22 janvier 2014

Fin du cumul des mandats : et pourtant...

C'est présenté comme un jour historique par certains, comme un jour noir, par d'autres. La fin de la possibilité de cumuler les mandats a définitivement été votée aujourd'hui. L'UMP a annoncé qu'elle abrogerait cette loi. Elle ne pourra pas. Elle ne pourrait pas l'expliquer aux électeurs. 

Et pourtant... Dieu sait s'ils s'en foutent. Je me suis rarement exprimé dans ce blog à ce sujet. J'étais pour parce que c'était un des engagements et que c'était attendu par les militants de gauche, ceux qui font que vive la démocratie. À ce titre, on peut remercier Martine Aubry. On lui doit quand même beaucoup, à la dame... Elle a fait gagner le PS au plan national alors que François Hollande avait échoué. C'est le genre de paradoxe que j'aime bien. 

Et pourtant... Je ne suis pas spécialement partisan de cette mesure, notamment pour les sénateurs. Il ne me semble pas illogique d'avoir une assemblée d'élus élus par les élus. Vous imaginez une entreprise dont le conseil de direction ne serait pas composé de ses directeurs ?

Je parle beaucoup de réforme territoriale mais peut-on imaginer que les élus locaux pourraient ne pas prendre part au vote d'un tel texte ? Pourtant (beaucoup de pourtant et de paradoxes dans ce billet), peut-on imaginer (beaucoup d'imaginer, aussi) la réforme territoriale, avec un renforcement du pouvoir des élus locaux, si ces derniers sont occupés par des fonctions nationales. 

Pourtant (encore...), je les ai haïs ces cumulard. Prenez Jean-François Copé : maire de Meaux, député, patron de parti, avocat,... Comment voulez-vous qu'il puisse faire les jobs ? Je le cite lui, Harlem Désir ayant peu le loisir de cumuler, il faudrait qu'il soit élu plus souvent... Mais on pourrait trouver autant à gauche. 

Pourtant (aie !), prétendre que les gens ne peuvent pas cumuler des jobs est admettre que ces mandats sont des jobs. Ce n'est pas le cas. Ce sont des mandats. 

Alors on va dire que la démocratie sortira renforcée et bon nombre de platitudes. Et pourtant (oui), il restera un goût amer d'un système qui n'arrive pas à se réguler tout seul, de la nécessité de faire une loi parce que la démocratie est bancale. 

Une bonne chose de faire. Et pourtant...

14 commentaires:

  1. Il était temps. Voila une excellente loi à mettre au crédit de François Hollande. Ils pourront enfin se consacrer à leur travail à 100 %.

    David75

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    1. Sauf que ce n'est pas un travail.

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    2. D'accord, à chaque fois qu'un élu dira je vais travailler il faudra le reprendre pour qu'il dise je vais exercer le mandat pour lequel j'ai été élu.

      David75

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    3. ce n'était pas un travail, avant qu'une partie des élus ne professionnalise à outrance la fonction

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    4. C'est aussi qu'ils en font de plus en plus.

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  2. C'est en effet un vrai progrès. Personnellement je suis pour la suppression du Sénat ou du moins celui qui existe aujourd'hui. Il perd de son intérêt démocratique et politique même en terme de représentation. Ses divers exploits comme leur vote ou veto pour Dassault ou la complicité droite, front de gauche pour voter contre les projets gouvernementaux, sans parler du budget etc ...militent pour ou plutôt contre

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    1. Le problème n'est pas le sénat mais les sénateurs. On a un ramassis d'abrutis... Le pouvoir doit avoir des contre pouvoirs.

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  3. Il aurait suffit de mettre en place l'obligation d'être présent à toutes les activités du mandat et de refuser les délégations abusives. A mon avis cela aurait réglé la question.
    Ex militant de base du PS

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    1. C'est complètement con et populiste. Ça ne veut rien dure.

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  4. Cela fait pas mal de temps que je réfléchis à ce problème. J'ai été contre le cumul, puis avec les années, je me suis aperçu que le cumul d'un mandat de maire avec un mandat national n'est pas une mauvaise chose. Bien sûr, tous les députés ne sont pas du calibre d'Aymeri de Montesquiou, mais quand même, être attaché à un terroir, à une population offre un avantage certain, celui de pouvoir tempérer le rouleau compresseur d'un pouvoir centralisé qui méconnaît les particularités locales. Il eût mieux valu légiférer sur l'obligation, pour les fonctionnaires qui se présentent à une élection nationale, de présenter leur démission. Comme cela se fait dans un certain nombre de pays. On se plaint de la quasi-impossibilité de réformer l'administration, alors qu'un groupe de pression important qui représente plus de 50% des députés, siège. On aurait pu réduire le traitement de ceux qui cumulent en réduisant drastiquement leurs indemnités de maire.

    Ce texte va essentiellement avoir pour effet de transformer les députés en petits soldats obéissants de leurs partis qui y gagneront ce que les Français auront perdu. Est-ce que cela va contribuer, comme certains l'espèrent, au rajeunissement des cadres ? On peut en douter. Ceci dit, quand je vois le niveau de certains jeunes députés, je ne trouve pas que cela milite vraiment en ce sens.

    Une idée dans l'air du temps, même si elle est a priori portée par un certain nombre de personnes, n'est en rien gage de pertinence et d'intelligence. C'est même souvent le contraire, comme toutes les fausses bonnes idées.

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    1. Oui, c'est dans l'air du temps.

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    2. L'ancrage local, c'est bien mais combien de votes sont plutôt strictement liés à l'appartenance au parti.

      Que pensez-vous d'une proposition d'une assemblée de proposition élue (mandat) et d'une assemblée de vote tirée au sort (travail) ?

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    3. Très communiste... On va rétablir les commissaires du peuple ?

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