08 octobre 2013

Un livre au comptoir

Le débat à propos des libraires me fascine car le sujet a été traité par le mauvais bout et qu’il me rappelle toutes les discussions que je peux avoir autour des bistros, dans ce blog, quand je parle de leurs difficultés, de la TVA,… Disons-le franchement : le législateur n’a pas à s’occuper de ce que les commerçants facturent à leurs clients, sauf pour défendre ces derniers. Si une boite comme Amazon veut considérer les frais d’expédition dans ses charges, ce n’est pas notre problème.

Le premier parallèle avec les bistros est simple : une profession a des difficultés liées à une concurrence de gros acteurs et à un changement de mode de vie. Les clients passent plus de temps à regarder des conneries à la télé qu’à boire des demis ou lire des livres. Les clients achètent plus facile des trucs à bouffer au Mac Do ou des livres à la FNAC qu’au bistro ou chez le libraire.

Je suppose qu’on pourrait étendre le raisonnement à un tas de types de commerces de proximité qui subissent aussi la concurrence d’hypermarchés, de grandes enseignes spécialisées et de sociétés de vente par correspondance. A noter d’ailleurs que la « VPC » a concurrencé pendant un temps les commerces de proximités mais s’est fait balayer par la grande distribution.

De temps en temps, le législateur s’en mêle, comme il l’a fait récemment pour les bibliothèques. J’ai déjà fait deux billets à ce sujet mais il me passionne parce qu’il touche au commerce de proximité donc à l’aménagement du territoire, de nos villes qui perdent leurs centres… Il a pris une décision qui me semble mauvaise. D’autres blogueurs politiques, de la même obédience que moi, ne sont pas d’accord. Ce désaccord ne me dérange pas outre mesure.

Le législateur fait parfois des conneries mais fait aussi des choses très bien. Quand il a baissé la TVA sur la restauration, par exemple, les blogueurs de gauche ont gueulé comme des putois parce que c’était fait par la droite. Ils gueulent aussi quand la gauche la raugmente, d’ailleurs, puisqu’elle va passer à 10%, je crois, au 1er juillet. Il n’empêche que la TVA est un impôt payé par le consommateur donc honni par la gauche, en principe. Surtout, elle a répondu a un vrai problème : des chaines de restaurations rapides qui ont beaucoup moins de charges que les bistros puisque moins d’obligations facturaient une TVA moins importante.

Les point communs entre les bistros et les librairies ne s’arrêtent pas à la concurrence, à l’évolution de la société et à la bêtise ou l’intelligence du législateur, qu’il soit de droite ou de gauche. Certaines fois, d’ailleurs, le comportement des consommateurs n’est pas toujours rationnel. Je connais un tas de gugusses qui prennent leur pain exclusivement en boulangerie, par principe, ce qui est très bien pour nos petits commerces mais je connais un tas de coin où le pain est meilleur en grande surface…

Certains commentateurs de mes billets expliquent qu’il faut que les libraires ou les bistros développent une activité spécifique. Par exemple, un libraire pourra se spécialiser dans les livres anciens ou régionaux, les petits auteurs du coin,... Un bistro pourra commercialiser des bières artisanales, des tapas à l’apéro et des concerts le jeudi soir. Je ne connais pas spécialement le domaine de la librairie mais je suppose que les libraires gagnent essentiellement de l’oseille avec les activités les plus concurrentielles. Les domaines de spécialisation ne permettent pas spécialement de vivre.

C’est plus facile (et rigolo) de parler de bistro. Vous prenez un bistro qui fait de la bière artisanale. Il prospecte des petites brasseries pour avoir de bons produits. Néanmoins, sauf s’il se trouve dans un secteur festif, il sera obligé d’avoir une bière plus commerciale, plus traditionnelle pour les clients normaux comme les zozos ventripotents avec une cravate à chier à la Comète. Il aura beaucoup de mal à trouver une clientèle pour sa bière artisanale et à gagner de l’argent avec. Le type qui aime la bière un peu rare est, en fait, un mauvais client, qui n’en boira pas plusieurs. Ainsi, toute la marge est faite sur les autres produits. Le bistrotier sera obligé d’avoir une bière ordinaire, une blonde un peu luxueuse et une bière d’abbaye parce qu’ils y a des clients qui ne jurent que par ça. S’il rajoute un quatrième tirage, il faudra qu’il en vende suffisamment pour que le fût soit vide avant que la bière ne s’évente. Il se met donc en concurrence avec lui-même puisqu’il risque de mettre en difficulté sa vente de bière d’abbaye.

Je suppose que le libraire aura des problèmes équivalents. S’il se spécialise, à moins d’avoir un emplacement exceptionnel, il aura toujours des clients qui viendront essentiellement pour les livres plus traditionnels comme les prix littéraires.

Je les laisse se débrouiller. J’ai une certaine connaissance des bistros mais je dois reconnaître que je passe plus de temps au comptoir que dans des rayonnages de livres.

Le parallèle ne s’arrête pas là. Le bistro et le libraire auront, en plus de leurs gros fournisseurs, des plus petits, des brasseurs artisanaux et des maisons d’édition indépendantes qui vont vouloir être privilégiés par rapport aux produits standard. Nos deux commerces ont le même problème de prix du loyer, la nécessité d’embaucher pour développer des activités,… Ce n’est pas le tout de faire un concert le jeudi soir ! Encore faut-il payer le groupe et ne pas faire fuir les clients fidèles…

Que peut faire le législateur ?

En France, pour les bistros, il n’a pas fait grand-chose. Pour la culture, il a fait l’exception culturelle. C’est sûrement très bien et régulièrement défendu par la gauche. Il n’empêche que ça ne garantit pas la circulation de la culture et les revenus des auteurs. Ca permet d’empêcher à des grands commerçants de vendre moins cher. Ca leur permet d’avoir de bonnes marges. Ils font de la concurrence aux petits commerces tout en se garantissant des marges conséquentes. Ils n’ont pas le droit de faire plus de ristourne que les 5% officiels…

Le prix du livre est défini par l’éditeur qui va définir également le prix auquel il va vendre le livre aux distributeurs et aux grandes enseignes. Le « gros » va donc pouvoir payer moins cher les livres que le « petit » et donc avoir des marges encore plus importantes. C’est le paradoxe du prix unique du livre : il est là pour permettre aux librairies de survivre mais garantit aux concurrents de gagner plein d’oseille.

Les bonnes idées du législateur.

Vous savez qu’au 1er janvier 2015, tous les établissements recevant du public devront être en mesure d’accueillir les personnes en situation de handicap. Sur le fond, c’est très bien. Mais vous avez réfléchi aux conséquences pour les bistros ? Pensez par exemple au petit bistro où vous prenez occasionnellement le café le matin. Il devra avoir soit un ascenseur pour descendre aux toilettes soit des toilettes suffisamment grandes pour qu’une personne en fauteuil roulant puisse entrer et garer le fauteuil… Imaginez les travaux que devra réaliser le patron et le nombre de places assises qu’il perdra…

Le législateur veut parfois aider le commerce de proximité. Souvent, il échoue…

25 commentaires:

  1. Pour les librairies :
    - en banlieue, tu n'en as pratiquement plus et elles ne sont pas achalandées.A Paris, ça dépend des quartiers. En Province, curieusement, j'ai trouvé des librairies drôlement mieux achalandées que bien des librairies de quartier parisiennes. Mais les villes de province ont aussi des banlieues, qu'on ne voit pas toujours quand on est de passage.
    Donc à la librairie, t'y vas, tu veux un bouquin, il n'est pas en rayon, tu dois commander, payer d'abord, patin couffin .... Après t'as perdu le ticket ... Donc les gens commandent sur Amazon : cela coïncide avec leur désir de raccourcir démarches et temps nécessaire pour obtenir le bouquin désiré.
    - Les bistro : que tu le veuilles ou non, cela nécessite d'avoir de l'argent frais sur soi ou une CB en état de marche. Bien des gens n'ont ni l'un ni l'autre. De plus, une bière, c'est entre 4 et 5 € ...ça va vite si tu es entre amis ou en famille. Rester dîner, c'est encore pire. Les gens adorent s'arrêter à la terrasse d'un café ou au zinc, pour regarder passer les gens et le temps. Mais voilà, ça coûte cher.
    - Les activités annexes à la librairie ou au café : hier j'étais dans un "Resto théâtre turc. Le spectacle, pas cher, fut un enchantement. Avant le spectacle, obligation de consommer : 4€ minimum : pareil, si tu es entre amis ou en famille, c'est déjà plus pareil come prix. Il fut recommandé de poursuivre la soirée en dînant et d'acheter le CD et le bouquin de la comédienne qui est sublime. La majorité du public a fait comme moi qui suis partie dès la fin du spectacle, sans acheter le CD ni le livre, ni rester à dîner ... Grosso modo, le spectacle, c'est 20€, le CD c'est 15 €, le bouquin, c'est 20€, le dîner c'est 30 par tête pour deux personnes avec le vin ... Qui peut se permettre, tu peux me le dire, sauf exceptionnellement ?
    Je pense qu'on peut tortiller comme on voudra, le problème n'est pas d'inventer des activités annexes mais pour les commerçants, d'avoir les liquidités nécessaires pour être vraiment bien achalandés et pour les clients, d'avoir assez de sous pour les dépenser !
    - l'affaire des supermarchés ... on est en plein dans l'aliénation de gens qui s'ennuient comme des rats morts, dans un environnement qui s'est appauvri en distractions dont le prix serait resté à leur portée.
    Bz

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens t'avais fait un billet sur ton spectacle non ? Il me semble avoir vu un mail ce matin. Par contre je ne l'ai pas vu au moment de ma revue de blog. Étrange.

      Le demi n'est pas à quatre euros partout mais tu as raison. On a bien un problème de pognon. C'est un cercle vicieux. "Les gens" achètent des machins pas chers dans des galeries à la con où les vendeurs sont mal payés et n'ont plus de pognon pour consommer.

      Pour ce qui concerne les activités annexe, elles sont importantes. Plus un seul bistro ne peut tenir sans une deuxième activité : restauration, PMU,... sauf dans des coins particuliers ou en bossant 15 heures par jour (faire des café à 5h30 pour les artisans et servir des bières après 20 heures pour les pochetrons).

      Par contre, cette deuxième activité coûte cher puisqu'il faut du personnel. Le patron de l'Aéro a été obligé d'abandonner ses plans d'extension de la terrasse avec restauration légère. Il lui aurait fallu payer la location de la terrasse plus employer un serveur et un cuisinier à mi temps.

      Supprimer
    2. Par ailleurs, la clientèle est là, elle existe. Regarde la Comète. Les gens du quartier, ils mangent le soir. D'ailleurs il y a de très bonnes soirées pour le commerce. Mais les Kremlinois préfèrent dîner à Paris...

      Supprimer
    3. Mon billet est bien sur mon blog ... Un peu sulfureux s'agissant du Forum contre les extrêmismes, car j'ai eu un peu la rage.
      Pour les gens qui préfèrent aller dîner à Paris plutôt qu'à la Comète, la raison que je vois c'est pas assez vitrines et toussa à lécher aux alentours : les gens qui ont un peu d'argent en poche ne veulent pas forcément acheter le soir, mais "lécher les boutiques" en se promenant : après, ils se posent et ils boivent un coup, voire ils dînent même simplement, si le rapport qualité-prix leur convient.

      Supprimer
    4. Mais non. Ils prennent le métro et sont à la Mouffetard en 6 minutes...

      Supprimer
    5. Arrête d'opposer Paris à Lyon alors que ce sont les villes de moins de 500000 ou un million d'habitants qui sont sinistrées. Il est évident que Nantes aura plus de facilités à développer du coller que Châteauroux et Saint Brieuc.

      Supprimer
    6. En fait tu me sembles trop intéressé par le développent de ton arrondissement (je ne critique pas) que par celui d'autres patelin. En région Parisienne, ça donne un bled comme le KB sans cinéma, avec une librairie "de chaîne". Alors que l'arrondissement de Paris d'à Coté a tout. Et qu'on paye sur nos impôts (ce qui n'est pas une critique, c'est le but des intercos).

      Supprimer
    7. Les bistrots qui tiennent le coup, c'est la formule Starbuck (que j'ai découverte en Ecosse, bien avant qu'ils ne s'installent à Paris): un café imbuvable, mais ce n'est pas grave parce que c'est pour les jeunes qui n'y connaissent rien; le client qui doit aller se faire servir lui-même au comptoir avant de s'installer à une table, quelques salariés qui sont des étudiants sous-payés, et le patron qui passe juste le soir ramasser la caisse au lieu de s'emmerder de 7 h du matin à 23 heures à discuter avec des poivrots.

      Supprimer
    8. C'est le pire. Je vois les cons à la défense qui se précipitent dans ces machins en sortant du métro pour acheter un café à emporter qu'ils boivent en marchant. D'ailleurs, je ne suis pas toubib mais ces gens qui déclarent avoir besoin de café pour exister sont souvent grotesques. J'ai arrêté les pauses café au bureau depuis sept ou huit ans et je ne m'en porte pas plus mal. Je bois du café quand j'ai envie de boire un café... Et j'aime ça. J'en ai fait plusieurs billets dans un autre blog.

      Supprimer
  2. J'espère que Michel Desgranges va passer par ici, car c'est pile poil son domaine de compétence…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les bistros ?

      (Je sais mais je ne sais pas s'il sait que je sais. Je lui reprochait par mail ses espaces après où avant les parenthèses et il m'a répondu précisément mais je ne savais pas s'il savait que je connaissait son job).

      Supprimer
  3. bon billet...sauf que tu oublies que le commerce de niche n'est pas lié à la chalandise. tu peux tout à faire développer un bar à bière dans un coin pas trop touristique. Reste que ce n'est pas un modèle duplicable à l'infini.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'oublie rien. Un mec qui développe un bar à bières à Bicètre n'a aucune chance.

      Supprimer
  4. Jamais compris pourquoi les bistrots devaient avoir obligatoirement des toilettes; est-ce qu'il y en a dans les librairies, où on passe pourtant souvent plus de temps?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Essayez de boire six bières dans une librairie sans aller pisser.

      Supprimer
  5. "De temps en temps, le législateur s’en mêle, comme il l’a fait récemment pour les bibliothèques."

    Ouah l'autre y confond bibliothèque et librairie!

    Hé oui! à force de boire des livres et de lire des bières...

    RépondreSupprimer
  6. Moins de volume sur les marchés de niche. Ecellent! C'est justement comme ça que Amazon fait fortune! En proposant du marché de niche à l'échelle de la France entière, plutto que du petit quartier, Amazon peut faire la majorité de ses profits sur de la niche!

    Ca s'appelle la longue traine, c'est expliqué par exemple ici: http://www.internetactu.net/2005/04/12/la-longue-traine/

    A plus

    RépondreSupprimer
  7. En ce qui concerne les Personnes à Mobilité Réduite et non pas en situation de handicap, rien n'obligera à partir de 2015 le taulier à mettre son Etablissement Recevant du Public en conformité pour son accessibilité.
    Cette obligation ne sera applicable qu'aux nouveaux bâtiments ainsi qu'aux établissements faisant l'objet de travaux à condition que la situation et l'état de la bâtisse le permettent.
    On ne va pas demander à un commerçant de faire un plan incliné si son entrée donne dans une rue ou il n'y a pas de trottoir, par exemple dans la vieille ville de Dinan. On ne lui demandera pas non plus d'élargir sa porte d'entrée si elle est entre deux montants de pierre, par exemple à Vitré ou le centre ville est classé.
    Pour prendre un exemple local, comment faire un plan incliné pour rentrer au Pub Rue Notre Dame ?
    Quant aux toilettes adaptées, celles ci ne sont obligatoires que pour le personnel et uniquement dans le cas ou cela est réalisable.
    En conclusion, les bars où il y a des marches ne savent pas ce qu'ils perdent.

    Sur l'histoire du livre, étant analphabète, ce n'est pas mon problème. Plutôt je devrais dire que je n'ai pas d'opinion la dessus.

    RépondreSupprimer
  8. Ce n'est pas ce que dit le décret, il me semble. Je crois qu'il date de 2003 et que les commerces avaient 12 ans pour s'adapter.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Peut être mais pour en avoir discutaillé avec les agents du conseil général, il me semble que c'est ma version qui soit la plus proche de la vérité. Cela ne veut pas dire que je sois d'accord avec cette application.

      Supprimer
    2. Oui mais il y a un flou. Ils attendent un nouveau décret.

      Supprimer
  9. "Certains commentateurs de mes billets expliquent qu’il faut que les libraires ou les bistros développent une activité spécifique. Par exemple, un libraire pourra se spécialiser dans les livres anciens ou régionaux, les petits auteurs du coin,... Un bistro pourra commercialiser des bières artisanales, des tapas à l’apéro et des concerts le jeudi soir. Je ne connais pas spécialement le domaine de la librairie mais je suppose que les libraires gagnent essentiellement de l’oseille avec les activités les plus concurrentielles. Les domaines de spécialisation ne permettent pas spécialement de vivre."

    Ca ne fonctionne pas comme cela en fait. La revue Books a publié récemment un numéro sur l'avenir du livre (octobre 2013). Bien sûr Amazon bouffe largement les concurrents mais lesquels? Pas forcément ceux que l'on croit. Aux Etats-Unis il y a une relance de la création de librairies indépendantes alors que la seconde plus grande chaîne a déposé le bilan récemment. Quand Virgin ou des librairies Chapitre ferment ce n'est pas parce qu'elles perdent de l'argent, c'est avant tout car elles ne sortent un taux de rentabilité suffisant aux yeux des actionnaires.
    Depuis 20 ans il y a entre 2000 et 2500 librairies indépendantes qui sont souvent positionnées sur un créneau (une librairie spécial polar, une autre SF/fantasy, une pour l'art, une pour la littérature jeunesse, une pour la BD,...). C'est la spécialisation qui les sauve alors que les grosses enseignes, les supermarchés de la culture s'en prennent plein la figure par Amazon.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un peu ce que je pense. Pour le gros de l'activité les librairies étaient concurrencées par les hypermarchés et les trucs comme la FNAC et se sont surtout ces machins qui vont souffrir d'Amazon.

      Quant aux librairies spécialisées, c'est une piste mais elles seront soumises à la concurrence du numérique pour beaucoup et ne veulent pas exister dans les petites villes.

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.