19 mai 2013

L'UMP et les interviews du dimanche

Les propos des chefs de l'UMP me surprendront toujours. Jean-François Copé est interviewé par Le Monde et Xavier Bertrand par le JDD. Commençons par ce dernier, dont je n'ai pas lu par l'interview, seulement sa reprise par Le Monde. « La montée de madame Le Pen s'explique par les nombreux déçus de François Hollande qui la rejoignent, très en colère d'avoir été bernés. Une forme de gaucho-lepénisme est en train de se mettre en place. C'est quand la gauche est au pouvoir que le populisme monte le plus : c'est le prix du mensonge » C'est incroyable. Le Front National était à 10% en 2007 et à 18% en 2012 et il ose dire que ce sont les déçus de François Hollande qui rejoignent le Front National et que ça se passe quand la gauche est au pouvoir.

Comment peut-il espérer avoir la moindre crédibilité ?

Un de moins. Passons au suivant. Le Président de l'UMP. Je vous assure que j'ai lu son interview trois fois ce matin. Ca fera quatre puisqu'il faut que je lise à nouveau pour faire ce billet. C'est fascinant.

A propos du mariage pour tous : « Quand nous serons revenus au pouvoir, il faudra réécrire ce texte pour protéger la filiation et les droits de l'enfant. Peut-être avec le recours au référendum. » Pourquoi un referendum ? Brandir l'arme du referendum quatre avant des élections est n'importe quoi. Qu'est-ce qu'il entend par les droits de l'enfant ?

A propos de la situation économique : « L'Etat est devenu omniprésent dans la sphère économique : il multiplie les dépenses, les embauches, les normes. » 10 ans de pouvoir, les gars... Je ne vais pas recommencer l'habituel débat mais que Jean-François Copé ose parler de norme alors que c'est la volonté de François Hollande de les diminuer est fou, d'autant qu'après le discours de Dijon, il gueulait comme un putois.

« Du coup, il perd son efficacité là où les Français ont le plus besoin de lui : dans l'éducation et la formation, la sécurité et la justice, l'immigration, la laïcité. François Hollande n'a fait que renforcer ce déséquilibre. » Il délire ! C'est la droite qui a diminué le nombre de postes dans la sécurité, la justice et l'éducation, faisant en sort que les honorables institutions correspondantes n'arrivent plus à fonctionner.

« Quand il demande des efforts aux Français, il leur demande plus d'impôts, alors que le véritable effort, c'est de travailler plus, d'innover plus, de produire plus et mieux. Il est temps de remettre les choses à l'endroit. » Le coup de l'héritage est encore une fois tentant. Je ne comprends pas que Jean-François Copé continue sur cette pente : les Français ne sont pas débile. Je rappelle à Jean-François Copé qu'un sondage est sorti avant hier : l'image de l'UMP s'est considérablement dégradée. Forcément... à dire tant de bêtises.

« Le droit de vote des étrangers, qui établit un lien entre nationalité et droit de vote, n'est pas dans notre tradition républicaine. » Il vaut mieux lire ça qu'être sourd... : par définition, le droit de vote des étrangers SUPPRIME le lien entre la nationalité et le droit de vote.

« Quant à la méthode, elle est méprisable : encore une manoeuvre politicienne à l'approche des municipales pour diviser les Français, faire monter le FN et instrumentaliser les étrangers qui vivent en France. » Allo ? Jean-François ? Les Français ne sont tarés... C'est l'UMP qui a fait monter le FN. C'est l'UMP qui a instrumentalisé ce droit de vote lors de la dernière période électorale, au point d'en faire presque le seul thème de campagne : dénoncer le PS qui voulait ce « droit de vote ». 18% pour le FN.

« Les socialistes ne peuvent plus nous faire le coup de l'héritage. »

Si ! Ca fait onze ans que vous nous dites que c'est de la faute au 35 heures.

Onze ans que les Français n'entendent que ça. Laissez nous faire le coup de l'héritage encore un an ou deux...

18 mai 2013

Le compte Twitter de François Hollande

Lors de la conférence un jeune journaliste du Lab d'Europe 1 a demandé à François Hollande pourquoi il ne tweetait plus depuis l'élection. Le comportement des autres acteurs présents (le président, les membres du gouvernement et surtout les journalistes) a fait polémique. Ce n'est pas l'objet de mon billet mais je vais l'évoquer l'espace d'un paragraphe.

Pour résumer, pépère a répondu avec un trait d'humour laissant entendre qu'il ne prenait pas Twitter au sérieux, semblant soutenu par les vieux journalistes. Tout cela est raconté par Bruno Roger-Petit. Cette histoire ne m'intéresse pas mais je soutiens le jeune face aux vieux qui ont encore prouvé qu'ils étaient coupés du monde réel, même si, dans la suite de billet, je vais me montrer plutôt défavorable à l'utilisation de Twitter par les politiciens.

La question est : François Hollande devrait-il avoir un compte Twitter ?

Je vais tenter d'y répondre pour vous rendre service, en commençant par une première question. Dans le monde, pouvez-vous me citer deux personnalités politiques de plus de 40 ans à qui Twitter ait été bénéfique pour la carrière ? J'en demande deux perce que vous allez me citer Obama. Je dis moins de 40 ans parce qu'il y a des gens qui se sont rendus sympathiques dans les réseaux sociaux et bénéficient d'un peu de mansuétude... Mais ils n'ont pas "encore" fait carrière...

Obama. Aurait-il été élu puis réélu sans Twitter ? La réponse est oui. Twitter est un des éléments qui lui permettent de passer pour sympathique. François Hollande pourrait donc avoir un compte Twitter qui améliorerait sa sympathie.

Cela étant, quels sont les tweets de personnalités politiques dont on parle le plus ?

La réponse est claire : ceux où ils se rendent ridicules ou ceux où ils disent de grosses conneries. Les Twittos politiques les plus célèbres sont probablement Christine Boutin et Nadine Morano. Quelques élus ont des gros buzz négatifs, comme ce député UMP qui a fait un amalgame entre les casseurs du Trocadéro et les descendants d'esclaves.

On peut voir la chose par les deux bouts. Le premier est que c'est une excellente façon pour Christine Boutin et Nadine Morano. Sans leurs tweets, on ne parlerait pas d'elles. Ce député, par contre, a visiblement fait une plaisanterie qui a mal tourné. Il n'a pas analysé les conséquences de son geste. D'ailleurs, il a effacé son tweet dès qu'il a repéré le mauvais buzz.

Quelles seront les conséquences politiques pour lui ? S'il ne recommence pas, aucune. Tout le monde va l'oublier. Et s'il recommence ? Je ne sais pas. Je ne connais pas son électorat et son positionnement politique. Peut-être veut-il se faire un nom au niveau national ou a besoin d'assurer l'obtention de voix très à droite pour assurer ses premiers tours ?

J'aurais tendance à dire que les élus devraient ses cantonner à deux types de tweets : des communications institutionnelles ("Très belle ambiance à la Fête de Jeanne d'Arc, très beau discours de Marine Le Pen"), des communications personnelles ("Dîner en famille, ce soir, ça va me reposer d'une semaine à taper du pédé") et des tweets normaux ("Alors, @jegoun, tu payes une tournée pour l'anniversaire de la mort du général Massu ?"). Dans tous les cas, ces personnalités devraient éviter de commenter l'actualité politique, à mon avis.

Pour ma part, il y a trois personnalités politiques que je suis avec attention dans Twitter : Anne Hidalgo, Jean-Luc Roméro et Alain Lambert.

Je suis abonné à d'autres, mais ces trois là, quand je les croise dans Twitter, je les considère avant tout comme des "copains Twittos", pas comme des futures maires de Paris.

Je vais y revenir mais je dois faire un aveux : je ne suis que des comptes Twitter qui me suivent sauf @elysee et quelques exceptions toujours temporaires. Une personnalité me followe, je followe back. Ayant fait partie de l'équipe "réseaux sociaux" pendant la campagne de pépère en tant que gros blogueurs (et pas blogueur gros !), mon compte est suivi par @fhollande, mais aussi Najat, Marisol, Mosco, Hamon, Victorin Lurel,... et un ou deux autres. .

Toujours est-il que les trois dont je parlais me suivent (et réciproquement) depuis bien avant les primaires, voire avant l'explosion de Twitter. J'ai donc une attention particulière pour elles. Elles étaient les premières personnalités à suivre mon compte. Je vais les décrire (vu de Twitter), mais en trois mots seulement. Anne Hidalgo donne l'impression d'être une personne "très humaine". Jean-Luc Roméro donne envie qu'on l'aide dans son combat. Alain Lambert est comme un copain de comptoir : nous sommes tous les deux dans Twitter pour rigoler.

Revenons au compte de François Hollande.

Tout d'abord, notre président a 7 ans de plus que Barack Obama et se mettrait à tweeter plusieurs années après "l'autre", à une époque où Twitter est déjà connu et probablement proche de son pic d'utilisateurs, voire d'un certain déclin. Il n'y a pas d'Hollandemania comme il y a (ou a eu) une Obamania. Hollande ne peut plus acquérir une image de modernité avec Twitter. Au contraire, il pourrait apparaître à la traîne. Il faudrait qu'il organise parfaitement son lancement, puis se fasse un "personnage" (communication institutionnelle, personnelle, humour,...).

Le risque d'échec est important. Ses tweets seraient repris par la presse et pourraient générer des buzz négatifs, surtout s'ils sont repris et tournés en dérision par des élus de droite. Imaginons qu'il ait tweeté, lundi en milieu de soirée : "je serai de tout cœur avec les supporters du PSG ce soir, mais je veux rester bien avec ceux de Tulle pour 2022". Je dis ça au hasard mais ça semble sympathique : un mot de félicitations et un trait d'humour. Trois heures après, les émeutes que l'on connait. Tweet de @gounje, twittos et blogueur d'opposition et de comptoir : "pendant que pépère fait le con dans Twitter, la sécurité des Français n'est plus assurée !" Hop ! Repris par toute la presse.

D'un point de vue personnel, depuis l'affaire du soutien de sa campagne à Falorni pendant les législatives, François Hollande doit avoir une sacré peur de Twitter. Je suppose que ses conseillers en communication insistent pour qu'il reprenne le sien mais qu'il doit freiner... En outre, ça fait du boulot. Une personne sera obligé de gérer ça. Il faut préparer les tweets, les faire valider par les conseillers en communication puis par Hollande, gérer les abonnements et les susceptibilités, …

Évidemment, il y aurait des avantages, notamment celui de personnifier sa politique et de fidéliser un paquet de potentiels militants. Qui sont déjà militants et qui apprécient déjà le personnage...

Mais le jeu en vaut-il le risque ?

@fhollande a 500 000 abonnés, @barackobama 30 millions. 60 fois plus (la population des USA est 5 fois supérieurs à la France, comparativement, leur président a donc, en gros, 10 fois plus d'abonnés). En cette période de basse popularité, ne risque-t-il pas de passer pour un looser ?

Je pose les questions. Je n'affirme rien.

Quel est l'avenir de Twitter ?

Personne ne peut y répondre. Twitter a-t-il une bonne image, auprès du public ? On nous parle des 5 ou 7 millions d'utilisateurs en France, mais les 40 millions d'électeurs qui n'ont pas de compte ?

Qui sait si le must ne sera pas dans quelques mois d'avoir un Tumblr ou je ne sais quel réseau social à la mode ? Qui a fait le plus pour l'autre ? Barack Obama ou Twitter ? Quel pourcentage de son succès Twitter doit-il à Obama ?

François Hollande doit-il encourager une startup américaine, déjà grosse entreprise mondiale ou doit-il tenter le coup avec une startup française ou européenne ?

Il pourrait faire des pearltrees, par exemple, où l'on pourrait suivre ses déplacements, le cheminement de ses engagements, sa vie personnelle !

Tiens ! Militons pour l'ouverture d'un compte chez Pearltrees par @pépère !

Chritine Boutin et les seins d'Angelina Jolie

Ma mère d'Angelina Jolie est morte à 56 ans d'un cancer du sein. Les médecins de l'actrice ont montré qu'elle faisait partie d'une population à très fort risque. Elle a donc choisi de se faire faire une ablation des deux seins pour presque supprimer les risques. Elle a médiatisé cette action afin de sensibiliser les jeunes femmes, sur le thème : si vous avez des antécédents familiaux, dépêchez-vous d'aller à un dépistage et renseignez-vous sur le sujet.

Voyant l'information, Christine Boutin a fait un tweet odieux qui a scandalisé la blogosphère. Voyant le scandale, elle a cru bon de faire une publication pour se j
ustifier sur le site web de sont Parti, le PCB (illustration).


C'est à lire. Vraiment.

(vous pouvez lire aussi l'article du Lab d'Europe 1 qui détaille l'affaire du tweet).

17 mai 2013

MPT et bravo au CC

Le Conseil Constitutionnel a validé le Mariage pour tous. Le jour de... la journée internationale contre l'homophobie. François Hollande n'a plus qu'à promulguer la loi. Il a dit hier qu'il le ferait rapidement, probablement avant la manif du week-end prochain. Sans doute dès ce week-end.

La manif ? Nous serons là pour observer ces gens défiler. On aura gagné un combat, celui de la loi, mais il reste du boulot avant de gagner le vrai combat. La loi est une étape. Dans 10 ans, 20 ans,... les jeunes homos n'auront plus honte de se promener main dans la main. 

Pendant la manif, nous crierons qu'ils sont anti-Républicains et tout ça. Peu importe. 

Ce soir, je pense beaucoup à cette copine et ce copain qui m'ont convaincu de militer pour ce truc parce qu'ils voulaient se marier. Je ne pouvais pas leur retirer ce droit. 

Ils sont jeunes. Ils sont blogueurs. Ils se reconnaîtront. 

Ils se marieront. Pas ensemble, hein !

P.S. : si vous comptez m'inviter au mariage, organisez-le près de la ligne 7 du métro. 

Espoir ?



Prenez une copie et votre stylo. Vous avez deux heures pour répondre. Alors que j'attends à la Gare Montparnasse, je reçois cette alerte du Figaro : le CAC40 vient de dépasser les 4000 pour la première fois depuis bien longtemps.

La question à la quelle vous aurez à répondre est multiple. Est-ce le signe que le discours du Président de la République a rassuré les investisseurs ? Est-ce le signe de la confirmation d'un virage libéral ?

Est-ce le signe d'un premier impact des mesures déjà prises par le gouvernement commencent à payer ? Est-ce le signe d'un redressement de l'économie qui redémarre doucement, ou, du moins d'une reprise de confiance des investisseurs ?

Est-ce le hasard des fluctuations économiques ? Est-ce la preuve que l'État ne peut rien ?

Est-ce encourageant ?

Vous avez le droit d'utiliser internet (moi, avec l'iPhone, ça me gonfle) pour étudier les précédents parallèles entre entre les courbes des indices boursiers et celles de la croissance et du chômage. 

Conférence de presse : partageons (ou pas) leurs avis

Lendemain de conférence de presse : l’heure de la revue de presse avec les articles en une des sites web est arrivée et d’étudier les réactions de chacun. C’est un exercice traditionnel. Depuis toujours, j’aime bien les réactions des ténors de la majorité (du genre : le président a montré le cap) et de l’opposition (du genre : il n’a pas pris conscience de la gravité de la situation). On peut supposer que les communiqués de presse sont écrits à l’avance.

Commençons par Le Figaro. Le site web consacre plusieurs articles pour décrire les différents volets du discours du Président. Ils ne sont pas négatifs, contrairement à ce qu’on aurait pu supposer. Les propos de Philippe Gouillaud, le rédacteur en chef du service politique, sont même étonnants : « la conférence de presse du président a partiellement atteint son objectif de rétablir l'autorité et l'assurance du chef de l'État, tout en relativisant les tensions qui opposent France et Allemagne au niveau européen. »

Le Point consacre également plus articles. En lisant les titres, j’ai cru que les articles seraient à charge. Il n’en est point. Nathalie Rheims, un écrivain et productrice française invitée par le journal, constate qu’il a été bon et qu’on retrouvait le François Hollande d’avant son élection. Philippe Tesson, chroniqueur célèbre, est beaucoup plus à charge. On dirait un blogueur militant UMP racontant les pires bêtises (comme on pu le faire les blogueurs socialos à une autre époque). Il finit par constater exactement l’inverse de Nathalie Rheims : François Hollande est loin du candidat !

L’Express fait comme les autres… Un article « constate » qu’il a peu convaincu les éditorialistes. Ils sortent un florilège de petites phrases mais je ne les retrouve pas du tout conforme à ce que je peux lire à la une des sites de presse, ce matin. Le papier serait-il différent de l’écrit ? Mises bout à bout, ces petites phrases sont assassines mais elles ne viennent à dire ce que tout le monde dit : on ne peut qu’attendre le retour de la croissance.

Le Parisien semble avoir tourné la page, les articles sont plus bas en une du site web. Il n’y a aucun « éditorial ».

Le Monde est un peu pareil mais met en une la chronique de Françoise Fressoz (journaliste politique) dans son blog, qui se termine par : « La petite musique du début du quinquennat est donc toujours là : pas d’effort sans réconfort, pas de réformes sans croissance. Mais pas de croissance sans un compromis avec l’Allemagne. Angela Merkel reste la clé du quinquennat Hollande. »

Libération en fait son grand article de une. Il constate que François Hollande se montre enfin en tant que président de la République.

L’Humanité a un édito tranchant avec un édito digne du Front de Gauche, du genre : la gauche a déserté l’Elysée.

Regardons les deux blogueurs politiques de droite.

Corto commence ainsi : « Je sais que vous êtes nombreux à attendre mon compte-rendu de la conférence de presse de Pépère. » Je vais lui répondre que non mais il va prétendre que c’est de l’humour… A part ça, il ne dit rien.

Pierre Parrillo : « Comme bon nombre de français  j’ai accordé un peu de mon temps au Chef de l’Etat hier après-midi pour écouter attentivement son désormais traditionnel « Hollande show » bisannuel. » Non. Bon nombre de Français bossaient, hier…  Il est un peu comme Philippe Tesson. Il invente des bricoles pour dire du mal. Bel effort. Mais confondre la crise « monétaire » qui a bousculé l’Europe et la crise économique est osé…

Les camarades du Front de Gauche sont probablement en train de préparer la révolution : ils n’ont pas fait de billet. Cuicui crie néanmoins sa colère.

Coté personnalités politiques, aucune surprise, selon cet article de France Info… Les socialos sont contents, pas les autres. A noté que, côté socialiste, Claude Bartolone a encore fait du bruit avant Harlem Désir, ce qui n’est pas un compliment pour ce dernier.

Ce qu’en pensent mes potes blogueurs ? Rosaelle critique surtout les médias. Bembelly plaisante. Homer n’est pas content pour les retraites (moi non plus !).

Sarkofrance fait sa chronique habituelle.

Lisez-le.

16 mai 2013

Le blogueur gauchiste antilibéral face au blogueur libéral antigauchiste

Mon confrère blogueur geek, Benoit Descary, constate que Youtube, filiale de Goole, devient progressivement un système de diffusion de vidéo en direct. La semaine dernière (ou celle d’avant…) nous avons eu une polémique à propos de la vente (ratée) de Dailymotion par Orange et de l’intervention d’Arnaud Montebourg pour empêcher cette vente.

Google est le numéro un mondial mondial de l’Internet et Orange le numéro un français dans le domaine, avec un chiffre d’affaire supérieur, ce qui devrait amener nos analystes économiques en chef, de droite comme de gauche, à réfléchir un peu plus. Si Google fait un truc et Orange envisage le contraire, il y a nécessaire un d’entre eux qui fait une connerie. La logique nous laissant penser que celui qui monte, Google, a raison, la même logique pourrait nous laisser penser que l’autre à tort. Et que Montebourg a eu raison d'intervenir.

Le sujet est politique !

Nous avons d’un côté les blogueurs Front de Gauche, tels que Gauche de Combat, qui dénoncent le libéralisme de François Hollande et de son gouvernement mais oublient d’évoquer le bon sens des interventions gauchistes des libéraux du Gouvernement.

Nous avons d’un côté les blogueurs libéraux, tels que Pierre Chappaz; que je stigmatisais dans mon dernier billet, qui constatent le bon sens de l’intervention de l’Etat actionnaire.

Je suggère à ces braves gens, infiniment minoritaires dans la population, à faire preuve d’un peu de bon sens et à débattre exclusivement entre eux, même si je veux bien servir d’arbitre en faisant un billet ou deux pour relayer leurs causes.

On frise le grotesque.

La Suisse et le libéralisme à pile ou face

Malgré nos divergences, je continue à suivre Pierre Chappaz car j’aime bien écouter toutes les opinions politiques. Dans son dernier billet sur son blog politique, libéral au point qu’il s’appelle « libertarien », il critique les fonctionnaires français, lui qui gagne de l’argent avec des sociétés françaises mais paie ses impôts en Suisse. Si on le traite d’exilé fiscal, il va dire sur les blogs qu’on l’insulte alors je vais m’abstenir et me prosterner à ses pieds pour présenter toutes les excuses par rapport à ce que j’ai pu dire.

Mon copain Melclalex encore moins libéral que moi fait un billet aujourd’hui, à un point que je le critique en commentaire alors que pour monter dans les classements de la société de Pierre Chappaz, j’ai pris pour habitude de dire « excellent billet » à chaque fois, ce qui m’a valu d’être premier dans ses machins pendant trois ans tout en faisant parfois des phrases trop longues, ne quittez pas, je vais me relire pour savoir ce que je voulais dire, ah oui !, présente une illustration avec la carte de l’évolution de la croissance du PIB par pays Européen.

Pierre Chappaz nous présente la Suisse comme un modèle de démocratie, d’économie et tout ça mais oublie souvent de dire que ce pays a une perte de PIB absolument catastrophique… C’est un modèle d’économie libérale, parait-il.

Tiens ! Je vais piquer l’illustration de Melcalex pour illustrer ce billet à qui il faut que je trouve un titre autre que « libéralisme abruti ».

Dans une logique de simplification, je vais résumer : la Suisse, modèle de libéralisme, fait partie des trois pays d’Europe dont le PIB a le plus baissé.

Pierre pourra bien sûr argumenter que je ne connais rien en économie et que je raconte des bêtises. Il nous rappellera peut-être qu'il a voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 pour son volontarisme libéral et économique et tout ça, mais oubliera de rappeler les catastrophiques résultats de sa gestion.

J'ai, heureusement, des copains Suisses pas forcément du même bord politique que moi beaucoup plus objectifs et sympathiques.

Le blogueur, le discours de Hollande et les directs de la presse en ligne

J'ai pu écouter François Hollande en différé. Je suis sidéré par la différence entre ce que l'on peut lire sur la presse en ligne qui retrace la séance en direct (et qui m'ont servi à faire mon dernier billet) et les propos réellement tenus. 

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : la presse en ligne n'a pas à être parole de la Présidence. Mais je me demande à quoi ça sert de faire des transmissions aussi légères. A priori, les "clients" sont des gens comme moi qui n'ont pas les moyens de regarder le Président en direct, notamment parce qu'ils travaillent, mais qui veulent être informés rapidement.

J'ai découvert par exemple qu'il a dit que si l'Europe avait su se remettre en ordre sur le plan financier (je résume, hein ! Tout n'est pas rose non plus), c'est grâce à la France qui a su jouer un rôle d'intermédiaire entre les pays du sud et ceux du nord. 

On en pense ce qu'on veut, ce qui m'importe, c'est le message qu'il veut faire passer et que, accessoirement, je voudrais faire passer, si j'étais un parfait blogueur de Gouvernement. 

J'ai résumé ça rapidement n'ayant pas le temps de prendre des notes (un billet dans le métro en écoutant des trucs dans l'iPhone...), car les propos suivants m'ont "sidéré". Il a dit (et je suis d'accord) que les politiques d'austérité avaient entraîné l'Europe dans la récession. Il a parfaitement raison. 

Je l'ai entendu dire que si nous en sommes là, c'est parce que ces prédécesseurs n'avaient pas pris les mesures courageuses dans les 10 dernières années, contrairement à l'Allemagne. 

Là, je suis d'accord pour les réformes mais pas sur la comparaison avec l'Allemagne : il faut arrêter de la prendre en exemple. Les travailleurs allemands battent des records de précarité. L'Allemagne est pleine de pognon et peut imposer ses vues, ce qu'oublient souvent mes camarades de la "vraie gauche", mais ne la prenons pas en exemple. Le libéralisme abruti n'est pas la voie...

Il a laissé entendre que l'Europe était en danger et que les partenaires étaient prêts à la faire bouger, notamment l'Allemagne pour une union politique. 

Ah !

Il a confirmé que la courbe de l'emploi pouvait s'inverser avant la fin de l'année avec les mesures déjà prises (je continue un billet avec les écouteurs dans l'oreille : je résume toujours, tassé dans la ligne 7 du métro). 

Il a parlé du choc de simplification ce que je note ici parce que je suis entièrement d'accord, contrairement à beaucoup de mes camarades. 

Tiens ! Je suis arrivé à Bicetre. J'espère que c'est bientôt fini. 

Il a aussi parlé des retraites. Je suis moins d'accord. J'ai dit pendant 10 ans que c'est idiot de faire travailler les gens plus longuement avec des millions de chômeurs. 

La conclusion est belle, la France, un grand pays particulier, au cœur des évolutions du Monde et de l'Europe. Ou un truc comme ça. 

Voilà ce qu'aurais aimé lire (au moins, mais sans les commentaires personnels) dans l'après-midi pour faire mon job de "blogueur socdem". A savoir : soutenir la politique sans hésiter à donner des coups de pied au cul quand je ne suis pas d'accord. 

En début d'année, j'ai fait beaucoup de billet critique sur la presse en ligne. J'en rajoute une : leurs directs ne servent à rien. Ils vont crever. A l'heure où je parle, le discours est probablement en ligne sur le site de l'Elysée. Et des blogueurs auront fait des résumés sympathiques. 

Mais mal présentés et plein de fautes du fait des mauvaises qualité des conditions d'écriture (iPhone dans le métro puis au bistro). Toutes mes excuses. 

Mais je ne suis pas un professionnel, moi !

Et je vais continuer à soutenir le Gouvernement et François Hollande pendant les six prochains mois. Sauf pour la réforme des retraites, visiblement.

La courbe de l'emploi va s'inverser. Mais pas celui des journalistes. 

Hollande en live différé

François Hollande va commencer son discours préalable aux échanges avec les journalistes par un hommage aux soldats morts au Mali, féliciter le premier ministre et le gouvernement et poursuivre par vanter son actionLes lignes ont bougé depuis un an la zone euro a été stabilisée des instruments de stabilité ont été introduit, l'union bancaire a été définie, il y a eu une nouvelle doctrine de la banque centrale européenne, la Grèce a été sauvée, les taux d'intérêt ont baissé. » Le tout grâce à lui. Auparavant, il aura un peu tapé sur la droite en lui mettant la crise sur le dos et en rappelant l’évolution du chômage depuis 2008. Il va poursuivre par un état de l’économie. Par exemple : « l'enjeu, c'est la croissance; la sortie de la crise. Notre économie est à l'arrêt depuis 5 ans, pas depuis six mois. Je sais que cette situation engendre des difficultés pour nombre de compatriotes. »
au niveau Européen avec une phrase de type : « 

C’est ce que j’aurais dit ou presque si j’avais eu à annoncer la conférence de presse que je ne peux pas regarder à cause du travail. Je vais donc faire le « replay ». C’est bien ainsi qu’il a commencé.

A l’heure où je prends des notes, la presse annonce la fin de carrière de David Beckham. Il fait exprès pour prendre la une des journaux à notre président ?

François Hollande annonce que l’objectif est bien la maitrise de la finance avec une nouvelle loi bancaire et qu’il va travailler avec l’Europe (un gouvernement économique, …). La deuxième année du mandat, « c'est bien l'offensive. D'abord lancer une initiative européenne. l'Europe est la 1e économie malade, et elle est pourtant vue comme malade, en doute […] Mon devoir, c'est de sortir l'Europe de sa langueur, de réduire la désaffection des peuples vers l'Europe. »

C’est François Hollande qui va sauver l’Europe.

Je dis ça sans ironie : c’est le message qu’il fait passer et ça me va bien. D’après 20minutes.fr, où je suis la conf., Laurent Fabius s’est endormi quelques minutes après.

Ensuite, Hollande nous prépare à la réforme des retraites. Je ne sais pas s’il regarde Fabius en disant ça.

Il confirme le mariage pour tous et sa promulgation dès l’avis du Conseil Constitutionnel. Pour l’instant, je n’ai pas vu d’annonce de nouveautés. Mais je prends ces notes essentiellement pour pouvoir étudier ce qu’en dira la presse demain… Il finit son discours avec « La France n'est pas le problème, c'est la solution, voilà pourquoi nous devons être à l'offensive ». Les questions vont pouvoir commencer.

Ouest France a gagné la première. François Hollande répond que les dépenses n’ont pas augmenté et que c’est la première fois depuis 30 ans. La deuxième question porte sur les couacs. François Hollande répond que le Gouvernement doit être uni sur une seule ligne : celle nécessaire pour faire la politique qu’il décide. Paf !

Ensuite, il félicite des membres du gouvernement puis confirme qu’il n’y aura pas de remaniement.

Le texte sur l’indépendance de la justice sera présenté prochainement. Par contre, celui sur le vote des étrangers aux élections locales, il semble confirmer qu’il ne l’imposera pas. Hollande n’est pas favorable à l’amnistie des syndicalistes. Il estime que Cahuzac ne devrait se présenter à aucune élection. Il confirme des économies à faire sur les allocations familiales.

J’arrête ici le direct (je suis en congés ce soir…). Il est dix-huit heures. L’information que j’ai récupérée en dernier est datée de 17h43.

Ce que je retiens.

Pour l’instant, en deux heures, il n’y a pas d’annonces importantes. François Hollande a confirmé un certain nombre de choses que l’on savait déjà et qui déplaisent forcément sur sa droite ou sur sa gauche.

La crise dure depuis longtemps, bien avant l’arrivée de la gauche au pouvoir. Des actions importantes ont été commises au niveau de l’Europe et c’est surtout la France, donc son président (il me faudrait la Marseillaise en arrière plan), qui va faire bouger l’Europe.

Le redressement est en marche et les dépenses n’ont pas augmenté pour la première fois depuis 30 ans (il aurait pu dire 40, pour voir, d’autant que c’est probablement pas très loin de la vérité…). C’est lui qui fixe le cap et l’équipe qu’il a mise en place ne sera pas touchée mais devra respecter ses consignes.

C'est reparti pour un an !