28 février 2014

En territoire ennemi

Il m'attendait sur le bureau dans ma chambre d'enfant, où je faisais mes devoirs quand j'étais petit, où j'ai passé des heures à réviser pour mon bac, il y aura trente ans en juin. C'est le livre de Didier Goux, la compilation de billets de son blog qu'il a faite pour la plus grande joie du public. Je ne sais pas pourquoi, je me l'étais fait livrer chez ma mère. Il me tardait de le lire ou, du moins, de l'entamer, de me taper une trentaine ou une quarantaine de pages pour avoir un avis.

Je l'ai donc lu pendant la sieste : si le bouquin avait été très chiant, il m'aurait endormi.

Ca a marché ! J'ai bien dormi. Les deux ou trois premiers chapitres (en moyenne deux pages par chapitre) sont ennuyeux à mourir pour le lecteur comme qui moi qui lis son blog tous les jours depuis six ou sept ans avec beaucoup de plaisir sauf quand il raconte trop de réaconneries. J'avais une impression désagréable qu'on me forçait à le lire. Ca me faisait exactement le même truc avec son journal (qu'il tient dans un autre blog).

Pensez donc ! Un lecteur de blog comme : j'ouvre mon lecteur de flux et je tombe sur une lecture très variée, des billets politiques, des billets geeks, des billets plus personnels,... Avec le journal, vous vous retrouvez avec deux heures de lecture. Avec le bouquin, ce sont 420 pages qu'il va vous falloir ingurgiter. Ca vous interrompt la lecture des blogs, la pause faite pendant les heures de travail !

Pour le journal, j'ai compris il y a quelques mois. Je le lis hors de mon temps de blogage, par exemple dans les transports en commun.n

Au réveil, j'ai repris ma lecture du bouquin. Le déclic s'est produit. J'étais sorti du monde des blogs. Ce n'était plus un blog que je lisais mais réellement un livre, par ailleurs fort agréable à lire, traitant un tas de sujets variés n'ayant rien à voir, un recueil de pensées, de fulgurances,...

Ce qu'il y a d'étrange, c'est qu'en tant que blogueur, on arrive à se mettre à la place de l'écrivain. On connaît la genèse d'un billet de blog, la pensée, la lecture,... qui génère ce billet. Le détail que l'on constate en prenant un café avec des collègues ou en écoutant la radio en voiture... Tiens ! Je vais vous dire comment j'ai eu l'idée de ce billet. Je suis en week-end chez ma mère où est en vacances ma sœur avec sa fille, qui, par le plus grand des hasards se trouve également être ma nièce. Cette dernière a squatté la chambre pendant la semaine pour y jouer et fouiller dans mes bandes dessinées. Il y a donc un vague foutoir, rien de bien grave. Mais quand je me suis levé, après la lecture, ça m'a fait rigoler d'avoir lu un bouquin du vieux en étant entouré de bandes dessinées éparses. Hop ! Un billet... 

On imagine l'écrivain derrière son clavier à chercher des idées. Il n'en est rien. Comme moi, Didier a une idée, il colle dans son blog et repart vaquer à ses occupations. Ce n'est pas un travail. Pendant plus de six ans, le gros a fait ses billets à son rythme.

Le seul travail est de détecter les meilleurs pour les sélectionner pour « En territoire ennemi ». Et c'est drôlement bien fait.

Foncez l'acheter. Chez Amazon pour faire chier votre libraire.

19 commentaires:

  1. Que voici une excellente, pondérée et subtile critique d'un excellent livre!
    M. Jégou serait-il notre nouveau Sainte-Beuve ?

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  2. Aujourd'hui, je fais Roux...

    Demain je ferai Combaluzier...

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  3. M. Desgranges (qui s'y connaît) a raison : sous vos dehors épais de gros frisé à cravate à chier, vous êtes bizarrement capable de lire des livres exceptionnels. Et à en parler même bourré. En fait, vous venez d'entrer dans la légende : dans deux ou trois siècles, les historiens de la littérature noteront que Nicolas Jegou fut un des premiers à avoir compris qui était Didier Goux. Vous notez le vertige ?

    Sinon, laissez le livre à votre mère, dont je sens, intuitivement, qu'elle est à même de le lire…

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    1. Elle sait lire, en effet. Elle lit même un blog réac...

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  4. Bon, sinon, merci de ce billet, mais on en reparlera en vrai…

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    1. J'espère bien ! Ou on parlera d'autre chose.

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  5. J'aime bien votre dernière phrase : elle va vous faire passer pour un enculé de droite !

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  6. Chez Amazon ? Ah ça non ! Jamais !
    Quoique, rien que pour ennuyer mon andouille de dealer qui n'avait pas encore ce livre samedi dernier (en attente de livraison selon ses dires....), je dérogerai bien à ma règle.

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    1. Bah ! Déroge. Un livre de cette qualité ça doit être en stock avant qu'il ne soit écrit.

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    1. Une vieille plaisanterie entre Didier et moi ! On fait comment quand on habite à Loudéac (10000 habitants) pour acheter un livre ?

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    2. Jamais eu de librairie, à Loudéac ? (Vrai qu'une maison de la presse suffit pour acheter l'Auto-Journal)

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    3. Depuis l'iuverture de l'espace culturel à Leclerc, non.

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    4. Un bouquiniste sur une place, aussi, c'est très bien, et souvent encore moins cher que chez Amazon. Et parfois tu trouves des bons bouquins. Peut-être même qu'on y trouve même des rééditions super-luxe de Didier Goux à 1 euros 50.

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  8. Est ce que ta maman a trouvé quel meuble caler avec ?

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    1. Trois gros. Il servira de tabouret.

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