11 septembre 2013

On fait comment, sans internet ?

Une brève dans le Parisien fait beaucoup parler au bistro. La mairie de Paris va progressivement supprimer les horodateurs au profit d'un système par SMS et des applications sur le web. Les automates et "l'amélioration des processus" étant un peu mon job, je défends cette mesure. 

Ou presque... Un truc me dérange : la possibilité pour big brother de savoir où on se trouve. 

Il n'empêche que les clients du bistro n'ont pas internet et se demandent comment ils vont pouvoir régler leur stationnement à Paris. 

Et alors que je défendais la mesure en essayant de présenter des solutions alternatives, le boulot, quoi !, ils ont commencé à me présenter des cas où internet est indispensable...

Je connaissais des cas particuliers : l'iPhone du patron de l'Aéro est enregistré à mon nom puisqu'il n'avait pas d'adresse mail quand il l'a acheté...

Une des clientes me citait un achat qu'elle avait fait. Pour la garantie, il fallait qu'elle fournisse une adresse mail (elle n'avait qu'une adresse professionnelle). 

Alors qu'internet est dans nos usages quotidiens, une partie de la population est complètement absente. 

Et je ne vois pas au nom de quoi nous les forcerions. 

20 commentaires:

  1. Effectivement, il y a des gens sans internet. Dans ma campagne, nous étions jusqu'à récemment les seuls du hameau à être connectés. Depuis, les voisins ont installé internet. Anecdote : l'un de nos voisins avait besoin d'un conseil et mon époux s'était engagé à le lui donner mais il fallait faire quelques recherches avant :
    - je t'envoie un email quand j'ai trouvé?
    - euh non, tu me remettra la note quand on se verra. Je suis pas sûr de bien encore comment ça marche, ce truc d'internet.
    Il ne suffit pas d'avoir le net, encore faut-il savoir s'en servir.

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    1. Ah ! On commente nos blogs respectifs exactement en même temps ! Par contre je ne sais pas quoi répondre. Il y a eu un gros loupé il y a dix ans. Ma mère qui est encore plus vieille que moi n'a pas de problème pour avoir confiance en Internet mais une partie de la population est passée à côté. Et pas seulement des personnes âgées.

      Quand je vois des gens de mon âge (47, je précise c'est important : je crois que la fracture concerne des gens qui ont un peu plus que moi mais pas beaucoup) ont peur des réseaux sociaux, ça me fait... peur.

      Ça me rappelle une collègue (même âge) qui ne voulait pas que sa fille (14 ans) aille sur Facebook parce qu'elle ne connaissait pas.

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  2. Merci à vous de rester ouvert à d'autres points de vue que le vôtre !
    Je partage pour une grande part ce que disait sophie horloge ; j'ai un peu la même chose dans mon entourage .... sauf que c'est moi qui passe pour la "spécialiste" de service (moi qui ne suis pas geek pour deux ronds, ne sais même pas tweeter par exemple, ne suis sur aucun réseaux sociaux, n'ai pas de blog, ne peux commenter que sur des blogs qui acceptent un statut "nom/url" grâce au fait qu'ayant été et étant toujours anti-sarkosiste, je mets l'url d'un forum où je suis membre actif, super-actif et intéressant d'ailleurs le forum, dommage que les effectifs aient chuté ... enfin bon passons, ce n'est pas le sujet !)
    Alors c'est clair, ce genre de systèmes, sensés faciliter la vie, simplifier les processus, si ça oblige à se coltiner des entraves qui ne nous sont pas naturelles, à se fabriquer des compétences dont on se passe très bien, ben je trouve que ça a un côté dictatorial !
    Et je ne comprends pas bien, en fait, quand vous écrivez "ça me fait... peur"......
    Question âge, j'en ai 53. Je combas un peu mes peurs (la preuve, j'écris ici) mais ce n'est pas franchement naturel. Vu que je ne maitrise pas, je n'aime pas bien tous les traçages possibles, toussa, toussa... Quant à mon entourage, c'est moi qui sert d'intermédiaire pour qu'ils aient une adresse courriel pour raisons administratives, ou que leurs enfants viennent chez moi pour consulter l'internet de leurs établissements scolaires.... C'est déjà énorme pour eux ! La peur à combattre est déjà forte, alors la suppression des horodateurs avec paiement "physique", et autres joyeusetés ... c'est carrément violent !
    Et franchement ça réveille ma propre parano !
    On me met une puce RFID, comme à mon chien, et c'est directement lié à mon compte en banque, et à tous les endroits où je dois payer quelque chose aussi, et c'est super pratique .... ET ??????

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    1. Merci pour votre commentaire. Je ne sais pas quoi répondre à part le fait que je sens une fracture autour de 50 ans, peut être un peu moins mais ça se jour à peu.

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  3. J'ai longtemps été relativement pionnier, premier ordi début 1983, premiers pas Internet 1995, et maintenant les réseaux dits "sociaux" ne me plaisent pas. Trop de traçabilité, trop de vie privée étalée à tous les yeux par des imprudents. D'où mon refus de Google+, de FB...

    Mais aussi, combien de fois a-t-il fallu sortir des compétences que parfois on possède mal, pour dépanner voisins et amis ! En un sens, on peut les remercier, car cela oblige à aller plus loin dans une direction que l'on avait négligée.

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    1. Oui. Il y en a qui ont eu de la chance de s'y lettre très tôt !

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  4. certes on n'a pas à les forcer.Mais on peut aller plus loin; pourquoi forcer à un domicile, un téléphone?

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    1. Ça fait des millénaires que les gens ont des domiciles et peu de gens sont nés avant le développement du téléphone.

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    2. On ne "force" personne à avoir un domicile ! Faut pas metttre les choses à l'envers : le domicile, ce n'est pas une obligation, c'est un droit attaché à la personne : Cf. le code civil.
      C'est aussi un droit social que fondent les objectifs constitutionnels, notamment ceux qu'énonce le §10 du préambule de la Constitution de 1946,partie de notre bloc de constitutionnalité. Ce texte proclame que l'Etat doit à toute personne sur le territoire, les conditions de son épanouisssement. Peut-on s'épanouir si on est SDF ?
      Quant au téléphone : j'estime pour ma part que c'est un droit aussi : pouvoir dire "T.où " ce n'est pas un luxe : l'être humain est un être social; les avancées technologiques doivent bénéficier à tous.
      On peut mettre des limites : je suis de ces fous-là. Je pars souvent sans mon mobile : j'M pas qu'on me flique. Mais j'ai un tel. satellitaire en montagne. J'ai mon mobile quand je pars courir n'importe où à une heure indue : ma sécurité, je la dois à mes proches qui m'aiment et seraient désemparés si je ne prenais pas soin de moi.
      L'Etat nous doit un approfondissement de la conciliation délicate entre la sécurité des citoyens et le respect des libertés publiques.
      Tout le reste me parait verbiage.
      Amitiés

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    3. On est d'accord pour ce qui concerne ta réponse â Romain mais finalement, vous êtes tous les deux hors sujet. Je vais donc répondre un peu par l'absurde : l'Etat n'oblige pas d'avoir un domicile ou un téléphone pour garer sa voiture. Il (ou les collectivités locales) sont en train d'oublier d'avoir un téléphone ET internet pour garer sa voiture. Et c'est presque une première. J'espère que le Conseil d'Etat mettra une fin à tout ça.

      Bossant dans les cartes bancaires, c'est un domaine que je connais bien vu que j'ai travaillé sur le sujet : les horodateurs. Quand les collectivités ont commencé à supprimer ceux à pièces (pour des raisons de coût du système, des agents étaient obligés de faire le tour pour récupérer l'argent et il y avait des vols), ils voulaient imposer le paiement par porte-monnaie électronique. L'Etat (je ne sais quelle instance) les a empêchées. Et heureusement. Elles ont donc vendu des cartes prépayées par l'intermédiaire des buralistes.

      Les automobilistes avaient donc le choix entre plusieurs modes de paiement. Trois : un porte monnaie anonyme, un porte monnaie pas anonyme et une carte prépayée.

      Avec les nouveaux machins, il n'y a pas le choix : le paiement ne peut plus être anonyme et il faut un mobile et un compte internet.

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    4. J'avais oublié de répondre à ça. Je pense que c'est pour inciter les gens à ne pas prendre leur bagnole et à ouvrir un compte "auto-lib" pour le cas où ils auraient vraiment besoin de transporter leur BB ou leur grand-mère, ponctuellement.

      Sur le procédé : ça pourrait ne pas être gentil pour les gens qui souffrent de la réelle "fracture numérique" ... mais en fait, ces souffrants là n'ont pas de bagnole non plus.

      Ceux qui font suer les autres, dans Paris, sont ceux qui, plein aux as, ne regardent pas à la dépense, ni de bagnole, ni d'essence, ni de parking.J'en connais dans mon quartier qui prennent la bagnole pour acheter une baguette !

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    5. Les justifications sont toujours louables...

      Par contre, tu confonds le niveau de souffrance avec le niveau, heu... On peut avoir du pognon et pas avoir l'envie ou les capacipés d'accéder à internet.

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    6. "les gens qui souffrent de la réelle "fracture numérique" ... mais en fait, ces souffrants là n'ont pas de bagnole non plus"

      Complètement idiot.
      (et ils ont un frigo et un ascenseur?)

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  5. Perso, je n'ai pas de portable ni de machin mobile pour aller sur Internet, je serais embêté si je devais me garer... Du coup, l'idéal serait que la solution traditionnelle des horodateurs coexiste avec la solution envisagée.

    Sait-on quel est le pourcentage de la population française qui est effectivement équipé d'au moins un des deux trucs (accès au Web, téléphone portable)?

    On peut aussi se demander si une telle mesure ne vise pas simplement à réduire à zéro les coûts d'entretien des horodateurs.

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    1. Réduire le coût des horodateurs est une excellente idée : c'est l'argent public qui est utilisé...

      Pour le reste, on se pose les mêmes questions.

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  6. Je vais tout mettre sur le nom de ma maman 86 ans et qui n'a jamais même essayé de taper sur un clavier

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    1. Tu n'as qu'à taper dessus avec ton clavier.

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  7. Je ne dois pas avoir de chance, mais il m'est arrivé d'avoir des pannes d' Internet de plusieurs jours: suis-je le seul? Seb Musset nous racontait récemment qu'il a été successivement privé d' Internet une fois 55 jours, une autre fois 33 (mais ça continue...): alors, comment on fera, lorsqu'on n'a pas d'IPhone (dont je n'ai pas besoin, et la plupart des retraités non plus)?

    Autrefois, pendant les pannes, j'allais voir mes mails dans des bistrots Internet, mais ils sont évidemment appelés à disparaître; restent les copains, mais tout le monde n'en a pas à la campagne (vous me direz que le stationnement payant, dans les campagnes, c'est plutôt rare...)

    Pas très convaincu, par cette histoire de coupure générationnelle: tous mes copains de mon âge (75) ont Internet, et certains sont complètement accro (c'est d'ailleurs triste, de voir des gens cultivés qui passent leurs journées à lire des conneries); par contre, je n'irai jamais sur Facebook, parce qu'un truc dont on n'a pas le droit de se désinscrire, ça me choque.

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    1. Elie, je ne parle pas des "personnes âgées" mais de gens de plus de 45 ou 50 ans (j'en ai 47), âge que je fixe arbitrairement (par observation de collègues de bureau). Je suis un cas à part puisque je baigne dans l'informatique depuis que j'avais 13 ans, grâce à mon père. Mais on pourrait rechercher des études, j'en publie tous les mois je juillet sur mon blog geek.

      Il y a un tas de gens qu'y n'ont pas accès à internet et qui n'en veulent pas...

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