21 mai 2013

La lassitude du blogueur politique

Mon confrère Sarkofrance s'inquiète de la lassitude que les blogueurs de gauche pourraient ressentir, notamment les plus proches du Gouvernement. Force est de constater que les blogs sont moins productifs !

Et pourtant...

Tout d'abord, il n'y pas pas que les éternels sujets "droite gauche", les histoires de Cahuzac, les méchants qui manifestent,... Par exemple, j'évoquais hier les corridas et la lutte contre l'extrême droite. 

Il y a toujours des sujets. Tiens ! La suite de l'affaire Babyloup. Vous savez, cette femme musulmane qui avait été licenciée d'une crèche parce qu'elle travaillait voilée. La justice lui a donné raison et il y a eu d'autres rebondissements depuis. Figurez-vous que je suis tombé aujourd'hui sur un billet d'Alain Gresh dans le blog du Monde Diplomatique. Il s'inquiète de l'impossibilité pour les femmes voilées d'exercer une activité professionnelle. Les pauvres, elles sont condamnées à rester à la maison et tout ça. 

C'est à nous, blogueurs de gauche, qu'il convient de débattre du sujet. C'est extrêmement compliqué. Il n'empêche que voir des gens de gauche défendre des religieux avec des positions extrémistes me fait mal. C'est à nous de défendre les femmes obligées pour des raisons religieuses de mettre un voile. C'est à nous défendre la laïcité.

Sinon, d'autres vont le faire à notre place. Je m'égare. Toujours est-il qu'un blog aussi éminent que celui-là estime que c'est la République qui empêche ces femmes de travailler alors que c'est de toute évidence la religion. 

Je m'égare (bis). Je voulais simplement montrer que pour faire face à la lassitude, on peut aussi prendre d'autres sujets. C'est salutaire pour chacun et ça permet de peser sur le débat. 

Quand nous étions dans l'opposition, il y a un point dans lequel nous étions excellents : la riposte. Nous sommes maintenant dans la majorité mais il fait continuer à lutter contre la droite, comme nous le faisions avant. Nous devons être l'opposition de l'opposition. 

Le blogueur de gauche, lassé de chercher des angles pour défendre le gouvernement (il faut dire que... heu, non rien), peut toujours attaquer la droite. Je vous assure que c'est très facile. Vous cherchez "Copé" dans Google News. Un sujet assuré. Aujourd'hui, par exemple... Il semble vouloir récupérer la manif du 26 pour une opposition globale à la politique du Gouvernement. Comment la cohabitation avec ceux qui veulent continuer à lutter contre le mariage va-t-elle se passer ? Comment l'UMP n'arrive-t-elle pas à se mettre d'accord sur ce qui adviendra de la loi à leur potentiel retour au pouvoir ? 

Il y a toujours des sujets...

Je vais tenter de répondre à l'argumentaire en cinq points de mon confrère. 

1. Le débat politique est violent

Il a raison mais il faut faire abstraction de tout ça. Tout d'abord, il faut laisser de côté Twitter et ses éternels roquets. Ensuite, il faut savoir fermer son navigateur et aller boire un coup avec les copains. Il faut aussi aller voir ailleurs dans la blogosphère. Surtout, il faut se dire qu'on a raison (sauf si on s'est manifestement plantés... On a le droit à l'erreur). 

Souvent, on prend des baffes de la gauche. Il faut les remettre dans leur contexte : ils ont parfois raison sur le fond mais prônent une politique dont ne veulent pas les électeurs. C'est "nous" qui avons gagné les dernières élections. 

2. Le débat politique est futile. 

Ben oui, et ? Quoi de nouveau ?

Le blogueur blogue avant tout pour lui. Le blog l'aide à formaliser ses idées. Ce est pas futile. 

3. Le débat politique est prévisible. 

Certes ! Ne jamais oublier et se foutre de sa propre gueule si on se fait avoir. 

C'est un exercice intellectuel intéressant d'anticiper les réactions à tel ou tel propos. 

4. Les résultats d'une politique ne sont jamais immédiats. 

Certes. 

J'ajouterai qu'on vit dans l'instant. La conférence de presse du Président n'a pas une semaine qu'elle est déjà oubliée. 

5. La blogosphère politique est plus sensible encore à ces détériorations du débat. 

Ouais. C'est peut-être cela qui est le plus lassant. Il faut réussir à l'intégrer dans la vie du blogueur et oublier. 



Par rapport à ce que dit Juan, je vais ajouter un point qui me parait très important.

A part un ou deux billets qui ont de bons échos, le blogueur politique a peu de motifs de satisfaction. Les chiffres d'audience ne montent pas, la contestation reste violente, tout ce qu'a dit Juan reste vrai. La seule satisfaction éventuelle est le gain d'une élection. Et encore, on se demande toujours si les réseaux sociaux sont utiles. 

Alors, il faut continuer. Le blogueur doit bosser pour lui. Quand j'ai créé ce blog, fin 2005, je l'ai fait pour donner mon avis et le faire partager. J'ai tourné les mots dans ma tête et ça a donné le titre du blog. Souvent, j'ai de la contestation : ton blog porte bien son nom, tu n'es pas ouvert,... Je le conçois. J'ai un des blogs avec le plus de commentaires et d'avis contradictoires. 

Je continue

Références :

Le billet de Sarkofrance est à lire ici :
http://sarkofrance.blogspot.fr/2013/05/blog.html
Celui du Monde Diplomatique dont je parle au début là :
http://blog.mondediplo.net/2010-11-12-La-creche-Baby-Loup-la-laicite-et-les-femmes

20 mai 2013

Luttons contre le FN en attendant l'apéro

Le camarade Gauche de Combat m'envoie un tweet (illustration) pour m'inviter à lire son billet (oui, on appelle ça du spam et il perd de l'énergie, je l'ai déjà lu) où il invite ses lecteurs à contrer le Front National plutôt que le Front de Gauche. Je vais me retenir d'être doublement grossier. Je vais quand même rappeler, d'une part, qu'on a vu l'efficacité des campagnes du Front de Gauche et, d'autre part, il a dans sa page d'accueil au moins trois billets à charge sur 10 contre le Gouvernement ou le PS.

Je ne fais pas de billet contre le Front de Gauche sauf, parfois, pour répondre à des propos précis du Front de Gauche contre la majorité.

Tant que je suis à lire sa une, ça me fait penser que ce billet m'a inspiré un billet que je n'ai pas fait. Dans ce billet, il tente de décrire ce qu'est un type de droite. Toutes les platitudes habituelles y passent. Si on considère que la droite représente 50% de la population française, notre camarade Gauche de Combat a démontré que la moitié des Français étaient des enculés. Ce n'est pas avec ce genre de propos que l'on luttera contre le grand parti populiste de droite.

Pour en revenir avec le Front National, je ferais remarquer à notre aimable ami Gauche de Combat que j'en fais beaucoup plus que lui. Je le concède, avec un résultat à peu près aussi nul. Tiens ! Ce matin, je faisais un billet à propos des corridas. Je n'aime pas les corridas mais un confrère blogueur disait qu'il serait absurde de les supprimer. Dans ce billet, je disais que ses arguments étaient insuffisants pour me convaincre mais j'en rajoutais un : « Il y a une raison pour laquelle il serait absurde de l'interdire : ça provoquerait un désastre électoral pour le type à l'initiative de l'introduction. » Je voulais bien dire par là que si on supprimais les corridas, on donnerait des voix à l'extrême droite.

Ma première réflexion qui semble particulièrement importante à cette heure avancée : il vaut mieux lutter contre les idées du Front National, s'il en a, que contre le Front National. Plus le Front National gagnera des parts pour les prochaines élections, plus les municipalités socialo-communistes auront des chances de conserver leurs communes, grâce aux primaires.

Sur mon annexe, hier, je faisais un billet pour me foutre de la gueule de la réacosphère.

Dans le présent blog, le billet précédent celui sur la corrida, était à propos de l'espèce humaine, pour défendre un texte du Front de Gauche à fin de supprimer le terme « race » de la législation. Dans le billet d'avant (je n'invente rien, vous pouvez lire les archives de mon blog), je critiquais les propos de l'UMP qui accusaient la gauche de faire monter Madame Le Pen (et non pas descendre dans la piscine). Ainsi, dans mes trois derniers billets de ce blog, je « pousse des pions » (à mon échelle, hein!) contre le FN. Pas dans les 7 précédents, je me suis égaré à faire des billets contre le libéralisme et plus généraux sur les réseaux sociaux.

J'ai donc 30% de mes derniers qui sont contre le FN alors que le camarade Gauche de Combat en a 30% contre le Parti Socialiste. Je ne crois donc pas avoir de leçons à recevoir.

Néanmoins, le billet de blog de l'ami Gauche de Combat n'est pas dénué d'intérêt mais je tiens à rappeler qu'on ne luttera pas contre la bête immonde en disant : ouh la la, c'est des fachos.

En conclusion, GdeC dit, tout d'abord : « Enfin, cet article se termine judicieusement par la volonté affichée de contribuer au nécessaire regroupement des forces démocratiques pour lutter efficacement contre ce péril imminent qu’est l’extrême droite, en perspective des municipales. » Il faudrait qu'il précise ses pensées... Veut-il qu'on doit faire un front commun entre le FdG, le PS, EELV, le Modem, l'UDI et l'UMP pour contrer le FN ? Je me demande si ce n'est pas la meilleure solution pour perdre. Pour tout perdre. GdeC essaie-t-il de convaincre les électeurs de la droite de la droite mènent tous la même politique ?

Ah mon avis, ce qui serait bien pour lutter contre le Front National est que le Front de Gauche s'occupe plus de lutter pour les catégories populaires que contre le Front National. Il n'empêche qu'il est assez facile de constater qu'il est plus fréquent chez le blogueur Front de Gauche de taper sur le Gouvernement que d'aller défendre les catégories populaires.

C'était quoi l'objet de ce tweet de Gauche de Combat ?


Interdire la corrida ?

Elie Arié a fait cette nuit deux billets à propose de la corrida, le premier pour des donner des explications techniques, le deuxième pour expliquer pourquoi il serait absurde de l'interdire. C'est un sujet sensible et peu facile à aborder pour les partisans de la corrida. En tant qu'opposant, si je critique les pratiques de proches de moi, je risque de me les mettre à dos.

Dans cette introduction, j'ai presque tout dit. Il y a une raison pour laquelle il serait absurde de l'interdire : ça provoquerait un désastre électoral pour le type à l'initiative de l'introduction.

J'ai néanmoins commenté chez Alié : « Je ne trouve pas sain d'avoir un loisir avec des types qui en regardent un autre tuer une bête. Très malsain d'avoir la mort comme loisir, du moins cette mort : une bête élevée pour être tuée en spectacle. »  Il me répond : « En dehors des animaux domestiques, presque tous les animaux qu'on élève le sont pour être tués. Mais je comprends l'argument de l'opposition à "être élevé pour être tué en spectacle", auquel il n'y a rien à répliquer, c'est un postulat philosophique. »

Il a éludé une partie de mes arguments :
  • les types qui ont pour loisir de regarder un autre tuer une bête,
  • le fait d'avoir la mort pour loisir quand le loisir est le seul objet de la mort pour le spectacle (par exemple, la chasse est un loisir avec la mort au bout, mais au moins c'est pour bouffer).

Dans son billet, il explique aussi que ceux qui sont contre le sont parce qu'ils n'y connaissent rien. Je réfute cet argument et tous les arguments de ce genre. Par exemple, je ne connais strictement rien en pédophilie. Je n'aurais pas le droit d'être contre ?

Lors de discussion au sujet de la corrida, le principal argument des défenseurs est que c'est une longue tradition. Je rappelle que l'excision aussi.

Notons bien que je ne milite pas pour l'interdiction de la corrida. Il y a parfois des pétitions qui tournent : je ne les signe pas. J'ai tendance à me demander si elles ne viennent pas de végétariens ou de types qui préfèrent les animaux aux hommes.

Ce sujet semble ressortir tous les ans à la même époque dans les blogs. Je suis fatigué. C'est typiquement le genre de thèmes sur lesquels on ne peut pas avoir de discussion : certains, souvent des bons copains, aiment la corrida, c'est leur cœur qui parle.

Cette fois, Elie Arié a tué le débat par avance. Il a affirmer que ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui étaient absurdes. Je pense qu'il y a d'autres manières de discuter, surtout quand les autres sont coincés parce qu'ils doivent gérer la relation affective qu'ont certains avec ce loisir et doivent mettre des pincettes à chaque phrase prononcée.

En outre, dans sa réponse, Elie Arié me dit que ma position est un postulat philosophique. L'air de me casser, un peu comme je dis dans mon blog que tel ou tel attitude relève de la posture. Donc, je n'ai plus rien à dire.

Je ne sais pas de quoi relève le fait de trouver belle une mise à mort. Mais ça aurait tendance à me faire gerber. Vous devriez y réfléchir plutôt que de vous justifier.

Le seul motif pour ne pas interdire la corrida est que ça serait une catastrophe électorale. L'autre motif possible, la liberté, relève aussi du postulat.

19 mai 2013

L'espèce humaine

Entre les émeutes de lundi, l'abolition de l'esclavage, le mariage pour tous, la suppression du mot « race » dans la constitution,… on parle beaucoup de racisme, de banlieue, d'homophobie, dans les blogs depuis quelques jours. Les sujets se croisent, se mélangent...

Mon confrère David fait un billet pour nous parler de sa banlieue. Je pourrais vous parler de la mienne. Elle ressemble à la sienne mais est plus proche de Paris, à portée de métro. J'habite un immeuble moderne à deux pas du métro, dans une zone assez commerçante que j'ai vu beaucoup bouger en bientôt 20 ans. A quelques dizaines de mètres, il y a des zones pavillonnaires. A côté, il y a l'hôpital, un des plus grands de la région. Plus loin, il a les cités. Tous les matins, des bus débarquent les habitants près du métro où ils s'engouffrent pour retrouver une journée de labeur. A la fin, on finit par reconnaître les gens, à force d'attendre le métro côtes à côtes ou de sortir en même temps, quand ils vont chez Leclerc avant de prendre le bus et moi à la Comète.

Je pourrais aussi vous parler de ma ville natale, dans le Centre Bretagne, où je suis en week-end chez ma mère. Il y a un centre ville, des zones pavillonnaires et quelques immeubles HLM... J'aime bien les deux. J'y ai vécu à peu près autant de temps.

Les populations ne sont pas les mêmes mais on s'en fout. Ce sont mes villes.

Mon confrère Authueil, sympathique blogueur de droite rebondit sur une chronique du monde pour en faire un billet. Il est très long et je ne peux pas le résumer en quelques mots. Il semble dire qu'il ne faut pas utiliser la science pas comme des sagouins dans les débats politiques. Les scientifiques ont « prouvé », il y a plus de cinquante ans, qu'on ne peut pas considérer certaines subdivisions de la race humaine comme des races et la gauche a fait supprimer les références au racisme de la loi. Je n'ai pas l'impression qu'ils ont utilisé la science n'importe comment et je n'ai pas eu l'impression de le faire quand j'ai fait un billet à ce sujet.

L'équipe B du club de foot de ma ville natale jouait son dernier match aujourd'hui. Ils l'ont gagné. Ils sont champion de la division où ils évoluaient. Ils vont passer en division supérieure. J'étais au bistro vers 18. On s'emmerdait avec un pote. La grosse déprime, un temps pourris, … Les joueurs sont arrivés à 18h15. Ils avaient décidé de faire la fête dans ce bistro. Les supporters sont arrivés. Les supportrices, aussi. Une ambiance folle. Rien à voir avec le Trocadéro mais les mêmes gens.

Mes congénères.

Et ça me plait bien qu'on puisse les considérer comme identiques vis-à-vis de la loi, qu'on ne les catégorise pas par race.

L'UMP et les interviews du dimanche

Les propos des chefs de l'UMP me surprendront toujours. Jean-François Copé est interviewé par Le Monde et Xavier Bertrand par le JDD. Commençons par ce dernier, dont je n'ai pas lu par l'interview, seulement sa reprise par Le Monde. « La montée de madame Le Pen s'explique par les nombreux déçus de François Hollande qui la rejoignent, très en colère d'avoir été bernés. Une forme de gaucho-lepénisme est en train de se mettre en place. C'est quand la gauche est au pouvoir que le populisme monte le plus : c'est le prix du mensonge » C'est incroyable. Le Front National était à 10% en 2007 et à 18% en 2012 et il ose dire que ce sont les déçus de François Hollande qui rejoignent le Front National et que ça se passe quand la gauche est au pouvoir.

Comment peut-il espérer avoir la moindre crédibilité ?

Un de moins. Passons au suivant. Le Président de l'UMP. Je vous assure que j'ai lu son interview trois fois ce matin. Ca fera quatre puisqu'il faut que je lise à nouveau pour faire ce billet. C'est fascinant.

A propos du mariage pour tous : « Quand nous serons revenus au pouvoir, il faudra réécrire ce texte pour protéger la filiation et les droits de l'enfant. Peut-être avec le recours au référendum. » Pourquoi un referendum ? Brandir l'arme du referendum quatre avant des élections est n'importe quoi. Qu'est-ce qu'il entend par les droits de l'enfant ?

A propos de la situation économique : « L'Etat est devenu omniprésent dans la sphère économique : il multiplie les dépenses, les embauches, les normes. » 10 ans de pouvoir, les gars... Je ne vais pas recommencer l'habituel débat mais que Jean-François Copé ose parler de norme alors que c'est la volonté de François Hollande de les diminuer est fou, d'autant qu'après le discours de Dijon, il gueulait comme un putois.

« Du coup, il perd son efficacité là où les Français ont le plus besoin de lui : dans l'éducation et la formation, la sécurité et la justice, l'immigration, la laïcité. François Hollande n'a fait que renforcer ce déséquilibre. » Il délire ! C'est la droite qui a diminué le nombre de postes dans la sécurité, la justice et l'éducation, faisant en sort que les honorables institutions correspondantes n'arrivent plus à fonctionner.

« Quand il demande des efforts aux Français, il leur demande plus d'impôts, alors que le véritable effort, c'est de travailler plus, d'innover plus, de produire plus et mieux. Il est temps de remettre les choses à l'endroit. » Le coup de l'héritage est encore une fois tentant. Je ne comprends pas que Jean-François Copé continue sur cette pente : les Français ne sont pas débile. Je rappelle à Jean-François Copé qu'un sondage est sorti avant hier : l'image de l'UMP s'est considérablement dégradée. Forcément... à dire tant de bêtises.

« Le droit de vote des étrangers, qui établit un lien entre nationalité et droit de vote, n'est pas dans notre tradition républicaine. » Il vaut mieux lire ça qu'être sourd... : par définition, le droit de vote des étrangers SUPPRIME le lien entre la nationalité et le droit de vote.

« Quant à la méthode, elle est méprisable : encore une manoeuvre politicienne à l'approche des municipales pour diviser les Français, faire monter le FN et instrumentaliser les étrangers qui vivent en France. » Allo ? Jean-François ? Les Français ne sont tarés... C'est l'UMP qui a fait monter le FN. C'est l'UMP qui a instrumentalisé ce droit de vote lors de la dernière période électorale, au point d'en faire presque le seul thème de campagne : dénoncer le PS qui voulait ce « droit de vote ». 18% pour le FN.

« Les socialistes ne peuvent plus nous faire le coup de l'héritage. »

Si ! Ca fait onze ans que vous nous dites que c'est de la faute au 35 heures.

Onze ans que les Français n'entendent que ça. Laissez nous faire le coup de l'héritage encore un an ou deux...

18 mai 2013

Le compte Twitter de François Hollande

Lors de la conférence un jeune journaliste du Lab d'Europe 1 a demandé à François Hollande pourquoi il ne tweetait plus depuis l'élection. Le comportement des autres acteurs présents (le président, les membres du gouvernement et surtout les journalistes) a fait polémique. Ce n'est pas l'objet de mon billet mais je vais l'évoquer l'espace d'un paragraphe.

Pour résumer, pépère a répondu avec un trait d'humour laissant entendre qu'il ne prenait pas Twitter au sérieux, semblant soutenu par les vieux journalistes. Tout cela est raconté par Bruno Roger-Petit. Cette histoire ne m'intéresse pas mais je soutiens le jeune face aux vieux qui ont encore prouvé qu'ils étaient coupés du monde réel, même si, dans la suite de billet, je vais me montrer plutôt défavorable à l'utilisation de Twitter par les politiciens.

La question est : François Hollande devrait-il avoir un compte Twitter ?

Je vais tenter d'y répondre pour vous rendre service, en commençant par une première question. Dans le monde, pouvez-vous me citer deux personnalités politiques de plus de 40 ans à qui Twitter ait été bénéfique pour la carrière ? J'en demande deux perce que vous allez me citer Obama. Je dis moins de 40 ans parce qu'il y a des gens qui se sont rendus sympathiques dans les réseaux sociaux et bénéficient d'un peu de mansuétude... Mais ils n'ont pas "encore" fait carrière...

Obama. Aurait-il été élu puis réélu sans Twitter ? La réponse est oui. Twitter est un des éléments qui lui permettent de passer pour sympathique. François Hollande pourrait donc avoir un compte Twitter qui améliorerait sa sympathie.

Cela étant, quels sont les tweets de personnalités politiques dont on parle le plus ?

La réponse est claire : ceux où ils se rendent ridicules ou ceux où ils disent de grosses conneries. Les Twittos politiques les plus célèbres sont probablement Christine Boutin et Nadine Morano. Quelques élus ont des gros buzz négatifs, comme ce député UMP qui a fait un amalgame entre les casseurs du Trocadéro et les descendants d'esclaves.

On peut voir la chose par les deux bouts. Le premier est que c'est une excellente façon pour Christine Boutin et Nadine Morano. Sans leurs tweets, on ne parlerait pas d'elles. Ce député, par contre, a visiblement fait une plaisanterie qui a mal tourné. Il n'a pas analysé les conséquences de son geste. D'ailleurs, il a effacé son tweet dès qu'il a repéré le mauvais buzz.

Quelles seront les conséquences politiques pour lui ? S'il ne recommence pas, aucune. Tout le monde va l'oublier. Et s'il recommence ? Je ne sais pas. Je ne connais pas son électorat et son positionnement politique. Peut-être veut-il se faire un nom au niveau national ou a besoin d'assurer l'obtention de voix très à droite pour assurer ses premiers tours ?

J'aurais tendance à dire que les élus devraient ses cantonner à deux types de tweets : des communications institutionnelles ("Très belle ambiance à la Fête de Jeanne d'Arc, très beau discours de Marine Le Pen"), des communications personnelles ("Dîner en famille, ce soir, ça va me reposer d'une semaine à taper du pédé") et des tweets normaux ("Alors, @jegoun, tu payes une tournée pour l'anniversaire de la mort du général Massu ?"). Dans tous les cas, ces personnalités devraient éviter de commenter l'actualité politique, à mon avis.

Pour ma part, il y a trois personnalités politiques que je suis avec attention dans Twitter : Anne Hidalgo, Jean-Luc Roméro et Alain Lambert.

Je suis abonné à d'autres, mais ces trois là, quand je les croise dans Twitter, je les considère avant tout comme des "copains Twittos", pas comme des futures maires de Paris.

Je vais y revenir mais je dois faire un aveux : je ne suis que des comptes Twitter qui me suivent sauf @elysee et quelques exceptions toujours temporaires. Une personnalité me followe, je followe back. Ayant fait partie de l'équipe "réseaux sociaux" pendant la campagne de pépère en tant que gros blogueurs (et pas blogueur gros !), mon compte est suivi par @fhollande, mais aussi Najat, Marisol, Mosco, Hamon, Victorin Lurel,... et un ou deux autres. .

Toujours est-il que les trois dont je parlais me suivent (et réciproquement) depuis bien avant les primaires, voire avant l'explosion de Twitter. J'ai donc une attention particulière pour elles. Elles étaient les premières personnalités à suivre mon compte. Je vais les décrire (vu de Twitter), mais en trois mots seulement. Anne Hidalgo donne l'impression d'être une personne "très humaine". Jean-Luc Roméro donne envie qu'on l'aide dans son combat. Alain Lambert est comme un copain de comptoir : nous sommes tous les deux dans Twitter pour rigoler.

Revenons au compte de François Hollande.

Tout d'abord, notre président a 7 ans de plus que Barack Obama et se mettrait à tweeter plusieurs années après "l'autre", à une époque où Twitter est déjà connu et probablement proche de son pic d'utilisateurs, voire d'un certain déclin. Il n'y a pas d'Hollandemania comme il y a (ou a eu) une Obamania. Hollande ne peut plus acquérir une image de modernité avec Twitter. Au contraire, il pourrait apparaître à la traîne. Il faudrait qu'il organise parfaitement son lancement, puis se fasse un "personnage" (communication institutionnelle, personnelle, humour,...).

Le risque d'échec est important. Ses tweets seraient repris par la presse et pourraient générer des buzz négatifs, surtout s'ils sont repris et tournés en dérision par des élus de droite. Imaginons qu'il ait tweeté, lundi en milieu de soirée : "je serai de tout cœur avec les supporters du PSG ce soir, mais je veux rester bien avec ceux de Tulle pour 2022". Je dis ça au hasard mais ça semble sympathique : un mot de félicitations et un trait d'humour. Trois heures après, les émeutes que l'on connait. Tweet de @gounje, twittos et blogueur d'opposition et de comptoir : "pendant que pépère fait le con dans Twitter, la sécurité des Français n'est plus assurée !" Hop ! Repris par toute la presse.

D'un point de vue personnel, depuis l'affaire du soutien de sa campagne à Falorni pendant les législatives, François Hollande doit avoir une sacré peur de Twitter. Je suppose que ses conseillers en communication insistent pour qu'il reprenne le sien mais qu'il doit freiner... En outre, ça fait du boulot. Une personne sera obligé de gérer ça. Il faut préparer les tweets, les faire valider par les conseillers en communication puis par Hollande, gérer les abonnements et les susceptibilités, …

Évidemment, il y aurait des avantages, notamment celui de personnifier sa politique et de fidéliser un paquet de potentiels militants. Qui sont déjà militants et qui apprécient déjà le personnage...

Mais le jeu en vaut-il le risque ?

@fhollande a 500 000 abonnés, @barackobama 30 millions. 60 fois plus (la population des USA est 5 fois supérieurs à la France, comparativement, leur président a donc, en gros, 10 fois plus d'abonnés). En cette période de basse popularité, ne risque-t-il pas de passer pour un looser ?

Je pose les questions. Je n'affirme rien.

Quel est l'avenir de Twitter ?

Personne ne peut y répondre. Twitter a-t-il une bonne image, auprès du public ? On nous parle des 5 ou 7 millions d'utilisateurs en France, mais les 40 millions d'électeurs qui n'ont pas de compte ?

Qui sait si le must ne sera pas dans quelques mois d'avoir un Tumblr ou je ne sais quel réseau social à la mode ? Qui a fait le plus pour l'autre ? Barack Obama ou Twitter ? Quel pourcentage de son succès Twitter doit-il à Obama ?

François Hollande doit-il encourager une startup américaine, déjà grosse entreprise mondiale ou doit-il tenter le coup avec une startup française ou européenne ?

Il pourrait faire des pearltrees, par exemple, où l'on pourrait suivre ses déplacements, le cheminement de ses engagements, sa vie personnelle !

Tiens ! Militons pour l'ouverture d'un compte chez Pearltrees par @pépère !

Chritine Boutin et les seins d'Angelina Jolie

Ma mère d'Angelina Jolie est morte à 56 ans d'un cancer du sein. Les médecins de l'actrice ont montré qu'elle faisait partie d'une population à très fort risque. Elle a donc choisi de se faire faire une ablation des deux seins pour presque supprimer les risques. Elle a médiatisé cette action afin de sensibiliser les jeunes femmes, sur le thème : si vous avez des antécédents familiaux, dépêchez-vous d'aller à un dépistage et renseignez-vous sur le sujet.

Voyant l'information, Christine Boutin a fait un tweet odieux qui a scandalisé la blogosphère. Voyant le scandale, elle a cru bon de faire une publication pour se j
ustifier sur le site web de sont Parti, le PCB (illustration).


C'est à lire. Vraiment.

(vous pouvez lire aussi l'article du Lab d'Europe 1 qui détaille l'affaire du tweet).

17 mai 2013

MPT et bravo au CC

Le Conseil Constitutionnel a validé le Mariage pour tous. Le jour de... la journée internationale contre l'homophobie. François Hollande n'a plus qu'à promulguer la loi. Il a dit hier qu'il le ferait rapidement, probablement avant la manif du week-end prochain. Sans doute dès ce week-end.

La manif ? Nous serons là pour observer ces gens défiler. On aura gagné un combat, celui de la loi, mais il reste du boulot avant de gagner le vrai combat. La loi est une étape. Dans 10 ans, 20 ans,... les jeunes homos n'auront plus honte de se promener main dans la main. 

Pendant la manif, nous crierons qu'ils sont anti-Républicains et tout ça. Peu importe. 

Ce soir, je pense beaucoup à cette copine et ce copain qui m'ont convaincu de militer pour ce truc parce qu'ils voulaient se marier. Je ne pouvais pas leur retirer ce droit. 

Ils sont jeunes. Ils sont blogueurs. Ils se reconnaîtront. 

Ils se marieront. Pas ensemble, hein !

P.S. : si vous comptez m'inviter au mariage, organisez-le près de la ligne 7 du métro. 

Espoir ?



Prenez une copie et votre stylo. Vous avez deux heures pour répondre. Alors que j'attends à la Gare Montparnasse, je reçois cette alerte du Figaro : le CAC40 vient de dépasser les 4000 pour la première fois depuis bien longtemps.

La question à la quelle vous aurez à répondre est multiple. Est-ce le signe que le discours du Président de la République a rassuré les investisseurs ? Est-ce le signe de la confirmation d'un virage libéral ?

Est-ce le signe d'un premier impact des mesures déjà prises par le gouvernement commencent à payer ? Est-ce le signe d'un redressement de l'économie qui redémarre doucement, ou, du moins d'une reprise de confiance des investisseurs ?

Est-ce le hasard des fluctuations économiques ? Est-ce la preuve que l'État ne peut rien ?

Est-ce encourageant ?

Vous avez le droit d'utiliser internet (moi, avec l'iPhone, ça me gonfle) pour étudier les précédents parallèles entre entre les courbes des indices boursiers et celles de la croissance et du chômage. 

Conférence de presse : partageons (ou pas) leurs avis

Lendemain de conférence de presse : l’heure de la revue de presse avec les articles en une des sites web est arrivée et d’étudier les réactions de chacun. C’est un exercice traditionnel. Depuis toujours, j’aime bien les réactions des ténors de la majorité (du genre : le président a montré le cap) et de l’opposition (du genre : il n’a pas pris conscience de la gravité de la situation). On peut supposer que les communiqués de presse sont écrits à l’avance.

Commençons par Le Figaro. Le site web consacre plusieurs articles pour décrire les différents volets du discours du Président. Ils ne sont pas négatifs, contrairement à ce qu’on aurait pu supposer. Les propos de Philippe Gouillaud, le rédacteur en chef du service politique, sont même étonnants : « la conférence de presse du président a partiellement atteint son objectif de rétablir l'autorité et l'assurance du chef de l'État, tout en relativisant les tensions qui opposent France et Allemagne au niveau européen. »

Le Point consacre également plus articles. En lisant les titres, j’ai cru que les articles seraient à charge. Il n’en est point. Nathalie Rheims, un écrivain et productrice française invitée par le journal, constate qu’il a été bon et qu’on retrouvait le François Hollande d’avant son élection. Philippe Tesson, chroniqueur célèbre, est beaucoup plus à charge. On dirait un blogueur militant UMP racontant les pires bêtises (comme on pu le faire les blogueurs socialos à une autre époque). Il finit par constater exactement l’inverse de Nathalie Rheims : François Hollande est loin du candidat !

L’Express fait comme les autres… Un article « constate » qu’il a peu convaincu les éditorialistes. Ils sortent un florilège de petites phrases mais je ne les retrouve pas du tout conforme à ce que je peux lire à la une des sites de presse, ce matin. Le papier serait-il différent de l’écrit ? Mises bout à bout, ces petites phrases sont assassines mais elles ne viennent à dire ce que tout le monde dit : on ne peut qu’attendre le retour de la croissance.

Le Parisien semble avoir tourné la page, les articles sont plus bas en une du site web. Il n’y a aucun « éditorial ».

Le Monde est un peu pareil mais met en une la chronique de Françoise Fressoz (journaliste politique) dans son blog, qui se termine par : « La petite musique du début du quinquennat est donc toujours là : pas d’effort sans réconfort, pas de réformes sans croissance. Mais pas de croissance sans un compromis avec l’Allemagne. Angela Merkel reste la clé du quinquennat Hollande. »

Libération en fait son grand article de une. Il constate que François Hollande se montre enfin en tant que président de la République.

L’Humanité a un édito tranchant avec un édito digne du Front de Gauche, du genre : la gauche a déserté l’Elysée.

Regardons les deux blogueurs politiques de droite.

Corto commence ainsi : « Je sais que vous êtes nombreux à attendre mon compte-rendu de la conférence de presse de Pépère. » Je vais lui répondre que non mais il va prétendre que c’est de l’humour… A part ça, il ne dit rien.

Pierre Parrillo : « Comme bon nombre de français  j’ai accordé un peu de mon temps au Chef de l’Etat hier après-midi pour écouter attentivement son désormais traditionnel « Hollande show » bisannuel. » Non. Bon nombre de Français bossaient, hier…  Il est un peu comme Philippe Tesson. Il invente des bricoles pour dire du mal. Bel effort. Mais confondre la crise « monétaire » qui a bousculé l’Europe et la crise économique est osé…

Les camarades du Front de Gauche sont probablement en train de préparer la révolution : ils n’ont pas fait de billet. Cuicui crie néanmoins sa colère.

Coté personnalités politiques, aucune surprise, selon cet article de France Info… Les socialos sont contents, pas les autres. A noté que, côté socialiste, Claude Bartolone a encore fait du bruit avant Harlem Désir, ce qui n’est pas un compliment pour ce dernier.

Ce qu’en pensent mes potes blogueurs ? Rosaelle critique surtout les médias. Bembelly plaisante. Homer n’est pas content pour les retraites (moi non plus !).

Sarkofrance fait sa chronique habituelle.

Lisez-le.