10 décembre 2013

Vacuité et vanité du blogueur ?

Quand je vois que l'ami Guy Birenbaum blogue depuis moins longtemps que moi, ça m'amuse toujours... vu que je le considère un peu comme le père de notre blogosphère, celle des années 2006-2011 où le blogage était plus qu’un lieu d’échange entre potes. Je me faisais mon billet, j’allais lire ceux des copains, je commentais, ils commentaient… Avec les élections pour ce qui concerne les blogs politiques, la primaire socialiste,… et avec Twitter, il y a eu un tournant. Guy, qui n’est pas un blogueur politique, tire un bon constat à propos de cette évolution et je vais le reformuler à ma sauce, très brièvement.

L'audience de chaque blog stagne. Le nombre de commentaires est largement en baisse et on n'y trouve plus l'ambiance de copinage d'avant. Regardez les blogs de gauche. Chez Sarkofrance et moi, les commentateurs sont relativement nombreux. J’en ai une quinzaine ou une vingtaine par billet, en moyenne (sachant que la moitié est de moi). Chez les confrères ou dans mes autres blogs, le nombre est beaucoup moins important. Sur les blogs militants de droite, les commentaires se multiplient mais sont pour beaucoup sur le thème « ah quel beau billet comme tu as raison », comme chez moi quand j’étais blogueur dans l’opposition.

Ce qui a changé ?

Chacun aura son interprétation. Le phénomène Twitter a bien sûr joué un rôle voire plusieurs :
1. Les commentaires se sont déportés dans ce machin en 140 caractères tuant la conversation,
2. Les blogueurs s'y font mettre en pâture par des trous du cul en recherche d'influence. Désolé d’être grossier mais se prendre une salve dans Twitter par un type incapable d’argumenter est lassant.
3. Le temps que le blogueur dégaine son billet, toutes les conneries possibles sur un sujet ont déjà été dites mais sans la moindre analyse, la moindre pédagogie.

Ce matin, je lisais des Twittos annoncer la visite de François Hollande en Centrafrique à l'occasion de son retour d'Afrique du Sud. Il faut dire que l'Elysée a pondu un communiqué largement repris par la presse. Quel intérêt de le tweeter ?

Comment voulez-vous qu'un blogueur en tire la moindre connerie à raconter sur son blog ? En plus, le temps que je fasse un billet, l’information suivante aura fait le tour du web : la mort de deux de nos soldats. Comment ironiser sur la visite du président ?

Il y a trois ans, j'aurais rebondi sur cette information pour rappeler ce qu'on faisait là-bas et tout ça. Le Twittos qui annonce la nouvelle participe à la mort des blogs (ce n'est pas une critique, seulement un constat : au fond, qu'est-ce qu'on en a à foutre d'un billet de blog ?).

J'ai vu un tweet d'Europe 1 annonçant cette visite. Pire ! J'ai reçu une alerte du Figaro. Dans la presse, ils sont à la ramasse. Hé ho ! Les rédacteurs en chef ! Le Président est en voyage et pour rentrer, il doit passer au dessus d'un pays où l'on vient de déployer nos forces armées et où deux soldats sont morts hier soir. Il s'arrête donc. S'il ne s'était pas arrêté, qu'est-ce qu'on aurait entendu !

C'est une des autres raisons du changement d'ambiance dans les blogs : l'information en continu. La presse est larguée ! Elle veut être la première à sortir l'information qui n'en est pas une. Pire ! L’information tient maintenant en quelques mots : « Le président de la République se rend ce soir en Centrafrique où deux où deux soldats français ont été tués. » 108 caractères ! Il en reste 32 pour broder.

La presse... Pendant un temps, elle ne savait pas trop quoi faire des blogueurs. Du coup, elle a commencé à ouvrir des espaces où tous les couillons pouvaient écrire. À la recherche de l'audience, nous, les blogueurs, avons été les premiers à nous engouffrer dans la brèche. Pensez donc ! Mon deuxième billet repris dans Le Post : plus de 5000 lecteurs ! La gloire. J'ai vite arrêté, ça ne m'intéressait pas. Je voulais mon espace à moi, mon blog, avec un design que j’aurais mis en place, une liste de liens vers les billets des copains, des commentaires personnalisés… Une relation de blogueur à visiteur. Rien à voir avec les sites de presse.

Le Post, Le Plus,… sont des espaces où les gens ont pu s’exprimer. A la limite, c’est très bien. Mais quel intérêt. Ces andouilles pensent connaître des heures de gloire pendant que, pour ma part, je tiens une sorte de bistro où je reçois les copains, où je balance mon avis et où on papote.

Ainsi, les « blogueurs d’actualité » ont été tenté par publier ailleurs. Mes billets sont repris par une application pour smartphone et tablette, News Republic. J’ai accepté parce qu’il me paraissait utile d’aider la boite qui tient ça et de participer à la diffusion de la bonne parole des blogueurs de gauche.

Cette diversification a amené de nouveaux genres de commentateurs, on va les appeler des trolls, qui n’ont jamais pris en compte la dimension humaine des blogs et qui viennent publier n’importe quoi, se sentant important ! Croyant parler à la terre entière alors qu’on n’est pas plus de quatre ou cinq à lire les commentaires. Ils m’ont obligé à activer la modération. Je ne publie plus que les commentaires sympathiques. J’avais des imbéciles qui venaient pondre des propagandes libérales ou autres, ici. Je ne suis pas opposé à la discussion mais ils faisaient de mon blog leur propre tribune.

Ainsi, avec l’essor du net, les blogs d’actualité ne furent plus commentés que par d’autres blogueurs mais par un public divers, ne sachant pas ce qu’il fout là et profitant d’un espace mis à sa disposition pu commencer à vomir tout ce qu’il avait sur l’estomac.

Heureusement, c’est presque Twitter et Facebook qui ont permis d’alléger les blogs de toute cette partie sans intérêt. Je citais les impacts de Twitter sur le tournant de cette blogosphère mais j’en ai omis un, volontairement : comme ils ont perdu du temps sur des sites divers pour faire leur promotion, les blogueurs se sont pris au jeu dans Twitter. Le premier aspect est très bien décrit par Seb Musset dans son dernier billet. Plus on passe de temps dans Twitter ou « LéRézoSocio », moins on en passe dans son blog et dans ceux des copains. On perd du temps en jouant à celui qui fait la meilleure plaisanterie. J’y joue aussi (mais jamais pendant les heures de blogage). Le deuxième aspect est qu’on a perdu énormément de temps à tenter de faire la promotion de nos blogs dans Twitter. C’est une erreur. Ca me fait rigoler d’observer les autres parce que ça fait plus d’un an que j’ai arrêté. Mes billets sont tweetés une fois par @jegoun et c’est tout… En un mois, ce blog a eu 28137 visites (c’est plus que la moyenne). 855 viennent de Twitter, 270 de Facebook. Soit moins de 4% du total. D’un autre côté, Google+ m’a envoyé 73 lecteurs…

Les blogrolls des copains, 7200. C’est ça que j’aime dans les blogs.

Twitter et Facebook n’apportent pas de visites au blog sauf les blogs imbéciles dont parle Guy. Ses meilleurs billets, ceux qu’il a fait pour déconner mais pas ceux où il y a mis ses tripes, où il a bossé…

D'autres médias ont tenté de collaborer avec les blogueurs. C'est ainsi que j'ai fait deux billets pour l'Express dont un qui a été repris en une de Google News ! La gloire... Ensuite, j'ai bossé pour Le Lab d'Europe 1. Mon premier billet sur l’Express a eu comme premier commentaire un type qui disait que l’article était ridicule, pas digne d’un journal comme l’Express. Cette andouille ne savait même pas que c’était un billet de blog, ce truc fait par un lascar qui donne son avis, pas par un journaliste qui tente de décrypter l’information/

Qui tentait. Maintenant, le journaliste se contente de citer trois tweets et je pense que l’andouille en question se réjouit de ces âneries.

Aucun intérêt (pour moi).

Le dernier élément qui a nuit aux blogs... Ce sont tous ces blogs, souvent collectifs, qui ont voulu jouer aux pure players bas de gamme, chiant sur les blogueurs et les journalistes, se positionnant au dessus du lot, plus intelligents que tout le monde. Un blog est avant tout l’espace d’un taulier ou un groupe de tauliers qui y maintiennent une ambiance. Ces types qui ont joué aux pros ont décrédibilisé les blogs en ne se rendant même pas compte qu'ils tournent entre eux, entre militants convaincus par une même cause et qu’ils n’ont pas un niveau de qualité supérieur à celui des autres mais uniquement un niveau de qualité qui leur convient.

J'en tire une conclusion. Les blogueurs ne devraient pas aller dans Twitter ou dans ces nouveaux médias on line. Restons entre gens normaux quoi. On fait notre billet puis on va lire ceux des copains en les commentant pour raconter une connerie ou ne rien dire.

Les blogueurs ont tué leur propre jouet : ils ne commentent plus les blogs des copains. Comment voudraient-ils continuer à avoir de l'ambiance dans leur propre espace ?

Ils ont aussi tué leur propre jouet en voulant se faire croire qu'ils n'étaient pas que de simples blogueurs mais autre chose, des lascars capables de faire mieux que ceux qu'ils appellent les éditocrates. Ils se sont pris au jeu de dire que les autres faisaient n'importe quoi et donc qu'il fallait rétablir la vérité.

Et qu'ils seraient forcément lus. Et que si ça ne fonctionnait pas, c'est parce que les internautes ne les méritaient pas. 

71 commentaires:

  1. Les blogueurs doivent éviter twitter ? et les chroniqueurs blogueurs doivent ils faire de même

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  2. À lire aussi Nicolas le billet de @sebmusset

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  3. Voilà une analyse pleine de profondeur. Prendre du recul sur sa propre pratique puis la mettre en perspective avec celle des autres, ca c'est humble donc intelligent. Ah oui au fait, je suis arrivé sur ce billet par... Twitter, me voilà ravit de faire partie des 4% ! ;-)

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    1. Merci. Ce qu'il y a de dommage c'est que les autres ont les mêmes outils que moi.

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    2. « ca c'est humble donc intelligent »

      Non : on peut être humble et irrémédiablement con ! Ce qui, je m'empresse de le préciser avant qu'il ne me vomisse sa bière dessus, n'est pas du tout le cas de Nicolas.

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    3. Mais je ne suis pas humble.

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  4. Voilà une analyse pleine de profondeur sur l'évolution de notre monde en permanente recomposition numérique. Prendre du recul sur sa propre pratique et la placer en perspective avec celle des autres, voilà une belle preuve d'humilité donc t'intelligence.
    Ah oui au fait, je suis parvenu sur ce billet par... Twitter. Me voici partie de ces 4% de visiteurs Twittos. Quelle gloire ! ;-)

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    1. On sait maintenant pourquoi j'ai beaucoup de commentaires c

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  5. Je veux retrouver le plaisir de partager.
    Au boulot !

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  6. Comment voyez-vous donc la suite des évènements ? Y a-t-il une place pour les articles réfléchis, satiriques, bref, de qualité ?
    Si oui comment les promouvoir ?

    Merci pour votre article.

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    1. Merci.
      Pas de suite. Tant que la presse ne sera pas coulée ...

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  7. Excellent billet, je partage les mêmes réflexions que toi même si je fais partie d'une autre blogosphère que politique...

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    1. C'est la même blogosphère ! Je fais un peu passerelle entre les deux.

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  8. Merci pour votre article.
    Comment voyez-vous alors la suite des évènements pour le blogging ? Y a-t-il un avenir pour les articles de qualité, réfléchis, satiriques qui font plus de 140 caractères ? Si oui, comment les promouvoir ?

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    1. Commentaire en double. C'est bon pour mes chiffres...

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    2. Oui désolé j'ai cru que mon premier commentaire n'avait pas été publié !
      Qu'est-ce que vous voulez dire par "tant que la presse ne sera pas coulée ?"

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    3. Les médias en ligne n'ont pas de modèle économique bien valable à part peut-être ceux qui font un vrai boulot.

      L'information en continu et en 140 caractères les tuera... Vous mon exemple de communiqué par l'Elysee : Hollande va en Centrafrique. Ils font un communiqué et probablement un tweet. L'AFP en fait une dépêche. La presse la reprend et Twitter en parle.

      Ça ne sert strictement à rien. Hollande fait son boulot et toutes l'information de ce soir et demain tournera autour de Mandela (ou sur autre chose s'il s'en est passé).

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    4. Je trouve votre exemple très pertinent: il met bien en avant la difficulté des média traditionnels à apporter l'information en premier aux lecteurs. Ils sont la plupart du temps complètement dépassés par Twitter.

      Que ça serve ou pas, le fait est que des millions de personnes se renseignent maintenant sur LéRézoSocio. Je pense que l'enjeu n'est pas tant de vouloir contrer cette tendance, mais plutôt de trouver un moyen de rendre les articles de qualités visibles sur ces réseaux.

      Je travaille sur un projet qui a pour vocation de valoriser les articles de qualité et leurs auteurs. Je vous serait très reconnaissant si vous pouviez visiter le site sur www.rebble.it et me donner votre avis.

      Un grand merci d'avance !

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    5. Je pense que tu m'as déjà contacté pour ce projet.

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    6. Désolé... Mais votre avis de blogueur expérimenté me serait d'une très grande valeur.

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    7. J'irai voir si j'y pense... Mais envoie moi plutôt un mail. Là, je suis au bistro.

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    8. Haha et j'y vais de ce pas !
      Je ne pense pas avoir votre email, où puis-je le trouver ?

      Encore merci.

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  9. Twitter 140 caractères et Bog sont complémentaires, ils n'ont pas la même fonction, ils ne sont pas en opposition.

    David75

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    1. Non. Mais les blogs ne sont pas lus et Twitter ne sert à rien (au moins avec les blogs on prend plaisir...).

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  10. Je suis fâché contre les hommes politiques et les journalistes de la presse officielle . Néanmoins, j'ai parfois plaisir à lire quelques blogs politiques intéressants des deux bords au moins il n'y a pas trop de langue de bois. Même si les blogueurs politiques restent partisans et pas toujours objectifs.
    Bonne soirée
    LéRézoSocio n’apportent pas de visites aux blogs, mais vont certainement bientôt leur en faire perdre!

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    1. Non ils n'en font pas trop perdre. Mais nous étions habitués à une forte croissance.

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  11. Les choses ont changé ça oui mais je ne sais pas bien à quoi c'est dû. Je commente moins qu'avant c'est vrai c'est plus par impression de dire toujours la même chose, par flemme (désinvestissement) et manque de temps. Peut être que ce manque de temps est lié à Twitter mais je n'ai pas l'impression qu'à cause de twitter les gens commentent moins. Il y en a qui vont dire "bobillet" sur Twitter quand ils n'ont rien d'autre à dire, si ça va plus loin ils commentent. (je crois)

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    1. Il y a un tas de raisons. Par exemple, je commente moins parce que je lus beaucoup à partir de l'iPhone (d'ailleurs, la dernière fous que j'ai commenté chez toi, tu m'as engueulé. À juste raison, je n'ai pas écrit ce que je voulais dire...).

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    2. Je t'ai engueulé ... MOI? Naaan, jamais enfin!

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  12. Merci pour cette (auto-)réflexion pleine de sens. Je m'interroge tout de même sur l'origine du "problème" de l'instantanéité : comme dans le cadre des réflexions qui agitent actuellement les médias face à la diffusion ultra-rapide de l'information, ne faut-il pas peut-être éviter de se limiter à n'accuser que le "medium" mais également remettre en question notre propre manque de qualité ? Je suis optimiste sur l'avenir des blogs, je me permets donc ce surcroît d'humilité : si le nombre de commentaires, de visites, etc... baissent, c'est que ma qualité n'était pas à la hauteur, pas son moyen de diffusion.
    La question se pose évidemment d'autant plus pour un blog d'"actualité" que pour un blog très spécialisé dont les posts sont marqués d'une certaine intemporalité.
    Tu le fais toi-même remarquer sur l'actualité présidentielle africaine, ce qu'il faut ce n'est pas un live-tweet des poignées de mains mais un article de fond, dont la qualité ou l'aspect personnel de l'analyse le rendra intéressant même s'il est publié 24h après l'événement.
    Je suis parfaitement en phase avec cette critique de l'éditocratie, mais je pense également que "LéRézoSocio" permettent à des blogs d'atteindre (si ce n'est capter) leur public (particulièrement dans le cas de "jeunes" blogs, comme le mien par exemple).
    [Je me rends compte que, bien que je le suive depuis plus longtemps que je ne blogue moi-même, je crois que c'est la première fois que je commente ici ! Bref, on est tous responsables... ;-) ]

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    1. Tu fais bien de commenter !

      Pour le reste, on est d'accord. Mais on voit aussi notre prose noyée dans un océan de connerie. Ça décourage aussi.

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    2. Chouette, je re-commenterai à l'occasion, alors !
      Cela dit, je pense que l'océan de connerie nous est rendu plus visible grâce aux médias sociaux, mais il existait sans eux... (mais c'est clair, ça noie plus facilement la prose de qualité)

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    3. Oui. Les réseaux sociaux n'y sont pas pour grand chose.

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  13. Et puis, bloguer... je pense qu'on ne peut pas s'en empêcher. Quand nous apparaît une info insolite, pas encore rabâchée par le tout-info, il est bon de lui apporter sa propre couleur. Je pense même que certaines de ces infos ne soient guère reprises ailleurs, comme certaines dépêches d'agences qui n'agréent guère aux genzenplace, parce qu'elles dérangent plus ou moins.

    C'est aussi notre boulot, à notre place modeste, de soulever des lièvres. D'autant que notre habitude du système nous aide un peu à lire entre les lignes. Alors on cherche, on se documente, on tente des passerelles entre des infos apparemment sans rapport.... presque du travail d'investigation journalistique, là où les journaleux en place prennent moins de peine.

    N'y a-t-il pas un peu de çà, dans ce que nous faisons ? Et bien entendu, sans nous prendre pour Albert Londres !

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    1. Ce n'est pas un boulot ! Mais tu as raison, on aime ça.

      Mais ça me fait chier, ça nous fait chier, que le tout soit noyé dans la masse.

      Quand je vois un de tes billets, qu'il m'intéresse ou pas (ne soyons pas hypocrites), je suis "content" de voir ce que tu as voulu me refiler comme lecture. C'est bien la personne qui m'intéresse.

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  14. Un truc que je trouve hallucinant c'est le nombre d'article de presse basé sur des tweets, 140 caractères pour commenter un événement, un article pour balancer les tweets explosifs sur l’événement. Twitter est à la mode et comme tout ce qui est à la mode ça devient agaçant.

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    1. Oui. Mais le public va raidissement se lasser. Et la presse va perdre. Je vais être méchant mais je crois que cela va se résoudre en six mois.

      Je vais raconter une anecdote. Pendant des mois, je prenais le quotidien gratuit 20minutes tous les matins. Un jour, très récent, je me suis rendu compte que j'avais lu leurs articles sur le net avant de lire le papier. Ça ne veut pas dire que le modèle est mort : les français usagers des transports en Collin n'ont pas tous, comme moi, le temps d'éplucher l'actualité sur iPad avant de me lever (ou en chiant).

      Mais le public va de rendre compte du décalage. Écouter France Info pendant cinq minutes suffit à avoir le même niveau d'information que tous.

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    2. Rapidement, pas raisissement. Imbécile de smartphone.

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    3. J'écoute France Info tout les matins, en à peine 3/4 d'heure avec toutes les rubriques auto/geek/société/économie je connais toute l'actu de la journée.

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    4. Je n'écoute plus la radio sauf en voiture (mais je conduits peu). J'en avais fait un billet (il y a très longtemps).

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    5. Et que Didier Goux ne me fasse pas chier sur la conjugaison de conduire.

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    6. Faut se méfier. Aussi bien il est abonné aux commentaires.

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    7. Il ne va pas ressortir du lit pour ça je pense.

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    8. Non mais il pourrait troller demain.

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  15. Malgré les années qui commencent à s'accumuler sur mes frêles épaules, je suis un jeunot du web.
    Longtemps les livres m'ont intéressés plus que la vie numérique qui me semblait un peu obscure, réservée à une "élite". Puis il y a eut Twitter et curieusement c'est à travers ce machin que j'ai découvert les blogs, un des premiers que j'ai lu proposait un rébus (je sais que tu sauras), puis il y a eut le carnet de notes, les "partageons" aussi et les autres, tout les autres, à peu près 400 maintenant. Juste passé un peu pour voir ce qui se tramait dans tout ça, je suis finalement resté.
    Je reprends une de tes phrases "... pour ma part, je tiens une sorte de bistro où je reçois les copains, où je balance mon avis et où on papote." C'est cet esprit là qui m'a plu.
    On donne son avis, on critique parfois (souvent) l'autre camp (que je n'aime pas ce terme...), on pousse une gueulante, on cherche à faire des billets avec un peu de fond, de recherches et on appuie sur le bouton publier et on repart faire la tournée des camarades.
    Tout le contraire de ce qui se fait sur Twitter où il est de bon ton d'être le premier à dégainer l'info ultime, le scoop intersidéral, tout ceci au détriment du fond, tout ceci comme des machines qui doivent atteindre un rendement maxi pour être rentabilisées.
    140 signes ? J'en use, en abuse parfois. Un moyen rapide de mettre le bout du nez dans ce qui se passe dans le monde. Bon ok, il faut faire le tri dans cette masse informe, dans ce flux continu. Et retourner vers le papier toujours, vers la radio parfois. Et chez les copains de blogs aussi.
    Au final, je ne sais même plus pourquoi je suis venu commenter ici. Ah si, tu écris : "Les blogueurs ont tué leur propre jouet", oui peut-être, tu es sans doute plus à même que moi de juger ce phénomène d'érosion du lectorat, mais je pense tout de même que ces espaces ont encore de beaux jours devant eux. Tout au moins je le souhaite.


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    1. Quand tu as un beau commentaire comme ça, fais en billet !

      C'est étrange ! J'ai l'impression de t'avoir depuis toujours dans les meubles.

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    2. Mouais, j'aurais dû, j'aurais pu. Un copiage/collage chez le petit bonhomme ?
      Et puis non, ces quelques lignes y perdraient de leur sincérité.

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    3. Ben non ! Fonce. Et dis la vérité. Que tu as fait ce commentaire chez moi et que ça mérite un billet.

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  16. Billet très intéressant pour ceux qui, comme moi, néo-blogueur, écrivent leur billet comme ils le sentent, parfois politique et parfois non, sans se poser de questions; je pense qu'on n'écrit jamais que pour soi, et pour satisfaire son besoin d'écrire.

    Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi des gens comme vous ou Sarkofrance passent leur temps à dénoncer les méfaits de twitter et son absence totale d'intérêt (je vous crois sur parole) ...et y sont quand même, au lieu d'y fermer leur compte et de ne plus le lire.

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    1. Cherchez pas à comprendre et à donner des leçons. Je n'ai pas d'activité politique dans Twitter, ce que je fus dans ce billet. Si je ferme mon compte, ça n'empêchera pas des connards de baver sur mon dos... Et aller contre le sens de l'histoire ne m'intéresse pas.

      Enfin, vous pourrez me donner des levons de blog âge quand vous aurez une Blogroll chez vous.

      Désolé de vous titiller depuis quelques jours, mais vous n'êtes pas un blogueur mais un chroniqueur.

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    2. Je me suis méfié de twitter depuis le début, et encore plus de FB : les réseaux sociaux sont particulièrement propices au relais de conneries et saloperies de toute sorte.

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    3. Oups ! Désolé. Je ne veux pas avoir l'impression de t'envoyer chier. La voiture est dangereuse mais je n'arrête pas de la prendre.

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    4. Je ne vous donne aucune leçon, je vous pose une question; et si je n'ai pas de blogroll, c'est parce que marianne.net, qui m'a construit mon blog, ne m'en a pas installé un.

      Non, un chroniqueur (je l'ai été) doit soumettre ses articles à un rédacteur en chef, et Philippe Cohen me les refusait souvent, pour des tas de raisons différentes (ne serait-ce que parce qu'il estimait que marianne avait déjà consacré assez d'articles à un sujet, par exemple); sur mon blog, j'écris ce que je veux, quand je veux (et j'ai aussi la maîtrise des commentaires, mais, ça, je trouve que c'est accessoire).

      Un blog ne se définit pas par le fait qu'on n'y parle que de politique ou de soi; considérez-vous que le blog de Didier Goux, qui parle de politique, de littérature, de ses chiens, etc., n'en est pas un?

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    5. Un blog se définit par le fait qu'on y fait ce qu'on veut. Vous n'avez donc pas de blog. Je vous ai proposé de vous aider à passer ailleurs. Vous avez refusé. Tant pis.

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    6. J'écris ce que je veux et quand je veux sur mon blog -ce qui n'était pas le cas avant; ce n'est pas parce qu'il est hébergé par marianne.net que ce n'est pas un blog; beaucoup l'ont été, puis ont cessé de l'être (Bilger, SuperNo, etc.), d'autres ne l'étaient pas et le sont devenus (Sapir); les deux ont toujours été des blogs.
      Enfin, n'insistons pas.

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    7. Je voulais simplement souligner que le caractère éruptif de FB ou twitter permettait en effet rarement d'étudier le fond des choses. Cela ne m'empêche pas de les fréquenter, mais sans illusions.

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    8. Les messages de croisent et que j'ai voulu répondre à Élie mais j'ai employé le tutoiement comme si je m'adressais à toi, je suppose. Je ne devrais pas commenter après minuit...

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  17. Dans le fond, c'est quoi bloguer? Il y a, il me semble, dans ce que tu écris Nicolas, cette proximité avec le courant épistolaire tel qu'on pouvait l'envisager aux 17ème et 18ème siècle, où l'on savait que ce que l'on écrivait à untel serait lu à d'autres, dans des salons, et donnerait l'occasion de parler, débattre, au-delà de la simple transmission de nouvelles. Et cela créait aussi des antagonismes: il n'y a qu'à penser à Voltaire et Fréron: "L’autre jour au fond d’un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron. Savez-vous ce qui arriva ? – Ce fut le serpent qui creva" (Voltaire, ce troll du 18ème).

    Les blogues, ce sont les versions modernes de ces échanges, nous n'avons rien inventé. Peut-on tuer un jouet qui remonte à si longtemps? J'en doute. Sommes-nous trop feignasses pour continuer à jouer? c'est plus certain. Moi-même je commente peu, même si je lis beaucoup. Souvent parce que je n'ai rien de pertinent à ajouter, et que, par nature, je préfère ne pas caqueter pour ne rien dire.

    Pour ma part, je ne sais pas si on peut me définir comme blogueuse. Oui, j'ai un support, mais qu'est-ce que je transmets? Si l'on poursuivait l'analogie avec le 18ème, je me situerais peut-être plus du côté des encyclopédistes (attention les chevilles). Je peine à me définir en tant que telle en tout cas. Je fais un truc différent.

    Twitter, Facebook, je ne sais pas quoi en penser. Twitter convient super bien à mon côté déficit de l'attention / éponge à information. J'ai l'impression de ne pas me laisser bouffer, mais en même temps, je ne suis pas beaucoup de personnes. Question de choix. La course au scoop, je la laisse à d'autres; C'est un outil, faisons-en ce que nous voulons.

    Bon bref, moi, mon idéalisme et mes nichons déplugons des internets pour ce soir.

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    1. Non, on ne peut pas se comparer aux andouilles des siècles passés : non ne sommes pas littéraires....

      Quant à Twitter et Facebook, c'est très bien pour déconner mais ça devrait rester là.

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  18. « Le président de la République se rend ce soir en Centrafrique où deux où deux soldats français ont été tués. » 108 caractères ! Il en reste 32 pour broder.

    Je suis sûre qu'en lisant de plus près on peut même broder plus. Non?

    Sinon: beau billet ouais.

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  19. Il nous reste à nous démarquer en proposant autre chose sur nos blogs que la machinerie kleenex de Twitter (vite consommé, vite jeté). Du fond. De la réflexion. De l'illusion.
    Et à ne pas oublier la politesse, c'est à dire laisser un petit coucou chez les gens chez qui on regarde, le nez collé à la fenêtre.

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