03 octobre 2013

Face au Front National, ne pas s'égarer à gauche

« Quand la gauche s’égare » est le titre du billet de Julien Dray, aujourd’hui. Rien qu’en voyant le titre, je savais que j’allais probablement être d’accord avec lui. Par exemple, à propos du débat sur les Roms, « Poser des « marqueurs de gauche » en flattant sa conscience avec son indignation n’a jamais fait une politique cohérente, ni d’ailleurs contribué au succès de la gauche dans son ensemble. » Il a raison.

Il ajoute : « On ne peut compenser la faiblesse de son propre parti par une contestation frontale et médiatisée de l’action d’un autre Ministre. » Il a aussi parfaitement raison. Je ne sais pas si Cécile Duflot se rend compte du ridicule qu’elle fait courir au gouvernement. Ce matin, je devais faire un billet (mais je n’ai pas eu le temps) à propos de la nouvelle procédure pour les ministres pour pouvoir répondre aux sollicitations de la presse. Je suppose que les lascars de Matignon ont bien réfléchi : il n’empêche que ce qu’ils ont mis en place est ridicule. Mais de toute manière, les propos de Cécile Duflot ne pouvaient générer qu’une réponse ridicule. Mais je m’égare, tout comme la gauche.

Dans son billet d’hier, Suzanne parle du discours du Front National à propos de l’Education Nationale. Elle constate : « Le discours de Marine Le Pen est, grosso modo, un discours de gauche qu'une énorme majorité d'enseignants soulagés  applaudirait s'il émanait de leur ministre. » Je vous invite à lire son billet et les liens qu’elle propose pour vous rendre compte du discours du Front National.

La gauche s’égare. Poser des « marqueurs de gauche » à l’école risque de foutre en l’air cette école mais aussi de faire fuir les électeurs traditionnellement à gauche. Il y a actuellement un débat sur les rythmes scolaires qui ne m’intéresse pas spécialement mais il me semble qu’il y a plus important pour l’école. Lisez le discours de Marine Le Pen en pensant que c’est un candidat de gauche qui le tient et vous serez conquis.

Julien Dray continue avec les grandes surfaces. On (y compris moi) avons tendance à confondre les sujets. Par exemple, on parle de Séphora comme des grandes surfaces de bricolages alors que les questions posées ne sont pas les mêmes. On ne peut pas traiter un magasin des Champs Elysées comme tous les autres commerces de France. Ensuite, Juju tiens des propos similaires aux miens. Se promener dans une grande surface de bricolage ne peut pas être un idéal de société.


Pendant que l’on s’occupe de ses conneries, on ne va pas au bistro et on se trompe de combat. « En France, le cas du Front National sert, régulièrement, à épouvanter le chaland et camoufle l’ampleur du problème qui celui de notre société. Or, il faut comprendre les dynamiques sociales et idéologiques profondes qui traversent notre pays et cesser d’être obsédé par le seul FN. La droite parlementaire montre fréquemment qu’elle est déboussolée au point de s’extrémiser et laisse la France dans un état d’incertitude quant à la solidité de la concorde républicaine. »

Il faut une ligne politique ferme et cesser les petites phrases et les conneries diverses. Il faut une gauche unie.

Un nouveau sondage de popularité est sorti, aujourd’hui. Marine Le Pen est au plus haut et François Hollande est au plus bas.

Je citais Suzanne, plus haut. Juste après, elle dit : « On parle de confiscation, comme si des idées et des idéaux  pouvaient être confisqués, mais à dire qu'on est d'accord avec un discours prononcé par le chef d'un parti d'extrême droite, on risque l'opprobre immédiat (voire la rélégation !) donc on hésite, on tergiverse, on met quinze "mais" ou "cependant" dans une phrase où il y a déjà un "nauséabond", un "populisme" et un "national-socialisme", jusqu' à la discussion prochaine. »

A méditer. Surtout, ses propos m’inspirent une vague conclusion après avoir lu le billet de Julien Dray et le sien.

Il faut qu’on arrête de penser qu’on luttera contre le Front National en utilisant des qualificatifs divers et en traitant de facho le ministre de l’intérieur.

Surtout quand c’est le ministre le plus populaire.

23 commentaires:

  1. Nicolas, j'ai enseigné et j'ai été dans des collèges et lycées.
    C'était il y a 16 ans.
    Depuis, je suis mère d'élève et me suis réorientée.
    La seule chose qui est vrai, c'est le niveau catastrophique de l'IUFM.
    Un pacte républicain suppose une vraie entente entre tous les acteurs et j'en ai marre qu'on sous-entende que les parents d'élèves sont des gros cons et insufflent le manque de respect vis à vis des professeurs.

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    1. Je ne parle presque jamais de l'Education Nationele sur ce blog. Mes parents étaient profs et j'ai baigné dedans et j'ai quitté le circuit il y a 30 ans, n'ayant pas de gamin. Je me contente de décrire un sentiment.

      Il faut arrêter de sous-entendre des conneries. Les parents d'élèves sont majoritairement des gros cons. Ça ne date pas d'aujourd'hui mais quand j'entends parler des gens des méthodes utilisées par les instits qui seraient mauvaises j'aurais tendance à répondre que si leurs gamins ne comprennent rien, ce ne sont pas nécessairement les instits qui sont cons.

      Mais je ne sais pas pourquoi tu me parles de ça. Je parle d'un discours qui plairait aux profs, pas aux parents.

      Les IUFM n'existent plus et étaient un bordel. La droite a torpillé la formation des profs mais, encore une fois, le problème n'est pas là. Il est le discours de la gauche et les conneries imposées par les ministres consécutifs comme la semaine de quatre jours du gouvernement précédent. Du coup en essayant de revenir en arrière, la gauche fait des bêtises et revient en arrière. Le problème est le contenu des programmes, les missions de l'EN,... Tiens ! Quand Sarko avait imposé la lecture de la lettre de Guy Môquet. C'était grotesque (je cite ça parce que c'est emblématique mais la gauche en a autant à son actif).

      Et quand on voit des maires de droite qui refuse la scolarisation des Roms, comment veux-tu qu'un prof puisse croire à son job ? Alors que la scolarisation des mômes pour leur apporter des savoir devrait être la priorité...

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  2. Personnellement, il n'y a aucun risque pour que je m'égare à gauche. Je l'ai fait fait quand j'étais jeune, j'ai compris.

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  3. Si tu veux remettre le respect au centre de l'école, les profs ont besoin des parents comme partenaires, nous déléguons notre autorité aux profs et aux directeurs. Il nous a fallu trop souvent demander une réunion afin de pouvoir recadrer les gosses dans leurs études, et ainsi que les dits gamins se rendent compte que l'ecole et nous, c'est pareil.,SI conneries il y a au Collège ou au Lycée, la sanction tombe aussi,
    à la maison.
    Juste pour info: nous ne sommes pas des cas isolés.
    pour les Roms:100% d'accord.
    et je suis fille de profs aussi.

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    1. Mais il n'y a pas à déléguer l'autorité ! C'est quoi cette histoire ? Les parents n'ont plus d'autorité et il faudrait la déléguer aux profs ? Si les parents avaient de l'autorité, il n'y aurait rien à déléguer.

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    2. Ah tiens, rigolo, ça, moi aussi, les blogueurs seraient-ils majoritairement des enfants de profs ? Mais l'échantillon est pas vraiment représentatif, vous qui êtes un blogueur assermenté, voire un parrain du milieu ;), Jégoun, vous avez peut-être des stats ou une idée sur le sujet ?

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    3. Bon c'est loin d'être un titre de noblesse, non +. C'est comme ça.
      Nicolas, on n'est pas d'accord sur le sujet, je respecte.

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    4. Non. Il se trouve que les enseignants sont une des plus grosse profession en France et qu'ils aiment bien communiquer. Leurs enfants aussi.

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  4. Je n'ai pas de jugement sur Cécile Duflot. En revanche, ce qu'a dit, et ce que fait Valls est.... non, je n'ai pas de mots pour le dire. J'aimerais seulement qu'il retourne, lui, là où il est né : lui, tout seul. Et si les sondages qui le mettent si bien placé sont honnêtes, ce dont je doute totalement, il y beaucoup de français qui n'en sont pas, alors : en particulier parmi ceux qui se disent "de souche".

    Ce n'est pas pour rien que "selon les sondages" (bis repetitas), le FN se porterait si bien : ce serait dans la même veine que la popularité supposée de Valls. Les faiseurs d'opinion ont tout de même une certaine logique.

    Quant à la gauche, ne pas la mêler aux mésaventures d'un PS qui n'a rien à voir avec elle serait préférable, je pense.

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    1. Tu devrais faire confiance aux sondages. J'ai fait des études de statistiques, je sais comment ça marche. Ils sont fiables mais il faut les prendre pour ce qu'ils sont. En l'occurrence je me fous de la popularité des gens ! Et arrête de définir ce que serait la vraie gauche en pensant qu'une majorité de la population pense comme toi. Par exemple, c'est tellement le bordel à l'UMP que les gens pensent que MLP va jouer un rôle important. C'est tout.

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    2. "J'aimerais seulement qu'il retourne, lui, là où il est né : lui, tout seul."

      C'est bien vrai, ça : y en a marre de ces espingouins qui viennent faire la leçon aux vrais français ; vite, un charter pour Madrid et qu'on en finisse ! Olé !

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  5. A partir de maintenant il faudra que tu demandes l'avis de Jean-Marc avant de poster!
    Ha non, tu es le 1er ministre de ton blog ;)

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    1. C'était juste en réaction à ton premier paragraphe qui m'a amusé, rien de plus.
      Pour ce qui est de Cécile Duflot, elle est incohérente et carriériste et Julien Dray devrait avoir une place plus importante au PS. Voilà.

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    2. "et Julien Dray devrait avoir une place plus importante au PS. Voilà."

      Merluche l'a tuer

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    3. "Merluche l'a tuer". Non, les affaires et sa propension à collectionner des montres qu'il ne peut pas se payer "normalement" l'a tué…

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    4. Mais ça n'a rien à voir ?

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  6. Concernant les sondages, j'ai eu l'occasion d'en subir : sur l'avalanche de question posées, j'ai noté que petit à petit elles étaient de plus en plus dirigistes, de plus en plus éloignées des réponses qu'on voudrait donner, et qu'au bout du compte on ne pouvait que répondre à côté, voire très loin de son opinion. Désormais je refuse de m'y soumettre, pour éviter ce genre de désagrément. Je ne critique pas (pas trop) l'interprétation en aval, mais les questions en amont. Quant aux statistiques elles-mêmes, oui, elles ont une certaine rigueur : il faut seulement que le questionnaire soit honnête.

    Je me souviendrai toujours d'un sondage du principal institut français : au bout de 20 à 25 minutes de questions de plus en plus difficiles pour donner une réponse, j'ai dit "j'arrête", et l'enquêtrice me répond "mais nous n'en sommes qu'à la moitié "! J'ai tenu bon. Je n'ai plus jamais accepté.

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    1. Je sais. Je suis souvent sondé pour le boulot. C'est fait pour embrouiller les gens. Regarde la question à propos de la popularité (je n'ai que l'iPhone, je cite de mémoire) : voulez vous me dire si vous souhaitez que machin joue un rôle important,,,". Ainsi si on me pose la question pour MLP, je réponds oui dans problème. Oui, je veux bien vous dire si je souhaite... et c'est non.

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  7. MLP est bien plus maline que son père pourtant les idées et l'idéologie sont les mêmes.

    Elle connait les sujets sur lesquels elle peut faire son marché (l'Europe, la mondialisation, l'immigration, l'insécurité, la corruption, l'évasion fiscale).

    Étant donné que nous avons une gauche au pouvoir qui fait parfois de beaux discours dont les actes ne correspondent pas qui plus est ne sait pas communiquer ni expliquer ce qu'ils font et une droite discrédité, il n'est pas exclu que l'extrême droite fasse un score qui la rapproche du pouvoir.

    La gauche actuelle a oublié ce pourquoi elle a été élue et ce n'est pas le courage qui l'étouffe.

    Pourtant les sujets et les occasions ne manquent pas pour se refaire une santé. Ceux qui dirigent le PS depuis des décennies ne sont pas digne de l'héritage de ce grand parti qui manque d'arguments sérieux pour lutter contre l'extrême droite, ils sont bloqués avec des arguments d'un autre siècle.

    David15e

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    1. Elle a surtout oublié que ce n'est pas elle qui a été élu mais Hollande qui lui a permis de gagner.

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