17 décembre 2013

Le beau nez rouge de la régionalisation

« C'est la nouvelle rigolote du jour, Christian Troadec, le maire DVG de Carhaix dans le Finistère et figure emblématique des Bonnets rouges, serait tenté par une candidature à la présidentielle de 2017 en toute modestie. » nous dit ElCamino.

Christian Troadec dit : « Il faut une grande réforme institutionnelle et administrative en France, on voit que ça ne fonctionne plus, c'est un système qui tourne à vide aujourd'hui, avec un État qui n'a plus un sous. » Il pense que les régions ou départements ont plus de pognon ? Rappelons-lui qu’une réforme territoriale est en cours préparant une nouvelle vague de décentralisation.

Il regrette que cette région soit abordée « dans les régions concernées, mais pas au niveau de Paris. » Rappelons-lui que Paris est aussi une région de France et que c’est l’organisation de Paris qui ralentit la réforme.

« En ce qui concerne la régionalisation, qui est sans doute le vrai atout pour l'avenir de l'Hexagone, il y a sans doute une opportunité extraordinaire que de pouvoir en parler sur le fond. » Non ! Les gens s’en foutent… J’en ai fait assez de billets de blog pour constater leurs bides…

Les réformes territoriales sont souvent au cœur du projet des présidents. Nicolas Sarkozy en avait fait une. Elle s’est terminée par un fiasco et un retour arrière. Au cours du quinquennat précédent, Jacques Chirac avait aussi lancé sa vague de décentralisation mais qui n’était qu’un report des charges vers les collectivités territoriales.

François Hollande avait lancé la sienne, sous la responsabilité de Marylise Lebranchu. J’étais très enthousiaste bien que le texte soit extrêmement compliqué. Il a été détricoté à plusieurs occasions et mon optimisme a fondu comme neige quand on pisse dessus.

Christian Troadec se trompe : une candidature régionaliste à une élection nationale n’a aucun sens. Le projet du candidat doit être relatif à la France mais peut, comme pour François Hollande (et Ségolène Royal avant lui), avoir un volet relatif à la régionalisation ou la décentralisation. Mais, électoralement, ça ne vaut pas grand-chose.

Il se trompe aussi, à mon avis, parce que la régionalisation n’est pas un vrai atout pour l’avenir de l’hexagone. A part quelques régions comme la Corse, la Bretagne, l’Alsace qui ont une histoire différente et une localisation géographique bien définie, elles n’ont pas grand sens. Je pense que la décentralisation doit s’organiser autour de « pôles métropolitains » ou de « pôles de métropoles ».

Les électeurs ont des visions différentes du rôle des collectivités territoriales selon où ils vivent. Par exemple, les Franciliens – dont moi – vont penser que la région a surtout un rôle dans les transports alors que les Bretons – dont moi – seront plus intéressés par le développement économique, l’agriculture, l’environnement,… Je caricature un peu, hein !

Par ailleurs, je le vois dans les commentaires faits à mes billets, les gens ont des idées différentes de ce que doit être l’organisation territoriale du pays. On en voit qui ne jure que par la suppression des départements et des communes, d’autres par la suppression des régions et des communautés de communes. Je suppose que la plupart ne savent pas, d’ailleurs, le rôle et l’organisation de chacun.

Pour ma part, je crois qu’il faut une organisation adaptée à chaque sujet et à chaque territoire. C’est ce que je pensais de ce que voulait faire Marylise Lebranchu, au départ, mais les parlementaires et les élus locaux n’ont pas la même vision. Elle est obligée de faire une réforme bordélique pour faire bouger les choses… J’ai arrêté de suivre.

Toujours est-il que la France n’a pas besoin d’une candidature régionaliste.

Comme le dit El Camino à propos de Christian Troadec : « Après le détournement du  mouvement des bonnets rouges original, il relance la tradition du clown triste au beau nez rouge, personnage de cirque, loufoque et grotesque. »

17 commentaires:

  1. À mon avis, ce type ne méritait même pas un billet de blog…

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    1. Ce n'est pas un billet mais un test. Pour voir le nombre de lecteurs. Tiens ! Je vais faire un billet pour m'expliquer (sur macomete).

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    2. Une petite baffe 2.0, ça défoule toujours un peu.

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    3. De mon avis ? Méfiez-vous : ça commence comme ça et on finit avec des posters de Goebbels dans sa piaule !

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    1. Non non. J'ai une grosse différence de fréquentation billet par billet, ce qui a toujours été le cas, mais ce n'est pas sur la même logique qu'avant.

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  3. On est très fiers de notre région, ici, à Rhône-Alpes, chacune a sa spécificité et le Grand Est existe de la Provence au Jura, en passant par les contreforts de l'Auvergne. On aime nos voisins, même PACA, mais toutes les régions ne sont pas pareilles!

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    1. Parce que votre région est relativement bien délimitée.

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  4. Le festival des Vieilles Charrues est largement financé par l'effort national, subventions conséquentes des différentes associations et groupes intervenants, intermittents du spectacles payés en bonne partie par les partenaires sociaux à l'échelle de la France (car sans leurs assurances chômages VIP ils ne risqueraient pas d'aller travailler sur ce festival aux prix actuellement pratiqués). Si Christian Troadec était cohérent, ne devrait-il pas auto-financer complètement l'événement ?

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