29 novembre 2013

Quand la gauche s'occupe de nos culs

C'est parti ! On va à nouveau parler de pénalisation de la prostitution. Différents textes pour ou contre circulent. Je suis contre. J'en ai déjà fait des billets. Cette pénalisation ne résoudra rien. Au contraire, elle aggravera la précarité « des filles » (dont 15 à 20% de garçons, d'ailleurs...) qui se cacheront encore plus et que les services ou associations ad hoc ne pourront plus protéger. Les forces de l'ordre seront mobilisées pour punir les clients et n'auront plus les moyens de lutter contre le proxénétisme.

Pourtant, cette loi comporte des volets intéressants mais la communication va se faire sur un seul : la pénalisation des clients, mettant en avant cette gauche pudibonde qui va en énerver plus d'un.

Je suis tellement contre que j'ai même signé une pétition de scientifiques à ce sujet. J'étais le 101ème signataire, pour vous dire à quel point elle marche. Que rajouter, alors ? Pas grand chose.

On trouve souvent dans les réseaux sociaux des articles de presse qui vante le résultat de cette pénalisation en Suède. Outre le fait que je n'ai pas été vérifié et qu'il paraît que les clients vont dans d'autres pays, il serait bon que les braves qui prennent cet exemple et réfléchissent au modèle suédois dans sa globalité. Ils me rappellent ceux qui évoquent périodiquement le modèle allemand en ne citant que les bons en côtés et en oubliant le reste.

Le modèle Suédois semble n'avoir que des bons côtés (à part qu'il est difficile de trouve une prostituée pour se faire sucer, si je puis me permettre une plaisanterie graveleuse dans ce billet de haute volée). Il a peu de prostitution et donc peu de problèmes liés. C'est aussi le deuxième pays au monde dans le classement de ceux où les inégalités sont les moins fortes.

En France, nous avons de la précarité. Des jeunes garçons et des jeunes filles se prostituent parce que c'est le seul moyen qu'ils ont pour vivre. Changer la loi ne leur donnera pas plus de moyens. Ils se cacheront mieux. La police sera obligée de tendre des souricières avec des fliquettes qui racoleront pour pouvoir punir des clients. Comme si elle n'avait pas mieux à faire.

Nous avons des réseaux de proxénètes. Il paraît que 80% des prostituées sont étrangères. Je n'ai plus le chiffre exact. Qui va lutter contre ?

Enfin, nous avons des gens qui se prostituent parce qu'ils aiment ça. Ce sont les seuls que je connaisse. Ils viennent au bistro, comme vous et moi, et quand vous leur demandez leur job, elles vous répondent qu'elles sont putes.

De quel droit pourrait-on les interdire d'avoir des rapports sexuels avec qui elles veulent ? Depuis quand l'Etat se mêle de la vie sexuelle des gens ? L'Etat là pour protéger. En l'occurrence pour lutter contre les réseaux qui exploitent ces filles et contre les clients qui leur font du mal, les tabassent, exigent des rapports non protégés...

Vu de gauche, l'Etat est là aussi pour apporter une aide sociale, pour aider « les filles » à s'en sortir.

Plutôt que de faire des lois à la con, est-ce qu'on ne pourrait pas lutter contre la prostitution estudiantine en luttant contre le coût des études, logement compris, et la précarité des jeunes. Est-ce que la gauche ne pourrait pas rebondir et s'occuper des problématiques de gauche plutôt que de se mêler de la vie sexuelle des gens.

Mon camps s'est-il subitement rempli de chaisières ?

Après avoir tant fait pour la libération sexuelle (hé ho ! Les gens ! On vient d'autoriser le mariage entre homosexuels), la voilà, cette gauche, qui s'occupe de nos fesses.

C'est lamentable.


33 commentaires:

  1. bo billet . raccord total.
    je vais pas chez les dames et je pense qu'agiter de tel sujets en ce moment est une GROSSE connerie. précarité des jeunes , logements , coûts des études voila des sujets.
    mais non on s'embourbe dans des pipos pareils.
    Personnellement,et je pense pas être le seul vu ce que j'esgourde a GAUCHE et droite , ils passent pour des gros niglos bien largués ces jolis cœurs.

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  2. "Outre le fait que je n'ai pas été vérifier"
    Vous comptez donc aller vérifier vous-même en Suède, et, pour que ça soit sérieux, comparer avec d'autres pays?
    Quelle santé! Mais je suis sûr que vous en ramènerez un billet qui sera très lu.

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    1. Oui il faut comparer les putes de tous les pays. J'envisage de commencer par l'Iran.

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  3. Tiens, j'ai dit presque la même chose il y a peu dans un de mes billets, sauf que je disais que c'était plutôt qu' on s'occuperait ici du cul des autres au lieu du nôtre. Et aussi la remarque : si le modèle suédois va si bien, pourquoi donc augmenter les sanctions prochainement . Bon billet

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    1. Merci.

      J'ai lu ton billet... Mais que nous soyons d'accord ne m'étonne pas.

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  4. Petite nuance, Nicolas, si tu permets...
    Le Gouvernement a, là encore, un problème de communication.
    L'objectif réel est de lutter contre le trafic d'êtres humains, et avec la crise de ces dernières années, ce trafic est en pleine explosion. C'est donc un sujet d'actualité, voire d'urgence. Car ce trafic, au-delà de l'aspect (im)moral, est une source importante de la finance noire/mafieuse.
    Si on veut assainir l'économie, il faut lutter contre tous les trafics financiers qui vérolent l'économie et nos zommes politiques. En Italie un Berlusconi, pote avec la mafia, méprise les femmes et ne les voit que comme des putes. En France, en creusant, on apprendra un jour, lesquels de nos zommes politiques ont fermé les yeux sur ces trafics odieux.
    En attendant, pour tarir le trafic financier, l'idée de taper à la source (le client) est intéressante, et identique à celle qui consiste à taper sur le consommateur de drogue pour tenter de tarir le trafic financier correspondant.
    Si le Gouvernement, au lieu de jouer en défense, passait à l'offensive en martelant les montants en jeu et le nombre de prostitué(e)s martyrisé(e)s, le débat s'éteindrait de lui même.
    La Gauche bosse sur des changements de société/civilisation, donc en profondeur.

    Pour mémoire en 1981, il se disait dans les hautes sphères du pouvoir qu'après le premier septennat socialiste, on ne reconnaitrait plus la France de Giscard... et cela s'est avéré.
    Hollande rejoue le même numéro de transformation sociale. Ca va couiner à droite et donner de la matière à commenter à l'excellent monsieur Didier G. ;-)

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    1. Pour la lutte contre la finance, les trafics, on est d'accord. Le problème de la pénalisation des clients est qu'elle accroîtra la précarité des prostiputes. Les mesures de Mitterrand qui ont changé la Feance étaient essentiellement sociales et libérales (Ben oui, la télé, les radios,...). Les mesures d'Hollande qui changeront la France sont sociales et libérales (Ben oui, le mariage pour tous est libéral quoiqu'en disent les libéraux réactionnaires).

      La pénalisation (qui ne vient pas de Hollande, il semble councé, sur ce truc) est antisociale et antilibérale.

      Par ailleurs, on ne veut pas nécessairement des changements de civilisation. On voudrait bien que Hollande répare les conneries de Mitterrand (l'Europe libérale par exemple).

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  5. Si je peux me permettre, la police ne peut pas envoyer des fliquettes racoler pour choper les clients. Il est interdit en France de pousser quelqu'un à commettre un délit. La police n'aura donc aucun moyen de faire appliquer cette loi à la con. Pour le reste, totalement d'accord.

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    1. Merci pour la précision. Cela étant est-ce que mettre une minijupe et se promener sur un trottoir est inciter quelqu'un à faire un délit ? Ou se promener dans un quartier chaud en se faisant passer pour un client, voire un proxénète ?

      Il faudrait que les putes aient une pancarte : je suis pute, vous avez le droit de me parler...

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  6. Y'a pas un chat à l'assemblée pour participer à ce débat qui saoûle les gens : ce débat a été lancé par le Nid qui a constitué un Collectif d'asso qui ont travaillé sur le sujet. Néanmoins, au sein de celui-ci, la parole divergente n'était pas admise ... Dans ces conditions, il n'y a pas eu, selon moi, de vrai débat sur le sujet au sein de la société civile.
    Quant à l'aide réelle que reçoivent les prostitué(e)s qui portent plainte et veulent s'en sortir ... ça serait bien d'en parler, car on se demande quand même où vont toutes ces subventions : non je n'insinue pas des détournements, mais du gaspillage ! Avec le même budget, une aide est soit indigente, soit efficiente, selon l'intelligence et le réalisme avec lequel on traite le sujet.
    Pense-t-on qu'une femme étrangère aidée, dont on a fait venir les enfants en France pour les protéger des représailles, va se déplacer à un rendez-vous chez un psychologue qui ne parle pas leur langue ? Imagine-t-on qu'elle va frauder dans le métro pour se déplacer aller-retour avec ses marmots si on ne lui donne pas les titres de transport qu'il faut ? Pense-t-on que si on la met dans une chambre d'hôtel avec quatre enfants qui dorment en travers du lit et elle sur un matelas par terre, l'aide est intelligente, la prostituée soutenue et toussa ...
    Je te raconterais mille histoires à ce sujet ... Les associations sont utiles, mais elles ne sont pas la panacée universelle que l'on dit.
    Les politiques publiques sociales sont malades des grandes difficultés que l'Etat qui s'en est désengagé depuis des décennies, éprouve pour les mettre en oeuvre.
    Je partage donc ton avis : pourquoi nous rajouter des charges, quand il faut consacrer toute notre énergie à rationaliser la lutte contre le proxénétisme (= faire mieux avec les mêmes budgets) et que les Conseils généraux reprennent la maitrise des politiques sociales d'aide aux prostituées, en se montrant dans leurs conventions avec les asso concernées, d'une extrême rigueur sur la qualité du suivi de ces femmes, car les subventions qu'ils versent alimentent trop souvent un tonneau des danaïdes de mauvaise gestion du sujet.

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    1. Oui. Cette loi sans débat est délirante, du genre "vous allez voir, on va vous imposer le bien", le tout par 20% de la gauche (donc 10% de la population) !

      Alors qu'il y a tant à faire...

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    2. Je vais dire un truc horrible mais si Leonarda revient se prostituer, elle pourrait rester après la loi? Voilà le truc quand même terrible de cette loi, qui est peu cohérent, vraiment.

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  7. Bon billet. Je m'associe à ton coup de gueule.
    Et te souhaite un bon weekend...

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  8. Mais arrêtez donc de vous occuper de ces conneries, bordel ! Il y aura toujours des putes et des clients pour les putes, ça doit remonter au néolithique (au moins) ! Euterpe pourra toujours dire ce qu'elle veut, la prostitution existera toujours, pour la simple raison qu'il y aura toujours des hommes et des femmes, et que la sexualité est avant tout un rapport de force.

    Les putes sont des femmes qui ont retourné le rapport de force en leur faveur ; les Euterpes sont des femmes qui pensent que ce même rapport leur sera toujours défavorable et qui, donc, haïssent les vainqueurs (pardon : il n'y a pas de féminin à vainqueur…), à savoir les putes, ces femmes qui sont capables d'écraser les hommes (contrairement à elles).

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    1. Mais je me fous des putes. C'est la gauche qui me gonfle.

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  9. Le sujet n'est pas le sexe ou la pudibonderie mais simplement les fondements d'une société, la dignité humaine et par la même occasion l' accentuation de la lutte contre les réseaux mafieux. Enfin, moi j'ai compris ça et comme homme de gauche, je ne peux qu'adhérer. Merci pour vos billets....et bonne bière ; )

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    1. La lutte contre les réseaux ? Demande à ceux qui doivent le faire ce qu'ils pensent de cette loi !

      Et ne parle pas de fondement quand on parle de cul.

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  10. Je suis d'accord avec ce que vous dites, cela dit, il me semble très difficile de lutter "contre le coût des études, logement compris, et la précarité des jeunes" et quand bien même, cela ne règlerait pas les problèmes engendrés par les "80% des prostituées", problèmes de violence, de vulnérabilisation des personnes, de proxénétisme abusif, et de réseaux mafieux.

    Moi j'aimerais que la politique en matière de prostitution, soit un peu la même que celle qui existe en matière de chasse. Je m'explique:

    - Il y aurait un permis, pour pouvoir se prostituer, avec un formulaire à remplir, un peu d'argent à verser (pour financer ce dispositif), et un petit entretient à passer pour avoir ce permis. Ceci dans le but de s'assurer que l'individu voulant exercer cette activité est capable de lire, écrire et parler en français, et qu'il est majeur.

    - Il y aurait une dépénalisation du racolage passif pour les personnes titulaires de ce permis.

    - Il y aurait une pénalisation des clients ET des personnes prostituées si cette-dernière ne possède pas le permis. Ce serait donc aussi au client de s'assurer que la prostituée a bien le permis.

    - Il y aurait, chaque année, des périodes des plusieurs mois pendant lesquelles il serait impossible de se prostituer, même avec ce permis, et là encore, le client ET la prostituée seraient sanctionnés par une amende. Ceci dans le but d'éviter de voir la prostitution et ses réseaux s'installer durablement et continuellement à certains endroits, (Il y a des périodes d'autorisation de la chasse, il y aurait désormais des périodes d'autorisation de la prostitution), c'est pour mieux controler et réguler.

    Cette idée est moins absurde que de pénaliser uniquement le client ou uniquement la prostituée, d'une manière injuste et incohérente. Et ceci permettrait de lutter + efficacement contre les réseaux esclavagistes qui utilisent des personnes vulnérables, et laisserait tout de même un espace de liberté pour les clients et les prostitué(e)s occasionnel(le)s. (N'oublions pas que la prostitution peut parfois créer du lien social, vouloir la supprimer complètement ne me semble pas être de gauche)

    En plus, cela aurait l'avantage de ne pas modifier certaines lois qui existent déjà en matière de prostitution, à savoir celles sur le racolage actif (i.e. quand quelqu'un accoste ostensiblement les passants, cela resterait interdit car causant du trouble à l'ordre publique), ou celles sur le proxénétisme actif (i.e. embaucher, entrainer ou détourner une personne en vue de la prostitution ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle se prostitue ou continue à le faire) ou encore celle sur la prostitution de mineurs. Je pense que le meilleur moyen de lutter contre les reseaux mafieux et les dérives violentes est d'agir pour légaliser une prostitution discrète, non encouragée, qui sera toujours, de toutes façons, marginale, mais mieux controlée.

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    1. @ morphine : Il faudrait surtout une période d'interdiction de poster des commentaires tant qu'on n'a pas fini de cuver son beaujolais nouveau.

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    2. J'abonde dans ce que dit Élie @morphine tu planes trop et pourquoi pas un pass putigo ? Un peu comme le navigo hein ?
      T'est larguée chérie .dors un peu avant de commenter.

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    3. Morphine, tu nous fais chier. Je ne publie pas tes commentaires trop longs. Ouvre un blog et laisse nous vivre.

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    4. Arrêté des messages. Il n'y a pas de droit de réponse. Tu tiens un discours ridicule qui m'emmerde. Vas chier.

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  11. je reprendrais bien une petite insulte supplémentaire. Allez, s'il vous plait, je suis sûre que vous pouvez faire mieux. Un petit "tagueule dégage peut-être ?"

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  12. Si je puis me permettre de ne pas critiquer, très bon billet, merci pour cette synthèse. :)

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    1. Mince, il y a méprise, j'étais sincère. D'habitude je commente pour râler contre les âneries antilibérales, alors les rares fois où on est d'accord, je laisse un compliment pour marquer le coup.

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    2. Mais je plaisantais. Mon smiley n'est pas assez gros ?

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