24 août 2016

Burkinice, sa plage, ses baigneuses,...


La petite dame avait chaud et est allé faire la sieste sur la plage de galet, sans le moindre accessoire plage, pas la moindre serviette, le moindre pack de bière ou tout autre objet. 

Elle, les galets, son Burkini,... Et le photographe bien placé. Les condés sont passés par là. Lui ont rappelé que c'était interdit, lui ont collé une amende. Elle a enlevé son chiffon. En moins de temps qu'il ne me faut pour vider un demi quand il fait 39 à 17 heures, les photos ont fait le tour des réseaux sociaux. Les gauchistes ont très rapidement crié au fascisme, y compris les plus modérés. Tiens ! Un copain qui se reconnaîtra a fait une publication sur Facebook : "c'est un sujet que je n'aime pas évoquer mais là, c'est trop, les partisans de l'interdiction, surtout ceux de gauche, devrait voir que ça sert à stigmatiser et que cela va faire le lit du FN."  Je brode un peu. 

Sauf que n'importe quel observateur avisé voit assez rapidement que c'est une mise en scène, une provocation,... Les gauchistes sont tombés dedans. Ils font le lit du FN c'est dommage mais, n'est-ce pas, c'est toujours l'autre qui fait le lit du FN. 

Mon confrère gros El Camino évoque cette histoire :
http://www.gogocamino.com/2016/08/la-photo-surprise.html. 

Et il a eu les blogs et tombé sur celui d'un confrère qui dit : "Si t’es pas choqué par ces images, c’est que t’es en train de virer facho". Comme El Camino, je ne suis pas choqué par ces images. Je suis par contre choqué par la photo d'une dame faisant ouvertement de la provocation en s'habillant de cette tunique pour faire une sieste - un bain de soleil ! - sur une plage de galet. Je suis choqué par les andouilles qui tombent dans le piège, qui font des billets de blog sans réfléchir, pour dénoncer, toujours dénoncer encore dénoncer, même des faits qui n'en sont pas. 

Et comme ils n'ont rien à dire, aucun fond pour combler ce qu'ils ont entre les oreilles, ils sortent les gros mots : FACHO. 

Facile de traiter de fasciste ceux qui ne sont pas d'accord avec toi. C'est fasciste. 

Les gens, est-ce que vous ne pourriez pas garder raison, attendre deux ou trois heures avant de réagir,... ? Et avant de critiquer les autres. 

23 août 2016

Ils sont devenus fous !

Je n'ai pas pu m'empêcher de rigoler, ce matin, en voyant l'information en une de Google News au sujet du dernier sondage de popularité de nos personnalités politiques. Deux descendent : Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy. Beaucoup montent dont François Hollande et Alain Juppé. 

Je n'ai pas envie de parler de Sarkozy. J'ai l'impression que la campagne va être très chiante. Et lui taper dessus revient à défendre Juppé qui serait bien plus dangereux pour la gauche que l'autre... Dilemme. 

Montebourg a clairement laissé entendre, dimanche, qu'il ne passerait pas par la primaire si Hollande était candidat. Immédiatement, il s'est fait accuser de torpiller la gauche. D'après mon Facebook, il aurait fait un grand rétropédalage, hier. Ça commence. 

Un ami, Melclalex, grand supporter de Nono me disait hier que, de toute manière, je haïssais Montebourg depuis 2011. Il se méprend : déjà, avant, je ne pouvais pas le blairer. Par contre, ce n'est pas à moi qu'il faut le reprocher ! Je suis assez objectif pour reconnaitre que les affinités politiques ne sont pas nécessairement rationnelles et c'est dommage qu'il faille le rappeler à un membre du PS où des personnes de même avis s'engueulent depuis la nuit des temps. 

C'est à Nono de me donner envie de l'aimer, de voter pour lui, et pas à moi de me flageller. Il faut se mettre à la place des électeurs... Il ne faut pas faire l'éternelle erreur de croire que le meilleur discours fera plier les gens (à part de rire). Je veux bien croire que Montebourg n'est pas un grand con prétentieux uniquement intéressé par sa propre personne mais s'il en a l'image, ce n'est pas de ma faute. 

En plus, il faut se mettre dans le crâne qu'un type détesté au sein même de son camp n'a aucune chance de gagner avec ses idées. Demandez à Mme Royal. Que je ne pouvais pas blairer en 2007, ce qui a changé depuis. Tout arrive. 

Je vais néanmoins rassurer Melclalex. Si Montebourg est opposé à Juppé ou Sarkozy au second tour, je ferai sa campagne. Par contre, s'il est opposé à Bayrou ou Mélenchon, je ne réponds de rien. 

Mais c'est surtout Cécile Duflot qui retient mon attention dans les informations du jour. Je reconnais que c'est une perte de temps mais je suis en vacances. 

Elle a dit au moins deux conneries. 

La première fait sans doute suite au discours de Nono. En gros, elle regrette d'avoir fait partie du mouvement de 2002 avec Hollande. C'est bien facile. Elle est néanmoins coupable, avec Martine Aubry, d'une partie des déboires de Pépère avec cet accord électoral inique obligeant Hollande à mettre des conneries dans son programme et l'empêchant d'avoir une majorité franche. 

Évidemment, le président a une part de responsabilité dans ses échecs (et en plus, il n'a pas eu de bol,...) mais je tiens à ce qu'on n'oublie pas les torts de certains, y compris de Montebourg, d'ailleurs. 

Mais Mme Duflot a atteint le sommet du ridicule en disant que la gauche au pouvoir n'a pas fait tout ce qu'il fallait contre le chômage (ce en quoi elle n'a probablement pas tort) et surtout en disant que la lutte contre le chômage était une question de volonté. C'est dommage, depuis 40 ans, nous n'avons que des gouvernements sans volonté. 

Prenons bien attention, en 2017, à choisir des gens AVEC DE LA VOLONTÉ. 


Hors sujet, j'ajoute que j'aimerais bien que les candidats de tous côtés se saisissent de "vrais sujets". Ils peuvent lire les blogs, pour avoir des idées. Notamment celui de Seb Musset qui parlait d'hier du statut d'auto entrepreneur. 
http://sebmusset.blogspot.fr/2016/08/Uber-black-autoentreprise.html
Lire le blog de Seb n'est pas fatigant. Il fait un billet tous les quatre mois. 

Par ailleurs, un détail est enrichissant. On ne peut pas dire que Seb et moi soyons du même côté de la gauche. Il n'empêche que quand on entre dans le fond d'un dossier, on est presque toujours d'accord. 

Comme quoi, les postures...

Demandez à Seb et à moi de traiter deux points du programme de Montebourg, le service militaire et l'accession à la propriété, il est fort probable qu'on arrive aux mêmes conclusions. Qui nous enverraient voter Mélenchon ou Bayrou, pas par affinité politique mais par goût du sérieux. 

22 août 2016

2017, mon amour

Nous sommes au soir du premier tour de la primaire de "la Belle Alliance Populaire", en 2017. Un imbécile a pris mon PC et je suis à nouveau obligé de faire des billets avec mon iPhone. Les scores définitifs ne sont pas tombés. François Hollande est en tête avec 40% malgré le battage fait par Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Les électeurs socialistes sont fidèles et logiques : on ne choisit pas une ligne politique mais un candidat. Benoît Hamon a environ 18%. Emmanuel Macron, 10. Tous deux savent qu'ils n'ont aucune chance pour le deuxième tour et se rendent compte qu'ils ont l'opportunité de créer les conditions de rassemblement. Macron se voit déjà premier ministre et Hamon imagine pouvoir accomplir le destin d'une vie : prendre la tête du PS. Manuel Valls ne pouvait pas se présenter contre François Hollande et a décidé d'attendre 2022. Hamon retire sa candidature. Macron, Valls et lui sont derrière Hollande. 

Nous sommes maintenant au soir du premier tour de la présidentielle, en avril. Marine Le Pen est en tête avec 28% des voix, Nicolas Sarkozy est deuxième avec 22. François Hollande a 18%, Jean-Luc Mélenchon 14 et Arnaud Montebourg 10. Avec Cécile Duflot et les autres petits candidats de gauche, l'ensemble des voix de gauche dépasse 45%, un excellent score comparé aux précédents scrutins équivalents et compte tenu des circonstances. Mais il ne sert à rien. La gauche ne sera pas au second tour. On se console comme on peut. 

François Hollande vient de prononcer son discours. Il assume sa défaite et prend sur lui la défaite de la gauche. Les observateurs le félicitent et préparent les titres pour le lendemain : la gauche échoue à cause d'Arnaud Montebourg qui a encore pété plus haut que son cul. François Hollande sauve les meubles. 

Grâce à Arnaud Montebourg, Nicolas Sarkozy sera le prochain président de la République. 

Rassurez-vous, je ne vais pas vous pondre des billets de politiques fiction jusqu'à mai prochain. Il n'empêche que je vous invite à imaginer d'autres scénarios plus crédible. On peut tout imaginer, même la candidature de Bayrou qui se prend pour le messie mais qui ne servira qu'à réduire le score des deux ex présidents... Et de Montebourg. 

Toujours est-il que j'ai lu plusieurs analyses cherchant un sens à la candidature de Montebourg. Je suis rassuré : je ne suis toujours pas celui qui dit le plus de connerie. 

Montebourg, le roi

Ancien promoteur de la primaire à gauche
Vous ne pouvez pas avoir loupé cela : Arnaud Montebourg est candidat à la présidentielle. Tout le monde a compris qu'il ne passera pas par la primaire si François Hollande y est. C'est bien compréhensible, Nono serait largement battu. Alors, il veut aller directement au front. C'est rigolo. C'est justement Nono qui avait été promoteur des primaires au sein du PS. Ca vous laisse mesurer la constance, voire la rectitude du monsieur. Il nous a montré qu'il était prêt à tout pour sa gueule et comme le premier Mélenchon venu, pense qu'il est le seul à pouvoir sauver la nation, à gauche.

Figurez-vous que j'ai lu le discours. Je n'allais quand même pas l'écouter.

Je vous passe les épisodes où il tape sur Hollande et les autres andouilles, sauf un. Celui où il dit que si on l'avait écouté, les hauts-fourneaux de France auraient été sauvés. Cela n'est évidemment pas vérifiable mais je ne peux me résoudre à accorder la moindre confiance à type qui essaie de nous faire croire que l'avenir du pays passera par la production d'acier.

Il a dit qu'il voulait renégocier les traités européens. Si ! Relisez. Il ne l'a pas dit ainsi, mais c'est exactement ce qu'il ressort de ses propos. Le même promesse que François Hollande, la première « non respectée » pour laquelle Pépère s'est fait tombé dessus.

A propos d'Europe, il a dit qu'il s'en foutait de ne pas respecter les critères, quitte à payer les amendes et autres sanctions imposées par Bruxelles ! Bravo le responsable politique, le grand Républicain qui ose dire cela.

Il a dit qu'il voulait « rebaisser » les impôts des plus démunis qui ont augmenté depuis cinq ans mais uniquement les impôts sur le travail (on se demande ce que cela veut dire). C'est bien de gauche, cela, de diminuer les impôts sur le revenus, pas sur la consommation ? Hum...

Il a dit aussi qu'il voulait favoriser l'accession sociale la propriété ! On dirait du Borloo. C'est bien de gauche, ça, d'aider les gens à devenir propriétaires ? Ce ne risque pas de laisser encore plus les plus faibles, ceux qui n'ont même pas les moyens de payer un loyer, sur le côté ? Hum...

Par contre, il n'a rien dit sur l'éducation, sur la justice,... Dans un discours programmatique de gauche. Ca fait mal. Il n'a pas parlé des évolutions du monde du travail. Il est resté au siècle dernier, voire à l'avant dernier.

Non seulement, c'est le plus grand ringard de la classe politique mais, en plus, il n'est même pas de gauche. C'est triste. Désolé si je fais de la peine à certains avec ces propos mais rappelez-vous ce que ce cornichon a dit à propos de François Hollande, hier.

Ce qu'il y a de bien, c'est qu'il a réussi à ressouder les supporters d'Hollande, dans Twitter, hier. Je les suivais distraitement en regardant le sport, à la télévision. Parce que les grandes messes organisées par des types qui se prennent pour des dieux (et voudraient casser la Cinquième République et son « homme providentiel ») me font toujours rigoler. Même Mitterrand à la roche de Solutré était ridicule mais pas tant que ses innombrables suiveurs.

Notamment les journalistes.

21 août 2016

Loudéac et la Cidéral : révisons l'intercommunalité [et les communes nouvelles !]

Eglise moche perplexe en imaginant son rôle dans l'Argoat
C'est le premier jour de mes vacances, au cours d'une conversation en terrasse du 1880 – de La Grange, pour être précis – que tout a commencé. Nous avons commencé par nous interroger sur la frontière entre Trévé et Loudéac puis nous avions parlé de nos rivières locales, montrant notre inculture géographique. Nous ignorions par exemple si le Lié se jettait dans le Blavet ou dans la Dordogne, c'est vous dire. Pokémon Go a pris la suite puisque j'ai entamé la recherche de Pokéstops dans les communes voisines puis, de kilomètre en kilomètre et de carte routière en Wikipederies, le blogueur politique passionné par l'organisation territoriale a pris le dessus.

Je vais tenter de faire preuve de vulgarité, non pas en parlant de bites et de nichons, mais en pensant à mes lecteurs qui viennent du monde entier, notamment Lyon, Roquemaure, le Plessis-Hébert et Le Kremlin-Bicêtre. Je ne vais d'ailleurs donner aucune information puisque tout est chez Wikipedia.

Loudéac est une commune de 10000 habitants du Centre Bretagne, au sud des Côtes d'Armor, à peu près à mi chemin entre l'est et l'ouest de ce département. Elle est le « chef lieu » de la Cidéral, « La Communauté intercommunale pour le développement de la région et des agglomérations de Loudéac », bref, la communauté de communes. Son prédécesseur, le Sidéral (S pour « syndicat ») est né en 1990. Elle est devenue le Cidéral peu après, en 1994, après une réforme des intercommunalités. En 2014, 20 ans après, donc, une nouvelle Cidéral est née en fusionnant avec deux intercommunalités voisines, celle du « Pays de Corlay » et celle du « Pays d'Uzel-près-l'Oust », plus des communes voisines, issues d'autres communautés.

Une autre fusion pourrait avoir lieu en 2017, avec deux intercos situées à l'est, autour de Merdrignac et Collinée. Mûr-de-Bretagne devrait rejoindre la troupe (de même que Saint-Connec mais ces braves gens ne sont pas spécialement moteurs dans l'opération et il est probable que le préfet doive leur donner un coup de pied au cul). Toujours est-il qu'en 2017, la communauté de commune devrait dépasser les 50000 habitants, atteignant ainsi les objectifs fixés par le gouvernement.

Carte avec des communes mais le blogueur fainéant n'a pas vérifié l'exhaustivité
En supplément gratuit, voilà la liste des communes du futur Cidéral : Allineuc, Caurel, Coëtlogon, Collinée, Corlay, Gausson, Gomené, Grâce-Uzel, Hémonstoir, Illifaut, La Chèze, La Motte, La Prénessaye, Langast, Langourla, Laurenan, Le Cambout, Le Gouray, Le Haut-Corlay, Le Quillio, Les Moulins, Loscouët-sur-Meu, Loudéac, Merdrignac, Mérillac, Merléac, Mûr-de-Bretagne, Plessala, Plouguenast, Plumieux, Plussulien, Saint-Barnabé, Saint-Caradec, Saint-Connec, Saint-Étienne-du-Gué-de-l'Isle, Saint-Gilles-du-Mené, Saint-Gilles-Vieux-Marché, Saint-Gouéno, Saint-Guen, Saint-Hervé, Saint-Jacut-du-Mené, Saint-Launeuc, Saint-Martin-des-Prés, Saint-Maudan, Saint-Mayeux, Saint-Thélo, Saint-Vran,Trémorel, Trévé et Uzel. Voila. Par ordre alphabétique, en plus.

Un observateur avisé remarquera la présence d'un machin qui s'appelle « Les Moulins » au centre de cette liste. Les Moulins est une « commune nouvelle » issue du regroupement des communes de Plémet et de la Ferrière, cette année. J'en avais entendu parler par les blogs de Jacques. Il y a un article, cette semaine, dans le Courrier Indépendant, l'hebdomadaire local. Ils veulent changer de nom, à nouveau, pour reprendre celui de Plément, la plus importante des deux communes.

Je n'ai jamais parlé des communes nouvelles dans mon blog. C'est un truc qui est issu des réformes territoriales sous Sarkozy puis sous Hollande, pour favoriser le regroupement des communes et en diminuer le nombre (rappelons qu'il y en a 36000 en France, contre 8000 en Allemagne, Espagne et Italie). « La commune nouvelle est une collectivité territoriale qui se substitue à plusieurs communes contiguës. Celles-ci subsistent sous forme de « communes déléguées » reprenant le nom et les limites territoriales de l'ensemble des anciennes communes dont la commune nouvelle est issue, sauf délibération contraire du conseil municipal de la commune nouvelle. »

« Les communes nouvelles ont les mêmes compétences que les autres communes. Leur fonctionnement est inspiré de celui instauré par la Loi PLM, les communes déléguées ayant des compétences proches16 de celles des arrondissements municipaux. »

« Chaque commune déléguée dispose, si elle est créée ou maintenue :
- d'un maire délégué, désigné par le conseil municipal de la commune nouvelle, qui est officier d'état civil et officier de police judiciaire, et peut être chargé de l'exécution des lois et règlements de police dans la commune déléguée. Il peut recevoir du maire de la commune nouvelle diverses délégations ;
- d'une annexe de la mairie dans laquelle sont établis les actes de l'état civil concernant les habitants de la commune déléguée ;
et éventuellement, sur décision du conseil municipal de la commune nouvelle, d'un conseil de la commune déléguée, composé du maire délégué et de conseillers communaux, désignés par le conseil municipal de la commune nouvelle parmi ses membres. Le conseil municipal de la commune nouvelle peut également désigner, parmi les conseillers communaux, un ou plusieurs adjoints au maire délégué. »


Tu vois, t'en apprends des choses, avec moi ! Et c'est probablement important. Dès que la campagne pour 2017 sera terminée, les évolutions de l'organisation territoriales devraient prendre le dessus.

Edit : je parle plus haut sans trop la nommer de la communauté de commune du Mené, autour de Collinée, au sein de la commune nouvelle "Le Mené" ce qui en fait d'ailleurs la deuxième plus grosse commune de l'interco, après Loudéac, avec plus de 6000 habitants. Merci à David de m'avoir signalé mon erreur (coupable mais pas responsable, la page "Cidéral" de Wikipedia contient une légère erreur, bien pardonnable avec tout ce bordel, mais je ne sais pas corriger, cela nécessiterait une remise en page de la partie concernée).

Mais revenons à Loudéac et la Cidéral. Loudéac est appelée la « commune centre » de la Cidéral dans le jargon administratif. Un projet est en cours : fusionner Loudéac avec des communes voisines. Loudéac deviendrait donc une « commune nouvelle », un peu comme Les Moulins et ses voisines des « communes déléguées ». Parmi ces communes (là, c'est moi qui m'avance), on pourrait avoir : La Motte, Trévé, Saint-Caradec, Hémonstoir, Saint-Barnabé, La Prénessaye,... Le but serait que la population de Loudéac dépasse 15000 habitants.

La Cidéral passerait alors du statut de « communauté de communes » à celui de « communauté d'agglomération ». Pour résumer la différence, la « communauté de communes » n'a qu'un rôle de « gestionnaire » alors que la « communauté d'agglomération » peut mener des projets. En gros, elle a plus de pouvoir, par rapport aux municipalités, que les autres machins mais pas que les « communautés urbaines ». Vous en savez autant que moi.

Je ne sais pas si la Cidéral va changer de nom avec ces fusions. Je verrais bien un truc du genre « Intercommunalité d'Argot  - Territoire du Centre Bretagne ». Tiens ! Et la « commune nouvelle » de Loudéac... Comment pourrait-elle s'appeler. Pourquoi pas « Pays de Loudéac ». J'aime bien ces notions de pays et de territoire. Mais je suis presque hors sujet.

Tapons « Pays de Loudéac » dans Google. Les trois premières entrées sont des âneries. On tombe ensuite http://www.centrebretagne.com/ titré « Pays Centre Bretagne ». Wikipedia nous en apprend plus : « Le syndicat mixte du pays du Centre-Bretagne regroupe 48 communes du département des Côtes-d'Armor autour de Loudéac, Plémet et Merdrignac. » Le président de ce machin est le même que celui de la Cidéral. Notons bien, au passage, que les zones géographiques couvertes par ces deux machins sont à peu près identiques. Les compétences du « Pays du Centre Bretagne » regroupe différents trucs dont, en particulier, « l'Office du Tourisme ».
sur un site web

Cherchons maintenant « Argoat » dans Google. « L'Argoat ou Arcoat désigne la Bretagne intérieure, la Bretagne « boisée » par opposition à l'Armor, la Bretagne littorale. » La page Wikipedia n'en dit pas beaucoup plus et renvoie directement à la page du Pays du Centre-Bretagne.

La boucle est à peu près bouclée. La Cidéral est « le Centre-Bretagne » et « l'Argoat » selon les définitions encyclopédiques du web (mais il est évident que les patelins plus ou moins voisins, presque jusqu'à Rennes, d'ailleurs !, peuvent s'en revendiquer...).


A toi de jouer pour trouver des noms et prédire l'avenir et les volontés de nos élus... La fusion du pays et de l'interco ? La fusion de Loudéac et des communes voisines ?

20 août 2016

L'avancée Duflot

Nous ne pouvons que féliciter Cécile Duflot qui, avec sa candidature à la primaire des écolos, vient d'accepter d'être celle qui fera 2% à la présidentielle en écrivant à ses copains.

Nous ne remercierons jamais assez EELV qui a brillamment pris la tête des partis de gauche en déroute, largement devant les autres formations, y compris le Parti Socialiste. Cette formation politique a réussi à faire progresser le ridicule depuis environ 5 ans à peu près de jour.

Par un accord électoral avec le PS, désastreux pour ce dernier, tout aussi ridicule à cette époque, 2011, en maintenant une candidature à la présidentielle, les verts montraient leur volonté de nuire à la gauche. Cécile Duflot était le chef d'orchestre, que dis-je ?, le chef d'escadrille. Il s'en suivit une primaire, chez eux, faisant gagner une personne, Eva Joly, très sympathique et symbolisant l'honnêteté, la rectitude et l'impossibilité de gagner un scrutin. Le résultat fut à la hauteur. François Hollande, gagnant l'élection, fit entrer quelques membres de ce parti.

Ainsi, Cécile Duflot fut ministre pendant deux ans, décriée par l'opposition, ce qui est bien naturel (pour ma part, je ne vois pas comment, en deux ans, on peut sentir le résultat des mesures d'un ministre du logement, je ne dis donc rien). Pendant ces deux années, elle multiplia les prises de positions contraires à celle du gouvernement qui l'accueillait, montrant ainsi son incapacité à faire partie d'une majorité et, donc, à faire une bonne candidate à une présidentielle. 

On n'oublie pas la suite, sa sortie du gouvernement, son incapacité à empêcher l'explosion de son propre parti qui a vu fuir les seules cadres qui semblaient relativement sérieux voire rendant sympathique ce pauvre Jean-Vincent Placé.

Début 2016, elle fit partie des premières à lancer un appel pour des primaires à gauche qui a débouché par l'organisation de primaire "autour du Parti Socialiste. Elle en publiait même une tribune dans Libération.

Elle s'affiche aujourd'hui comme le fer de lance de primaires concurrentes faisant exactement le contraire de ce qu'elle préconisait il y a environ 6 mois, montrant ainsi qu'elle n'a strictement rien à faire dans le paysage politique français, qu'elle est nuisible, qu'elle fait tout pour faire perdre la gauche, donc faire gagner son camp, le tout pour des intérêts personnels qui laisseraient dubitatifs un poisson rouge.

De tous les chefs de partis des dernières décennies, c'est largement Cécile Duflot qui fait preuve du moins de sens politique. C'est pourquoi nous appellerons à rigoler plutôt qu'à distribuer des baffes. 

Amen. 

Ami écolo, je t'invite à déserter ces primaires ou à y voter pour tout autre candidat même si cela doit te préparer à voter pour Mélenchon ou Hollande en 2017. On a vu pire comme châtiment.

"Je ne suis pas socialiste"

Étroits mousquetaires attendant Macron pour une belote
J'aime beaucoup les réactions des vieux gauchistes aux propos d'Emmanuel Macron. Elles sont, en gros, de deux types « Ah ! Ah ! Ce n'est pas une nouvelle » et « Ah ben il aurait pu le dire avant de rentrer au gouvernement ». Ils feraient mieux néanmoins de se méfier. Comme disait un copain dans Facebook, c'est probablement la déclaration la plus populaire de Macron.

Notons bien que c'est ballot, ce lascar vient de chuter durablement dans mon estime. Son escapade au Puy du Fou est une erreur : aller voir un des pires réactionnaires du pays dans une entreprise qui subventionne Civitas. On a vu plus fin.

Il n'empêche que je ne suis pas socialiste. Je ne suis pas pour la mise en commun des moyens de production. Je partage beaucoup de valeurs avec mes camarades, la justice sociale, la répartition équitable des ressources, la solidarité,... Je suis plus dubitatif pour certaines, comme l'égalité des chances, qui ne saurait qu'être un rêve.

Et quand bien même je serais socialiste, je serais toujours aussi éloigné du Parti Socialiste, de plus en plus même. Le plus drôle (heu...) est que j'ai réellement découvert ce parti grâce aux copains blogueurs de gauche, il y a une dizaine d'années (alors que je votais déjà toujours pour lui auparavant), avec la présidentielle de 2007 et la primaire de 2008, notamment. Il y a d'un côté les socialistes de gouvernement et de l'autre les socialistes frondeurs, pour résumer. Les premiers sont très bien pour arriver au pouvoir mais deviennent complètement déconnectés ensuite. Les seconds sont très mauvais pour arriver au pouvoir s'ils ne deviennent pas « de gouvernement » mais sont toujours aussi déconnectés. Le plus drôle (bis...) est que pour arriver au pouvoir, la dernière fois, il a fallu un candidat d'un bord et un premier secrétaire de l'autre.

Franchement, c'est à mourir de rire. Tenez ! Le dernier événement, au PS, est la déclaration de candidature de Benoît Hamon. Son programme : revenu universel, proportionnel, poursuite de la diminution du temps de travail, libéralisation du cannabis. Je « like » et je « partage ». Pourtant, il est hors de question que je vote pour ce lascar pour différentes raisons. Je suis plus proche de l'aile opposée du parti, celle que je qualifiais « de gouvernement ».

Ce qui me surprendra toujours, chez mes camarades socialistes du côté des frondeurs, c'est-à-dire loin de la lignée « libérale » de Valls et d'Hollande, celle qu'avait choisie Montebourg dès le second tour de la primaire 2011, c'est qu'ils ne comprennent pas qu'ils n'ont aucune chance de gagner, non pas parce qu'ils ne proposent pas la meilleure politique, ils peuvent le penser et je suis d'accord avec Hamon, mais parce que les électeurs n'en veulent pas. D'ailleurs, le Montebourg en question l'avait très bien compris, en 2011, en s'éloignant de Martine Aubry. Dimanche, il va sans doute tenter de récupérer la « moitié » du parti plus proche de Martine Aubry que de François Hollande.

Je suis donc loin du Parti Socialiste et ne suis pas socialiste. S'il y avait une primaire sans François Hollande, dans la mesure où je pense que personne d'autre, à gauche, ne pourrait gagner la présidentielle, je voterai pour Jean-Luc Bennahmias qui se vante de faire partie de la majorité présidentielle et de ne pas être socialiste. Un programme qui me va !

En plus, il a créé un parti, l'UDE : l'Union des Démocrates et Écologistes. Je lui propose de changer de nom : l'Union des Démocrates et Europhiles. Les initiales sont les mêmes, il n'y aura pas à refaire les logos les comptes Twitter. Quant aux écologistes, ils gonflent tout le monde.

A force de raconter des trucs, il me faut parler de l'écologie et de l'Europe. Commençons par l'écologie. Prenez le moindre paysan Breton, il pratiquait le recyclage des déchets (ce qui est à donner au cochon, ce qui brule dans la chaudière, ce qui peut être mis dans le fumier et les bouteilles qui peuvent être récupérées pour mettre du cidre et de la gnole). Et des types en 4x4 issues des grandes villes voudraient leur donner des leçons d'écologie. Prenons un exemple au hasard : moi. Je ne trie pas mes déchets. Je n'ai pas de déchets (si je ne compte pas les commentaires de mon blog) à part des barquettes de bouffe en plastique et, bien sûr, des machins en papier. Je n'ai pas de voiture. Je prends les transports en commun. Qu'est-ce qui pourrait me séduire dans un programme écologiste qui lutte contre le nucléaire qu'il faudrait remplacer par des centrales à charbon polluant plus. Et l'Europe. Certes, elle est mal orientée et donne l'impression d'avoir été mise en place par quelques gougnafiers ne pensant qu'à leurs gueules. Mais elle existe, me semble indispensable, parfaitement démocratique si on ne produit pas d'arguments populistes. Mais elle doit être revue. C'est ballot, cela va nous faire perdre une trentaine d'années.

Toujours est-il que je suis toujours surpris quand mes copains (les vrais) socialistes (les vrais) sont attachés à ce nom de parti (le Parti Socialiste) et à son mode de fonctionnement (qui aboutit systématiquement à un bordel monstre quelles que soient les circonstances ; regardons maintenant, il semble cadenassé par un lascar mal coiffé qui pense jouer pour l'intérêt de la gauche et du gouvernement).

Il faut lui changer de nom, changer de structure, de gouvernance, de Martine Aubry. Il faut virer les Filoche et autres andouilles qui passent leur vie à rentrer dans le lard alors qu'ils n'ont jamais été élus.

Il faut changer de nom. Manuel Valls l'avait proposé en son temps avant de rétropédaler, ce qu'il doit bien regretter maintenant, et Emmanuel Macron vient de lancer un signal pris à l'envers par les membres du Parti Socialiste. Les électeurs fidèles ne veulent plus de ce parti archaïque avec une doctrine du même métal, incapable de gagner une élection nationale sans compter sur le rejet du candidat de droite et gardant des responsabilités locales un peu par hasard.

Il faut changer de nom et il ne reste que quelques mois pour le faire. Et "La Belle Alliance Populaire", ça ne le fait pas...

18 août 2016

Burkini du FN

Nid du FN squatté par une porteuse de burkini
En commentaire d'un de mes récents billets au sujet du burkini, un type disait que je faisais le lit du Front National ce qui vaut bien une réponse circonstanciée qui va commencer par un détail : ce n'est pas moi qui ai mis le sujet sur le tapis. C'est une association ou un truc comme ça qui a commencé par vouloir faire une journée burkini dans une zone aquatique privatisée pour l'occasion ; journée que j'ai moi même défendu car je me fous de ce qui peut se passer dans une zone privatisée, je l'ai écrit. Ce n'est pas moi qui ai pondu des arrêtés antiburkini et qui ai lancé des débats dans la presse, obligeant le Premier Ministre, à juste titre, à rappeler quelle devait être la position de l’État.

A partir du moment où un sujet fait l'actualité, le blogueur politique en parle, désolé...

En réponse à une de mes publications Facebook (nécessairement décousue, sinon j'en aurais fait un billet de blog), DPP me répondait : « Je constate que la même recette a été appliquée par SOS Racisme. » Honnêtement, je ne vois pas ce qu'il veut dire. Les commentaires sont là pour qu'il s'explique. Néanmoins, ses propos vont me permettre de répondre à l'autre tordu, dont je parlais en introduction. Je discutais avec DPP et il m'a dit qu'il avait fait un billet de blog, je ne l'avais pas encore lu.

C'est réparé ! Je ne sais pas trop, non plus, ce qu'il veut dire. Il a mis des phrases bout à bout. Caroline Fourest a de la chance, c'est à Elizabeth Badinter qu'il s'en prend. Il nous parle de lutte des classes et tout ce qui va bien. Toujours est-il que ma réponse sera la même qu'au tordu du premier paragraphe.

Tout d'abord, il ne s'agit pas d'ethnie ou de nationalité, donc de racisme ou de xénophobie, mais de religion. Et il me semble qu'il revient à la gauche de lutter contre l'accroissement de la religion dans notre paysage, en faisant bien le discernement entre les croyants normaux et les extrémistes, comme ces voilalabite qui tentent de populariser les pratiques obscurantistes chez nous. Faire le lit du FN quand le FN fait, éventuellement par racisme, le boulot de la gauche, ne me faites pas rire.

La gauche française a du mal avec le passé colonialiste de la France, y compris de gauche. On peut certes marquer notre regret au sujet des erreurs que nos ancêtres ont commises, essayer de réparer, notamment en partageant nos richesses, ce que l'on peut faire vu qu'on est dans le cinquième ou le sixième producteur de richesses au monde, ce qui nous permet d'accueillir une part de la misère du monde. Mais en aucun cas, on doit trouver d'excuses pour se laisser coloniser par des pratiques obscurantistes surtout en disant que ceux qui opposent font le lit du FN. Il faut rester sérieux.

Par ailleurs, hier ou avant hier, un cador de la droite disait que tout cela n'a rien à voir avec la laïcité. Je suis un peu gêné car je disais moi-même cela récemment. Alors je vais préciser cela calmement avant de m'énerver de voir des andouilles jouer avec ce mot. Le burkini sur les plages n'a rien à voir avec la laïcité. Par contre, dès lors que l’État ou les collectivités financent des lieux de cultes, des associations musulmanes,... voir leur délègue l'animation dans les quartiers, permettant ainsi à l'obscurantisme en question de se développer, nous sommes au cœur de la laïcité. Et si c'est le FN qui lutte contre, ce n'est pas mon problème.

Alors maintenant, je vais laisser la parole à Suzanne qui a fait deux longs commentaires chez moi, avec l'introduction du premier : « Si on arrêtait un peu la rigolade avec les islamistes ? Parce que le port de ce vêtement est bien entendu de la provocation islamiste. Si on arrêtait ces petits tours de valse, ou ces combats de je m'avance, tu m'esquives, tu te sers de ma force pour mieux m'immobiliser grâce à une super prise et tu te fiches de moi par dessus le marché ? Les islamistes sont friands de ce genre de situations, pourquoi les alimenter ?

On a interdit le voile à l'école et dans les services publics, parfait. On a interdit le visage masqué dans la rue, parfait aussi. Maintenant, il vaudrait mieux passer aux choses sérieuses que s'épuiser dans ce genre de guéguerre au-dessous de... comment dire, du peuple français, de la république, des valeurs de gauche et de la patience de tous ceux qui s'irritent des joyeusetés de cette religion-qu'il-ne-faut-pas-stigmatiser. »

« L'islamisme à la française, soutenu par ses idiots utiles et ses intellectuels de gauche, c'est de la guerre d'usure et d'occupation, c'est l'application des recommandations de types comme Tariq Ramadan et de ses sigisbées dans le meilleur des cas, de "savants" islamistes dont on sait ce qu'ils prêchent en matière d'antisémitisme, d'homophobie et de sexisme dans d'autres cas hélas encore trop fréquents, c'est du grignotage permanent de tout ce qui touche à la mixité dans l'espace public et de l'égalité hommes femmes, pour ne parler que de cela. »

Vous n'avez qu'à lire la suite, en commentaire, ici. Cette fainéasse aurait pu faire un billet.

Et SOS Racisme, dans tout ça. Je ne comprends toujours pas ce que DPP a voulu dire.

En juin 1984, le Front National atteignait pour la première fois plus de 10% à une élection à un niveau national (10,95% aux européennes en juin). En octobre 1984, « on » créait SOS Racisme. 18 ans après, le candidat du Front National arrivait en second au premier tour de la présidentielle. 33 ans après, il risque bien d'arriver le premier. Force est de constater l'échec de SOS Racisme, du moins en tant qu'officine politique qui aurait pu participer à la lutte contre des partis surfant sur le racisme.

Pourtant autant, on pourrait aussi s'interroger sur leur degré de culpabilité dans cette lutte contre le racisme et le degré de culpabilité de toute cette gauche qui marche dans ces pas, dans cette mouvance,... Pour ma part, qu'on me dise que je fais le jeu du FN alors que je ne fais que tenter de sonner un signal d'alarme suite à la progression de l'islam radical dans notre pays me fait bien rire.

Parfois, il faut savoir faire des constats d'échec.

Je vais en annoncer un d'échec. Souvent, les cadres de la droite invoquent les racines chrétiennes de la France. Les gauchistes hurlent au loup. Je vais les rassurer, nous avons assez peu de descendants de plus de 2200 ans chrétiens. Si cela peut les rassurer. Il n'empêche que les dommages électoraux seront terribles. Je m'en fous. 75% de mes grands-parents étaient des bouffeurs de curés et mes arrières-grands-parents, au moins du côté de ma mère, était de farouches défenseurs de la loi de 1905. Il n'empêche que je me demande ce qu'un type normal ou social démocrate ayant été baptisé, ayant fait ses communions et étant marié à l'église peut bien penser si on lui explique qu'il n'a pas de racines chrétiennes.

Noël approche. Les polémiques sur les crèches dans les lieux publics vont revenir. Et des peine-à-jouir vont argumenter : « ben quoi, vous interdisez bien les burkinis ? »

Ben non, crétin, on essaie d'empêcher le développement de l'obscurantisme religieux. Tu veux continuer à faire le jeu du FN ?

17 août 2016

Le fond contre l'indignation

Fond très visité
J'aime bien le dernier billet de Sarkofrance même si le titre semble une incitation à inviter Alain Juppé à un Kremlin des Blogs. Je vais en résumer une partie. D'une part, même si on est opposé au maire de Bordeaux, il est sans conteste une personnalité sérieuse et l'on peut déplorer sa quasi disparition des écrans. D'autre part, on est représenté par des guignols et on peut se demander si on n'en est pas un peu responsable.

Il le dit lui-même en une phrase : « Sarkozy et Le Pen sont nos Trump nationaux. Juppé incarne une droite qui sait d’où elle vient et qui s’incarne dans la démocratie. » C'est sur notre part de responsabilité que je voudrais rebondir aujourd'hui, notamment sur cette partie du billet de Juan : « Pour finir par comprendre qu’on est un peu responsable. Collectivement responsable. A force de discréditer les élus, de brailler au « yaka-fo-kon », de laisser les élus faire n’importe quoi, de réélire ceux qui devraient disparaître, etc. » Je ne sais même pas ce qu'il veut dire, d'ailleurs, ce qui est assez rigolo (il cite un article en anglais et il est hors de question que je le lise).

« On » est un peu responsable, donc. Je ne sais pas qui est ce « on ». Sans doute nous autres, observateurs attentifs de la vie politique, de plus en plus responsable, peut-être, au fil que notre « influence » croît dans les réseaux sociaux. Moi-même, avec mes 5000 followers dont 4900 en état de mort cérébrale, je ne me sens plus pisser.

Je lisais récemment deux proches ou ex-proches (Rosselin et Vogelsong) qui se lamentaient que le débat politique d'aujourd'hui portait sur le burqini et pas sur des sujets plus sérieux, et ils ont raison, mais j'ai le regret de leur confirmer que l'élection présidentielle se fera sur ce genre de sujet. Je lisais aussi un proche mais de droite, Falconhill, qui ironisait de la candidature de Benoît Hamon à la primaire de gauche. Il disait, en gros : « pourquoi pas ? Nous on a bien Morano et Lefebvre. » Notons que j'aime bien Frédéric Lefebvre et Hamon. J'ai beaucoup critiqué le positionnement du dernier mais ça n'empêche pas. Quant à Lefebvre, je ne pouvais le piffer quand il était porte-flingue de Sarko mais, depuis qu'il a récupérer sa liberté, il tient des positions beaucoup plus sages. Il n'empêche que ces trois lascars, même s'ils ont toute leur place dans le débat politique national, n'ont rien à foutre dans des primaires qui vont nous occuper pour rien. Mais on continuera à en faire des tweets et on oubliera le fond.

Qu'est-ce que le fond ? Je vais prendre quelques exemples. Deux seulement, nous sommes en vacances.

La brasserie du centre commercial le 14 juillet.

On a tous entendu parler de l'histoire : le patron a refusé d'ouvrir son commerce le 14 juillet alors il a été « condamné » à verser une grosse indemnité au taulier. Evidemment, tous les twittos de gauche ont réagi : bon dieu, les fumiers obligent les gens à travailler les jours fériés alors qu'ils ne le veulent pas.

Vas-y que je te fasse pleurer dans la chaumières (équipées en wifi pour recevoir Twitter). Vive la plus forte indignation !

Il n'empêche que, pour revenir au fond, ce patron avait un contrat de location qui l'oblige à respecter une espèce de règlement intérieur fixant des horaires d'ouvertures définis par la majorité des locataires avec un poids proportionnel à leur taille (donc les grands commerces, intéressés par l'ouverture les jours fériés ont presque tous les droits), et que ce contrat lui permet de gagner un tas de pognon en tant que patron. S'il décide de ne pas le respecter, c'est normal qu'il soit condamné à des indemnités (qu'il ne paiera par ailleurs probablement pas vu que son bail avait déjà été résilié). S'indigner ne sert à rien (et voir des gens de gauche soutenir un patron qui ne respecte pas ses engagements ne me plait pas).

On pourrait discourir sur les dommages collatéraux, notamment les salariés de ce patron qui sont obligés de travailler un jour férié... mais, de toute manière, dans la restauration, ils sont obligés de le faire si le patron le décide. Donc, si le patron a prévu le contraire dans le contrat de travail, c'est qu'il a fait un contrat de travail contraire au droit du même nom et qu'il a menti. Ne le soutenons pas.

On a d'autre chat à sodomiser : par exemple, ne faudrait-il pas une loi qui empêche une entreprise privée (en l'occurrence le GIE gérant le centre commercial) à imposer des conditions de travail à une boite qui n'est ni un fournisseur ni un client, si les risques correspondants ne sont pas détaillés explicitement dans le contrat (en l'occurrence celui de location) liant les deux entreprises ? Ce n'est qu'un exemple, je n'y connais rien. Mon côté libéral de gauche aurait tendance à privilégier cette piste : le contrat est important et la loi doit se limiter à dire ce que les contrats peuvent prévoir pour protéger les plus faibles et tout ça.

La loi travail.

C'est le deuxième exemple, essaie de suivre. Et ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai jamais défendu cette loi, j'en ai critiqué des volets et je crois bien être le premier blogueur un tantinet connu (rappelons qu'aucun de mes billets ne reçoit moins de 300 lecteurs) à avoir titré sur « la loi connerie ». Même pas honte.

Je ne vais d'ailleurs pas rouvrir le débat, la loi est passée. Toujours est-il que, en 140 caractères ou en 10000, l'indignation a bien fonctionné à gauche, on a crié au recul des acquis sociaux et tout ça, ce qui a permis d'éluder la discussion sur le fond. Par exemple, on a un chômage de masse installé depuis 40 ans, ne faut-il pas s'interroger sur la structure du travail en France ? Ou, compte tenu du nombre de gens qui perdent un peu de protection avec ce machin et qui, de toute manière, sont acquis à la gauche, n'aurait-on pas intérêt à s'occuper des autres ? Ou, vu l'évolution du marché du travail, avec la baisse annoncée du salariat au profit, soit de rien (la baisse du travail...), soit d'autres formes de travail (l'intermittence, l'autoentreprenariat,...), ne pourrait-on pas penser dès à présent à l'après ? Ou, finalement, dans notre monde qui bouge, ne pourrait-on pas s'accorder pour ce que le droit du travail se concentre sur l'essentiel : les conditions de travail et la durée de ce dernier ?

Le fond contre l'indignation.

Tiens ! Je vais reparler de burkini. On a un débat avec quelques volets nauséabonds, fleurant l'islamophobie et ces genres de trucs. Pour peu qu'on oblige les homosexuel à mettre des burqinis, on aura en plus de l'homophobie (mais on rigolerait bien). On s'indigne dans tous les sens. C'est amusant. Mais au nom de cette indignation, peut-on laisser une grande plume de gauche expliquer que le burqini est un vêtement normal ? Ne devrait-on pas s'indigner en lisant ce genre de propos ? Peut-on tolérer qu'un clampin coupe court à toute discussion avec ce type de prose ?

Quel est l'impact sur les électeurs qui voient ce genre de polémiques reprises par la presse ? N'est-ce pas un appel direct au populisme, à celui qui va dire n'importe quoi mais qui le dira mieux que les autres ?

N'est-ce pas aussi de notre responsabilité de recentrer le débat, de laisser les spécialistes s'exprimer, de tenter, en tant que généralistes, de faire une synthèse sérieuse ?

A vous de voir...




16 août 2016

Burqini : finissons-en avec la laîcité, l'islamophobie et les paupiettes de veau

Transexuel musulman à la recherche de repères
Le débat sur le burkini se prolonge et c'est tant mieux. Si on n'avait pas ça pour se foutre sur la gueule en cette semaine du 15 août, on s'emmerderait presque. Je ne vais pas revenir sur le fond d'autant que je viens de lâcher une longue tartine dans Facebook. Au début, je m'en foutais. Je trouvais ce débat rigolo car inutile, presque folklorique mais j'ai changé d'avis au point où je me suis mis en caleçon pour rédiger ce billet. Il faut empêcher le burquini de se répandre, quitte à foutre de force toutes les gonzesses à poil.

Je note que les réactions des musulmans se multiplient, rappelant que la burqa n'est pas une tradition chez eux et que le burkini n'est qu'un truc inventé de toutes pièces pour faire chier chier les braves gens.

Les réactions de la presse internationale se multiplient aussi, notamment les anglo-saxons. Laissons les Américains se débrouiller avec Trump et les Anglais avec le brexit, ces couillons pourront nous donner des leçons ensuite.

Je note néanmoins, et c'est l'objet de ce billet, que les arguments de tous les militants politiques français de toutes les gauches pas concernées par le sujet deviennent de plus en plus navrant.

Par exemple, dans une gauche modérée, la mienne, hein !, je ne nie rien, on nous balance de plus en plus le mot laïcité à la tronche. La laïcité n'a rien à voir dans le débat (ce qui est dans le débat est la lutte contre une religion qui devient dominante), la laïcité concerne les interférences entre l’État et les religions.

Plus exactement, et je suis sérieux malgré tout, la laïcité concerne les relations entre l’État et l'église, par définition de « laïcité ». Hors, par définition du mot « église », l'islam ne peut pas être considéré comme une église. Par définition, celle de 1905. J'en ai marre de voir la laïcité mise à toutes les sauces.

Mais les gugusses, les copains, ceux de mon camp, n'osent pas utiliser un autre argument de peur de passer pour islamophobe, l'horreur absolue.

Et c'est justement sur cela se base l'argumentation de l'autre gauche, celle qui couche avec l'islam en croyant défendre l'opprimé, celle ayant pour chef d'escadrille Edwy Plenel, qui balance tant de propos qu'on ne peut pas contrer, comme la liberté des femmes de faire ce qu'elles veulent. Comme si elles avaient le choix, les pauvres. On pourrait passer pour islamophobe ce que ces andouilles auraient vite fait de traduire par raciste ou xénophobe car les imbéciles qui les suivent, pourtant souvent bien cathophobes, protestophobes, boutthistophobe (ah non, le bouddhisme, c'est rigolo), judéophobes et autres, sont incapable de faire la différence.

Penchons-nous sur un bon vieux dictionnaire, le Larousse (je ne suis pas roussophobe). Qu'est-ce que l'islamophobie ? « Hostilité envers l'islam, les musulmans. » Ben oui, j'éprouve une hostilité envers toutes les religions (il faut dire que je suis athée, je n'en ai même pas une pour me consoler), sans haine, sans méchanceté, chacun fait ce qu'il veut. Je suis donc cathophobe, protestophobe, islamophobe, je m'en fous.

Je ne suis pas raciste, xénophoble ou autre truc du même genre. Certains me diront qu'il faudrait encore le prouver mais la question n'est pas là. Je ne confonds pas la provenance ethnique ou géographique avec une appartenance religieuse. Et ceux qui le font, par contre, sont évidemment les pires racistes et xénophobes. Pourquoi un musulman serait-il arabe ?

Il y a quelques temps, un gauchiste un peu connu disait : « la religion est l’opium du peuple ». D'autres préconisaient l'international-communisme. Beaucoup, mais moins connus, disaient que les gens de gauche devaient défendre les opprimés.

Les femmes musulmanes sont évidemment des opprimées qu'il faut défendre et ceux qui prétendent le contraire ne méritent même pas qu'on leur réponde. Ils défendent l'islam parce que c'est une religion minoritaire en France, surtout par rapport aux catholicisme. Un pur principe. Une lutte contre l'ordre établi parce qu'ils sont formatés comme ça.

Actuellement, les femmes qui portent des burkinis sont montrées du doigt. C'est mal. Je le sais. Mais si on ne lutte pas contre le burqini, ce seront bientôt les femmes en bikinis qui seront montrées du doigt. Et on aura perdu. On sera revenu à avant 1905 et tout ça. Une religion l'aura emporté et elle est défendu aujourd'hui uniquement par des types qui se prétendent de gauche.

Des baffes se perdent.

Ce qui ne nous dit pas s'il faut écrire « burqini » ou « burkini » mais nous avons d'autres sujets plus importants à régler, n'est-ce pas, des vrais sujets.