25 mai 2013

La montée du FN et la pensée de l'électeur

L'ami Gauche de Combat lance une charge contre "les Hollandais" qui feraient le jeu de l'extrême droite. C'est un "jeu" récurrent, entre nous, de se renvoyer les responsabilités. indépendamment, hier, je papotais avec deux copains socialistes, Jules Praxis et Marc Vasseur, pas spécialement favorables à la politique du Gouvernement (c'est un euphémisme), et on se demandait (rapidement, j'ai coupé court à la conversion : 140 caractères de Twitter, très peu pour moi) comment allaient réagir les électeurs.

Je vais néanmoins répondre à GdeC assez directement pour commencer ce billet : ce que tu développes dans ton billet n'a strictement rien à voir avec son titre. Tu cries ta haine de ce que fais le gouvernement - et tu en as parfaitement le droit, la légitimité,... - mais tu ne démontres rien. Tu te contentes d'affirmer qu'en faisant une politique pas assez à gauche fait monter l'extrême droite. Ce n'est évidemment qu'une grosse connerie qui ne convaincra personne. 

La montée de l'extrême droite ?

D'une part, nous ne savons pas si elle monte : il n'y a pas d'élection. Ce que l'on sait, c'est que la gauche socialiste aidée par toutes les forces socialistes a fait passer une loi dite societale, le mariage pour tous, et qu'à cette occasion, les oppositions ont été très fortes ce qui donne le sentiment d'une radicalisation de la droite. Je parle d'un sentiment mais c'est peut-être une réalité. Peu importe (on est entre gens de gauche, nananère).

En aparté, on voit que quand la gauche fait une politique de gauche, la droite se radicalise, ce qui est la preuve que la démonstration de gauche de combat est proprement grotesque. 

D'autre part, vous commencez à me les brouter sérieusement avec vos analyses à deux balles à propos de l'extrême droite. A la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen, a fait 18%, comme son père (cumulé avec un autre candidat d'extrême droite) en 2002, soit trois ou quatre point de plus qu'il avait fait en 1995 et en 1988. L'essentiel de la montée de l'extrême droite date du tout début du premier septennat de Mitterrand et pas de plus tard, comme on le lit trop souvent. Le Front National a monté en France dès qu'une politique de gauche, avec des ministres communistes, a été mise en œuvre. C'est à cette période que le Parti Communiste a perdu en masse l'électorat populaire. 

Ainsi, les scores du Front National montrent que tout le raisonnement de Gauche de Combat est erroné. Je comprends qu'il soit désespéré. 

Enfin, le score du Front National est élevé quand la droite est faible, ce qui est le cas aujourd'hui mais depuis assez longtemps. Pour l'instant, une seule personne a fait baisser le Front National : c'est Nicolas Sarkozy en 2007. Aussi, au lieu de fanfaronner sur celui qui fait le plus monter le Front National, on devrait réfléchir à ceci.

Je le refais en français : plus on fait baisser la droite classique, si on peut le faire, plus on fait monter le Front National. Parallèlement, plus on fait monter le Front National, plus la droite classique est en difficulté. Quand on fait ce genre de constat, il est possible de multiplier à volonté les combinaisons. C’est surtout amusant. Plus la gauche fait une politique centriste, moins elle laisse de place à la droite et plus le Front National monte, ce qui tend à donner raison à Gauche de Combat mais pour les raisons exactement inverses de ce qu’il peut imaginer. Donc, on s’en tape.

Il reste trois ou quatre questions essentielles :
-          l’état de la France, ce qu’il faut faire,…
-          ce qu’en pensent les électeurs,
-          ce que l’on pourrait en déduire pour les prochaines élections (municipales, européennes, départementales et régionales),
-          ce que l’on pourrait en déduire pour les prochaines élections présidentielles et législatives.

Retroussons-nous les manches et abordons ces quatre sujets en vitesses, j’ai rendez-vous à l’Amandine avec Corinne et sa mère dans un quart d’heure.

L’état de la France et ce qu’il faut en faire

Nous sommes dans un débat politique entre la gauche de la gauche, la gauche gauche, la gauche maladroite, la gauche molle, le centre mou, l’extrême centre, le centre droit, la droite sans couilles, la droite la plus bête du monde, la droite dure et la droite extrême. Chacun aura donc ses solutions pour améliorer la situation. Nous sommes au cœur du débat politique et c’est amusant de comprendre que certains ne comprennent pas que l’on puisse ne pas être d’accord. Cela mène à des invectives idiotes.

Il y a par contre des gens tout à fait tolérants et avec lesquels ont peut discuter. Tiens ! Mon ami Babelouest. Il est courtois, nous ne sommes pas d’accord, nous discutons, c’est un bonheur.

Je vais juste apporter une pierre à l’édifice car je suis encore tombé sur une andouille qui m’a sorti : « il faut arrêter de faire les mêmes politiques qui échouent depuis 30 ans ». Nous sommes d’accord. Je pense même pouvoir dire que tout le monde est d’accord. Je propose donc d’arrêter ce genre de platitude et de se rendre compte, enfin, qu’on ne met pas la même chose derrière.

Je constate une seule chose, c’est que depuis trente ans, on n’a pas réellement essayé une vraie politique de diminution des déficits, sauf peut-être pendant l’ère Jospin mais je connais des lascars qui vont mettre ça sur le dos de la bonne santé de l’économie mondiale.

Ce qu’en pensent les électeurs

Je n’en sais pas plus que vous, chers lecteurs, mais, au moins, quand je fais semblant de le savoir, je le dis. Gauche de Combat, dans son billet, énumère un tas de trucs qu’ont faits les socialos pour dire que ça fait monter l’extrême droite mais je suis prêt à parier que les électeurs ne savent absolument pas de quoi il s’agit.

Les électeurs voient un niveau de confiance, un niveau de compétence et je ne sais pas quoi. Ils voient aussi que nous sommes dans une crise économique et qu’on est mal barrés. Je conseille à mes camarades de sortir de leurs locaux syndicaux et des blogs mais ils font ce qu’ils veulent. Je crois que les gens se foutent totalement des mesures prises par le gouvernement, individuellement, mais qu’ils regardent les résultats d’une manière globale.

Le militant politique jugera que telle ou telle mesure est bonne ou mauvaise. L’électeur pensera que le gouvernement a pris telle ou telle mesure selon les choix qui lui étaient donnés. Prenons deux exemples : le TSCG (ce fameux traité européen) et l’ANI (l’accord sur l’emploi). Je cite des acronymes en précisant de quoi il s’agit parce que je suis persuadé que beaucoup ne savent pas ce dont il s’agit. Et encore, la plupart ont probablement oublié qu’il y avait eu un traité et un accord. C’est le genre de truc qui n’intéresse que les militants politiques, voire que ceux de gauche.

Essayer de nous convaincre que les Français ont quelque chose à cirer de ces deux trucs sans nous faire rigoler.

L’ANI : on y comprend que dalle. Il faut être salarié d’une grosse entreprise susceptible d’avoir des difficultés pour s’intéresser à ce qu’il y a derrière.

Le TSCG : vous avez trois minutes pour me citer des différences par rapport au traité précédent et pour me dire en quoi elles sont mauvaises. Je parle des différences, pas du traité.

Les prochaines élections locales

J’en ai fait un billet avant-hier et je ne vais pas recommencer.

Je suis néanmoins persuadé que pour les municipales et les départementales, les gens vont voter selon la personnalité des élus, la connaissance qu’ils en ont et qu’ils vont être très loin des enjeux nationaux. Ils vont voter pour les compétences des gens. La politique nationale aura un très faible impact dans la plupart des communes avec une prime au sortant, si le sortant fait une bonne campagne et sait se couper des enjeux nationaux.

Je ne suis pas spécialement optimiste pour autant.

Les prochaines élections nationales

C’est un peu tôt pour en parler. Il faut attendre les évolutions des courbes…

Néanmoins, il ne me parait pas inutile de rappeler qu’il y a deux enjeux : être qualifié pour le second tour (rien n’est jamais gagné me rappelait Jospin, l’autre jour) et gagner le second.

Le candidat, a priori François Hollande, devra donc avoir une politique, un projet,… qui amène peu d’électeurs traditionnels à aller voir ailleurs, chez les Verts, au Front de Gauche, … pour passer le premier tour mais qui ne soit pas trop à gauche pour passer le second.

Mes confrères pensent un peu trop au premier tour, s’imaginant que tous les français pensent comme eux. Il n’empêche que la gauche a réuni 44% des voix au premier tour. C’est donc bien avec des voix de droite ou du centre que François Hollande a été élu. Et vous pouvez vérifier dans l’histoire de la Cinquième, jamais un président de gauche n’a été élu avec une gauche majoritaire au premier tour. Ségolène Royal est un exemple même si elle n’a pas été élue : la gauche a fait 36% au premier tour et 46% au second.

C’est ainsi.

Le gauchisme ne fait pas gagner une élection en France, sauf par la droite (la fracture sociale et tout ça). Seule la discipline électorale peut le faire.

24 mai 2013

Vive Sozialdemokratie

On lit dans la presse (ici, Libération) que François Hollande a fait l’éloge du modèle Allemand au congrès du SPD. C’est une erreur. Je le sais, j’avais été invité à rédiger une proposition de discours. J’avais écrit : « Chers amis, vous êtes tous vraiment des enculés, vous avez ruiné l’Europe et vous vous êtes ruinés avec des réformes débiles mises en œuvre par cet imbécile de Gerhard Schröder. » Malheureusement, ma version n’a pas été acceptée. Il parait qu’elle aurait été contreproductive électoralement. Nous avons besoin d’aider le SPD à gagner cette prochaine élection de manière à pouvoir envisager sérieusement une modification de la politique de l’Allemagne, seule solution pour que l’on puisse s’en sortir.

Alors, un texte plus consensuel a été fait. Mon confrère Sarkofrance revient sur cette putative ode à Schröder dénoncée par Médiapart.

Quant à moi, c’est l’intégralité du discours qui m’intéresse… Mon côté dort-en-chiant.

« Je mesure l’honneur qui m’est fait de m’exprimer ici, aux côtés de l’ensemble des autorités de la République Fédérale d’Allemagne pour célébrer le 150ème anniversaire du SPD. » Oui ! C’est un déplacement officiel, on ne rigole pas. Je mesure à quel point ma proposition de discours était décalée.

Je vais couper des parties.

« Ma présence est une nouvelle preuve de la force de l’amitié franco-allemande qui nous permet d’évoquer, ensemble, les moments forts de nos histoires nationales. » Ah ! Oui, c’est de la politique.

« Je suis ici aujourd’hui comme Président de la République française, comme un socialiste qui sait ce qu’il doit à la social-démocratie et surtout comme un européen. » C’est beau.

« Car l’histoire du SPD, depuis sa création par Ferdinand Lassalle jusqu’à aujourd’hui est indissociable des grand débats qui ont traversé notre continent. Trois mots, trois valeurs, trois combats traduisent l’apport de la social-démocratie allemande au modèle européen. »

Le premier, c'est la démocratie.

Au moment où le mouvement ouvrier hésitait sur le chemin à suivre, sur la forme à donner à son organisation, sur la conduite à tenir face au régime parlementaire, le SPD a pris une décision majeure : il arrima l’idéal socialiste à l’idée démocratique, il lia l'aspiration à l'égalité à l'exigence de liberté. Il associa le progrès au suffrage universel. 

Cette orientation eut une influence considérable. Elle inspira largement le socialisme en France. Jean JAURES regardait avec admiration un parti qui était devenu en 1912 le groupe parlementaire le plus puissant d’Allemagne. Il imaginait qu’ensemble il serait possible d’empêcher l’éclatement de la guerre. »

« Car l’identité de la social-démocratie, c'est le progrès. » Ca c’est le deuxième, je suppose, il y a une erreur dans la numérotation.

« Au moment où fut fondé le SPD, le progrès c'était « la fixation de salaires minima, l’enseignement gratuit, l’assurance maladie, la liberté d’association, la réduction de la durée du travail, la création de coopératives de production ». Tout cela fut acquis au cours des décennies qui suivirent et largement étendu à l'ensemble du continent européen. »

« Grâce à l'action et à l'influence du SPD, le progrès prit ensuite la forme de la démocratie sociale avec la reconnaissance des droits des salariés à être informés et consultés sur les choix stratégiques des entreprises, avec la culture du compromis pour faire évoluer le droit du travail et avec la négociation entre partenaires sociaux pour faire évoluer l’Etat providence. »

Nous y voila…

« Le progrès, c’est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l’emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles comme l’a montré Gerhard Schröder. On ne construit rien de solide en ignorant le réel. »

Tu parles d’une ode…

« Le réalisme c’est le troisième apport de la social-démocratie. » Tiens ! C’est pour cela que je suis a priori social-démocrate et que j’ai choisi Pépère.

« Le réalisme n’est pas le renoncement à l’idéal, mais l’un des moyens les plus sûrs de l’atteindre. Le réformisme ce n’est pas l’acceptation d’une fatalité mais l’affirmation d’une volonté. Le compromis n’est pas un arrangement mais un dépassement. »

« C’est en 1959, à Bad-Godesberg que le grand pas fut franchi, à travers une déclaration, entrée dans l'histoire, et dont l’esprit tient en une idée simple : le marché autant qu'il est nécessaire ; la solidarité autant qu'elle est possible. Et une ambition : être le parti du peuple tout entier. »

« C’est bien le signe de votre indéniable succès. »

« Je leur réponds que tout n'est pas transposable. Nos pays sont différents ; nos histoires ne sont pas interchangeables. Nos cultures politiques syndicales sont singulières. Mais je garde de la social-démocratie le sens du dialogue, la recherche du compromis et la synthèse permanente entre la performance économique et la justice sociale. »

Ben voilà ! Il ne s’agit pas de faire en France la même chose qu’en Allemagne, mais de définir le sens de la social-démocratie…

« C’est cette démarche qui m’inspire pour la construction de l’Europe. Car nous avons une responsabilité particulière, nous, Français et Allemands.

C’est notre amitié qui a permis l’Europe. »

« Dans cette belle œuvre commune, le SPD a pris toute sa part, avec de grandes personnalités qui font  désormais parties du patrimoine politique et intellectuel de l’Europe.

Dès 1969, Willy BRANDT eut l’immense mérite d’engager l’ouverture à l’Est.

Et en 1976, c’est Helmut SCHMIDT qui eut le courage d’imaginer, avec le Président Giscard d’Estaing, le système monétaire européen.

La social-démocratie a fait avancer l’Europe. Mais elle ne l’a pas fait seule. Car l’Europe est une construction qui dépasse les clivages politiques, qui unit les peuples, qui oblige les gouvernements et notamment les nôtres à travailler ensemble.

Nous sommes tous ici les héritiers de cette histoire.

A nous d’être dignes des plus grands moments, comme celui du général de GAULLE et du chancelier ADENAUER signant le traité de l’Elysée le 22 janvier 1963 ; ou l’image du chancelier KOHL et de François MITTERRAND, se donnant la main, sur le champ de bataille de Verdun, le 22 septembre 1984. Et l'instant magique où le mur de BERLIN s'effondra. »

S’il y en a qui a envie pisser maintenant, il peut. Je vais prendre une bière et je reviens.

« L’Europe a besoin de nous. Elle est la première puissance du monde. Mais elle subit une crise qui la fait douter d’elle-même. Et connaît un chômage qui l’éloigne des peuples. L’Europe doit entrainer le monde et non pas le subir. »

 « L’Europe doit désormais faire preuve de la même détermination pour donner priorité à la croissance et offrir à la jeunesse une nouvelle espérance. »

« C’est le rôle des Etats mais aussi des partis politiques que d’y travailler sans relâche. Et je salue tous ces militants qui se dévouent de génération en génération à cette cause qu’est l’Europe. Et à cette belle idée du progrès. Je leur dis de ne jamais se désespérer et d’unir leurs forces face à l’égoïsme, au populisme et au nationalisme. »

« Si je n’avais qu’un seul message à vous transmettre aujourd’hui, un seul mot à vous dire, ce serait celui par lequel j’ai ouvert mon propos et par lequel je veux le clore : unité.

Unie, l’Allemagne est devenue plus forte.

Unies, la France et l’Allemagne feront avancer l’Europe.

Unie, l’Europe sera capable de prolonger son histoire pour porter une grande ambition fondée sur la démocratie, le progrès et la solidarité. »

J’ai coupé des morceaux. Vous pouvez lire l’intégralité du discours trois fois. Vous pouvez imprimer ce billet pour le lire aux cabinets si vous n’avez pas d’iPad. Vous pouvez le lire trois fois. Surtout si vous êtes à gauche et vous imaginez représenter la vraie gauche.

La France et l’Allemagne doivent être unies et c’est la social-démocratie qui est le chemin que nous avons choisi. Faudrait que j’arrête de faire de la politique. C’est le boulot d’Hollande. Il en fait. Il était au machin du parti social-démocrate Allemand.

Je vais conclure à recommandant à mes honorables lecteurs de lire ce billet d’Elie Arié que j’approuve grandement et que je vais résumer : il est temps que ceux qui se prétendent de la vraie gauche cesse de mépriser les peuples.

Nous avons besoin de l’Allemagne et du SPD « pour donner priorité à la croissance et offrir à la jeunesse une nouvelle espérance. »

Tout le reste n’est que de la posture.

Voilà un billet de blog fait à moindre frais.

De Marquis de Sade à Calibre 35 en passant par Loudéac

Le printemps des livres aura lieu dimanche, à Loudéac, avec deux invités exceptionnels, Franck Darcel et Stéphane Grangier, qui représenteront leur collectif d'auteurs, Calibre 35. L'idole de ma jeunesse et mon copain des blogs !

Traitons-les séparément.

Franck Darcel

Je radote un peu et je ne sais plus si j'ai déjà raconté dans un blog mes années lycée. Toujours est-il que j'ai un frère qui a trois ans de plus que moi et qui était étudiant à Rennes pendant que j'étais au lycée. Ceci ne nous rajeunit pas vraiment puisqu'il va fêter ses 50 ans dans une quinzaine de jours.

Toujours est-il que pendant la semaine, il était à Rennes et revenait à Loudéac le week-end, souvent avec de nouveaux disques. Il les enregistrait sur des cassettes pour les écouter à Rennes et me laissait les disques à disposition.

Un jour, ça fut la révélation. Il est arrivé avec un disque de Marquis de Sade. Ce groupe a rapidement eu un certains succès. Nous étions contents. Nous voyions enfin un bon groupe de rock français, aussi bon, voire meilleur que les machins anglais et américains que nous écoutions.

Nous étions fiers ! Ce groupe qui allait sauver le rock français en chantant en anglais était breton ! Mieux ! Un des deux principaux membres, Franck Darcel, était de la région de Loudéac !

Le groupe a connu l'histoire qui devait arriver : les membres se sont séparés. Franck Darcel a crée un autre groupe, Octobre, de mémoire, que nous avons tenté de suivre quelques mois... La magie était terminée. Trente ans après, je dois reconnaître que j'ai un peu de mal avec la chronologie. J'essaierai de rétablir en commentaire dès que je retrouve Wikipédia. Je ne sais plus dans quel tiroir je l'ai rangé.

La cerise sur le gâteau est que la mère de Franck était la maire de Plessala, petite ville proche de Loudéac. Surtout, Madame Darcel était une copine de mon père. Je n'ai plus les détails en tête. Il me semble que Mme Darcel était présidente de la fédération régionale de basket et mon père président de la fédération départementale et de la commission régionale des salles et terrains.

Autant vous dire que nous étions encore plus fiers ! Nous nous sentions très proche de Franck Darcel, comme si c'était un cousin à nous qui avait monté ce groupe. Je ne sais pas si Stéphane va lui montrer ce billet mais je suppose qu'il était loin de penser à ce genre de détail.

Enfin, comme mes parents connaissaient les siens, ils s'intéressaient forcément à la réussite du groupe, d'autant que nous l'avions présenté comme le digne successeur des Beatles, des Stones, ... et tout ça réuni.

On est con, quand on est jeune. Et on écoute des conneries. Toujours est-il que c'est relativement rare, à cet âge, d'avoir des parents qui s'intéressent à tes goûts musicaux. J'ai 47 ans. Je pourrais donc avoir une fille de 16 ou 17 ans. Je m'imagine lui faire croire que j'aime bien Justin Bieber pour lui faire plaisir tout en essayant de lui faire écouter les Stones (je suis resté très classique). Ça me rappelle une discussion avec mon père, dans ces années là. Il ne comprenait pas que nous n'aimions pas Gilbert Becaud. "Tu te rends compte que ça déménage vraiment. Ils ont cassé des chaises à l'Olympia !" La dernière fois que je suis allé à l'Olympia, fin 89, je crois, c'était pour un concert de la Mano Negra. Deux heures et demi non stop. Ça déménageait autrement, je suppose !

A propos de Franck Darcel, un point négatif digne des jeunes imbéciles que nous étions : on était jaloux parce que ce n’était pas lui le chanteur du groupe mais Philippe Pascal. On avait un poster de lui dans la chambre. Nous avions un certain ressentiment envers Franck parce qu’il n’avait pas le leadership du groupe…

Retrouvez Franck sur son site. Il écrit des bouquins, les édite et produit des groupes, si j’ai bien compris.

Stéphane Grangier

Il y a quelques années, un certain Mike Hammer Papatam Andropov a commencé à commenter mon blog. Il a lui-même monté le sien et il a rapidement été intégré à « ma bande ». Nous l’appelions MHPA. Un jour, Gaël m’envoie un mail, du type : « Hé ! Tu savais que MHPA est Stéphane Grangier ? » Je réponds « Ben oui ! » Je n’avais évidemment jamais entendu parler de Stéphane Grangier mais je ne pouvais pas répondre autre chose à Gaël, je serais passé pour un gros con.

Google a fait le reste.

D’ailleurs, en vérifiant sa bio, je me rends compte que cette andouille est plus jeune que moi de deux ans. C’est à lui de faire un billet émouvant pour dire que j’étais son idole quand il était jeune blogueur, bordel.

En sortant du métro, ce matin, j’avais fini de saisir sur l’iPhone la partie de ce billet consacrée à Franck Darcel et je me demandais ce que j’allais écrire sur Stéphane. C’est vachement dur de parler d’un copain.

Et j’ai trouvé.

MHPA est le digne successeur du Coucou ! Comme lui, il vit de sa plume, publie des bouquins, … Comme il lui, il tient un blog anonymement. Le Coucou était Jean-Louis Fraysse et écrivait avec sa femme sous le nom de Michel Grimaud. Mike Hammer Papatam Andropov écrit avec son vrai nom : Stéphane Grangier, mais il ne faut pas le dire, il est anonyme dans les blogs.

Comme Jean-Louis, Stéphane est LE commentateur gentil. Toujours avec un mot sympa mais n’hésitant pas
à me rentrer dans le lard si je raconte des conneries, encourageant les blogueurs et ne demandant rien en retour… Comme avec Jean-Louis, nous avons commencé à échanger par mail, plus que par les blogs. Comme avec Jean-Louis, c’est devenu un bon copain même si je ne l’ai jamais rencontré… Je plaide coupable, d’ailleurs, je passe à Rennes une fois ou deux par mois.

J’espère qu’il finira mieux que le Coucou (ou, du moins, plus tard, parce qu’au fond, on finit tous ainsi..).

Retrouver Stéphane sur son blog.

Calibre 35

Calibre 35 est un collectif d’auteurs rennais de romans noirs, onze écrivains, onze styles, … Je ne vais pas recopier leur page de présentation : manifestations, entraide, visibilité (genre les plus gros aident à les plus petits) puis récemment projet commun d'un recueil collectif aux Editions Critic "Rennes Ici Rennes".

Franck et Stéphane, seules auteurs de Calibre 35, ne seront pas à Loudéac pour présenter ce recueil mais leurs propres bouquins. Le recueil est trouvable partout, jusqu'au Relais H de Montparnasse... Les libraires peuvent le commander par le réseau de diffusion Harmonia Mundi...

Stéphane, Franck, bienvenue à Loudéac !

Toutes mes félicitations et longue vie à Calibre 35.
Bonnes ventes et tout ça. Soyez poli avec ma mère, dimanche.

Je devais parler littérature, dans ce billet, j'ai parlé de musique, de ma jeunesse, de blogs...

23 mai 2013

L'information politique en ligne... Des progrès ?


Après l'été, avec les copains blogueurs de gauche, on se posait beaucoup de questions sur ce qu'on pourrait faire pour résister dans les médias, face aux grosses machines de droite que sont Atlantico, Contrepoints, Fdesouche et Opposition Républicaine qui étaient très forts à l'époque. 

Mais est-ce bien utile ?

Vers novembre, nous avons massivement quitté un classement de blogs qui avait au moins l'intérêt de faire croire au médias que nous étions influents. 

Où en sommes-nous, depuis ?

Twitter a connu une nouvelle vague d'importance dans les médias qui n'arrêtent plus d'illustrer leurs émissions ou leurs articles. Ça fait mousser les Twittos entre eux et les journalistes auprès de leur hiérarchie mais une étude approfondie montrerait probablement qu'une majorité de la population trouve ça grotesque. 

On rigole bien néanmoins quand des personnalités politiques disent des grosses bêtises reprises par les médias. Il me semble d'ailleurs que la gauche est gagnante, non ? Il faut dire que face â Mmes Boutin et Morano, on a l'impression de jouer en division 2 de la bêtise. 

Vers janvier (à vue de nez), la presse en ligne a montré son ridicule, à part quelques sites spécialisés. Du moins, c'est à peu près depuis cette époque qu'elle me navre sincèrement. Elle mène, comme les Twittos, une chasse aux scoops, à la vitesse,... mais ne s'interroge pas sur l'intérêt d'apprendre la mort de Moustaki en direct. Pour ma part, j'étais content d'avoir l'information assez tôt pour torcher un billet de blog, mais j'aurai appris la nouvelle dans le Parisien de demain que ça n'aurait pas changé grand chose. 

Tiens ! Mes confrères blogueurs de gauche s'indignaient de l'hommage rendu par François Hollande, aujourd'hui, aux réformes du marché du travail en Allemagne il y a 10 ans. Il fallait s'agiter aujourd'hui ! Pourtant, Pépère avait dit la même chose lors de conférence de presse, ce que j'avais repris dans mon blog...

Pourquoi je dis ça ? 

La presse en ligne me semble ridicule. Je ne veux pas dire qu'elle fait un mauvais boulot : elle ne peut pas dépenser du pognon pour faire plaisir à des clowns qui veulent une information sans intérêt le plus rapidement possible pour le seul plaisir de la tweeter avant les autres. 

Je lisais une information du Huff Post à propos de Mme Michu et autres, tous ces militants qui gravitent autour de l'UMP et qui tentent de gagner par avance la bataille avec la majorité dans les réseaux sociaux. Ils sont persuadés que les élections de 2012 ont été gagnées par la gauche à cause des réseaux sociaux. 

Je ne vais pas dire le contraire : je faisais partie de l'équipe web dédiée mise en place par Hollande. Il n'empêche que j'ai un gros doute... C'était important de casser le moral des militants de droite. Ce n'est déjà pas mal, mais à part ça, heu...

Si j'ai bien compris, ces braves gens mettent en place une galaxie de comptes Twitter pour aller chercher les militants dans les quatre coins du web. Ils font ce qu'ils veulent. Ils peuvent dépenser de l'énergie pour rien ! Ils feraient mieux de faire les marchés et de donner des tracts aux militants. 

Si la bataille des réseaux sociaux avait lieu maintenant, il est probable que nous la gagnerions à nouveau. Les jeunes (pas moi, hein !) qui font le con sur le web collectivement, ça n'est pas un truc de droite. Nous ne tarderions pas à démonter leurs astuces et à faire de jolis billets de blog qui seraient repris par une presse en ligne qui n'a que ça à foutre. 

D'ailleurs, il me semble que la direction de l'UMP n'a pas approuvé la stratégie en question qui risque bien de les faire tourner au ridicule. Résultat probable : "la droite est complètement ringarde, a essayé de maîtriser l'information sur internet,..." 



Belle image ! 

En outre, je doute fortement que Twitter reste à la mode pour cet usage : balancer des analyses politiques à deux balles et 70 fois plus de caractères. Et surtout les lire... Je ne sais pas ce qui sera à la mode en 2017. Même d'ici six mois, pour les municipales, on pourrait voir d'autres trucs émerger, comme Tumblr. 

Et pendant ce temps là, les blogueurs - les producteurs de contenu - proche du PS ou des milieux réactionnaires resteront les seuls à proposer des informations, certes orientées, aux internautes. Il suffit de lire les blogs militants proches de l'UMP pour s'en rendre compte en ricanant bêtement. 

C'est à pleurer.

Pendant ce temps, la presse en ligne se cherche toujours un modèle économique. Ils font n'importe quoi pour occuper l'espace. On sait bien que dans quelques temps, les tablettes vont exploser et les applications se multiplier, mais, pour l'instant, elles n'ont rien de spécifique à proposer. 

Un journaliste sort un scoop ? Dans la demi-heure, il a fait le tour du web et est repris par tout le monde ! Ainsi, même l'information payante, sur le web, restera confinée à un cercle de fanatiques sachant déjà pour qui ils vont voter. 

En fait, l'électeur n'a pas la moindre envie d'aller chercher de l'information ailleurs. Il aura simplement l'impression de trouver de l'information en surfant sur Facebook. 

Et on n'est pas plus avancés...

Et l'éclatement de l'UMP, hein !, c'est pour quand ?

La question est posée : quand l’UMP va-t-elle éclater ? Vous me direz que ce n’est pas d’actualité. Je vous répondrais que si : c’est d’actualité depuis plus d’un an. Toujours est-il que je me la posais en commentaire d’un de mes billets avec un aimable commentateur à gros nez. La création de l’UMP fut une erreur. Elle n’a servi réellement qu’à la Présidentielle de 2007, quand ce parti avait enfin trouvé un chef incontesté.

Et 2002, andouille, me direz-vous ce à quoi je répondrai : polop. Ce brave Chirac n’a pas réussi à faire 20% au premier tour avec LE grand parti de droite ! Nous, à gauche, on ne fait pas les marioles, pour 2002, vous pensez bien. Mais maintenant qu’on a gagné l’élection, dix ans après, on peut ricaner bêtement : le score de celui qui allait être élu président de la République était aussi ridicule qu’en 1995.

Avec l’UMP, la droite traditionnelle a gagné une présidentielle par hasard et une autre bellement. On va lui accorder les européennes de 2009. Il n’empêche que, en cumulant, le PS et EELV avaient fait plus. Pour le reste, l’UMP a perdu toutes les élections depuis sa création.

L’UMP va-t-elle éclater ? Probablement pas. Ils n’en auront pas les couilles si je puis me permettre une exceptionnelle vulgarité dans ce blog. Pourtant, il est à peu près évident qu’ils auraient intérêt à le faire. Ils devraient même le faire aujourd’hui. Là, ce soir, à l’heure de l’apéro.

Ils se réunissent dans un bistro et déterminent une ligne de démarcation. Tiens ! Ceux qui ne veulent pas revenir sur le mariage pour tous, vous créez un nouveau parti. Ou alors, vous faites la même chose de l’autre côté : hop ! Vous voulez une alliance avec le FN, faites-le, mais en dehors. Je vais donner un conseil : foutez-vous sur la gueule maintenant et laissez les échelons locaux recoller les morceaux par des alliances sympathiques pour les municipales.

Prenons un exemple. Imaginons que le Modem soit à 6%, l’UDI à 12 et les deux moitiés de l’UMP à 14. Ceci est une hypothèse réaliste, vous ajoutez 15% pour le FN et ça nous fait 39% qui restent pour la gauche ce qui est peu mais ça lui apprendra à avoir gagné les dernières élections nationales et à assumer le bordel ambiant. Il sera plus facile pour le Modem et l’UDI de s’allier avec deux partis moyens plutôt qu’un gros. Je dis ça au hasard.

Regardons maintenant les prochaines échéances électorales. Rêvons un peu et disons que les principales composantes de la gauche seront assez unies. Nous avons donc : gauche à 40% (j’arrondis), droite pas FN à 35% et FN à 15%¨. Il reste 10% pour les autres : j’ai bon fond. Paf ! Des triangulaires ! La gauche gagne… Ce n’est pas si simple, l’élection est locale et tout ça. Il faudra compter les grandes villes, les moyennes... Toujours est-il que l’UMP pourrait bien prendre une claque.

Vous allez me dire que je suis très optimiste. Pas du tout. Il se trouve que Sarkofrance déprime : c’est à moi de faire youplaboum, ce soir, dans la hollandosphère. Je fais l’intérim, quoi…

Après, nous avons une nouvelle échéance électorale : les Européennes de 2014.

Les Européennes sont des élections à la con. On ne sait pas à quoi elles servent, on vote n’importe comment, si on vote. 1994 : le PS prend une baffe à cause d’une liste menée par Bernard Tapie. 14,5%. 1999 : le RPR canal historique prend une gifle à cause d’une liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. 2004 : l’UMP prend une torgnole « à cause » de l’UDF qui fait un joli score et du Mouvement pour la France qui s’en tire honorablement. 16,6%. 2009 : le PS prend une claque à cause d’EELV en pleine forme. 16,5%.

2014 ? Depuis 20 ans, lors de chacun des quatre scrutins, un des grands paris prend une torgnole. Dans trois fois sur 4, c’est celui qui a perdu les précédentes élections nationales..

Qui voit-on pour prendre massivement des voix au PS en 2014 ? Les Verts sont laminés (Cohn-Bendit se retire). Le Front de Gauche pourrait faire 16% mais le PS pourrait bien être aux alentours de 25%... L’UMP sera en concurrence avec l’UDI et le Front National… Hop 15% pour l’UMP, 16% pour l’UDI et 20% pour le FN… Et je suis extrêmement généreux : j’accorde 31% à l’UMP et l’UDI alors que le l’UMP a fait 28% la dernière fois. Il n’empêche que l’UMP se retrouverait derrière le PS, le Front de Gauche, l’UDI et le FN. Ca la foutrait mal, non ?

Trêve de plaisanterie : le FN pourrait bien faire beaucoup plus que ces 20%. Si je ne précise pas ça, je vais me faire engueuler par mes commentateurs réactionnaires. Il n’empêche que les Européennes n’ont jamais bien réussi au Front National, notamment les trois dernières (je ne sais pas s’ils ont déjà dépassé 11 ou 12%). La dernière fois, ils étaient à 6% et quelques brouettes. Cela semble logique : les électeurs sont contre l’Europe, ils ne vont pas aller voter pour… Et comme ça va de mal en pis, ils se déplacent moins…

Je dis ça au hasard. Je vous rappelle que j’ai une question en attente de réponse : quand l’UMP va-t-elle éclater ?

Hypothèse 1 : elle a déjà éclaté avec la création de l’UDI.
Hypothèse 2 : ce soir (disons, jusqu’à la fin de l’été).
Hypothèse 3 : après les municipales.
Hypothèse 4 : après les européennes.

Vous en pensez quoi ?

Mariage pour tous : le large consensus

Mon confrère Bembelly publie ce matin un sondage à propos du mariage pour tous. La question posée était de savoir si, en cas de retour de la droite au pouvoir, les gens souhaitaient qu'elle revienne sur la loi en question.

52% des sondés répondent non et 35% oui. 

La question a encore fait des vagues à l'UMP hier, en marge des municipales à Paris. Guillaume Peltier a eu un "avertissement" pour avoir critiqué la position de Mme NKM.

Ce que je retiens de ce sondage, c'est que seuls 24% des Français semblent résolument opposés à ce mariage alors que l'UMP communique sur une majorité. En fait, le débat n'a presque plus lieu d'être (tout débat est utile, quand même !). L'UMP déclarait encore récemment qu'ils reviendraient sur cette loi quand ils seront élus. N'est-ce pas une grossière erreur ?

22 mai 2013

Yeux bleus et marée brune

C’est chez mon copain FalconHill que je suis tombé sur des propos de Jean-Luc Mélenchon. J’avais commencé par engueuler le Faucon, parce que c’est un copain, mais les propos ont fini par résonner (et pas raisonner) dans ma tête. Méluche a dit, à l’occasion d’une interviewe par ailleurs fort sympathique : « Je ne peux pas survivre quand il y a que des blonds aux yeux bleus… c’est au-delà de mes forces ».

Je suis un blond aux yeux bleus. Certes, mes cheveux ont blanchi avec le poids des ans mais mes yeux restent bleus. Avec mon nez rouge et mes cheveux blancs, on en ferait un parfait drapeau Hollandais.

Il n’empêche que je me sens un peu discriminé pour des critères physiques. Il aurait pu dire qu’il aime la diversité ou un truc comme ça.

Puis, selon mon copain (et c’est parfaitement audible dans une vidéo dans un billet de blog mis en lien) : « il narre son arrivée en Normandie, où il fut "horrifié" par une population d’alcooliques et d’arriérés. »

Chouette idée qu’il a de la France, le Méluche. Surtout que je ne connais pas un seul ivrogne en Normandie (j’en connais plusieurs).

Ensuite, les blogueurs Front de Gauche vont nous demander de lutter avec eux contre le Front National. Je veux bien lutter contre le Front National, mais il faudrait peut-être commencer par éviter de me prendre pour un con et de mettre tous les Français dans le même panier.

Surtout quand on voit des blogueurs estampillé Front de Gauche défendre quelques personnalité suicidées mais néanmoins issues de l’extrême droite.

Vers une réforme du Conseil constitutionnel ?

Allons bon ! Le Groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale a proposé une modification de la Constitution. Quand j’ai vu ça (chez Authueil), mon sang n’a fait qu’un tour. J’aimerais bien que toutes ces braves gens se mettent d’accord d’abord. Il me semble que notre Constitution, c’est au Président de proposer des modifications. Encore que, à force de la modifier à tour de bras, on se demande bien à quoi elle sert !

S’il m’arrive de proposer des changements, dans ce blog ou dans l’annexe, c’est plus par exercice intellectuel et, surtout, parce que je pense qu’elle doit être complètement modifiée, simplifiée, …

Les députés socialistes veulent modifier le Conseil constitutionnel. En fait, ils veulent le remplacer par une « Cour constitutionnelle ».

Les modifications proposées sont : la fin des membres à vie (anciens présidents), le passage à 12 membres (les trois membres supplémentaires sont alors désignés par le Premier ministre, les neuf autres nominations restant réparties entre le Président de la République et ceux des deux chambres). Les nominations devraient être validées par des commissions parlementaires.

La nouvelle Cour serait composée de deux chambres de manière à faciliter le traitement de l’accroissement de dossiers traités avec les « Questions prioritaires de constitutionnalité ».

Vous pouvez lire Authueil, c’est son job et il connaît bien mieux le domaine que la plupart des blogueurs : on le reconnaît au fait qu’il porte des boutons de manchette et pas de cravate à chier.

Il n’empêche que je partage à peu près son avis (pour ce que j’en ai compris). Toujours est-il que je suis relativement attaché que la Constitution se situe bien au dessus de tout ce bastringue, un peu comme le Président qui est garant des institutions. Si le Conseil constitutionnel devient une Cour, il me semble que cela abaisse encore la Constitution.

C’est mal.

Elle devrait n’être qu’un machin pour dire comment s’orchestrent tous les bordels en dessous, notamment les dispositifs de création de la loi et de contrôle de l’action du Gouvernement.

C’est mal barré.

En outre, avec mon côté réactionnaire, j'ai horreur qu'on touche de vieilles institutions comme ça et ça fera des frais pour imprimer un nouveau papier à en-tête.

A part ça, ça m'amuserait de savoir s'ils font ça avec l'accord de François Hollande ou si c'est juste un truc pour exister... Pauvre PS...

25 et 26 mai : le festival de l'Oh!

Cette année, c'est le Danube qui est à l'honneur pour le Festival de l'Oh!, dans le Val-de-Marne. Tous les renseignements sont sur le site dédié.

Si tu es limité(e) dans tes déplacements, c’est à dire si tu n'utilises que les transports en commun, je te recommande évidemment l’escale de Paris (Quai de Bercy, face à la BNF).
On y a deux beaux projets :

Escale de Paris

  • Le premier est autrichien, c’est de la danse contemporaine. Willi Dorner et sa compagnie développent leur proposition « Fitting » selon deux modalités : en déambulation, au départ du Métro Quai de la Gare (samedi à 17h30, dimanche à 13h30), ou sur le site de l’escale, Quai de Bercy (samedi à 18h15, dimanche à 14h15)

  • Le second est un spectacle du Collectif Bonheur Intérieur brut, Montagne, qui s’interroge sur les mécanismes de la peur et du courage. Un très beau moment, qui a été sélectionné par le réseau Déambulation pour être diffusé sur de nombreux festivals cette année. Le festival de l'Oh! lui ouvre son bal. C'est escale de Paris, Quai de Bercy, samedi à 15h, dimanche à 17h.
Tant que tu es à l’escale de Paris, tu pourras aussi assister aux représentations des spectacles du Carnaval de l’Oh! (tu sais, ce sont des spectacles de 30 minutes, installés sur des péniches , et qui se donnent en représentation dans  les escales selon le fil de leur itinérance).

A Paris, tu auras la chance de voir MAI, (Cie Point Zéro), c’est de la danse contemporaine et du hip-hop (samedi à 17h), La nef des sorcières (Cies Quartet Buccal et Hip Tap Projet), c’est du chant et de la percussion corporelle (samedi à 19h), Concept Lavoir (Cie Massala), encore de la danse urbaine (dimanche à 16h30), ou encore Sonnettes de brume (Cie Zic Zazou), c’est de la musique jouée sur des instruments fabriqués avec des matériaux de bricolage (dimanche à 18h30).
Il y aura aussi une conférence par l’une grande connaisseuse des cultures tziganes et de la communauté Rom, Claire Auzias, le dimanche à 15h. C'est plus politique, mais ça en vaut la peine pour dépasser les clichés et la stigmatisation...
En prenant le temps, tu pourras t'organiser pour prendre une navette jusqu’à Maisons-Alfort, où il y a une escale assez bucolique sur l’île du Moulin brûlé. Tu y verras notamment une exposition de photographies monumentales du Hongrois Gabor Kasza, « Y ». Ca vaut vraiment le détour. Mais attention, la traversée est assez longue car il y a une écluse à franchir et, sauf si tu y es tôt, il peut y avoir une file d’attente…

Escale de Vitry

Si tu peux te déplacer en voiture, ou si le RER ne t'effraie pas, il y a, à Vitry-sur-Seine, près du Pont du Port à l’Anglais, une programmation assez affriolante, le samedi soir et le dimanche matin notamment. Perso, c'est mon choix...

Samedi, c’est l’occasion de grouper plein de choses qui s’annoncent à la fois variées et de qualité. En le prenant à partir de 16h30 (mais avant, il se passe déjà des choses intéressantes) :
  • 16h30 : De la musique classique, avec un ensemble baroque hongrois et roumain, Donau Taraf
  • 17h30 : un des spectacles du Carnaval de l’Oh!, la Nef des sorcières (Cies Quartet Buccal et Hip Tap Projet), c’est du chant et de la percussion corporelle
  • 18h : une Fanfare d’inspiration Tzigane, en déambulation (Cie Dromaludaire – ça, c’est la Ville qui organise, je ne me porte pas garant…)
  • 18h45 : encore un spectacle sur péniche, 32 Amp. En 380 V., du cirque contemporain
  • Et puis surtout en soirée, dès 20h, le Concert du Boban / Marko Markivic Orchestra, la fanfare serbe qui s’est illustrée dans la BO d’Underground, d’Emir Kusturica. Ca devrait être assez endiablé !
Dimanche,
  • les choses commenceront plus tôt le matin, avec à 10h30 une visite de l’exposition « Danube », commentée par les photographes
  • A 11h, le concert baroque hongrois et roumain du Donau Taraf
  • A 12h, une autre fanfare serbe pétillante, la Slobodan Salijevic Band
  • A 13h30, le Carnaval de l’Oh! avec encore Sonnettes de brume (Cie Zic Zazou), musique sur instruments en matériaux de bricolage (soit dit en passant, ce sont les derniers lauréats de l’émission de Nagy et Jean-François Zygel, la Grande Battle, avec un extrait de Carmen joué dans des cornes de brume en PVC)

Escale de Bonneuil

Si tu es audacieux(se), et qu’il te prend de t'aventurer jusqu’à la darse du port de Bonneuil, nous accueillons une installation plastique de la compagnie ukrainienne Barred, Le temps du vent, qui devrait être très chouette dans l’environnement semi-naturel et semi-industriel du Port. Une image forte en perspective !

Je te laisse découvrir ici le reste de la programmation de Bonneuil.

Escale d’Orly

Il y a autrement des moments assez chouettes prévus autour de la communauté Rom, notamment à l’escale d’Orly avec le cirque Romanes.

Un homme est mort

Dominique Venner s'est suicidé à Notre Dame, hier, à 78. C'était un gars d'extrême droite qui luttait contre le mariage pour tous et surtout contre l'immigration. Par son geste, il a sans doute voulu réveiller les troupes pour les inciter à poursuive le combat.

Par rapport à ce que l'on peut lire dans la presse, je ne rajouterai pas évidemment rien. En lisant quelques trucs, hier, j'ai beaucoup appris d'un monde qui m'est totalement étranger. Je croyais qu'il était catholique (ce qui est crétin de ma part, il s'est suicidé dans une cathédrale). On m'a expliqué que non, qu'il prônait plutôt un truc avant l'ère chrétienne. Un truc païen...

L'information est tombée à un moment où je n'étais pas sur le web. Dans Twitter, les réactions étaient confuses, entre ceux qui se moquaient de la mort d'un extrémiste et ceux qui étalaient leur absence de culture. Étrange. C'est justement par Twitter que j'ai appris ça. Je croyais qu'il s'était immolé dans la cathédrale. Il y a vraiment des types qui racontent n'importe quoi.

L'information faisait la une de la presse ce matin. J'ignore ce qui compte le plus : la personnalité de la personne, son geste,... Il aura réussi son coup mais aura été plus célèbre de sa mort que de son vivant.

Je vais changer de sujet, ou presque. Ayant appris l'information au bistro, j'en fais part à Tonnégrande et deux autres lascars qui passaient par là et pour des raisons qui m'échappent, la discussion a tourné sur la mort des personnalités politiques.

Le type à ma gauche nous alors dit que Léon Blum avait été assassiné ce à quoi j'ai répondu : "mais non connard, c'est Jaurès".

Un intellectuel est mort pour défendre sa cause, hier. Je ne sais pas s'il se rend compte à quel point les Français sont loin de tout ça.

Et les blogs ?

Le geste fort de Dominique Venner doit nous remettre en mémoire que l'extrême droite en France ne s'arrête pas au Front National et à Marine Le Pen. D'ailleurs, je vais arrêter de fréquenter Didier Goux (sauf dans les blogs, au comptoir et à table).

Je vois des blogueurs de droite qui se réfèrent à lui. Je vois des blogueurs de la gauche de la gauche lui rendre un hommage maladroit.

En 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, les blogueurs de gauche se nommaient entre eux « les vigilants ». Hier, je faisais un billet à propos de la lassitude des blogueurs de gauche et j’y disais qu’il nous restait un tas de sujets à traiter.

Continuons simplement à être vigilants.

A lire aussi chez Rosaelle et surtout chez Jean.