19 octobre 2013

Pauvres sondés, pauvres médias...

Mon confrère Elie Arié relève parfois des bêtises dans les sondages. Ce matin, j’ai surtout envie de dénoncer la connerie des sondés qui répondent n’importe quoi et les médias qui n’ont plus que ça à se foutre sous la dent.

Sondage 1. 65% des Français sont opposés au retour de Léonarda. De quoi se mêlent-ils ? Moi, je suis favorable à ce que la loi soit appliquée. Je me fous de son retour : je ne la connais pas. Si son expulsion a été réalisée en toute légalité, qu’elle reste au pays. Si elle est réellement Italienne que ses défenseurs lui fassent retrouver des papiers et elle sera bienvenue chez nous. On fait n’importe quoi, avec cette histoire, et je me demande comment 65% des gens peuvent avoir un avis aussi tranché.

Sondage 2. 65% (le même chiffre) des sympathisants socialistes approuvent la position de Manuel Valls dans cette histoire. Je ne connais pas sa position. Je n’ai pas d’avis. Je sais simplement qu’il est rentré précipitamment des Antilles pour cette histoire qui n’est finalement qu’une polémique à la petite semaine. Que vont en penser nos amis d’Outre Mer ?

Sondage 3. 87% des Français donnent raison à la directrice de la crèche Baby-Loup. Moi, je m’en fous. Si elle n’a pas respecté le droit du travail, elle peut perdre devant la justice, ce n’est pas à moi de décider. Je l’invite à modifier le règlement intérieur de sa boite et j’invite le législateur à agir mais pas n’importe comment ce qui va nous amener au prochain sondage. Ce qui me chagrine, par contre, c’est l’attitude de la plaignante. On ne fait pas n’importe quoi chez nous et il y a des coups de pied au cul qui se perdent.

Sondage 4. 84% des Français sont partisans d’une loi pour interdire les signes religieux dans les entreprises privées. Ca veut dire quoi ? Ils veulent qu’on interdise la soutane dans les églises ? Qu’un boucher Hallal ne peut plus être barbu ? Qu’une serveuse de bistro ne puisse plus porter sa cornette ?


Je ne mets volontairement pas de lien : toutes ses informations ont été relevées en une de Google News, ce matin, montrant que les médias sont vraiment à la ramasse.

Edit : à lire aussi chez Rosa Elle a qui j'ai pompé l'idée de ce billet sans même la mettre en lien.

14 commentaires:

  1. Tiens, on a encore eu la même idée de billet ce matin.

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    1. Je te réponds chez toi et j'ai corrigé ce billet.

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  2. "je me demande comment 65% des gens peuvent avoir un avis aussi tranché."

    C'est assez simple. Les Français en ont un peu marre de ne plus se sentir chez eux dans leur propre pays. Entre les quartiers où l'on se croirait à Bamako, ceux qui ont un petit air de Constantine, ceux où l'on se croirait dans une enclave rom, les gens ont un peu de mal à se croire en France. Alors quand se profile une affaire où clairement on se fout de la gueule du monde, comme cette lamentable pantalonnade, et bien les gens donnent leur avis : elle a été foutue dehors, bon débarras !

    Quant au fait qu'elle serait italienne, on ne se foutrait pas un peu beaucoup de notre gueule ? Vous en avez vu beaucoup des italien(ne)s avec cette morphologie ? Père kosovar et mère certainement de même origine (prénom : Gemilja) ont eu la bonne idée de faire naître leur progéniture sur le sol italique. Comme si cela suffisait à en faire des italiens. Comme si un cheval né dans une étable pouvait être un veau par la grâce du droit du sol.

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    1. Depuis quand le physique détermine la nationalité ? Seriez pas un peu raciste ? Quel rapport avec les vrac et les vaches ?

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    2. Il y a une foule de caractéristiques morphologiques qui permettent de déterminer l'appartenance d'un individu à un peuple donné. Mettez un Basque à côté d'un Franc-Comtois, un Auvergnat à côté d'un breton, vous verrez qu'ils ne présentent pas les mêmes caractéristiques morphologiques. Vous et vos amis pouvez bien le nier, c'est une réalité. J'aurai pu tout aussi dire : mettez un Vietnamien à côté d'un Coréen, la différence aurait même été encore plus criante.

      Après, vous pouvez bien donner des papiers à un basque et déclarer qu'il est breton, ça restera une fiction, son apparence criera le contraire.

      Avant de traiter les gens de racistes, il faudrait d'abord que la gauche finisse par régler ses contradictions. Parce que c'est bien joli de prôner le métissage, de l'encenser comme le bien ultime à réaliser, amis dans le même temps, ça s'agite pour que les guaranis et autres indiens à plume dans le c.. d'amazonie ou d'ailleurs, puissent conserver leur identité et leur intégrité en tant que peuple. Idem pour les pygmées et autres tribus exotiques et télégéniques. La préservation de la race c'est bien pour les autres, mais il faut que l'européen blanc, chrétien se dissolve.

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    3. Concernant le racisme, j'ajoute qu'une de ses véritables manifestations en ce monde, ce sont tous ces gens qui discutent doctement sur la manière d'imposer la démocratie chez tous ces peuples arriérés qui ne savent pas que c'est le meilleur régime qui soit. Qu'importent leur culture, leurs traditions, leur manière d'appréhender la vie en société, le monde.

      Mais ça, de nos jours, on l'appelle humanisme.

      Ce qui en dit long sur les critères de notre époque.

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    4. Tout d'abord, je ne suis pas pour le métissage. Je m'en fous. Ensuite, j'ai quelques potes noirs, qu'ils soient blogueurs (Gildan, Bembelly) ou clients de la Comète (et personnages de mes blogs), il n'y a aucune différence entre eux et moi à part la couleur et le sentiment qu'ils peuvent avoir d'appartenir à une minorité visible. En l'occurrence, je ne me sens pas plus Français qu'eux. Même que Djibril, d'ailleurs, qui n'est pas Français.

      Quand je suis en Bretagne (je peux vous montrer mon arbre généalogique, je n'ai pas un seul ancêtre qui ne soit pas Breton aussi loin que mon père a pu remonter dans ses recherche, vers 1605 pour la branche des Jégou ce qui prouve d'ailleurs que l'état civil de nos ancêtres était assez pratriarcal : dans toute cette branche, je crois bien que je suis le seul à ne pas être le fils ainé !). (Je disais quoi avant cette parenthèse ?) ah oui ! Quand je suis en Bretagne, je passe pour un parisien même aux yeux de gens qui ne sont pas des "Bretons de souche" et quand je suis à Paris, je suis identifié comme Breton.

      Je me fous de ce genre de connerie. Sauf qu'il faut bien des lois.

      Là où l'on pourrait tomber d'accord c'est sur le fait que je préfère notre culture à celle des autres et que je n'ai pas envie de la voire disparaître au profit d'une autre, qu'elle soit occidentale (Américaine par exemple) ou autre.

      Mes quatre potes noirs partagent probablement mon avis même si ceux d'entre eux qui n'ont pas coupé les ponts avec leurs pays d'origine aiment aussi leur culture.

      Ceci me différencie probablement d'autres gauchistes ce qui en fait d'ailleurs de vrais racistes puisqu'ils confondent "groupe éthique" (les races humaines n'existent pas...), nationalité et culture.

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    5. Nos commentaires se croisent à cause de la modération des commentaires. Désolé.

      Bref, je ne veux pas imposer la démocratie aux autres peuples, je veux leur éviter des régimes que je juge tyrannique ou mauvaise pour eux mais aussi potentiellement pour moi (je ne veux pas d'une dictature islamiste à deux pas de chez moi). Et ce n'est pas moi qui suis aller envahir des peuplades lointaines pour leur imposer ma culture et ma civilisation.

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  3. Quant au sondage 4, il montre deux choses :

    1. il y a une très nette crispation des Français autour de ce qu'ils ressentent comme un élément étranger à notre culture, à nos traditions, élément plutôt dynamique et conquérant. Ça peut déranger les personnes à l'odorat sensible mais il n'en reste pas moins vrai que la république a une part importante là-dedans (elle n'est pas seule). On n'envoie pas impunément ses soldats en Irak (la 1ère), en Afghanistan, au Mali, pour lutter contre le muzz pour s'étonner ensuite que les gens prennent en grippe ces derniers.

    2. que toute crispation prolongée finit par déboucher sur une crampe, intellectuelle en l'occurrence. On en est arrivés au point que la réflexion a laissé la place au simple réflexe. Secteur public ou privé, domaine public, les gens ne veulent plus les voir. Ceci dit, on oublie vite que la gauche, ou tout au moins une fraction extrême allant du PCF jusqu'à LO/LCR/etc. tenait ce même discours sans que cela ne dérange personne, jusqu'à ce qu'un connard invente le politiquement correct.

    Pour ma part, si les empaquetées me dérangent, je ne suis pas pour autant pour l'interdiction du port de leur attirail, au contraire même. Attention, qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions, je n'ai pas viré citoyen du monde, pas plus que gauchiste. Seulement, il me semble que plus elles seront visibles, dans la rue, au boulot, derrière le guichet de la poste ou des assedic, plus rapide sera la prise de conscience de mes compatriotes.

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    1. Pour ce qui concerne le discours du PC jusque dans les années 80 je suis le premier à le rappeler.

      Ce que je veux dire par ce billet, c'est que les gens ne réfléchissent pas avant de répondre à un sondage. Ils parlent avec le cœur et il m'arrive aussi souvent de faire des billets d'humeur irréfléchis.

      Dans les deux affaires, une seule question devrait se poser : le droit.

      En plus, on en arrive à un degré de personnalisation affolant. Je me fous de cette gonzesse et de cet employeur. Tant qu'on parle de ça m, on ne parle pas d'immigration et de droit du travail.

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  4. (également posté chez Rosaelle, mais comme vous reconnaissez tous les deux que c'est le même sujet...)

    Les sondages, lorsqu'ils sont sérieusement réalisés ( méthode des quotas -dans celui sur Leonarda, seuls les Français en âge de voter ont été interrogés, d'où la discordance avec les manifs lycéennes; redressements en fonction des erreurs des sondages précédents; précision de la marge d'erreur- dans celui sur le retour de Leonarda, elle est de 2,5%) sont très précis et très utiles.

    Les sondages sur les intentions de vote des Français sont d'une extraordinaire justesse; tout comme tous les sondages (dont les médias ne parlent pas) réalisés sur les produits de différentes entreprises commerciales, l'opinion des consommateurs, les produits qu'ils souhaiteraient voir apparaître (yaourts de tel type, etc.), et qui constituent l'essentiel des revenus des instituts de sondages; et pourtant, là aussi, il y a une proportion de gens qui refusent de répondre - ce que les instituts savent prendre en compte et redresser: sinon, les entreprises ne les leur commanderaient pas.

    Ce qu'on peut leur reprocher, c'est:

    1- de créer parfois des questions pour orienter les réponses dans le sens souhaité par un média pour faire vendre (comme celui du NouvelObs du 10/10, dont je parle dans mon billet);

    2- de ne pas rappeler à chaque fois qu'il ne s'agit que des réponses au moment du sondage ( l'opinion sur le retour de Leonarda peut basculer; si les intentions de vote étaient figées, les campagnes électorales seraient inutiles; etc.);

    3-de ne pas toujours poser les bonnes questions: opinions sur le retour de la seule Leonarda, se désintéressant de celui de ses frères et sœurs plus jeunes, et de celui des 30 000 étrangers expulsés chaque année qui n'ont pas eu la chance d'être médiatisés comme Leonarda.

    Les sondages sont une information précieuse, mais il nous appartient, comme pour toute information, de savoir la décrypter et l'interpréter correctement.

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    1. Je suis statisticien de formation et j'ai un profond respect pour les sondages et je confirme vos propos : ils sont justes.

      Pour le reste, j'accuse (?) les médias de les exploiter n'importe comment... Et j'accuse (? Bis) les gens de répondre n'importe comment.

      Je suis assez souvent sondé (je bosse dans une très grosse boîte, la plus grosse en France, elle s'intéresse à ses salariés). Ça dure vingt minutes et ils poussent tellement les sujet qu'on finit par répondre n'importe comment mais avec le cœur. Pour les premières questions, on s'efforce de répondre objectivement mais au bout de cinq ou dix minutes, on en a marre. On n'ose pas raccrocher et on répond au plus vite. C'est donc le cœur qui parle t je suppose que seule la deuxième partie du sondage est exploitée ce qui est normal.

      Je me rappelle d'une fois où j'avais été interrogé sur mon management direct. Ma chef et son chef. Ça fait dix ans que je bosse avec eux. Forcément une relation amicale s'est créée, une sorte d'affection sans compter deux éléments : 1. Le fait qu'on ait participé à des luttes communes (contre la direction, les orientations,...). 2. Si je ne les appréciais pas humainement, je serais déjà parti.

      Ainsi les vrais sondages sont bâtis pour nous faire franchir cette barrière (je réponds forcément en défendant mes chefs dans la première partie). La fin du sondage est donc plus juste.

      Tout ça pour dire que c'est un métier et que les chiffres bruts ne devraient pas être livrés au public et les médias devraient faire gaffe.

      Sondeur, c'est un métier...

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