ce sujet.

Venons-en à la conclusion.

« En France, le déficit commercial est 60 milliards €. Incroyable, les déséquilibres macro-économiques sont résolus en Grèce, mais pas en France. »

Ben oui… Comme vous êtes encore plus cons que moi, ce qui n’est pas rien, je vais vous expliquer avec mes mots à moi. En quelques mots, seulement, pour ne pas vous fatiguer le cerveau. Le pognon ne rentre plus. La balance a toujours été raplapla jusque dans les années 1990. On pouvait toujours s’endetter, l’inflation faisait en sorte qu’on se fout de l’augmentation de la dette. Dans les années 90, on a commencé à gagner plein de pognon et subitement, vers 2000 (on va dire 2002, tiens, pour faire chier la droite), le déficit a augmenté de façon catastrophique. Non seulement on n’a pas d’inflation pour atténuer la dette mais, en plus, le pognon ne rentre plus de l’étranger : on n’arrive plus à se financer nous-mêmes, par la dette privée nationale. On appelle ça un déséquilibre macro-économique. Si vous n’avez rien compris, ce n’est pas grave, moi non plus. Si vous n’êtes pas d’accord, je vous mets au défit de prouver le contraire.

Continuons cette conclusion passionnante.

« Toute sortie de l’Euro en France aujourd’hui ne nous rendrait pas notre souveraineté, puisque nous serions dépendants des marchés financiers internationaux. »

Et paf !

« Une sortie de l’Euro ne pourrait être envisageable que lorsque ce déficit commercial sera comblé. Comment le combler ? En diminuant le coût du travail par exemple et en améliorant l’investissement et la formation ou la négociation dans les branches. Avec le CICE par exemple. Ou même avec un pacte de responsabilité ? »

Héhé ! Je me demande si le rédacteur n’est pas un partisan de François Hollande…

« La baisse du coût du travail et les contreparties du pacte de responsabilité ne sont pas des solutions libérales, c’est un choix stratégique pour faire face à une difficulté majeure de la France : son déficit commercial. »

Voila… Z'avez vu ? On peut trouver plein de lectures passionnantes...

L'Europe, ses institutions et ses élections

« J’ai entendu à la radio qu’on vote, encore, mai, mais je n’ai pas compris pour qui ou pour quoi ? » me dit le vieux Joël, camarade de comptoir. « Oui, ce sont les européennes, comme tous les cinq ans. » que je lui réponds. « Ah, mais on vote pour quoi, un homme, un projet ? » « Ben pour une liste, c’est pour l’élection des députés européens ? » « Oui, mais qu’est-ce que l’on choisit, un député, un programme,… » « Ben, une liste de députés. »

J’ai posé mon iPhone, mon demi (après une dernière gorgée…) et je lui ai expliqué. J’aurais pu lui dire d’aller voir les blogs, comme chez Cyril ou Bembelly. Non. J’ai tout repris à la base.

Nous avons la Commission européenne avec un président. C’est un peu comme un gouvernement. Nous avons le Conseil européen qui est la réunion des chefs d’Etats, avec un président. C’est lui qui nomme le président de la Commission et fixe les grandes orientations. Nous avons le Conseil de l’Union européenne, appelé aussi Conseil des ministres. Ce sont les ministres des Etats qui y participent, selon les thèmes abordés. C’est lui décide des machins législatives et budgétaires, avec le Parlement. Nous avons enfin ce Parlement, pour qui nous allons voter.

« Ah ben dis donc, c’est un bordel, ton truc. » qu’il me dit le vieux. Il faut dire qu’à l’écrit c’est assez facile. On sort Wikipedia du tiroir et on tape des conneries. A l’oral, les explications sont plus hachées et ponctuées de « Ah merde, je sais plus comment s’appelle ce truc. »

Attends ! Vieux ! Je n’ai pas fini… Il y a aussi la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque Centrale Européenne et la Cour des comptes mais elle ne sert pas à grande chose. Et je te passe le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme qui ont aussi les pays qui ne font partie de l’Union européenne, comme l’Ukraine.

« Je ne comprends plus rien, il y a deux Europe, maintenant ? »

Joël, ça a toujours été le cas. Nous avons d’un côté le Conseil de l’Europe et de l’autre l’Union Européenne.

Le Conseil de l’Europe regroupe 47 Etats dont la Russie ce qui fait que ce machin va de l’Atlantique au Pacifique. Il y a un Comité des ministres, avec les ministres des affaires étrangères, qui décide de tout ce qu’il y a à décider. Il y a l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui ne sert pas à grand chose. A l’oral, ça donne : « heu oui, c’est un machin plus large qui ne sert pas à grand-chose sauf pour les droits de l’homme et ces trucs là. »

« Et c’est pour ça que l’on vote ? »

Ben non. C’est pour le Parlement européen, l’organe démocratique de l’Union européenne, créée par le Traité de Maastricht, modifié par les traités d’Amsterdam, de Nice et de Lisbonne.

« Ah ben ça bouge tout le temps. » « Ben oui, faut bien qu’on s’engueule à chaque fois. » « Donc, ce sont les pays qui ont l’Euro ? » « Ben non, certains seulement. » « C’est vraiment le bordel, ça nous fait donc une troisième Europe ? » « Si tu veux… »

Nous avons l’Union économique et monétaire de l’Union Européenne (l’UEM), définie par les traités de l’Union européenne) qui vise à rapprocher les économies des 28 pays de l’Union Européenne, composée de :
-         18 pays qui sont passés à l’euro,
-         8 pays qui passeront obligatoirement à l’euro quand ils auront rejoint les critères de convergence,
-         2 pays qui ont des dérogations pour ne pas passer à l’euro (le Royaume-Uni et le Danemark).

La politique monétaire des Etats de la zone euro est définie par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est indépendante. La politique des autres Etats est définie par leurs propres banques centrales qui doivent être indépendantes. Tous ces machins sont regroupés au sein Système européen des banques centrales (SEBC) qui définit la politique monétaire de la zone euro que devrait suivre la BCE mais aussi toutes les autres banques centrales.

L’Eurosystème, quant à lui, regroupe la BCE et les banques centrales des pays passés à l’Euro (si tous les états membres passaient à l’Euro, l’Eurosystème et la SEBC seraient une seule structure)… On s’en fout donc.

Le président de la BCE est nommé par le Conseil européen (le machin avec les chefs d’Etat, suivez un peu) sur recommandation du Conseil de l’union européenne (les ministres des finances, quoi…) après consultation du Parlement.

Rassurez-vous, je n’ai pas expliqué ça au vieux Joël. Je ne le savais pas. Pendant que j’y suis, nous avons aussi l’Eurogroupe qui regroupe les ministres de finances des pays de la zone euro qui a plus de poids que le Conseil des ministres des finances européens, qu’on appelle aussi ECOFIN ou Conseil pour les affaires économiques et financières.

C’est tout un bordel et je me demande comment ils s’y retrouvent.

Toujours est-il que l’on va voter pour un truc que tout le monde dénigre. Il est important de savoir ce que c’est.

Je résume donc devant vos yeux ébahis.

Nous avons le Conseil de l’Europe avec 47 pays qui sert essentiellement dans le domaine des droits de l’homme, de la démocratie, et qui intègre notamment la Russie. Ses institutions ont peu d’importance : ce sont globalement les ministres des affaires étrangères qui gèrent la boutique.

Nous avons l’Union européenne qui, elle, a un tas de pouvoir, qui est tenue par trois instances :
-         la commission,
-         des conseils avec les représentants des états,
-         le parlement pour qui nous allons voter.

L’Union européenne englobe l’Union économique et monétaire. 18 pays sont passés à l’euro, géré par la Banque Centrale Européenne, organisme indépendant dont les chefs sont nommés par les instances de l’Union européenne.

La Commission européenne a un président. La Commission a essentiellement un rôle dans le domaine de la concurrence, de l’agriculture et pour la négociation des traités internationaux. Ses autres jobs sont fournis par le Conseil de l’Union (les ministres). Ce président devra être élu par le Parlement européen. C’est une première cette année.

Je cite mon confrère Cyril : « Pour la première fois, le président de la commission européenne sera issu du parti majoritaire au Parlement Européen. Le dernier président de la commission, José Manuel Barroso, était un conservateur partisan d’une Europe toujours plus libérale choisi de façon assez obscur par le biais d’accord de couloirs. Le prochain président de la commission européenne aura une légitimité citoyenne. Il aura donc la responsabilité de composer une équipe de commissaires européens suivant la ligne majoritaire au Parlement Européen. »

Cinq partis européens ont désigné un candidat. En toute logique, le président élu sera celui d’un des deux partis majoritaires. En d’autres termes, si vous voulez ne pas avoir un président favorable d’une Europe plus libérale, vous devriez voter pour la liste du Parti Socialiste Européen.

Et j’en reviens au vieux Joël, parce que ça, il a bien compris ! Je lui ferai réviser ses leçons, ce soir.

Pour le reste, le parlement vote pour un tas de trucs généralement issus de compromis avec le Conseil de l’Europe (les ministres), donc une représentation des Etats. Quand vous entendez un gugusse dire que tous les partis sauf le sien votent ensemble, c’est très vrai. Ils votent à l’issue d’une phase de négociation.

Alors je vais répondre au vieux Joël : « Tu vas voter pour une liste menée par une certaine Pervenche qui ne te mettra pas à l’amende. C’est la chef de file du Parti Socialiste dans la région parisienne. Tu ne la connais pas, mais avoir sur Google, elle est expérimentée. Le Parti Socialiste fait partie du Parti Socialiste Européen qui est le seul l’équivalent à droite à pouvoir emporter quelque chose. »

Et je vais ajouter : « tu reprends une bière ? »

22 avril 2014

Le KdB du cinq mai

C'est en l'honneur de Ménilmuche qui débarquera du bout du monde. A noter dans vos agendas. C'est en plus du KdB du 23 avril qui devrait commencer dans 15 minutes.

Regroupement des régions : vive l'Armorique ?

A propos du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, on lit beaucoup d’âneries, y compris dans mes propres blogs, d’ailleurs. Entendons-nous bien : je suis assez favorable à ce rattachement mais je ne verrais pas, d’un mauvais œil, non plus, la création d’une grande région ouest, avec la fusion, en gros, des deux régions, la Bretagne et les Pays-de-Loire.

L’histoire de la Bretagne est compliquée, mais, pourtant, certains se basent sur elle ou les sondages pour formuler des exigences.

L’histoire de la Bretagne

J’avais fait un billet à ce sujet, cet été. Je résume. Au début, on avait les hommes préhistoriques qui étaient là. On ne sait pas comment ils sont arrivés là et on s’en fout. La civilisation Celte est arrivée.

On considère qu’il y avait cinq peuples celtes sur le territoire de l’actuelle Bretagne au début de notre ère. Voir l’illustration en haut à gauche. On ne parlait pas encore de la Bretagne, d’ailleurs. Les Romains sont arrivés. Ils appelaient ça l’Armorique qui, en gros, s’étendait de l’estuaire de la Loire à celui de la Seine. C’était le bordel.

Les peuples germaniques ont méchamment décidé d’envahir l’Ile de Bretagne, ce qu’on appelle aujourd’hui la Grande Bretagne. C’était il y a deux millénaires, en gros. Du coup, les peuples rosbifs ont été obligés de fuir et de se pointer chez nous. C’est pour ça qu’on appelle cela la Bretagne. Nos envahisseurs avaient une culture proche de la notre issue des Celtes.

Ceux qui venaient du pays qui deviendra la France ont envahi un tas de trucs ce qui fait que les coins qui n’étaient pas en France, s’étendaient de l’estuaire de la Rance à celui de la Vilaine.

Charlemagne est arrivé et a créé les Marches de Bretagne, avec Rennes et Nantes (qui étaient dans a lui) pour se défendre des méchants Bretons qui auraient pu l’envahir. Finalement, c’est cette andouille qui a fini par envahir la Bretagne, ou, du moins, l’ensemble des petits royaumes qui la composaient, pour avoir la paix. Il y a fusionné tout ça, avec les Marches et son fils a nommé un lascar, Nominoë, pour diriger ce bordel.

C’est ainsi que Charlemagne a créé la Bretagne, en gros, au nord de l’estuaire de la Loire, avec des Celtes envahis par des anglais…

Par reconnaissance, certainement, Nominoë a foutu dehors les Carolingiens et c’est son fils, Erispoë qui a finalement fini par reconnu comme roi de Bretagne par les rois de France. Ces andouilles ont continué à faire la guerre, ont gagné un tas de trucs et ont fini par perdre. Après 50 ans d’existence, le royaume devint un duché, le duc « prêtant hommage » à Louis IV en 942.

Toujours est-il qu’ils ont continué à se foutre sur la gueule. Le comté de Nantes ne voulait pas être intégré au duché de Bretagne. Du coup, le comté se balada un peu partout et fut même rattaché à l’Anjou. Nantes est revenu « définitivement » en Bretagne que vers le XIIIème siècle.

Finalement, François 1er a baisé les Bretons en devant usufruitier du duché avant d’être roi de France en se mariant avec la fille d’Anne de Bretagne en 1514. En 1532, la Bretagne était rattachée à la France. On peut dire que la révolution a fini de la tuer. C’était un peu le but du redécoupage par département même s’il a été fait plus ou moins sur la base des frontières de contés.

Pendant la guerre, en 1941, les régions furent recrées pour des raisons administratives et le découpage fut conservé après la guerre. On connaît la suite.

Des sondages ?

Si vous posez la question aux habitants de la Loire Atlantique : « Comme on va redécouper les régions, voulez-vous que votre département soit rattaché à la Bretagne ou à une autre entité ? » 90% des braves gens, au pif, vont répondre oui. J’imagine que la question n’a pas été posée ainsi.

C’est ainsi que les défenseurs du rattachement disent qu’une majorité d’habitants sont favorables au rattachement…

Par contre, « 29 % des sondés étaient favorables au rattachement administratif de la Loire-Atlantique à la Bretagne, contre 32 % pour le « maintien des structures régionales actuelles » et 36 % pour « La mise en place d'une grande région ouest dont ferait partie la Loire-Atlantique » ».

Ainsi, moins d’un tiers des habitants du coin souhaitent réellement leur rattachement à la Bretagne.

Ce sondage date de 2002 et il y a plein de sondages dans Wikipedia.

En 2009, les Bretons, eux, étaient majoritairement pour mais d’une courte tête.

Ca vaudrait le coup de faire un sondage, auprès des habitants de la région et ceux du département 44. Je résume : le gouvernement va faire une réforme territoriale, deux projets s’opposent :
-         la création d’une nouvelle grande région par la fusion des deux régions,
-         la création d’une région avec les cinq départements.
Quelle solution préférez-vous ?

Une fois cela fait, dans le cadre d’une réforme qui va se faire, on pourra avoir une idée de « l’opinion publique ».

On pourrait aussi poser la question uniquement aux habitants du sud de la Loire…

Et moi et moi ?

Honnêtement, je m’en fous. Ce sont les élus qui travaillent au quotidien et connaissent les machins administratifs qui sont nécessaires.

Par contre, je n’aime pas l’argument de la Bretagne historique car si une Bretagne historique a existé, c’était entre 851 (de mémoire) et 1532. L’argument est nationaliste. Ou alors, arrêtons-nous à la Bretagne des cinq peuples Celtes qui a existé beaucoup plus longtemps. Mais on n'avait pas encore été envahis par les Anglais.

Recréons l'Armorique, qu'on n'en parle plus...


La vanité dans l'actualité

Mon confrère Sarkofrance s’en prend au verbiage en politique. A peu près en même temps, la consœur RosaElle évoque la vanité du discours politique. Ils ont raison. C’est ce que j’appelle parfois le manque de fond. Cela étant, n’est-ce pas l’essence des blogs politiques ?

Tiens ! Mon dernier billet. Je prends des propos de Laurent Fabius à propos du travail le dimanche et je pousse ma gueulante, sans approfondir, sans même rappeler l’histoire récente, ces conflits avec les grandes surfaces, ce décret de 15 mois, jugé illégal…

Sarkofrance nous dit : « Il faut se forcer à lire plus loin, plus en détail. Se remettre à l’ouvrage. Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi. Oublier les émissions d’information. » C’est aussi la réflexion que je me faisais en me forçant à regarder le direct de la libération des otages. A aucun moment, un journaliste n’a rappelé pourquoi ils étaient otages, ce qui se passe en Syrie, l’origine du conflit, les soutiens de chacun,…

Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi ? Je le fais mais la plupart sont incompréhensibles pour les non juristes. Pour faire court, un texte de loi est là pour modifier un Code, comme le Code civil, le Code du travail… Pour comprendre une loi, il faut donc se référer au code correspondant…

C’est le boulot de la presse, de faire ça, de nous expliquer le tout. Pourtant, c’est plus vendeur, pour la presse de titrer sur un raccourci de Laurent Fabius que de nous expliquer, tout simplement, pourquoi Laurent Fabius veut ajuster la loi Maillé. Tiens ! Allez la lire pour comprendre ce que je voulais dire au paragraphe précédent.

Rosa, elle, s’en prend à la vanité de la parole politique. Elle a raison. Je ne l’aurais pas exprimé ainsi, mais le personnel politique n’est plus crédible. Tiens ! Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères vient nous parler d’ouverture des commerces le dimanche. On croit rêver.

C’est même pire. David revient sur l’affaire Morelle et du cirage des pompes au château. « Le gouvernement demande 50 milliards d'euros d'économie supplémentaire. Et en même temps nos élites semblent ignorer le souci quotidien de leurs compatriotes. Pire, les images d'un cireur de chaussures de collaborateurs vient rappeler qu'une certaine aristocratie existe toujours. » Comment pouvait-il, Aquilino, ne pas se rendre compte des problèmes d’image que ça pouvait donner ? Comment peut-on s’imaginer que la parole du politique puisse rester crédible ?

Juan a raison, il faut qu’on travaille nous-mêmes les dossiers, ce que je fais à l’occasion. Mais nous ne sommes que des blogueurs. Mes billets d’humeur sont bien plus lus que tous les billets vaguement sérieux que je peux faire.

La vanité a deux significations : l’orgueil et la futilité.

Lequel s’applique aux blogs ?

Laurent Fabius et le travail le dimanche

« Le ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et du Tourisme, Laurent Fabius, a plaidé mardi 22 avril pour l'ouverture des magasins le dimanche. Ceci dans l'espoir de relancer le secteur crucial du tourisme en France. » nous dit la presse. Franchement, quel intérêt a-t-il à relancer ce débat ?

« Le touriste qui vient le dimanche et qui se présente devant un magasin qui est fermé ne va pas revenir le jeudi", a-t-il souligné, en évoquant à la fois "les Français qui vont en France, plus beau pays du monde, ou les étrangers qui viennent en France". »

Lolo, un peu de sérieux ! Ce n’est pas parce que vous avez travaillé dimanche (de Pâques) pour accueillir nos otages qu’il faut raconter des calembredaines maintenant. Un touriste n’a pas à aller faire des courses le dimanche dans des zones commerciales. La législation actuelle prévoit déjà la définition de zones touristiques où les commerces sont ouverts. Elle a même probablement trop de dérogations.

« Parallèlement, un sondage OpinionWay a révélé mardi 22 avril qu'un tiers des salariés seraient prêts à travailler occasionnellement le dimanche pour améliorer leurs revenus à la condition d'être payés double. » Ben oui ! Manquerait plus que les salariés ne soient pas prêts à gagner plus. On lit de ces conneries…

On aurait du le laisser ne s’occuper que des affaires étrangères. Que vient foutre le tourisme au Quai d’Orsay ? Pourquoi le ministre du tourisme s'occupe de ce genre de truc ?

Après tant d'années de politique, il n'a pas encore appris à être plus précis dans ses annonces et à ne pas relancer des sujets sensibles ? Arrêtons le bricolage. Et fermons les magasins de bricolage le dimanche : les touristes ne bricolent pas.

21 avril 2014

Quelle stratégie pour François Hollande ?

"Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai, ou aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu" a dit François Hollande. Mon confrère Grandludo semble penser que c'est un coup de génie, le retour de François Hollande, monstre politique, l'homme aux petites phrases assassines.  

Pourtant, ça ressemble à une phrase qu'il aurait dite comme ça, au détours d'une conversation mais Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu'il n'y aurait pas de primaire si Pépère reposait sa candidature. Il serait surprenant que le chômage ne baisse pas. Il n'empêche que si ça arrive, toute la gauche sera emmenée avec François Hollande. Aucun candidat de gauche n'aurait la moindre chance. Si le chômage baisse, par contre, d'autres à gauche pourraient avoir des velléités. Julien Dray avait demandé des primaires. Le nouveau chef du PS l'a calmé suite à la phrase de François Hollande.  

Ce qu'en dit Grandludo : "Dans ce cas, scénario le plus probable, le Président sortant empochera seul tous les fruits de cet engagement et de sa politique en matière d’emploi . Ce qui lui permettrait de partir grand favori pour 2017, éliminant, aussi, naturellement tout idée de primaires à gauche ." 

François Hollande est dans une position très fragile. Son premier ministre a une forte popularité et de bons réseaux. Avec cette petite phrase, était-ce Manuel Valls que François Hollande a voulu calmer, rappelant qu'il était le patron ?  

Le Figaro en fait son sondage du jour. "Comprenez-vous que François Hollande évoque déjà la question de sa candidature en 2017 ?" 80% des internautes (lecteurs du Figaro...) répondent "non". Sont rigolos, à droite... 

D'ailleurs, ce journal diffuse une chronique d'un économiste qui a une position totalement opposée à celle de Grandludo. Il pense que les fruits de la baisse du chômages seront récupérés par Manuel Valls. Il pense donc que l'intérêt de Pépère n'est pas que le chômage baisse mais d'avoir une situation qui empire pour pouvoir justifier une dissolution qui ramènerait la droite au pouvoir, ce qui lui permettrait de vivre en cohabitation et d'augmenter ses chances pour 2017. 

Penser que Pépère ne veuille pas la réussite du gouvernement est relativement grotesque. Il n'empêche que je suppose qu'il a déjà pensé à la dissolution mais attend les régionales  en 2015 pour prendre une éventuelle décision. 

Mais le chômage n'est pas le plus gros problème de François Hollande en vue de cette élection de 2017, qu'il soit en cohabitation ou pas. C'est sa popularité. Jacques Chirac, quand il a fait sa dissolution en 1997, n'a pas récupéré de popularité en restant au château. L'histoire retient ses 82% au second tour en 2012 mais il a eu un score dérisoire au second, inférieur à 20%. La droite traditionnelle avait fait moins de 40%.  

C'est ce à quoi il doit travailler, maintenant. Le départ d'Aquilino Morelle est probablement une bonne nouvelle. Outre le fait qu'il fut la plume de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, la chute de la popularité de François Hollande date du jour où il est passé à ses côtés, il était donné vainqueur au second tour avec 60% des voix et est maintenant au ras des pâquerettes. Ne me faites pas dire non plus, ce que je n'ai pas dit : il n'est pas responsable. Il n'empêche que François Hollande doit tout repenser. 

La stratégie du président normal a échoué. Une des raisons de l'impopularité de Pépère est qu'il n'arrive pas, aux yeux du public, à incarner la fonction. Avoir une forte personnalité à Matignon l'aidera-t-il ? Manuel Valls passe pour un chef. François Hollande doit être le chef du chef... Il doit s'élever. Je ne sais pas si ses visites sur le terrain, comme vendredi à Clermont-Ferrand sont une bonne idée... 

Souhaitons lui bien du courage. 

La menace de la dissolution restera quoi qu'il arrive une arme pour éviter la fronde des députés. Mais elle ne garantit en aucun cas une réélection. Au mieux, si la dissolution est faite en 2015, François Hollande restera peinard à l'Elysée, pendant deux ans, à inaugurer les chrysanthèmes. 

Mais est-ce une vocation ? 

En outre, s'il y a dissolution, quel homme politique pourrait inviter François Hollande à prendre les clés de Matignon ? En toute logique, il appellera Jean-François Copé qui est le chef du parti qui devrait récupérer la majorité...  

Qui trouver pire pour la droite ? 


20 avril 2014

Paix à l'âme de la conscience politique

Je déjeunais tranquillement avec l'ami Patrice à la Comète. Il a pris l'émincé de saucisses, j'ai pris l'entrecôte. On s'est enfilé un dessert à défaut de garçons pubères. Il est parti. 

Je suis resté. Je suis allé dans Twitter. Et j'ai vu un nombre incroyable d'abrutis qui s'en prenaient à Morelle, deux jours après sa démission. J'ai unfollowé en masse. Voilà où en est la gauche. Taper sur les siens. Ils n'ont que ça à foutre sans se rendre compte qu'ils méritent des baffes. 

C'est affligeant. Le nombre d'imbéciles qui veulent être propres et se foutent qu'une droite dure revienne au pouvoir. 

Bravo les gars, vous avez tous raison mais, globalement, vous êtes qu'une bande de trous du cul. 

La conscience politique est arrivée au degré zéro. C'est rigolo.