23 janvier 2014

Satanés chiffres de la sécurité

Quand j’étais blogueur d’opposition, j’aimais bien la sortie des bilans annuels au sujet de la délinquance par le ministère de l’intérieur pour taper sur la droite, d’autant que je considère ces chiffres comme totalement bidons… Si vous ne portez pas plainte pour un cambriolage, il ne rentre pas dans les chiffres.

Il y a ainsi toujours des polémiques entre la droite et à la gauche, chaque parti accusant l’autre d’incompétences...


Tout d’abord, il y a une forte augmentation pour tout ce qui concerne « les trafics de drogue » ce qui montre un bon travail de la police et une forte présence sur le terrain, dans les coins où il y a des trafics.

Dans les zones de sécurité prioritaire, les violences urbaines ont largement diminué et les autres chiffres sont globalement bons.

Les vols à main armée ont beaucoup baissé aussi.

Par contre, les cambriolages ont beaucoup augmenté en début d’année ce qui a poussé le ministère de l’intérieur à mettre en œuvre un plan dédié à partir de septembre 2013, plan qui semble donner une entière satisfaction.

La droite ?

Les réactions des ténors de la droite, Marine Le Pen, François Fillon et Brice Hortefeux apparaissent ainsi totalement délirante par rapport aux données réelles : la plupart des indicateurs sont bons. Ils s’offrent ainsi une campagne de communication à moindre coût, ce qui ne mange pas de pain.

Que dit le ministre ?

Que ça va mieux. On n(en attendait pas moins de lui, évidemment. Les actions portent leurs fruits,…

« Les choix budgétaires du précédent Gouvernement ont affaibli le service public de sécurité, qui doit accomplir ses missions avec beaucoup moins qu’en 2008 : 13 700 postes de policiers et de gendarmes ont été supprimés et les budgets de fonctionnement et d’investissement avaient été réduits de 18 %. Il n’y a pas de miracle : ces suppressions d’emploi ont eu un impact sur la présence sur la voie publique et sur la capacité d’investigation judiciaire. » dit Manuel Valls.

Ce à quoi François Fillon répond : « Sa tentative de faire porter une partie de ce bilan à ses prédécesseurs ne trompera personne : le 'coup de l'héritage' est éculé. », ce qui est la moindre des choses. Les types de droite diront « Fillon a raison » les autres diront « Valls a raison. » Il n’empêche que François Fillon serait bien aimable d’expliquer comment il a pu améliorer la sécurité en baissant les effectifs.

Manuel Valls ajoute : « A l’inverse, dans ses arbitrages, ce Gouvernement-ci a érigé la sécurité au rang des priorités budgétaires. Les départs en retraites sont remplacés et des postes seront recréés pendant toute la durée de la législature. En 2014, pour la première fois depuis 2008, et malgré l’impératif de maîtrise des dépenses publiques pour la compétitivité du pays, les crédits de fonctionnement seront en hausse. »

Trêve de plaisanterie et de renvoi de balle.

C’est bien une partie de son discours qui m’intéresse. Vous pouvez la lire ici, à partir du sous titre « Fiabiliser les statistiques de la délinquance ». Manuel Valls commence par présenter toutes les raisons qui font que les statistiques ne sont pas fiables. Par exemple et surtout au hasard : un chef de commissariat a intérêt à dissuader les gens de porter plante pour avoir de bon chiffre, ce qui est mieux pour sa carrière. Il présente en plus ce qui est fait progressivement (pré plainte, nouveaux logiciels, contrôles des statistiques par des inspecteurs de l’INSEE).

« Dans son rapport, publié en juin, les inspections estiment qu’il faudra attendre 2016, voire 2017, pour disposer d’une nouvelle base propre à faire des comparaisons d’une année sur l’autre ... C’est le prix à payer pour corriger les errements du passé. »

Là, il a raison. Je veux bien remettre l’origine aux calendres grecques (c’est un jeu de mot que j’ai volé à Didier Goux chez Jacques Ambroise mais il faut aussi considérer les infractions routières) pour ne pas sombrer dans un débat droite – gauche. Tiens ! On va dire que c’est de la faute au Front Populaire, pour changer. Il n’empêche que ce blog ayant sept ans, je suppose que c’est la sixième année que je commente es chiffres de la sécurité en disant qu’ils ne sont pas fiables.

A part ça, le nombre d’homicide est historique faible : 682 !

Ca s’arrose, non ?

15 commentaires:

  1. Bah... Rien n'est délirant. Tous font de la politique...

    Enfin bon pendant que certains jouent à la politique à deux balles en se renvoyant la baballe, la réalité de la délinquance est dure à vivre.
    J'ai eu en ce début d'année encore des connaissances cambriolées. Je ne sais pas pour qui elles ont voté la dernière fois. Et on s'en fout.

    Enfin bon. Pendant ce temps on joue à la politique.

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    1. Ce n'est pas un jeu. Je ne connais rien à l'organisation de la police et ne peux as donner mon avis sur le fond. Il empêche qu'il y a un scrutin et la droite attaque la gauche sur la sécurité. La routine.

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  2. La sécurité, c'est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins" C'est ce que j'aimais dire quand j'étais dans l'opposition, pour taper sur Sarko qui venait (chaque fois) à la télé nous dire que "tout va bien, l'insécurité recule!" ... Tiens, y a Manuel Valls sur France 2..

    Pareil.
    ;-)

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  3. Je ne sais pas si les média l'ont fait aussi bien que toi mais en effet dans toute cette com, le plus important est la création pour la première fois d'un service statistique en lien avec l'Insee et donc complètement indépendant comme la loi l'oblige. Clanche ancien directeur de la démographie et princalement responsable national du recensement est particulièrement bien place pour créer ce service. L'ONDRP se sert
    Par ailleurs de l'enquête CVS plus couramment connue sous dle nom de victimation pour rédiger son rapport. Depuis de nombreuses années l'Insee est en charge de cette enquête qui a la particularité de mesurer ce fameux sentiment d'insécurité. Cette enquête est très complète de par un protocole très pro. Elle doit pouvoir mesurer le taux de victimation qui ne font pas l'objet de plainte. Donc la réalité de l'insécurité. Seulement en 2013, les résultats de la collecte n'ont pas été très bons. Conséquence de problèmes RH' mais chut. Cette année les résultats seront bien meilleurs et dans deux ou trois ans les stats en lien avec la réalité du terrain auront de la gueule. C'est ça aussi être de gauche, la recherche de l'excellence dans la connaissance de la société.

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  4. Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous affirmez que les chiffres sont bidons. L'ONDRP a toujours présenté les chiffres de la délinquance comme étant ceux des faits constatés par la police et la gendarmerie. D'ailleurs, en marge de ces bilans mensuels et annuels, il réalise tous les deux ans une enquête de victimation qui permet d'avoir une idée réelle de l'activité délinquante, ce fameux chiffre noir. En gros il faut pour être réaliste envisager que le véritable chiffre des faits de délinquance et de criminalité représente le triple de ce qui est présenté annuellement. Mais faute de dépôt de plainte, ces actes restent dans les limbes de la statistique.
    En fait, le caractère bidon vient de ce que la presse et les ministres successifs présentent cela de manière particulièrement hypocrite, laissant entendre, sans jamais l'affirmer formellement, que ce sont là les vrais chiffres. L'écart entre réalité et faits constatés est du à un certain nombre de facteurs :
    - peur des représailles
    - pas envie d'avoir à raconter ce qu'on a vécu
    - pas envie de perdre du temps pour rien
    - Incitation à la main courante plutôt qu'à la plainte
    Etc.
    Sinon, la sécurité n'est pas un sujet de droite ou de gauche, enfin ne devrait pas être pour être plus précis. J'ai cru que Manu Militari pourrait se montrer meilleur, mais je commence à croire qu'il ne fait que se couler dans les pompes de ses prédécesseurs, d'un en particulier, avec bien sûr un petit habillage cosmétique. Car il faut bien montrer qu'on est différent.
    Pour le reste, avant de lancer de vigoureux cocoricos, il vaut mieux attendre plutôt que de se féliciter des chiffres qui semblent indiquer une bonne tendance. C'est toujours trompeur. Comme la vie, le truand arrive toujours à faire son chemin. Il lui suffit juste d'un peu de temps pour s'adapter aux nouvelles conditions. On met des caméras, il contourne, s'adapte, mais n'abandonne pas l'activité délinquante. On met plus de flics sur le terrain, il va dealer, cambrioler autrement.

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    1. N'ayant que l'iPhone, je fais court (comme souvent mais votre commentaire mériterait plus).

      Les chiffres sont forcément bidon et vous le dites vous mêmes : les truands évoluent. Je me rappelle d'une période où il y avait de plus en plus de fraude par paiement sur internet. Il est évident qu'avant l'arrivée d'Internet il n'y avait pas de fraude.

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    2. Mais non, ils ne sont pas bidons, ils présentent juste tout ce qui a été porté à la connaissance des forces de l'ordre, soit par le biais des dépôts de plainte, et ce que le jargon techno appelle les IRAS (infractions révélées par l'action des services), c'est à dire les flags et les enquêtes.

      Pour ce qui est de l'évolution, c'est autre chose, c'est ni plus ni moins que le processus d'adaptation à une nouvelle donne. Le car-jacking n'a pas eu d'influence réelle sur le nombre de vols de voitures, tout au moins au début, après avec l'amplification de la crise le nombre absolu a mécaniquement augmenté. Il est apparu parce que les mesures de sécurisation des véhicules, développées par les constructeurs, demandent plus de technicité, ce qui n'est pas à la portée du voleur de caisse lambda. Le spécialiste du vol de voitures de luxe lui n'a pas ce problème, il est à la pointe de la technologie.

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    3. On est d'accord. À part sur la définition du mot "bidon".

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  5. Ah ce correcteur automatique il nous joue souvent des tours ... Calendes grecques !!

    Autre chose, je connaissais l'expression mais sans plus et je vois dans le dico la définition exacte :
    Remettre à une époque qui n'arrivera pas . Donc quand tu dis :
    " Je veux bien remettre l’origine aux calendres grecques "
    .... est incorrecte car l'origine à forcement un début un commencement . ;-)))
    vincent
    vincent

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  6. De la difficulté d'avoir des chiffres fiables (c'est un commissaire de police qui m'a expliqué ça):

    Chaque fois qu'on ouvre un nouveau commissariat quelque part, on assiste à ...une hausse des chiffres de la petite délinquance: quelqu'un qui se prend un coup de poing dans la gueule se précipite pour porter plainte; alors que, s'il n'y a pas de commissariat à proximité, il est souvent obligé de remettre son dépôt de plainte au lendemain, et, en général, l'émotion passée et après une nuit de réflexion, il se dit "À quoi bon?"

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