16 avril 2014

La popularité du président normal et moi

« C'est un record dont il se passerait bien. François Hollande est le président le moins aimé de la Ve République. » « Mais c'est aussi une question de destin ! Le chef de l'État est victime d'une histoire qui se répète : Chirac, Sarkozy... deux ans après leur arrivée au pouvoir, les derniers présidents ont à chaque fois battu le record d'impopularité de leur prédécesseur. Mais, aujourd'hui, le désamour entre les Français et François Hollande témoigne d'une véritable rupture. » Cet article du Point tente d’expliquer pourquoi François Hollande bat des records d’impopularité et je suis assez d’accord avec lui… Plus exactement, il m’éclaire assez bien sur le ressenti que je peux avoir de pépère, puisque je fais partie des fameux 18%...

Je vais donc le résumer maladroitement car fainéasses comme je vous connais, vous ne liriez pas tout d’autant que j’ai été assez bavard aujourd’hui. Je reviendrai sur des parties précises ensuite.

La baisse de popularité du président est à peu près continue. Il paye la situation dramatique de l’état du pays. La séquence médiatique de l’été 2012 a été calamiteuse. Les multiples couacs ont montré qu’il n’avait pas d’autorité. Il y a eu ce fameux ras-le-bol fiscal. La réforme des rythmes scolaires passe assez mal et le mariage pour tous a horripilé une partie de la population.

Mais tout cela, on le sait. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, pourtant, ont eu leur dose. Rappelez-vous de l’été 2007 ou des âneries proférées par leurs collaborateurs.

Le problème n’est pas dans sa capacité à séduire. Il est plutôt jovial et rigolo. Il n’est pas rejeté par les gens. L’article cite l’exemple du salon de l’agriculture où il peut se promener calmement, contrairement à son prédécesseur.

« Le malaise est ailleurs. S'il subit le courroux du peuple, c'est parce que le président peine à incarner la fonction, reconnaissent les connaisseurs. Un double rejet lié à "un comportement politique et personnel", explique un responsable socialiste. »

Je veux bien le croire mais ce n’est pas le sentiment que j’ai…

« De l'avis de ses proches, il a négligé la communication, déléguant au minimum cet aspect pourtant essentiel du présidentialisme. Ce qui pourrait expliquer, par exemple, sa stratégie contre-productive de banaliser la fonction. Le candidat normal élu en partie sur le rejet du clinquant Sarkozy s'est fourvoyé en continuant dans cette voie une fois élu. »

Ainsi, il paye le « président normal ». Stéphane Le Foll ajoute que François Hollande essaie d’être comme les gens mais ne s’adresse pas à eux, en tant président de la République. « Paradoxalement, en essayant d'être comme tout le monde, il s'est déconnecté du peuple. »

Et ce sont les couacs, le manque d’autorité,... qui ont fini par désacraliser la fonction ou par faire en sorte qu’il ne l’incarne plus.

« Outre son rapport au peuple et à son entourage politique, sa vie privée, et notamment son comportement avec les femmes, est presque unanimement condamnée. Ils ont été nombreux à crier à la répudiation lorsqu'il a mis fin officiellement à sa relation avec Valérie Trierweiler par un communiqué laconique. Mais surtout, d'aucuns ont dénoncé, lors de l'affaire Gayet, que le président puisse roucouler pendant que la France coule. »

C’est ici que je voulais en venir : je me fous réellement totalement de la vie privée du président et je n’ai pas sacralisé la fonction, sauf en tant qu’élément nécessaire à la conquête du pouvoir sous la Cinquième. Je me fous de l'annonce de la fin de sa relation avec l'ex. Dans mes blogs, je cite assez souvent la Constitution et les fameux articles qui définissent le rôle du président et du premier ministre. C’est à ce dernier de conduire la politique de la nation…

En allant plus loin, c’est justement surtout parce que Nicolas Sarkozy se comportait comme un premier ministre que je ne pouvais pas le blairer. Et c’est bien que Jacques Chirac avait bien des premiers ministres, qu’il avait, disons, ma sympathie, sauf au cours des deux premières années, parce qu’au cours de ces deux premières années il a pris une mauvaise décision en tant que président de la République : la reprise des essais nucléaires (n’en discutons pas, je n’avais pas de blog à l’époque).

Toujours plus loin : c’est exactement ce que j’ai reproché à François Hollande, c’est de faire beaucoup d’annonces lui-même, laissant Jean-Marc Ayrault jouer le simple rôle d’un François Fillon, pas d’un Alain Juppé, d’un Lionel Jospin, d’un Jean-Pierre Raffarin et d’un Dominique de Villepin.

En aparté, j’espère que la séquence actuelle est réellement un changement de cap comportemental.

Pour le reste, étant à peu près sur la même ligne politique (même si tout ne me plait pas), je m’en fous un peu. En outre, s’il perd de la confiance sur sa gauche avec la politique qu’il mène, il devrait en récupérer vers le centre mais ce n’est même pas le cas.

Ainsi, si les Français ne peuvent pas blairer François Hollande, c’est aussi parce qu’il est le président normal, celui décrit dans les institutions de la cinquième, mais sacralisée par cette dernière qui a un système électoral délirant.

Comme, en plus, il a joué le rôle de premier ministre…

Il faut qu’il nous fasse du Chirac ! Allez boire des bières en rigolant au salon de l’agriculture et laisser Raffarin et Villepin faire des bêtises. Revenir de temps en temps pour dire : « je décide il exécute » et pour faire joli dans les cérémonies officielles.

Que Manuel Valls se débrouille… François Hollande a fait le job : il a nommé un premier ministre qui a composé un gouvernement et obtenu la confiance de l’Assemblée.

N.B. : ne pas se tromper sur la nature de ce billet. Je ne cherche pas à le défendre mais à dire pourquoi je l’aime bien et pourquoi le niveau d’impopularité délirant m’échappe parfois (mais j’en prends acte).

M'sieur Paul, pas dans les pas de Valls !

Le Lab nous le dit, ce qui ne nous surprend pas, des députés socialistes sont mécontents des annonces de Manuel Valls. Christian Paul semble en première ligne pour la protestation.

« Nous n'avons pas été élus en 2012 pour organiser l'appauvrissement des Français les plus modestes, des salariés, des retraités, des exclus, des jeunes. » Certes. Nous avons été élus pour diminuer les déficits. Sans cette promesse de retour aux 3%, François Bayrou n’aurait pas appelé à voter pour François Hollande mais pour Nicolas Sarkozy. Nous avons été élus pour virer ce dernier.

En outre, qui paye ses dettes s’enrichit. La dette est souscrite auprès d’opérateurs privés à la plus grande joie de leurs actionnaires. Les leçons de gauchisme me fatiguent. Nous avons une monnaie commune suite à des accords avec d’autres pays avec qui nous avons des accords. Si ces accords sont mauvais, il faut les revoir mais, mémère, elle ne veut pas.

« Les propositions qui sont faites ne sont pas votables par beaucoup de députés socialistes, en l'état. » C’est bien pour ça qu’il y a un Parlement qui pourra discuter des textes de lois et passer des amendements. « Donc, le dialogue qu'il n'y a pas eu avant ces annonces, il faut qu'il ait lieu maintenant (...). » C’est bien ce qui va avoir lieu ? Il aurait voulu quoi ? Que le texte passe à l’Assemblée avant que le premier ministre fasse des annonces ?

« Ce programme d'économies nous a surpris beaucoup. » Il s’attendait à quoi ? Manuel Valls avait annoncé 50 milliards de diminution des dépenses. Il pensait qu’on allait les prendre où ? Ca fait des années qu’on nous parle de diminution des dépenses. La droite l’a fait pendant des années sans détailler où elle prendrait le pognon. Manuel Valls le fait. Où est la surprise ? Et la virgule, entre surpris et beaucoup ?

« Nous sommes prêts à considérer qu'il faut faire des économies, sans organiser le recul des droits sociaux. Faire des économies, en modernisant le service public, mais pas en réduisant les services publics sur nos territoires. » Nous y voilà ! Il fait du Sarkozysme… Il veut bien faire des économies mais sans dire où (et sans diminuer les dépenses, visiblement !). Qui a parlé de réduire les services publics sur les territoires ?

« J'en appelle au Premier ministre pour que, puisse avoir lieu, ce qui est normal, même sous la 5è République, entre un gouvernement et sa majorité, c'est-à-dire un échange franc, loyal. » Il aura lieu à l’Assemblée. Où veut-il qu’il se passe ? Il n’y a quasiment plus de majorité. Non seulement l’information a été donné par les urnes mais les instances du Parti Socialiste sont en vrac.

« Ce matin, le signal n'est pas bon. » Il n’est pas bon. Certes. Avec des socialos qui sont les premiers à charger la barque et à casser le gouvernement avec une annonce qui n’a strictement rien de surprenante.

Avant de revenir sur les détails des annonces, je voudrais revenir sur un billet de blog (RT par Sarkofrance), blog qui s’appelle « A gauche pour de vrai ». Pour vous dire à quel point il y croit. C’est la vraie gauche, quoi. Je le lis parfois. Cette fois, il se demande comment certains peuvent rester proches du PS. Je vais lui répondre : par solidarité. Je vais citer une partie qui m’a fait bondir : « Rester au parti socialiste c’est endurer Valls, c’est endurer la nomination d’un nouveau premier secrétaire sans congrès, c’est endurer la légalisation du travail au noir. Car verser un salaire sans cotisation pour alléger le « coût » du travail, c’est bien le but que poursuit un employeur au black. Cette légalisation du travail au noir Valls n’en est même pas l’inventeur. » Je me fous du premier secrétaire : il n’était pas possible d’organiser un congrès en urgence et un congrès du parti de gouvernement n’a pas beaucoup de sens. Ce ne sont pas les militants du PS qui vont déterminer la politique du gouvernement mais les députés élus par le peuple… C’est le coup du travail au noir qui m’irrite. Ils inventeront tout. A gauche pour de vrai. Vive la progressivité des cotisations sur le travail. Et paf !

N’allez pas croire que je sois particulière réjouit des annonces de Manuel Valls, d’autant que la presse ne parle que du gel des salaires des fonctionnaires et de certaines prestations sociales. Qu’a-t-il dit d’autre ?

Petit 1 : 18 milliards d’économie de la part de l’Etat

« Ces économies s’appuieront sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement des ministères. Elle passe par des économies sur les dépenses immobilières, la mutualisation des fonctions support (achats et systèmes d’information notamment), et une réduction du train de vie de l’Etat. » Je n’invente rien, je cite un document officiel qui est arrivé sur mon bureau.

Dites, M’sieur Paul, vous êtes contre ?

« Les créations d’emplois prévues dans l’Education nationale, la sécurité et la justice seront maintenues, dans le cadre de la priorité donnée à la jeunesse, et à la sécurité des Français. »

Ah ! Voila, M’sieur Paul, z’auriez préféré qu’on fasse des économies en ne respectant pas les paroles de campagne ?

« Les interventions de l’Etat seront également recentrées pour être plus efficaces. » Si on savait ce que cela voulait dire… « Les opérateurs et autres agences de l’Etat verront leurs dépenses de fonctionnement et leurs interventions revues à la baisse. Leurs moyens avaient augmenté de 15 % sous le précédent quinquennat. » Ca manque un peu de précisions mais il n’est pas inutile de rappeler les conneries de la droite… M’sieur Paul, z’en pensez quoi ?

Je n’oublie pas le gel de la rémunération. Je ne suis pas pour et je trouve même complètement con de se foutre à dos l’électorat…

Petit 2 : 11 milliards d’euros d’économies sur les collectivités locales

L’essentiel des économies viendra de la réforme territoriale que personne ne critique réellement à gauche : le tout a déjà été annoncé. Pourquoi ruer dans les brancards maintenant ?

« La Dotation Globale de Fonctionnement sera reformée dans le projet de loi de finances (PLF 2015), pour encourager les comportements vertueux et renforcer les mécanismes de solidarité financière entre collectivités riches et défavorisées. »

M’sieur Paul, vous en pensez quoi ?

« Dans une logique de simplification, le Conseil National d’Evaluation des Normes, mis en place avant l’été, donnera plus de place aux élus dans la diminution des normes, anciennes et nouvelles. »

M’sieur Paul, vous allez expliquer aux élus locaux que les normes ne leur font pas gaspiller un fric monstre pour rien ?

Petit 3 : 10 milliards d’euros d’économies sur l’assurance maladie

« Mieux organiser les parcours de soins, en renforçant les soins de premier recours, en développant la chirurgie ambulatoire, en facilitant le retour à domicile après une hospitalisation, en améliorant le suivi des personnes âgées en risque de perte d’autonomie. » « Agir sur la pertinence médicale pour réduire le nombre d’actes et d’interventions inutiles ou évitables. »

M’sieur Paul, mieux organiser les soins, vous êtes contre ?

« Améliorer notre dépense de médicaments, grâce à une consommation plus raisonnée, à un plus grand recours aux génériques et à des prix davantage en adéquation avec l'innovation thérapeutique. »

M’sieur Paul, donner moins de pognon à l’industrie pharmaceutique, c’est du néo-libéralisme ?

Petit 3 : 11 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de protection sociale

« Pour près de 3 milliards d’euros, ces économies résulteront de réformes déjà engagées : modernisation de la politique familiale décidée en 2013 ; loi garantissant l’avenir et la justice du système de retraites ; accord entre partenaires sociaux sur les régimes complémentaires AGIRC-ARRCO. »

M’sieur Paul, vous avez voté contre ?

« Au-delà, les caisses de sécurité sociale dégageront 1,2 milliard d’économies, en exploitant notamment les possibilités offertes par la dématérialisation, la simplification et la meilleure articulation entre les différents organismes. »

M’sieur Paul, vous ne pensez pas que l’on peut organiser le fonctionnement de ces machins un peu mieux ?

« Décidés dans le plan pauvreté de janvier 2013, les engagements de revalorisation exceptionnelle pour le RSA, le complément familial et l’allocation de soutien familial sont  confirmés. Mais elles seront décalées d’une année. »

M’sieur Paul, ça vous turlupine tant que ça, ce report d’un an ?

« Une nouvelle convention d’assurance-chômage, sur laquelle les partenaires sociaux se sont accordés, va permettre d’améliorer le fonctionnement du marché du travail, notamment en matière de sécurisation de l’emploi et de la formation professionnelle. Le régime d’assurance-chômage devra mieux contribuer au bon fonctionnement du marché du travail, et permettre de rétablir l’équilibre financier de l’UNEDIC à l’horizon 2017 (2 milliards d’euros au total). »

M’sieur Paul, cela vous défrise les accords entre les partenaires sociaux ? C’est vraiment une annonce, ça ?

« Enfin, la modernisation de la politique familiale engagée en 2013 sera poursuivie, en renforçant l'équité des aides aux familles, et en orientant davantage les prestations vers l'emploi des femmes (0,8 Md€). »

M’sieur Paul, vous voyez où une annonce surprenante ?

Je n’ai pas oublié, non plus, le gel des retraites (que je trouve con : on vient de se taper une réforme des retraites… que je n’approuvais pas) et de quelques prestations sociales… sauf les plus basses.

Alors, M’sieur Paul ?

Ca ne vous dérange pas de ruer dans les brancards et dans les médias deux ou trois semaines après une cuisante défaite électorale, le lendemain d’une réorganisation de votre parti politique ?

Vous ne pouvez pas laisser une chance à votre parti politique ? Vous avez besoin d’une heure de gloire ? Vous ne croyez pas qu’on est suffisamment dans la merde ?

Faites donc comme Bruno Le Roux qui a déclaré, par exemple : « Le programme de réduction des dépenses qu'il a présenté ce matin ne sera ni un plan d'austérité ni une remise en cause de notre modèle social mais la résultante d'une réforme en profondeur des structures de l'Etat, des collectivités et de la sécurité sociale. »

Ou alors, rejoignez Méluche qui dénonce une politique d’austérité comme la plupart des vrauchistes. Par contre, si vous pouviez m’expliquer comment on peut qualifier d’austère une politique qui permet de dépenser plus de 80 milliards de plus que ce l’on gagne ?

M'sieur Paul, vous allez crier les mêmes trucs jusqu'à la fin de la législature ?

A part ça, une requête Google me révèle que le jeu de mot "pas de Valls" n'a jamais été fait en titre de blog et pas plus de trois ou quatre fois lors de publications.

Toi aussi, comprends l'éditorialiste libéral qui approuve le SMIC jeunes

Mes confrères Melclalex et Seb Musset sont d’accord pour expliquer que le SMIC à géométrie variable proposé par Pierre Gattaz est une belle connerie. Tout le monde à gauche est d’accord. A droite aussi, d’ailleurs, à l’exception notable de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Eric Ciotti qui ont le courage le leurs opinions, c’est assez rigolo ! Voila une série de gens qui défendaient le CPE qui se mettent à hurler contre le patron des patrons... La plus drôle étant peut-être Laurence Parisot.

Jean-Marc Sylvestre, illustre chroniqueur libéral de droite spécialisé en économie, est pour ce SMIC à deux vitesses et le dit dans une tribune chez Atlantico. Il dit même, car il sait tout, ce monsieur, que Pierre Gattaz a fait une connerie en parlant de ça car ça aurait été proposé par Manuel Valls, en gros.

Décryptons son discours (ou des extraits)…

« Le système français souffre d’un coût du travail excessif mais aussi d’un manque de souplesse. C’est d’une évidence biblique, l’existence du Smic a accéléré la délocalisation industrielle et a provoqué du chômage. » Vous avez entendu, braves gens ! C’est biblique ! C’est une évidence. Il n’y a pas à discuter.

Remarquez, il a parfaitement raison. Les patrons seraient autorisés à ne pas verser de salaire, ils délocaliseraient moins…

« Le coût du travail s’est retrouvé depuis une dizaine d’années trop élevé par rapport aux conditions d’équilibre de l’entreprise. »

Ouh, là ! Ca devient sérieux ! Les conditions d’équilibre de l’entreprise. Les pauvres, elles ne gagnent plus d’argent et ne versent plus de dividendes aux actionnaires…

« De l’avis de la majorité des experts,  la solution passerait par un déblocage du marché de l’emploi. »
 
Alors ! Si une majorité d’experts le dit, hein ! Qu’est-ce que vous avez à répondre à cela ?

« C’est-à-dire par une simplification des procédures, un déverrouillage des seuils qui bloquent le développement des entreprises, une flexibilité plus grande y compris sur les salaires… avec, pourquoi pas, des Smic différents selon les régions et  comme vient de le dire Pierre Gattaz, l’instauration d’un Smic inférieur au niveau légal  pour inciter les jeunes à mettre un pied dans l’entreprise plutôt que de commencer par la case "Pôle Emploi" ! »

Voilà ! Gagner une misère va inciter les jeunes à travailler. On croit rêver…

« Le problème, c’est que tout cela n’appartient pas au logiciel de la gauche. »

Ah ! Le mot à la mode : le logiciel. Il ne sait pas probablement pas ce que cela veut dire, tant pis. Je vais néanmoins lui confirmer. Torpiller les conditions de travail n’est effectivement pas un truc de gauche.

« Les militants du Front de gauche, du Parti communiste et les adhérents syndicaux sont en général vent debout contre ce type de réformes. Ces dernières sont donc restées de tout temps dans les cartons pour des raisons strictement idéologiques. »

Il a raison : ce sont toujours ceux avec qui on n’est pas d’accord qui agissent pour des raisons idéologiques. Alors que lui, s’il veut torpiller le droit du travail, ça n’est pas par idéologie mais par pragmatisme !

A noter que quand j’ai décidé de faire ce billet, je n’ai pas lu le reste de sa chronique. Je parie qu’il va parler de pragmatisme…

« François Hollande lui-même s’est laissé convaincre, par quelques-uns de ses amis économistes, dont Elie Cohen, de réfléchir à un salaire minimum moins élevé et pourquoi pas un salaire régionalisé pour tenir compte des différentiels de pouvoir d’achat. »

Voilà ! Il sait mieux que les autres ce par quoi est convaincu François Hollande. Un SMIC régionalisé ? Je suppose qu’il ne veut pas dire qu’il faut l’augmenter en région parisienne… Mais bien le baisser dans les territoires où les gens n’ont plus d’espoir…

A propos de Manuel Valls, « La gauche est dans un tel état qu'elle n’a pas d’autre choix que d’accepter les prescriptions de l’un des leurs, même si ces prescriptions ne paraissent pas dans la ligne du parti. »  J’avais oublié que le parti avait une ligne. Quelles prescriptions ?

« Or, si Pierre Gattaz  s’empare de cette idée pour la défendre avant même que le gouvernement l’ait formalisée, il provoque immédiatement une réaction de rejet de la part des syndicats. Ça n’a pas manqué. Tous les syndicats sont plus ou moins montés au créneau contre cette idée du Medef redevenu pour le coup le repère des "affreux-capitalistes-prêts-à-tout-pour-optimiser-leurs-dividendes". »

J’imagine que les syndicats devraient manifester pour exiger des baisses de salaries pour permettre l’augmentation des dividendes…

« Reste à savoir comment vont réagir les politiques, non ceux de droite (Ils n’ont guère travaillé à trouver des idées nouvelles), mais les politiques de gauche brûlés vifs… On aurait voulu tuer dans l’œuf une mesure intelligente et pragmatique qu'on n’aurait  pas fait les choses différemment. »

J’ai gagné mon pari. Vous me devez une bière. Par contre, j’avais oublié de dire qu’il parlerait de « mesure intelligente ».

L'Europe : son fonctionnement illustré par eCall

Hier, je ronchonnais contre les geeks et les réacs qui racontaient n’importe quoi à propos de propositions du CSA. Aujourd’hui, c’est reparti, mais à propos d’un vote du Parlement Européen à propos d’un nouveau machin sur une proposition de la Commission. A croire qu’ils veulent donner une mauvaise image du Parlement à quelques semaines des élections. Ou que le Parlement veut donner une mauvaise image de lui-même.

Toujours est-il que ceux qui ronchonnent ne connaissent pas le fonctionnement de l’Europe…

Ce nouveau machin est eCall, une carte SIM qui sera intégrée aux véhicules pour déclencher un appel aux services de secours en cas d’accident détecté. Ce machin transmettra des informations comme le lieu de l’accident mais aussi le modèle de véhicule ce qui permettra de préparer le matériel de désincarcération adéquat. Vous en saurez plus en lisant la page Wikipedia (lisez, c’est passionnant). Le système permettra de sauver des vies en réduisant le délai d’intervention et de désincarcération mais aussi, par exemple, de diminuer les embouteillages en anticipant les déviations. A terme, il devrait permettre des économies de l’ordre de 26 milliards à l’échelle européenne. Le système sera obligatoire sur les nouveaux modèles de voiture à partir d’octobre 2015 (2017, en fait, les constructeurs ayant obtenu des délais supplémentaires au cas où ils ne seraient pas prêts).

J’ai découvert l’information chez l’ami Korben qui dit que c’est « un exemple de libertés individuelles rognées par les bons sentiments... » « Et pourtant, c'est un putain de tour de magie qui est en train de se passer sous nos yeux ébahis. Car oui, même si d'après la Commission Européenne, ce système n'est pas conçu pour vous fliquer, il sera possible à votre assurance ou à la police de savoir combien de temps vous avez roulé, à quelles vitesses, par où vous êtes passé, combien de kilomètres ont été parcourus...etc. Et on le sait tous, même si ce système n'est conçu que pour se déclencher uniquement en cas d'accident, il sera probablement activable à distance tôt ou tard (pour tracer une voiture volée par exemple). »

Et comme hier, c’est Numérama qui lance le cri d’alarme. « Cependant, Bruxelles reconnaît également que "les possibilités de la plateforme technologique eCall (par exemple les modules de positionnement, de calcul et de communication) pourraient être exploitées pour des services additionnels". La Commission cite d'elle-même les "schémas d'assurance avancés", qui permettraient aux assureurs de savoir si un véhicule roulait trop vite sur une route donnée, de facturer au kilomètre parcouru, etc., ou le traçage des véhicules volés. L'eCall oblige à avoir un système embarqué de téléphonie mobile dans toutes les voitures. Le reste n'est qu'affaire d'imagination. »

Ils ont probablement raison mais les geeks sont parfois amusants. Ils hurlent contre les géants du net et les atteintes à la vie privée mais recommandent des téléphones portables avec des systèmes d’exploitation faits par ces géants du net. Ces téléphones portables assurent la géolocalisation de tous les possesseurs mais potentiellement géolocaliser les véhicules est interdits. Le bord de nos routes est jonché de radars qui coûtent la peau des fesses – et je ne parle même pas des portiques de l’écotaxe – qui permettent de savoir où on est. On paye les péages avec des cartes bancaires où, mieux, des machins comme le télépéage qui permet de suivre les mouvements des véhicules, mais ça, c’est bien ! Par contre, un truc pour sauver des vies, non.

Si un constructeur faisait une voiture avec une carte SIM pour capter le téléphone ou tracer la voiture en cas de vol, nos geeks seraient fous de joie et feraient des billets dithyrambiques pour louer le progrès. D’ailleurs, on peut parier que nos voitures auraient toutes équipées d’un tel système – avec l’appel des services d’urgence en cas d’accident ou de panne – d’ici quelques années d’autant que certaines le sont déjà.  

Mais quand ça vient de Bruxelles, c’est mal ! C’est surtout mal connaître le fonctionnement.

Tout d’abord, le système eCall n’est pas neuf. L’essentiel du boulot de la Commission a été de mettre des braves gens autour d’une table : opérateurs téléphoniques, centres d’appels de secours et constructeurs automobiles. Ceci a été un très long travail qui a permis d’aboutir à des normes qui font que le même système fonctionne sur tous les véhicules, partout en Europe. Ce n’est pas simple. Il a fallu adapter le 112 (le service d’urgence européen), un service public, pour traiter les nouvelles informations comme la géolocalisation,…

Ensuite, la Commission finance (environ 50 millions par an) la recherche sur les technologies de l’information pour améliorer la sécurité des transports, ce qui évite à chaque Etat de le faire.

Enfin, ce n’est ni la Commission ni le Parlement qui imposent ce truc mais les Etats qui ont signé des accords avec la Commission qui a pris l’initiative des travaux. Le texte est passé en première lecture et devra être validé par le Conseil et la Commission.

« Le déploiement d'un système d'appel d'urgence public à l'échelle de l'UE représente un progrès très important pour la sécurité des utilisateurs routiers européens. Près de 2500 vies pourraient être sauvées chaque année en Europe et la gravité des blessures pourrait être atténuée dans des dizaines de milliers de cas. Le système eCall sera gratuit, au bénéfice de tout conducteur en Europe, indépendamment de la voiture qu'il conduit. »

Mais il faut bien gueuler !

On a maintenant un standard à propos d’un dispositif de sécurité qui deviendra obligatoire mais qui aurait été déployé quoiqu’il arrive notamment dans les voitures des geeks qui aiment bien ce genre de gadget… Ca me rappelle quand la ceinture de sécurité a été rendue obligatoire en ville. Quelques années plus tard (5), je passais mon permis (mon dieu, ça fera 30 ans en juin), et des andouilles gueulaient toujours en disant que c’était dangereux, ça risquait d’étranger les gens en cas d’accident.

En 40 ans, le nombre de morts sur les routes a été divisé par 4 en France malgré l’augmentation de la circulation.

15 avril 2014

Comment le CSA veut [ou pas] contrôler les vidéos sur le web ?

Le CSA a publié son rapport annuel. Il fait hurler les blogueurs réactionnaires qui crient à la censure socialiste et certains sites geeks, comme Numerama qui explique en titre : « Le CSA dresse la liste de ce qu'il veut contrôler sur Internet. » Vous pouvez lire, ça fait peur ! « Dans son rapport annuel, le CSA dresse la liste des domaines d'expressions dans lesquels il entend pouvoir exercer un droit de regard et de censure sur Internet. »

Rien que ça !

La vérité est tout autre. Nous avons actuellement des braves sociétés autorisées à émettre du contenu audiovisuel par le câble, le satellite, la TNT,… Ils ont un tas de contraintes : contribution à la production, délai de diffusion d’un film après la sortie, respect de règles de concurrence, obligation de distribuer certaines chaînes gratuites si l’émetteur en fait la demande et tout ça.

Avec l’arrivée d’internet, de nouveaux diffuseurs de contenu apparaissent et se multiplient sans qu’ils soient totalement sous le coup de la loi définition les attributions du CSA, notamment avec la diffusion à la demande.

Le CSA propose donc de mettre en œuvre une convention entre eux et lui, sans obligation. Cette convention contiendra des contraintes et des avantages. Globalement, les contraintes sont les mêmes que celles qui portent sur les autres diffuseurs, notamment par câble et par satellite, sur la promotion des services,... D’une manière générale, les engagements et avantages seront à la carte. Tu fais tel engagement, tu as tel avantage.

Les contraintes tournent autour du respect de la dignité humaine, de la protection de l’enfance,… Par exemple, ils pourront s’engager à ne pas diffuser de vidéo pornographique. Les avantages tournent autour de la facilité d’accès à la production, à la diffusion,… et la création d’un label « site de confiance » qui devra être utilisé par les services de contrôle parental.

En gros, vous pouvez donner la télécommande de votre télévision à votre gosse, il n’aura pas accès à un film de cul. Avec ce label et cette loi, cela sera pareil. Vous pourrez donner votre PC à votre môme, il ne risque pas de tomber sur un truc pas sain.

Et voila pourquoi certains geeks ou certains réacs crient au loup, à la censure, pire !, à la censure socialiste ! Ils s’imaginent que vos vidéos personnelles seront sous la coupe du CSA…

Cela n’a rien à voir sauf pour un détail : le CSA propose en plus d’avoir dans ses missions la vérification de la légalité de tout contenu vidéo sur le web, indépendamment de convention pour les diffuseurs numériques.

Je remercie Corto pour ses cris qui n’auront pas manqué d’agiter ses commentateurs habituels. Je ne vais pas l’accuser : il reprend l’article de Numérama qui est à la limite du mensonge quand il écrit : « Ce ne sont plus seulement les vidéos professionnelles qui seront soumises à la régulation du CSA, mais aussi vos vidéos personnelles. » C’est parfait pour faire hurler le lecteur mais le CSA n’a rien à cirer de la vidéo de votre belle mère qui se casse la gueule dans l’escalier. Ce ne sont pas les vidéos qui sont soumises à la régulation mais les sociétés qui auront signé une convention.

Ces sociétés respectent déjà les contraintes légales : droits d’auteurs,… En plus, des boites comme Youtube autorisent beaucoup moins de contenu que la loi française. Ces américains sont très pudibonds… Elles signeront avec plaisir (et avidité) la convention sans changer une ligne des contrats (les fameuses CGU) qu’elles ont avec leurs utilisateurs…

Mais auront un statut de diffuseur numérique, si elles le veulent, comme tous ceux qui diffusent du contenu en dehors d’internet.

La belle affaire !

Dans le détail

J’ai lu les propositions avant de faire mon billet. Je vais positiver et présenter ce qu’ils soumettent au Gouvernement (et pas ce que le Gouvernement propose). Tout d’abord, il s’agit de modifier une loi de septembre 1986 donc faite par la droite du temps de Charles Pasqua et tout ça.

Article 1

Il s’agit de définir de quoi on parle, la protection de l’enfance et tout ça. Actuellement, la fin est rédigée ainsi : « Les services audiovisuels comprennent les services de communication audiovisuelle telle que définie à l'article 2 ainsi que l'ensemble des services mettant à disposition du public ou d'une catégorie de public des œuvres audiovisuelles, cinématographiques ou sonores, quelles que soient les modalités techniques de cette mise à disposition. »  Le CSA propose de remplacer « quelles que soient les modalités techniques… » par « par voie numérique », en gros ! Tu parles d’une révolution !

Article 15

En gros, il concerne les programmes télé et les contrôles que peut faire le CSA. Le CSA propose d’ajouter un nouvel article pour dire qu’il est autorisé à lancer une concertation pour définir le pendant pour contrôler les vidéos sur Internet. Tu parles d’une révolution.

En gros, ça veut dire que les contraintes de diffusions de vidéos sur internet seraient les mêmes qu’à la télé, en plus des obligations légales (ou plutôt des interdictions légales : pédophilie, haine raciale,…).

Article 3-1

C’est un peu dans le désordre, leur truc !

Au début, l’article définit ses missions. Le CSA propose d’y ajouter : « et la promotion des
services audiovisuels numériques ».

A la fin, il propose de mettre : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, afin de garantir la promotion des services audiovisuels numériques, fixe des options établissant les engagements que les services audiovisuels numériques peuvent prendre et les avantages dont ils peuvent bénéficier en contrepartie de ces engagements. » Ensuite, ils décrivent ce que peuvent être ces engagements. »

Tout tient en deux mots : « peuvent prendre ». Aucune obligation nouvelle.

La suite décrit les avantages et les engagements en question.

Ensuite, et c’est là que ça devient intéressant… : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel peut délivrer, dans les conditions qu’il définit, à la demande des éditeurs de services audiovisuels numériques, un label dit « site de confiance » permettant aux usagers d’identifier les services qui s’engagent à respecter des obligations complémentaires aux règles fixées par le Conseil en matière de protection de l’enfance et de l’adolescence, notamment la signalétique. »

La loi proposerait ainsi que le CSA puisse délivrer un label « site de confiance ». Tu parles d’une révolution ! D’une censure !

Ensuite, ils décrivent ce que pourraient être les aspects légaux de cette convention.

Article 34-4

Il est un peu chiant mais il traite de la diffusion des programmes en clair (TNT, satellite, câble…). En gros, ces braves gens n’ont pas le droit de refuser de diffuser des trucs gratuits si on leur demande et s’ils sont autorisés. Le CSA l’adapte à internet. Tu parles d’une révolution !

Article 2-1

C’est vraiment dans le désordre. Actuellement, il définit ce qu’est un distributeur de services sous le coup de cette loi. Ils le font évoluer pour définir les distributeurs de services audiovisuels numériques. Tu parles d’une révolution !

Article 17-1

Il décrit le traitement des différends entre les acteurs (éditeurs, diffuseurs, prestataires,…). Ca serait étendu aux diffuseurs numériques… Tu parles d’une révolution.

Article 28

Il porte sur la convention entre la société qui diffuse (TNT, satellite, câble,…) et le CSA. Le CSA propose d’adapter cette convention aux diffuseurs numériques d’autant que ça porte sur l’obligation de mise à disposition du public... Tu parles d’une révolution.

Articles 28 et 33

Allons bon ! Le 28 est modifié deux fois. Ils ont bu ?

En gros, c’est relatif aux obligations de contribution à la production. On s’en fout.

Article 17-2

Il serait tout nouveau ! On a vu le 17-1 plus haut… On s’en fout : le CSA propose de veiller aux bonnes conditions du respect de la concurrence.

Autres modifications

Elles ne nous concernent pas vraiment ou à la marge, comme l’obligation de diffuser Arte…

Baisser le SMIC ?

Voila Pierre Gattaz, le patron du Medef, qui propose de mettre en place un SMIC intermédiaire pour favoriser l’emploi des jeunes et le retour à l’emploi des moins jeunes. Je vous passe le fait que c’est profondément inique et ridicule et je ne lui demanderai pas s’il a essayé de vivre avec moins de 1000 euros par mois…

Je me demande, par contre, s’il se rend compte que c’est une manière de faire payer les salaires par l’Etat puisqu’il sera nécessaire de verser des allocations diverses pour permettre aux gens concernés de vivre normalement.

En d’autres termes, ça revient à mettre en œuvre le revenu de base ou le revenu universel. Au moins, il va réconcilier les marxistes et les libéraux…

Au moment où le gouvernement commence à annoncer d’importantes baisses de charges, je crois que le garçon commence à en faire un peu trop. Certes, avoir des revendications délirantes au moment d’entamer des discussions est une stratégie comme une autre mais je ne crois pas que les Français désirent être moins payés.

Je ne sais pas d’ailleurs si M’sieur Gattaz veut qu’on augmente les impôts pour verser les allocations nouvelles…

Le patron des patrons a bien compris que le salaire est au centre de tout mais il pose les pierres à l’envers : il faut augmenter les salaires non seulement pour que les braves gens vivent mieux mais aussi puissent consommer et faire fonctionner nos industries locales.

En d’autres termes, ses propos méritent des baffes. Comme toutes les andouilles, surtout celles de gauche, qui mettent périodiquement le sujet sur la table.

Quelles régions pour quelles missions ?

Y’a plein de gens qui proposent des redécoupages de la carte des régions. Du coup, je m’y mets aussi. Ma carte est la seule censée : je l’ai faite totalement au hasard. Si ça vous fait plaisir, je peux aussi fusionner ce qui remplace la Normandie et la Bretagne ou foutre l’Oise dans la région Nord plutôt qu’en Ile de France. Ou alors, on peut faire grossir l’Ile-de-France avec la Sarthe, le Loiret, l’Yonne,… Je n’ai pas touché aux deux régions en bas à droite. On peut les fusionner, pour rigoler.

La bonne nouvelle du jour est que les blogueurs commencent à s’intéresser à la question, comme Lady Waterloo et Noix Vomique.  

Il y aura plusieurs critères pour refaire les régions, dont les critères historiques : ça me fait rigoler, rien qu’en Bretagne, tant cette dernière a évolué au cours des siècles. Je propose de remonter jusqu’à Jules César (les cartographes antérieurs étaient nettement moins précise). On avait la Belgica, le Lugdunensis, l’Aquitania, le Narbonensis, la Germania Sup, la Gallia Cisalpina,… Au moins, on ne nous les cassera pas avec Anne de Bretagne. Quand les Bretons verront que leur capitale est Lyon, ils rigoleront moins.

La seule chose dont on soit sûr est qu’il y aura des mécontents. Certains proposent de faire des referendums. L’idée à du sens, je ne le nie. On ne peut pas balloter les Français sans leur demander leur avis. Néanmoins, comme ils ne savent pas quels sont les enjeux et comment travaillent les élus, les consulter semble un peu populiste. Par exemple, savez-vous qu’il existe un Pôle Métropolitain Loire Bretagne : « Né des coopérations multilatérales entre les agglomérations d’Angers, Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire, le Pôle métropolitain Loire-Bretagne affirme une ambition : travailler ensemble au rayonnement du Grand Ouest. Le pôle métropolitain Loire-Bretagne Moteurs démographiques et économiques de la région, les cinq métropoles s’emploient à renforcer les liens dans les domaines du développement économique, des infrastructures de transports, de la promotion du développement durable et de l’innovation. » Et la conférence permanente Nantes – Rennes, vous la connaissez ?

C’est bien joli de dire qu’on a un empilement de couches administratives mais sait-on lesquelles ?

Les critères historiques ne sont pas les seuls. Les élus sont évidemment concernés puisque c’est eux qui savent réellement ce qui est fait. Jacques Auxiette, par exemple, est favorable à un Grand Ouest comme sur ma carte (mais j’ai viré la Vendée, par principe), issue du rapproche de la Bretagne et de la région dont il les président, les Pays-de-Loire. Néanmoins, pensez-vous qu’un habitant de Saumur se sente appartenir à une région dont la capitale devrait être Rennes pour des raisons géographiques ? Et avec ma carte, vous pensez vraiment que les Vendéens seront contents d'être abandonnés ?

Désolé de parler de la Bretagne, essentiellement, mais prenez des exemples dans votre coin, vous verrez, ça marche aussi. Regardez ma carte. Je n’ai pas demandé aux habitants de Nîmes (ou de Roquemaure…) si cela les bottait réellement d’être rattachés à Clermont-Ferrand… J’ai fait ma carte au pif mais je ne pourrais pas concevoir que la Lozère et le Gard ne soient pas dans la même région. Coller Montpellier, Nîmes et Avignon dans trois régions différentes est-il de l’intérêt de ces villes et des missions qu’elles pourraient accomplir en commun, peut-être avec Bézier et Narbonne, tant que j’y suis ? Et Perpignan, tiens ! Sans oublier Arles.

Je crois que cette réforme, tout le monde sera d’accord pour la faire, mais chez les autres.

Dans l’attente, il convient de regarder quelles sont les missions des régions…
Les compétences actuelles

Selon Wikipedia, les « principales compétences du conseil régional sont :

-         les aides à l'économie et au développement ;
-         l'aménagement du territoire : élaboration du contrat de projet État-région avec l'État et du schéma régional d'aménagement et de développement du territoire (SRADT), schémas interrégionaux de littoral et de massif, gestion des fonds européens (en Alsace) ;
-         l'enseignement : construction et gestion des lycées et de leurs TOS ;
-         l'environnement : plan régional pour la qualité de l'air, parcs naturels régionaux et réserves naturelles régionales ;
-         l'organisation des transports ferroviaires régionaux ;
-         la formation professionnelle : élaboration de la politique et de la carte des formations professionnelles, concernant les lycées professionnels, polyvalents, et les centres de formation par apprentissage (CFA), gestion des crédits AFPA, professions sociales et paramédicales, apprentissage ;
-         les équipements structurants : certains ports et aéroports.

Les routes nationales, au moins sur le territoire métropolitain, sont restées sous compétence de l'État, gérées par les Directions Interdépartementales des Routes. »

La dernière phrase est à mon avis fausse mais peu importe.

La nouvelle décentralisation

Figurez-vous qu’on ne sait pas encore ce que contiendra le texte de loi qui n’est pas encore sorti… Les compétences des régions devraient être renforcées « en matière économique, de formation professionnelle, d'apprentissage, d'orientation, d'enseignement supérieur » de même qu’en « matière de transports, de logement étudiant, de langues régionales et d'énergie ».

Les conséquences des annonces de Manuel Valls

Avec les « grandes régions », le renforcement des intercommunalités, et la suppression des Conseils départementaux, on peut supposer que les missions des Conseils régionaux évolueront. Quelles sont les missions des Conseils départementaux ?
-         l’aide sociale : on peut supposer que le versement des allocations repassera dans le giron de l’Etat ou des Allocations Familiales (leur décentralisation n’avait aucun sens), il restera les actions de proximité qui devraient arriver dans le giron dans les intercommunalités,
-         la gestion des routes : l’essentiel repassera probablement à un niveau régional (pour ce qui concerne les routes dites départementales et nationales),
-         la gestion des collèges : l’échelon « grande région » me parait trop éloigné, les intercommunalités seraient probablement plus efficaces (et pourraient aussi gérer les lycées, pourquoi avoir séparé les deux ?). La gestion du personnel pourrait revenir aux régions (voire à l’Etat : l’éducation est dite nationale…),
-         le développement local (l’aide aux associations, aux communes,…) : je suis partagé (le département me parait l’échelon parfait),
-         le tourisme : même remarque (les anciennes régions étaient peut-être plus adaptées),
-         la culture (bof…),
-         quelques autres bricoles, comme l’aide aux sapeurs pompiers, une partie de l’aide au logement,…

Enfin, la suppression de la clause de compétences générales qui permettait aux collectivités de s’occuper d’autre chose que de leurs fesses aura aussi des conséquences.

Les transferts de compétences ne se feront pas sans douleur car il faudra éviter les phénomènes de baronnies, au niveau régional comme au niveau intercommunal. C’est d’ailleurs pour ça qu’il me paraitrait souhaitable de revenir sur des pans des vagues antérieures de décentralisation, notamment tout ce qui est fixé par l’Etat (le personnel non enseignant de l’Education Nationale, le versement des prestations sociales,…).

Et alors ?

C’est pour ça que je propose une carte au hasard : je ne sais pas quelles seront les compétences de chacun et je ne sais pas comment ils travaillent.

Et tant qu’on n’en saura pas plus…

14 avril 2014

Le campagnol terrassa la pelleteuse

Le campagnol amphibie (arvicola sapidus) aura probablement raison de Notre-Dame-des-Landes. Le triton crêté (triturus cristatus) lui prête main forte dans ce débat au cours duquel on aura tout vu mais c’est bien notre campagnol qui est le dernier rempart contre les bulldozers de Vinci. Ces deux bestioles ont toute ma sympathie : je suis un vieux lecteur de La Hulotte et j’aime bien tous ces machins qui occupent nos campagnes. Ces deux machins sont en voie de disparition en France.

Quand j’ai vu que Jean-Marc Ayrault quittait le gouvernement, j’ai fait mon deuil de cet aéroport que j’ai pourtant beaucoup défendu. La nomination de Ségolène Royal au ministère de l’environnement n’a fait que confirmer mon impression (c’est sa région qui avait le plus à perdre du déménagement de l’aéroport, notamment les Deux-Sèvres et la Vienne qui sont très éloignées de Bordeaux).

Sales bêtes.

En fait, j’ai même pensé que Manuel Valls annoncerait la suppression de l’aéroport pour que les écolos restent au gouvernement. J’ai bien fait de ne pas parier.

Comme si la construction d’un aéroport allait sauver ces braves bêtes.

Dans le grotesque, on frise le sublime. Les écolos soutiennent des paysans pendant qu’un sympathique campagnol est victime des pesticides, d’autres bestioles importées, de machins pour dézinguer pour ces mêmes bestioles trop envahissantes et nocives pour les cultures, de l’aménagement des berges, la chasse aux rats,… Tiens ! Voilà un joli PDF. Dans la section « La fragmentation des habitats dans la conservation de l’espèce », on voit que la disparition de ce machin est liée aux écolos ou aux paysans. « On note ainsi la modification des pratiques agricoles conduisant à l’usage de pesticides, au surpiétinement des berges par le bétail ou au drainage et au remblaiement des zones humides. »

Une recherche internet montre subitement un tas d’écolos de salons se mettre à défendre cette bébête dont ils n’avaient jamais entendu parler avant d’avoir épuiser tous les autres arguments contre Notre-Dame-des-Landes.

Ce campagnol est le rêve pour le gouvernement : il donne l’occasion d’arrêter le projet, d’en sortir par le haut. C’est beau.

2017 : une primaire à gauche ?

Julien Dray s’est déclaré favorable à une primaire à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017, y compris si François Hollande est candidat à sa propre succession. Moi pas. Il faudrait que François Hollande entre en campagne un an avant la fin de son mandat, de même que les autres candidats, dont probablement Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Ca serait du grand guignol.

Il est trop tôt pour parler de 2017. C’est bien pour ça que je vais le faire. Après tout, quand j’évoque des sujets sérieux comme la réforme territoriale, personne ne lit.

Manuel Valls a annoncé dans son discours de politique générale une baisse des dépenses de l’Etat de l’ordre de 50 milliards. Il va le faire. Et cela va faire mal. Tiens ! On parlait ce week-end d’une baisse des APL pour les étudiants non boursiers. Ca va faire mal. Pas seulement au portefeuille des étudiants. Ils vont descendre dans la rue et on va avoir un gros bordel.

Pourtant, sur le fond, je suis d’accord avec cette baisse. Ne me dites pas que je suis opportuniste : relisez l’historique de mon blog. L’aide au logement va alimenter la spéculation immobilière. Ben oui ! Si les étudiants sont aidés pour payer, les locataires de logements n’ont aucune raison de ne peut pas en tenir compte en fixant les loyers. La politique du logement doit se focaliser sur la construction de logements (ou la transformation des bureaux vides en logements, ce qui était dans le programme d’Anne Hidalgo, il me semble).

Ce qu’il y a de rigolo, c’est que la droite avait proposé cette mesure en 2010. La gauche hurlait. Maintenant, la gauche propose. La droite hurle.

Toujours est-il qu’on va sentir passer une partie des 50 milliards. Précisément, voila ce que Manuel Valls a déclaré : « Je vous propose un changement de rythme pour éviter tout recours à l’impôt et financer le redressement de notre économie : 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans de 2015 à 2017. L’effort sera partagé par tous. L’Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros. 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales. Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations. »

On verra, unitairement, chacune des mesures et il nous reviendra de juger de l’état de la France en 2017, ce que ne manqueront pas de faire les électeurs.

La presse titrait sur l’écart de popularité en François Hollande et Manuel Valls, ce week-end. 40 points selon l’institut en question. François Hollande serait le président le plus impopulaire et Manuel Valls le premier ministre qui arrive au cours d’un quinquennat le plus populaire. A noter que si l’on prend le site de l’IFOP, les informations sont différentes.

Si les 50 milliards font mal, la cote de popularité de Manuel Valls va diminuer. Dans quelques mois, nos deux compères seront probablement à égalité, sans doute plus près du score de François Hollande que celui de Manuel Valls… Il est probable que François Hollande va tenter de se faire plus ou moins oublier, ou, du moins, laisser Manuel Valls faire les grandes annonces.

Si la France va mieux (si le déficit est inférieur à 3% et si la courbe du chômage va dans le bon sens), il est probable que le bénéfice en ira à François Hollande plus qu’à Manuel Valls. Ce dernier pourrait très bien connaître ce qui est arrivé à Edouard Balladur à une époque où l’économie allait très mal, aussi, il a réussi à maintenir une popularité supérieure à 50% pendant la presque totalité des deux ans qu’il a passés à Matignon (tout comme Lionel Jospin pendant cinq ans mais avec une conjoncture économique plus favorable). On notera d’ailleurs la très grande volatilité de la popularité des ministres (ils ont tous gagné 10% en avril, sauf Christiane Taubira qui était déjà à un haut niveau).

Toujours est-il que dans l’histoire de la Cinquième, les présidents ont toujours attendus le dernier moment pour annoncé s’ils se représentaient ou pas et que seul Valéry Giscard d’Estaing a connu une baisse de sa popularité en fin de premier mandat.

Ainsi, début 2017, François Hollande verra l’état du pays, de l’opinion, de l’opposition,… et verra s’il est opportun ou non de se représenter. S’il a un bon bilan, il se représentera. Il ne prendra pas le risque de se représenter devant les sympathisants…

Sans compter qu’il en aura probablement ras la casquette.

13 avril 2014

Les évolutions territoriales

La décentralisation, qui consiste au transfert de compétences de l’Etat vers des Etablissements publics, éventuellement des collectivités territoriales, n’est pas une idée neuve mais date du début des années 60 avec la création d’un machin qui est rapidement devenu la DATAR. Mais, un de ses plus grands symboles est le referendum de 1969 dont l’échec explique le départ du Général. On l’assimile souvent à un échec de la réforme du Sénat mais c’est surtout l’échec d’un début de régionalisation.

Wikipedia nous dit : « Le titre Ier du projet constitutionnaliserait l'existence des régions comme collectivités territoriales. Il s'agirait des circonscriptions d'action régionale créées en 1960, plus la Corse. Leurs compétences seraient élargies, en matière d'équipements collectifs, de logement et d'urbanisme surtout. Pour exercer ses compétences, la région pourrait ester en justice, recourir à l'emprunt, passer des contrats, prendre des participations dans des sociétés d'économie mixte, créer, gérer ou concéder des établissements publics et conclure des conventions avec d'autres régions. »

Le général avait commis l’erreur de mettre son départ dans la balance. La gauche a fait campagne contre et, à droite, certains ont voulu lui mettre des bâtons dans les roues pour récupérer la place.

On peut même considérer que la décentralisation avait commencé avant, dès 1956 avec la loi cadre Defferre concernant l’Outre-Mer, qui a ouvert la voie de la décolonisation. Mais c’est bien Gaston Defferre, le même, qui est l’emblème de cette décentralisation avec les lois de 1982. Jean-Pierre Raffarin en a remis une couche avec « l’acte II », « l’acte III » ayant été lancé sur à l’élection de François Hollande, par Jean-Marc Ayrault et Marylise Lebranchu. Manuel Valls en a fait un point central de son discours. Entre temps, Nicolas Sarkozy avait commencé une réforme territoriale qui a été annulée par la gauche. Auparavant, en temps que Ministre de l’intérieur, il avait fait une transformation des plaques des voitures pour en supprimer le numéro de département.

Cette dernière réforme était très positive. Pendant mes déplacements en Bretagne et mes vacances en province, j’étais fatigué d’être catalogué comme le Parisien de service. Les Français sont très attachés à leurs régions et départements. C’est un peu délirant de voir des types se revendiquer du 93, espèce de machin qui n’a pas de culture, pas d’histoire… D’ailleurs, ce département, comme le mien et le 92 ont été créés par le Général de Gaulle pour enlever des pouvoirs au préfet de la Seine qui commençait à en avoir plus que le premier ministre.

L’histoire ? Certaines régions françaises ont une histoire forte, comme l’Alsace, la Franche Compté, la Corse, la Bretagne. Hier soir, je diffusais un tweet des bonnets rouges qui disait : « jamais nous n’accepterons la dissolution de la Bretagne dans une région Grand Ouest. » En fin de compte, c’est assez rigolo, puisque les propositions de redécoupage que l’on voit sont à peu près identiques : la seule modification pour la Bretagne serait le rattachement de la Loire Atlantique, vieille revendication d’une partie des Bretons (alors que le sud de la Loire n’a jamais été en Bretagne). Ainsi, le gouvernement pourrait mettre en place ce qu’ils exigent depuis toujours et ils commencent à lutter contre.

Le sujet est très sensible.  A peu près tous les acteurs sont d’accord pour dire que l’organisation des collectivités territoriales doit être changée mais le cœur parle avant la raison. Les braves gens sont attachés à leurs communes, départements et régions. Ils sont d’accord pour que les autres évoluent… Moi-même, je suis relativement attaché à ma double « nationalité », Loudéaciens et Kremlinois, du 94 et du 22. Je suis peu attaché à l’Ile-de-France mais me sent Parisien et Breton. La Bretagne ? Je la vois grossir pour la renforcer et, en aucun cas, se replier sur elle-même, contrairement à nos bonnets rouges…

Faire rentrer dans la tête des gens que les départements ne seront pas supprimés ne sera pas facile. Le maillage départemental de préfecture et de sous préfecture ne disparaitra pas. Leur faire admettre que le découpage des régions et des départements ne ressemble actuellement pas à grand-chose et très peu à une vision historique ou culturelle des territoires.

Quant aux élus, on voit bien qu’ils s’accrochent à leur poste et à leurs fonctions. Ceci n’est pas qu’une critique. Le président d’un exécutif local sait ce qu’il fait au quotidien et n’imagine probablement pas une autre organisation.

J’ai parlé des années 60 mais le processus de refonte de l’organisation territoriale pourrait remonter infiniment plus loin, avec la révolution, Napoléon,… qui ont permis la mise en place des départements pour asseoir la République sur tout le territoire mais même bien avant, jusqu’à la nuit des temps.

Il n’empêche qu’il ne faut pas oublier le 19ème siècle qui a vu naître les premières associations de communes pour répondre à de nouveaux besoins (adduction d’eau…). C’est ainsi que sont nés les syndicats intercommunaux. C’est dans les années 50 qu’ils ont surtout été formalisé avec la création des districts urbains, des communautés urbaines, des métropoles d’équilibre, des villes nouvelles,… puis plus récemment les communautés de communes et communautés d’agglomérations. En 2010, par la loi partiellement annulée ensuite par la gauche, le rattachement des communes à des intercos a été rendu obligatoire.

Il n’empêche que ces échelons ne sont jamais réellement entrés dans le cœur de la population, peut-être du fait qu’elles n’ont pas d’élections propres mais aussi, voire surtout, du fait qu’elles apparaissent artificielles. C’est ainsi qu’avec ma double casquette, je fais partie du Val-de-Bièvre (et bientôt de la métropole du Grand Paris) et de la Cidéral (qui pourrait devenir « le Pays de Loudéac » ou « le Pays de Centre Bretagne »).

Les intercos sont très critiqués. Souvent le fonctionnement est très chaotique et les économies attendues sont loin d’être là. La loi de 2010 a prévu que les noms des représentants de la commune à l’assemblée de l’interco soit sur les listes municipales mais on ne peut pas vraiment parler de suffrage universel.

On le voit ainsi, dans l’histoire récente, la volonté de réformer le fonctionnement des territoires est universelle, n’est pas dans une logique droite – gauche. Il n’empêche que nos élus, l’Etat, … se heurtent à un fort esprit de clocher. On le voit avec nos bonnets rouges qui ont une vision assez stricte de la Bretagne mais on le voit pour son propre cas particulier. Par exemple, avec la métropole du Grand Paris, j’ai un peu l’impression que mon Kremlin-Bicêtre sera noyé dans un immense bazar… qui plaira sans doute à une grande partie de la population qui considère un peu Bicêtre comme un dortoir de Paris, probablement à raison (je ne serais pas venu habiter ici si Paris n’était pas à côté).

Pourtant, j’invite les acteurs à revenir à la base : ce qui est bien pour les habitants, à quelle échelle organiser tel ou tel service,…


Bon courage.