01 août 2014

L'euro, les erreurs et les horreurs

J’apprends grâce à Bembelly que le 1er août 2014 ne génère pas des hommages à vieilles gloires socialistes mais la fin du RIB… Néanmoins, quand je vois les illustrations qu’il donne pour expliquer ça, je me dis que la presse a encore diffusé des infographies pourries sans interroger les types qui bossent dans les moyens de paiement. Du coup, j’ai un rapide tour de la presse et je me rends compte qu’à force de vulgariser, elle en devient presque vulgaire.

Le RIB devient l’IBAN

Le RIB est à la fois le papier que vous donne votre banque (souvent quelques exemplaires sont présents dans les chéquiers) et surtout un identifiant (une série de caractères) qui sera utilisé pour identifier votre banque et votre compte.

L’IBAN est la même chose mais dans une norme européenne, c’est-à-dire commune à tous les pays de la zone euro et plus si affinité.

Pourquoi une norme européenne ? Parce que ce machin est utilisé dans des transactions financières électroniques : il faut que les ordinateurs des banques parlent le même langage pour se comprendre et il faut que tous les terminaux de paiement des commerçants de toute la zone.

Un peu d’histoire (récente)

Nos ancêtres ont dit : il faut une monnaie commune pour tous les pays de l’Europe (enfin presque tous, la question n’est pas là, je ne vais pas détailler toutes les conneries intermédiaires). Ils ont dit : on aura donc cette monnaie commune (ou unique, ne jouons pas sur les mots) et donc les mêmes billets et les mêmes pièces fonctionneront dans tous les pays (et il n’y aura « qu’une seule parité » avec les autres monnaies des méchants non européens)(il faut bien que je stigmatise un peu…).

La première étape, qu’on oublie trop souvent quand on lit des conneries sur l’Europe, a été le 1er janvier 1999 : l’Euro a été créé. On ne l’avait pas dans les poches mais la parité des monnaies des différents pays a été figée et la valeur de l’euro par rapport à elle définie : 1 euro valait 6,55957 francs… Ainsi, qu’on parlait (je dis « on » mais ce sont plutôt les ordinateurs des banques) dans une monnaie quelconque, on pouvait convertir dans la monnaie commune.

La deuxième étape a été l’introduction des pièces et des billets en euros, le 1er janvier 2002. Je ne vais pas en parler, mais ça a été au centre de mon boulot pendant un temps. On pouvait payer, enfin, avec cette monnaie et l’utiliser dans tous les pays de la zone. Elle a été complétée par la suppression de l’ancienne monnaie.

1992, 1999, 2002 : ça peut paraitre long mais le travail, au niveau de l’informatique, a été considérable (je parle de l’informatique parce que c’est mon domaine : n’oublions pas le reste, le cadre juridique, la transformation des machines qui gèrent les pièces et les billets, les caisses enregistreuses, la fabrication des pièces et billets,…).

Surtout, on pouvait payer d’un pays à l’autre avec nos pièces et nos billets, principal bénéfice visible pour le grand public… Et avec nos cartes bancaires. Mais ça, on le faisait déjà avant. Ca marchait toujours et c’était très bien. Ca fonctionnait parce qu’il y avait deux grands acteurs américains, Mastercard et Visa, qui offraient le service…

Mais le reste ? Nos virements, nos TIP, nos chèques et les machins utilisés dans les autres pays : zob, si je puis me permettre.

Il y avait encore des étapes à franchir…

Le SEPA

C’est : « L’Espace unique de paiement en euros, en anglais Single Euro Payments Area (SEPA), est un espace de paiement en euro unifié mis en place par les banques membres de l'EPC ou European Payments Council (Conseil européen des paiements) en réponse à la demande de la Commission européenne. »

Je résume. En gros, la Commission européenne a dit aux banques européennes : démerdez-vous, il faut que les moyens de paiement utilisés pour… les paiements en euros soient les mêmes dans tous les pays. Ses braves gens avec des gros cigares ont fait des tonnes de réunion, des rapports et tout ça (j’ai participé, nananère) pour étudier ce qui se faisait dans tous les pays et conservé ce qui se faisait de mieux dans chaque, puis pour normaliser tout ça.

Je me répète un peu mais nous sommes dans un monde libéral : ce n’est pas la Commission qui a fait tout le travail mais les banques, cadrées par des directives européennes.

Ils ont gardé la carte. Elle fonctionnait déjà partout, à peu près de la même manière mais j’y reviendrai. Elles en ont retenu deux autres : le virement et le prélèvement. A noté que le chèque est passé à l’as. Il était beaucoup utilisé en France mais pas nécessairement ailleurs. On dit souvent que le gouvernement veut tuer le chèque, ce n’est pas exactement cela. Comme il n’est plus aux normes, son coût de traitement est élevé, on peut difficilement lutter contre la fraude.

Par contre, un autre truc assez franchouillard a été retenu : le TIP ou Titre Interbancaire de Paiement, mais il a été mis aux normes européennes. C’est d’ailleurs ce qui inspire ce billet car les infographies de UFC Que Choisir diffusées par l’ami dans son blog sont à peu près fausses, notamment les deux dernières.

La dernière correspond parfaitement aux TIP et aux autorisations de prélèvement que l’on fait auprès de nos fournisseurs récurrents (opérateur téléphonique, EDF,…).

Je ne comprends pas l’erreur d’UFC ! L’infographie précédente ne correspond quasiment à rien, sauf à des trucs qui se passaient dans d’autres pays.

Je résume

Virement : vous demandez à votre banque de transférer une somme d’argent sur un autre compte.
Prélèvement : vous autorisez un tiers à effectuer un prélèvement sur votre compte.
Carte bancaire : vous savez très bien ce dont il s’agit, je voulais simplement rappeler les trois moyens de paiement scripturaux « universels » dans la zone euro.

Je n’ai pas tout dit sur la carte mais comme elle fonctionnait déjà, les banques se sont concentrées sur le virement et le prélèvement qui ont abouti à la création de l’IBAN pour identifier les banques et les comptes de manière unique. Par contre, il reste du boulot à faire pour normaliser le fonctionnement, toujours dans cette logique libérale : un commerçant doit pouvoir utiliser son terminal de paiement en passant par n’importe quel opérateur de son choix (en France, ils passent généralement par leur banque mais ça n’est pas le cas partout et ça n’est plus « obligatoire » en France). Ils doivent pouvoir mettre les opérateurs en concurrence.

Et il reste un problème, pour la carte : ce sont des acteurs américains, ceux que je citais, qui permettent l’interopérabilité entre ces opérateurs parce que les banques européennes n’ont pas réussi à mettre en œuvre une structure commune. Mastercard et Visa vont piquer du pognon aux banques européennes parce que la Commission n'a pas été assez dirigiste et a été trop libérale. C'est à mourir de rire.

12 ans après l’arrivée des pièces et des billets dans nos poches, 22 ans après la décision initiale, il reste des années de travail.

Sortie de l’euro

Certaines formations politiques laissent entrevoir une sortie franche de l’euro ou une modification du cadre de tout ce bazar, par exemple en créant des « sous-monnaies » nationales. Je ne parle pas du bazar financier qui pourrait en résulter de la sortie de l’euro.

Par contre, on peut facilement imaginer ce que ça coûterait, d’un strict point de vue technique, de recréer des monnaies nationales. Et le temps que cela mettrait… Sans doute plus de dix ans (avec la création de l’euro, il aura ainsi fallu à peu près 25 ans pour adapter les moyens techniques alors qu’il n’en a fallu que dix pour avoir les pièces et les billets).

Le prélèvement automatique que vous avez pour votre loyer ne fonctionnerait plus… puisque les tuyaux ne prévoient que de faire passer la monnaie unique.

(illustration piquée à l’article du Monde qui évoque le sujet).



31 juillet 2014

Le con du jour !


Selon Pierre Parrillo, éminent blogueur Sarkozyste, la mort du conseiller de François Hollande, Paul Jean-Ortiz, est suspecte. Ou du moins curieuse. 

Un assassin à la solde de qui tu sais aurait inoculé un vilain cancer pour le faire taire ? Que se passe-t-il dans la tête d'un blogueur Sarkozyste ?

Je dois reconnaître qu'il m'arrive de faire des tweets foireux mais j'ai la décence de les effacer quand on me le signale. Il explique dans les tweets suivants qu'il s'étonne qu'on ait pas été au courant du cancer du monsieur. Comme si ça nous regardait... 

On ne croit donc pas à sa version. Il a réellement été odieux. Normalement, ma rubrique "le con du jour" est dans mon annexe. Là, c'est trop. 

Je présente mes condoléances aux proches de Monsieur Paul-Ortiz. 

Et je vais le faire à la Ségo : je présente mes excuses au nom de la blogosphère politique, on ne peut pas tout maîtriser. Elle ne sort pas grandie, ce soir. 

Mon hommage à Jaurès [avant l'apéro]

Il est temps, pour nous, de rendre hommage à Jean Jaurès, mort il y a 100 ans aujourd’hui, dans un bistro, ce qui est un signe de la qualité du personnage tout comme le fait qu’il ait choisi le bistro où 100 plus tard, exactement, un autre président allait choisir d’y prendre un café. Un visionnaire, donc !

Jean Jaurès est né castrais, contrairement à son père sinon il ne serait pas né, comme une escalope. Il appartenait à une famille de petits bourgeois l’ayant éduqué pour lui permettre de devenir un fameux orateur socialiste.

Brillant élève, lauréat du concours général en latin ce qui lui permet d’avoir une page Wikipedia pour inspirer les blogueurs abrutis, il monta à Paris faire des études un peu plus sérieuses que celles que lui destinaient ses parents, ce qui lui fit terminer troisième à l’agrégation de philosophie derrière Lesbazeilles et Berson, excusez du peu, quand même, d’autant que ces derniers n’étaient pas destinés à une carrière d’égérie socialiste. Après il est devenu prof et s’est marié. On suppose alors qu’il s’emmerdait copieusement et avait envie de faire le con par ailleurs mais les historiens sont assez peu diserts à ce sujet.

Du coup, à 25 ans, il se fait élire député parmi les républicains opportunistes ou modérés qui sont en quelque sorte à gauche mais considérés comme à l’origine de la droite républicaine actuelle ce qui pourrait trouer le cul à certains aujourd’hui. Nous sommes tous jaurésiens et tout ça. Toujours est-il qu’il suivait généralement Jules Ferry. Il le suivait d’ailleurs tellement souvent qu’il put s’apercevoir de la légère claudication de ce dernier et faire ce jeu de mot terrible, à l’origine de sa célébrité : « Ferry boite ».

A l’élection suivante, il n’est pas réélu. Pour s’occuper, il passa un doctorat en lettres, ce qui nécessite de les connaitre toutes, les 26, sans compter les accentuées et tout ça. Pour ce faire, il a pondu en latin une thèse sur le socialisme ce qui ne nous rapproche pas des blogueurs de vrauche. Parallèlement, pour s’occuper, il se fait élire maire adjoint à Toulouse ce qui nous amène à la grève des mineurs à Carmaux puisqu’il avait en charge l’instruction à Toulouse.

Ainsi, les mineurs se mettent en grève pour une raison dont je n’ai strictement rien à cirer. L’Etat envoie l’armée au nom de la liberté de travail ! On dirait l’UMP actuelle… Je ne sais pas s’ils avaient une Nadine Morano à l’époque. De toute manière, ils n’avaient pas Twitter. Notre Jeannot qui écrit dans un canard où il soutient la grève avec Clemenceau et fustige la République qu’il accuse d’être aux mains du grand capital. Les grévistes finissent par gagner et disent à Jaurès : t’as qu’à être notre député socialiste indépendant. Et hop ! Le revoilà à la chambre et officiellement député socialiste.

Il milite pour un tas de trucs de gauche et se spécialise dans la défense des ouvriers et des viticulteurs ce qui explique pourquoi les communistes boivent du gros rouge maintenant.

A la fois suivante, il n’est pas réélu et en profite pour devenir le chef des socialos français.

En même temps, il y a l’affaire Dreyfus qui se pointe. Au début, Jaurès est persuadé qu’il est coupable et dit même que, s’il n’a pas été condamné à mort, c’est parce qu’il était juif. Comme quoi… Ensuite, il change d’avis et écrit J’accuse de Zola.

En 1904, très remonté, Jaurès crée L’Humanité où ne travaillent pas de journalistes mais des intellectuels ce qui a changé depuis. Il utilise ce machin pour militer et finit par créer la SFIO unifiant les différentes tendances des socialistes dans le pays, tel Hollande et Mitterrand, des années avant lui.

Pour les dix années suivantes, ses dix dernières, si je compte bien, il lutte pour la paix. En 1914, les élections sont un succès pour les socialistes mais à partir de juin et juillet, c’est à nouveau le bordel dans les Balkans. Pépère se fait assassiner par un crétin ce qui fait que la gauche s’est ralliée à l’union sacrée, favorable à la guerre. Point. Pointcarré, même.

Jaurès, athlète de l'idée, tomba sur l'arène en combattant le plus terrible fléau de l'humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l'homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte.


Et hop ! J’ai piqué le dernier paragraphe à mon pote Léon.

100 ans dans le peignoir

Il y a cent ans, Jean Jaurès était assassiné et Louis de Funès venait au monde mais il ne va pas beaucoup mieux maintenant. L’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, a voulu lui rendre hommage dans cette scène racontée par Médiapart.

« Le 4 mars, une escouade de policiers débarque dans les bureaux et au domicile de Me Herzog, à Paris et à Nice. Ils sont chargés d’exécuter les actes d’instruction des juges Patricia Simon et Claire Thépaut, qui enquêtent sur les liens troubles de Nicolas Sarkozy et de son avocat avec le haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. »

« Thierry Herzog était si sûr de sa stratégie téléphonique, digne d'un épisode de The Wire, que ce 4 mars, quand un enquêteur lui demande en pleine perquisition combien de téléphones il possède, il répond sans ciller : « Un seul. » L’enquêteur se permet d’insister, lui demandant s’il est vraiment certain de n’utiliser qu’une seule ligne. L’avocat est formel. Oui, une seule. C’est alors qu’un enquêteur tape le numéro de son téléphone secret, qu’il utilise avec “Paul Bismuth”, pensant ainsi tromper la vigilance des policiers. Une sonnerie retentit alors à quelques mètres de là. Le téléphone était caché dans un peignoir de l’avocat, suspendu dans sa salle de bains. »


Imaginez Louis de Funès dans la scène, jouant le rôle de l’avocat, est à mourir de rire.

30 juillet 2014

Transition énergétique : c'est parti ?

Depuis le début, je suis très perplexe sur la transition énergétique, non pas que je pense qu’elle ne soit pas souhaitable, au contraire, mais je suis persuadé que l’on partira dans le mauvais sens. Les annonces de Ségolène Royal (qui fait décidément beaucoup parler d’elle en cette période) sont l’occasion pour en faire une première analyse (sur la base de cet article).

500.000 logements rénovés chaque année d’ici à 2017

Non, je n’ai pas changé… Ce n’est pas à l’Etat d’aider les propriétaires. C’est mon côté très libéral et très de gauche…

7 millions de bornes de recharge pour les véhicules électriques

« Pour passer de quelques milliers de prises aujourd’hui à 7 millions de bornes de recharge en France, toutes les nouvelles constructions, qu’il s’agisse de bureaux, de commerces et de logements, devront être équipés de bornes pour recharger les véhicules électriques. »

A la limite, pourquoi pas ? Mais le gouvernement parle sans cesse de simplifier les normes, en voilà une nouvelle. Je préférerais que les normes soient concentrées sur la consommation d’énergie par ces constructions. En outre, faut-il que seuls les salariés qui bossent dans des bureaux neufs bénéficient de cette mesure ?

Des «chèques énergie» pour les foyers modestes

« Pour lutter contre la précarité énergétique, des aides seront accordées aux ménages les plus modestes sous la forme de «chèque énergie». Sans remettre en cause les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité, ces chèques devraient permettre aux ménages les plus modestes de rénover leur logement. […] »

Ça revient à la rénovation des logements, non ?  Heureux de savoir que les ménages les plus modestes sont propriétaires de leurs logements…

Soutenir les énergies renouvelables

« […] Réunis ce mardi par la ministre de l’Ecologie, les industriels des filières renouvelables ont été rassurés sur les aides qui leur seront accordées: les tarifs de rachat seront maintenus et des appels d’offre seront bientôt lancés pour l’éolien offshore et le solaire. »

Encore un truc qui va bénéficier principalement à ceux qui ont du pognon.

La production d’énergie plafonnée

« EDF reste maître de ses opérations mais la production globale d’énergie sera plafonnée par décret. Une manière d’obliger l’électricien à réduire la voilure lorsque de nouvelles capacités de production seront mises en service. Comprendre, un EPR ouvert contre une centrale vieillissante fermée. «Nous prenons en compte l’engagement présidentiel de fermer Fessenheim», a rappelé Ségolène Royal. »

C’est une aberration ! Le problème énergétique est mondial (on exporte de l’électricité, on en importe, bref, on se débrouille). Limiter la production alors qu’on fait une fixation sur la compétitivité des entreprises est délirants, surtout quand il s’agit d’une entreprise publique qui pourrait récupérer ainsi du pognon.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, François Hollande s’était engagé à fermer Fessenheim, il faut le faire. Mais cette mesure revient à conditionner la fermeture de centrales à la mise en exploitation d’autres… On n’est pas près d’atteindre les 50%...

Et aussi ?


Et alors ?

Le projet est lancé fin juillet : le projet de loi a le traitement médiatique qu’il mérite. Je viens d’aller voir cinq sites d’information (Google News, Le Monde, Le Parisien, Le Figaro et Libération). Aucun des cinq n’en fait de gros titres. Les trois premiers n’en parlent pas en page d’accueil. Le Figaro revient sur une interview d’Hervé Mariton qui critique la loi (pitoyablement comme peut le faire un type de l’opposition) et Libération fait un payer (réservé aux abonnés) sur « l’énergie » de Ségolène Royal.

Je suis très critique mais les écolos sont pour : le texte va donc dans le bon sens pour l’environnement (même si on peut trouver assez peu de personnes croyant à la baisse du nucléaire dans les proportions et délais promis par François Hollande).

Je suis très critique mais je ne propose rien.

CSA : rater l'occasion de se taire...

J’ai critiqué cette décision mais le CSA a refusé la diffusion gratuite sur la TNT de trois nouvelles chaînes, dont LCI. L’ami Grandludo relève que la droite critique cette décision alors que six des neuf membres du CSA ont été nommés par la droite. Le CSA a évidemment montré son indépendance avec cette décision, ce que souligne son patron dont je serai bien incapable d’écrire le nom sans me tromper.

Eric Ciotti a parlé de « motivations politiciennes d'une institution (le CSA, ndlr) très proche du pouvoir ». Un député UMP parle d’une « décision politique scandaleuse » et dit qu’Olivier Schrameck est aux ordres. Tiens ! J’ai réussi à l’écrire.  Le secrétaire général de l’UMP en charge des médias a dit que BFMTV a fait pression sur le gouvernement pour obtenir cette décision.

D’ailleurs, le Parti de Gauche, toujours lui, fidèle à sa volonté de taper sur le gouvernement, en la personne de Raquel Garrido se demande : « Et si le gouvernement avait joué avec LCI pour que BFM baisse d'un ton? »

C’est évidemment grotesque. Le CSA aurait autorisé la diffusion de LCI en gratuit, les mêmes auraient critiqué la décision en disant qu’elle est politique et vise à faire de la concurrence à BFM TV qui est très critique envers le gouvernement, notamment certains chroniqueurs !  D’ailleurs, il me semble que BFM TV emploie Guillaume Peltier.

A noter que plusieurs députés socialistes ont également critiqué cette décision, sans y voir d’intervention politique. Tout le monde la critiquant, cette mesure est vraisemblablement bonne. Pour ma part, je la critique pour une autre raison : à l’heure d’internet, c’est délirant d’interdire la diffusion d’un truc sur un média alors qu’il pourra l’être gratuitement ailleurs…

A noter qu’à l’heure où je parle, cette information fait toujours la une de Google News ce qui laisse penser d’ailleurs qu’un renouvellement des médias en questions serait le bienvenu : l’information essentielle de la journée est, selon eux, qu’il n’y aura pas de changement…

Le premier article est au sujet des syndicats qui dénoncent la décision : « Le CSA porte la lourde responsabilité des conséquences sociales catastrophiques qu'il va déclencher pour les salariés de LCI. » J’adore quand un groupe de syndicats critique les organismes nationaux de régulation des machins privés. Comme s’ils marchaient sur la tête.  La société des journalistes de TF1 refuse « qu'une autorité administrative indépendante fonde des choix aussi lourds de conséquence sur le droit à l'information en se basant uniquement sur des critères économiques. » Je suis d’accord.

Il n’empêche qu’en cas de décision inverse, les journalistes de BFM TV auraient pu déclarer la même chose.

Ainsi, Nonce Paolini a annoncé la fermeture de la chaîne à la fin de l’année, mettant la décision sur le dos du CSA qui sera responsable de la mise au chômage de 250 personnes. Il va bientôt nous expliquer que des mauvais choix de TF1 n’y sont pour rien… Je lui rappelle que son groupe emploie plus de 3400 personnes et, malgré les difficultés de LCI, a réalisé près de 140 millions de bénéfices en 2012.


Toujours est-il que beaucoup de commentateurs ont encore manqué l’occasion de la fermer, notamment au Parti de Gauche et à l’UMP.

29 juillet 2014

Partisans, vous nous faites chier !




Deux tweets ! Seulement deux. 

Ségolène Royal et les autoroutes régionales

Les attaques contre Ségolène Royal suite à l’annulation du projet d’autoroute A831 sont inacceptables, surtout dans leur forme. Des commentateurs à mon dernier billet sur le sujet m’ont apporté des informations qui me confortent dans mon opinion initiale qui avait pourtant changé ce week-end : cette autoroute ne doit pas être faite mais il faut améliorer la circulation sur les routes actuelles, notamment par le contournement de Marrans.

Toujours est-il que, comme pour Notre-Dame-des-Landes, cette route m’a toujours intéressé, ayant habité des années en Bretagne et y retournant souvent : une autoroute reliant Nantes à l’axe Paris Bordeaux est la seule solution pour relier la Bretagne au sud-ouest de la France.

Ségolène Royal a déclaré : « Ce n’est pas réaliste de mettre 900 millions d’euros dans 60 km (...) On ne va pas refaire Notre-Dame des Landes dans le Marais Poitevin! Notre-Dame des Landes aussi, ça a été décidé sur des études qui dataient d’il y a plus de 10 ans, et là, on recommence ? » C’est très drôle surtout que Notre-Dame-des-Landes est à l’étude depuis plus de 50 ans…

L’autoroute, au sud de Nantes, existe : c’est l’A83 qui débouche sur l’A10 au nord-ouest de Niort. Tiens ! Je vais vous pondre une carte, aidé par Google Maps. En rose, je « sous-ligne » l’A10, en vert, l’A83. C’est parce que mon PC est passé en Windows 7 que j’arrive à vous pondre des belles cartes comme ça. On le voit à peu près clairement : elle ne sert pas à grand-chose, elle ne passe même pas par Niort. On va dire qu’elle rend service aux gens qui ont envie de faire Nantes Niort mais fait un gros détour pour Nantes-Poitiers. En marron, je propose des alternatives qui auraient quand même été plus chouettes, non ? D’ailleurs la ligne en marron la plus à gauche, correspond un peu au tracé prévu pour l’A831. Le tracé marron le plus à droite est d’ailleurs, en gros, ce qui avait été retenu à l’origine.

Ségolène Royal nous parle de 10 ans. L’autoroute A83 a une page Wikipedia. Ce qui prouve au moins qu’il y a, en France, des gens qui ont le temps de faire des pages Wikipedia au sujet des autoroutes. Vous me direz, je suis bien en train de faire un billet de blog… Avec des jolies cartes. Tiens ! Je vous mets en bleu l’autoroute A87, qui fait Angers – La Roche-sur-Yon et en rouge, celle qui fait Nantes-Le Mans, via Angers. Tant qu’on y est, on pourrait faire une autoroute Nantes-Poitiers et une autre Niort-Angers.

Bon ! Un peu de sérieux ! Le machin grossièrement hachuré en mauve représente globalement la surface du Marrais Poitevins. Je l’ai fait à la main, comme un grand, en découvrant Paint sur Windows 7. Ne chipotez pas.

La page Wikipedia est très intéressante. « L'A83 ne fut inaugurée en sa totalité qu'en 2001 avec l'ouverture entre Oulmes et Niort. L'inauguration de cette dernière partie du tracé de l'A83 mit fin à une longue polémique débutée en 1987. À l'origine, l'A83 devait rejoindre l’A10 en contournant Niort par le sud et en passant près de Coulon et de Magné. Ce tracé était plus direct entre Nantes et Bordeaux. » Nous y voilà, à mon autoroute marron de droite.

« Finalement, en 1992, le tracé contournant Niort par le nord (plus long) fut choisi, décision rejoignant l'opinion de certains milieux économiques du département des Deux-Sèvres qui voyaient dans cette option une meilleure desserte du département. » Nous y voilà : ce sont les milieux économiques du département qui choisisse les routes à vocation nationale… Du département d’où était élue qui ?

« Les 34,4 derniers kilomètres entre Oulmes et Niort furent inaugurés par Ségolène Royal en 2001. Ségolène Royal, alors député des Deux-Sèvres [et ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées], avait d'ailleurs dû se battre contre certains élus locaux et les services de l'équipement pour que le Marais poitevin soit épargné. Elle avait alors sollicité l'arbitrage du président François Mitterrand. »

Au moins, elle a une certaine constance…

Vous noterez néanmoins que si les décideurs de l’époque avaient choisi mon tracé marron de gauche, on n’aurait pas traversé les Deux-Sèvres (entourées en gris, sur ma carte, qui commence à devenir un tantinet chargée surtout que dans l’intervalle, j’ai mis la rocade de Nantes en orange mais je ne sais plus pourquoi. Ah si ! Je me rappelle… C’est pour donner un sens au point noir).

(Discrètement, j’en profite pour entourer Chinon en blanc parce que ça me donne soif).

Le point noir ? Oui, le point noir. C’est en gros l’emplacement de l’aéroport de Nantes-Atlantique, celui que l’on voudrait déplacer pour mettre au nord de Nantes.

Arrêtons de déconner avec des bavures de couleur et commençons à médire. Avec des pointillés gris. En dessous des pointillés gris, c’est la circonscription de Melles d’où vient Ségolène Royal, avant de devenir présidente de région. L’autoroute verte est parfaite pour que les braves habitants puissent aller à Nantes, y compris à l’aéroport. Tiens ! En espèces de mauve bleu, à gauche, j’entoure la ville de La Rochelle, justement où elle n’a pas été élu, la dernière fois. Elle se trouve dans un désert d’autoroute. L’autoroute verte dessert par contre très bien également le centre de la région dont elle assurait la Présidence.

Peut-être arriverons à démontrer que la meilleure solution serait de poursuivre l’A87 (la bleue) jusqu’à la Tranche-sur-Mer et de faire un pont jusqu’à l’Île de Ré pour desservir la Rochelle sans traverser le Marais-Poitevin. J’espère que Manuel Valls réussira à retenir mon hypothèse quand il rendra ses arbitrages, ne serait-ce que pour nous permettre de rigoler dans les blogs.

Peut-être que quand la décision a été prise de poursuivre la verte au nord-est de Niort, aurait-il fallu s’intéresser des intérêts des infrastructures nationales (données en concession à des boites privées) et construire des belles routes pour rejoindre Niort et La Rochelle à partir de Fontenay et pas nécessairement une autoroute certainement très utiles aux industriels du coin.

La page Wikipédia de l’autoroute a oublié de dire que Mme Royal était ministre de l’environnement au moment où la décision relative à la fin de l’A83 a été prise.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : on ne peut pas faire traverser le Marais Poitevin par une autoroute. Les propos tenus contre Mme Royal par les élus locaux, notamment par le président du Conseil général de Vendée Bruno Retailleau, sont inacceptables.



Nullité ambiante

« Comment se détester dans les réseaux sociaux ? » est le titre du billet de Sarkofrance. Comme il parle de moi à deux reprises, je vais lui répondre. Tout d’abord, je ne déteste personne et je zappe systématiquement quand je suis agressé, non sans avoir prodigieusement insulté, si cela le mérite.  Les blogs et les réseaux sont un loisir. Mon blog politique est mon espace personnel. Point. Je compare souvent les blogs avec un bistro mais c’est tout à fait ça. Le bistro est ouvert à tous mais si un type ne plait pas au taulier, il peut le virer, le rendre tricard.

L’ami Juan a oublié quelques détails. Par exemple, nous sommes en plein conflit Palestinien, les gens viennent à s’engueuler naturellement et finissent par tenir des propos insupportables qui frisent le racisme et l’antisémitisme ce qui fait qu’on en arrive à se justifier en permanence dans un truc qui nous échappe. Par exemple, si je dis que « ah c’est moche le Hamas de faire des boucliers humains », il y a toujours un type qui va dire que je soutiens Israël. Ce n’est pas vrai, je ne soutiens personne.

Un autre détail est le désastre de la vie politique actuelle que l’on voudrait sans cesse repousser sur les autres.  C’est pourtant bien simple : l’UMP est nulle, l’UDI est nulle, le Modem est nulle, la gauche de gouvernement et les verts sont nuls et les composants du Front de Gauche sont nuls. L’autre jour, je parlais de Jean-Luc Mélenchon. Il explique que les ouvriers votent pour le Front National à cause du Parti Socialiste. Il oublie de se poser la responsabilité de sa propre formation politique.

Quant aux blogs, ils tournent en rond. Pour ma part, j’ai fait hier un billet à propos d’une autoroute, des transports collectifs et des transports individuels (c’est le hasard si les trois sujets tournent autour des transports, je le jure !). Ils n’ont pas été lus. Mon récent billet le plus lu est où je citais les commentaires antisémites chez Sarkofrance.

La presse : nulle pour la plupart. Regardez le Parisien qui annonçait l’ouverture d’une nouvelle enquête sur Sarko par le parquet. Paf ! Démenti du parquet mettant le Parisien au tapis.

Le gouvernement et le président : de pire en pire. Qu’est-ce qu’ils vont allez nous balancer Mosco à Bruxelles alors qu’ils n’en veulent pas et qu’il n’a pas bonne presse chez nous ?

Les réseaux sociaux de la vraie gauche ? De pire en pire. Je voyais des lascars qui défendaient les rentes des pharmaciens que le gouvernement essaie de supprimer pour le seul motif de lutter contre le gouvernement.

Les réseaux sociaux de la vraie droite ? Toujours aussi mauvais.

Il n’y a rien à faire.


Mais on le fait bien.

28 juillet 2014

A831 : ça Marrans pas

Je dois reconnaître que je ne connaissais pas le projet d’autoroute A831 qui doit relier Fontenay-Le-Comte à Rochefort et que j’ai appris son existence par une dépêche annonçant que Ségolène Royal l’avait arrêté, ce qui a provoqué, depuis, la colère des élus du coin, de droite comme de gauche.

Pourtant, tous les types qui ont parfois le trajet « Nantes-La Rochelle » à faire pourrait confirmer son utilité tant cette route est chiante, notamment du côté de Marrans célèbre pour sa traversée. Pour ceux qui ne connaissent pas trop le coin, il faut savoir que La Rochelle et donc l’Ile de Ré n’ont aucune route à deux fois deux voies à moins d’une cinquantaine de kilomètre vers l’est (donc vers l’autoroute « Paris Bordeaux » et vers le nord ou le nord-est (donc vers l’autoroute qui relie Nantes à cette axe « Paris Bordeaux », à Niort). Cette mise aux normes autoroutières est attendue par tous les habitants du coin et donc tous ceux qui viennent parfois les voir, ce qui est mon cas, ayant de la famille à La Rochelle. Elle est aussi attendue par les habitants dont les communes sont traversées par des routes extrêmement fréquentées, comme ceux de Marrans.

Toutefois, je pensais que les travaux ne pourront pas se faire, une nouvelle autoroute devant traverser le Marais Poitevin. Je n’y pensais donc pas.

Je comprends la colère des élus locaux parce que les études environnementales ont montré les dégâts seraient presque nuls. Ne m’en demandez pas plus, je ne connais pas le dossier, contrairement à celui de Notre-Dame-des-Landes que j’ai bien étudié à une époque.

Toujours est-il que je viens de faire une recherche d’argumentaires et on se trouve un peu dans le même cas de figure de NDDL même si on a beaucoup moins de littérature.

Par exemple, je suis tombé sur un blog des écolos du coin qui expliquaient que l’autoroute ne servait à rien ce qui est une hérésie quand on est passé au moins une fois dans le coin et qui arrivaient à le démontrer de manière grossière, avec des photos de l’autoroute au sud (celle qui relie Rochefort à Saintes, donc à l’axe « Paris Bordeaux ») à un moment où elle est presque vide.

Par contre, comme pour NDDL, les arguments importants, ceux liés à l’environnement, ne sont pas évoqués.

Etrange…

N.B. : Je précise aux trolls que :
1. je ne pensais pas cette autoroute était possible donc je ne la défends pas, sauf du point de vue de son utilité,
2. je ne ferai pas de billet sur le thème « quelle mouche a piqué Ségolène Royal ? », la presse s’amusant assez avec ce dossier.