13 octobre 2013

L'amendement "fait maison"

Au cours de l'examen du projet de loi sur la consommation, un amendement visant à créer un label « fait maison » pour les restaurant a été rejeté ce qui émeut des pseudo amateurs de gastronomie française qui ne vont probablement en cuisine que pour se faire photographier. Cet amendement était évidemment une monstrueuse connerie telle que sait si bien faire la droite et la gauche française : ce n'est pas à la loi de dire comme une profession doit fonctionner.

Ce sont des députés UMP qui avaient déposé une proposition de loi que le gouvernement a repris à son compte sous la forme d'un amendement au projet de loi sur la consommation et ce sont les sénateurs UMP, aidés par les communistes, qui ont supprimé l'amendement. Le tout pour nous montrer que notre démocratie est bien malade. Des mauvaises langues diront que leur choix est poussé par des lobbys d'industriels du secteur...

Les consommateurs sont des ânes. Je me rappelle d'un client félicitant le patron de l'ancienne Comète pour la qualité de ses frites maison. Les frites étaient surgelées...

A partir du moment où les produits « faits ailleurs » peuvent être aussi bons que les produits « faits maison », je ne vois pas pourquoi on s'empresserait d'exiger qu'ils soient faits maison. Et les produits faits ailleurs sont souvent aussi bons voire meilleurs que les autres parce que les entreprises industrielles ont souvent plus de facilité pour sélectionner des bons produits. Par exemple, Mc Cain aura les meilleures sources de pommes de terre, les machines pour les trier,... ce que n'a pas la brasserie du coin. Ainsi, si une brasserie fait elle-même ses frites, c'est pour pouvoir indiquer « frites maison » sur la carte, les vendre plus cher. Ca attire les guignols.

L'important est la qualité de ce qu'on a dans l'assiette. Je dois avouer qu'il ne m'est jamais arrivé de me demander d'où venait le plat du jour dans le restau où je vais tous les midis. A vue de nez, je dirais que tout est fait maison (ils ont une carte simple, avec peu de choix dont des grillades... Je me méfie des restaurants avec plus de 10 plats, hors salades et snack, à la carte). A la Comète, ils indiquent explicitement ce qui n'est pas fait maison.

Les défenseurs du « fait maison » sont des snobs qui confondent les quelques restaurants étoilés avec tous les autres, les 200 000 en France, dont les chefs et les patrons essaient de faire une cuisine adaptée aux goûts et besoins de la clientèle. S'ils font trop cher ou pas assez bon, sauf dans les coins touristiques, les clients fuient.

Et parce qu'ils ne doivent pas faire cher, ils font majoritairement la cuisine eux-mêmes parce qu'il revient moins cher de faire soi-même la blanquette de veau à l'ancienne que de l'acheter toute prête. Le « fait ailleurs » est marginal contrairement à ce que semblent penser les journalistes qui aiment bien titiller l’instinct de gastronome tapi au fond des lecteurs ou auditeurs. Le « fait ailleurs » ne concerne que les produits annexes élaborés pour les trous du cul qui n'aiment pas le plat du jour, les premiers à gueuler contre la mauvaise qualité.

Ce sont les premiers aussi qui vont demander à changer de garniture et à gueuler parce que les haricots verts sont surgelés en décembre.

La gastronomie française ne meurt pas de ses cuisiniers mais de ses clients imbéciles. Je me rappelle de l'ancien patron de la Comète qui faisait des escalopes de veau milanaises tous les quinze jours. Une fois, le boucher s'était trompé et avait donné des escalopes de dinde, à la place. Les clients avaient complimenté le patron : ah, elle est tendre la viande, c'est bien. Tu parles ducon, elle n'a aucun goût.

Quand on n'y connaît rien, on laisse les professionnels faire. C'est aux patrons de bistros et à leurs cuisiniers de décider de ce qu'ils vont nous faire à manger. Pas au Parlement.

Le conseil du jour : si vous voulez que vos frites surgelées ressemblent au vraies, faites les bien décongeler et pratiquer une double cuisson, une première assez longue, à feu moyen, et une deuxième, à feu très fort, pour réchauffer et brunir avant de servir. 

12 commentaires:

  1. Judicieux conseils, l'ami !

    Et pour tout te dire : quand je veux un steack préparé comme je l'aime, eh bien je m'y colle. Pour pas mal d'autres plats aussi.

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    1. Oui. Enfin dans un restaurant, le steak est rarement fait ailleurs.

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  2. Là, j'applaudis ! Bien d'accord avec vous.

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    1. Mon côté réac et libéral de gauche...

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  3. Pour la double cuisson des frites, c'est vrai qu'elles soient surgelées ou pas.

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    1. Oui. Pas surgelées c'est évident. Surgelées moins.

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  4. « ce n'est pas à la loi de dire comme une profession doit fonctionner. »

    Sauf quand elle leur interdit de travailler le dimanche, je suppose…

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    1. La loi n'interdit pas à une profession de travailler le dimanche mais à toutes sauf exceptions. La loi définit le rapport entre employeurs et salariés. La loi sert à un tas de trucs comme interdire la publicité mensongère donc l'affichage à tort d'une mention "fait maison".

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  5. Réponses
    1. Je l'ai toujours été. Mais de gauche. Il faut que la loi protège les entrepreneurs et les salariés. Pas des conneries.

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