08 février 2014

Le 1880 parle à la République

Mon cher François, mon cher Jean-Marc,

Moi, vous me connaissez ! Si, je vous assure.  Jean-Marc, vous m'avez serré la main une fois. C'était à La Rochelle en 2012. J'étais dans le machin avec les journalistes, vous passiez devant, j'ai tendu la main, vous l'avez prise en me regardant, vous aviez l'air de penser : "mais c'est quoi, ce connard de journaliste qui ne connaît pas les usages". 

François, on se connait mieux. En 1996, lors de la manif pour les sans-papier de Saint-Bernard, vous manifestiez, moi aussi. Mais il faisait chaud, je suis allé boire une bière. En sortant du bistro, vous m'avez bousculé. Ne vous ayant pas reconnu, je vous ai traité de connard.   Nos relations commençaient parfaitement. 

Depuis, on s'est serré quatre fois la main. La dernière fois, c'est quand vous avez reçu les blogueurs à l'Elysée. Les trois fois précédentes, c'était ce jour où vous avez reçu les blogueurs à l'Assemblée pendant la campagne des primaires. Vous nous avez serré la main en arrivant. À la fin, je suis sorti et j'ai attendu les copains dehors. Vous êtes arrivé et vous m'avez dit au revoir. Vous avez fait une dizaine de mètres puis vous avez fait demi tour et êtes revenu vers moi (et deux copains). Vous nous avez serré la main une troisième fois en nous remerciant longuement de vous avoir écouté. La scène était délirante. Le futur président de la République - nous en étions sûrs - nous remerciait alors que c'était évidemment à nous de le faire. 

Bref... Je suis en ce moment chez ma mère à Loudéac en week-end. Plus précisément, je suis au bistro. J'y suis reçu un peu comme le messie. Pensez donc ! Le blogueur Parisien qui était interviewé samedi dernier par Ouest-France ! Je me la pète un peu, aussi, mais on ne va pas casser un mythe potentiel, non plus. Cela étant, je picolais déjà dans ce bistro quand les clients n'étaient pas encore né. Avant la naissance du patron, aussi bien !

J'étais donc au comptoir quand ce dernier, le patron, pas le comptoir, andouilles !, est venu s'asseoir à côté de moi pour boire un coup et discuter le bout de gras. 

C'est un gars acquis à la cause. Un type de gauche, quoi ! Pas un militant, un simple type de gauche. 

Et il me dit : alors, ton blog, il marche toujours ? Tu arrives toujours à soutenir ? Ça ne doit pas être tous les jours facile. 
Moi : bah !
Lui : faut qu'ils arrêtent de ménager la chèvre et le chou. Faut qu'ils tranchent. Ils ne peuvent pas ménager tout le monde. Il faut qu'ils tranchent. Les Français ont besoin d'un chef. 
Moi : ouais. 

Il y a eu une cassure, cette semaine. Cette histoire de volte-face sur la loi famille. C'est peut-être la plus grave erreur de communication depuis le début du mandat. 

Vous êtes en train de perdre le dernier cercle. Le premier cercle. 

Faites gaffe. 

Je vais donner deux conseils. 

François, prenez du recul. Le patron du bistro m'a dit aussi : à quoi il joue ? À Mitterrand ? Il veut faire monter le FN avant les municipales ?
Moi : ça évitera la déroute. 
Lui : ouais. Mais peut-on jouer avec ça ?
Moi : oui. Si on peut torpiller l'UMP. 

Vous avez vu ? Je reste dans le cercle. Sans ambiguïté. 

Jean-Marc, faites-vous inviter par le JT, lundi soir. Dites franchement qu'il n'a jamais été question de la GPA et que c'est un scandale de faire l'amalgame avec la PMA. La GPA ne reviendra pas sur le tapis avant des années : il s'agit de l'exploitation du corps de la femme dont personne ne veut en France. Dites que la PMA  ne sera pas dans la loi. Dites qu'il y a eu un cafouillage dans la communication.  Dites que la loi sur la famille sera présentée en 2014 et que le gouvernement s'opposera à la PMA si les députés présentent des amendements. Dites aussi que les députés feront ce qu'ils veulent. Dites que c'est la démocratie : le Parlement décide. 

Demain est un autre jour. Ou pas, d'ailleurs, à cette heure on est déjà demain. 

Le 1880 Café ferme. 

19 commentaires:

  1. c'est un sage , ton patron de bistrot

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  2. Et voilà, ça recommence, chaque fois c'est pareil, dès qu'il a un gros chagrin, il va pleurer dans les jupes de sa mère! Nicolas, tu reviens, et tu lui fiche la paix à Maman, ok? ;-)

    Bobiyé, T'as raison, j'ai depuis un certains temps, le désagréable sentiment de faire partie du " Cercle des poètes disparus", un vide palpable, un désert qui s'étend à chaque indécision, une grande soif....

    Tiens, je vais faire pareil, un billet (smiley tout ça..)

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  3. C'est clair, Hollande devrait aller au bistrot plus souvent. Ayrault aussi d'ailleurs

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  4. T'étais dans Ouest-France ? C'était où ça donc comment, j'ai rien vu passé ?
    (Pour être sérieux, contrairement à ce que tu dis, faut certainement pas jouer avec le FN, et plutôt que la droite puisse arriver à se reconstruire, sinon le FN va la remplacer (c'est ce qu'elle commence à faire, tout en surveillant à sa droite à elle, tous les fous furieux qui se réveillent).

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    1. C'était en page "Loudéac". Aucun intérêt.

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  5. " Il y a eu une cassure, cette semaine. Cette histoire de volte-face sur la loi famille. C'est peut-être la plus grave erreur de communication depuis le début du mandat. "
    Ce n'est pas faux , mais quand les articles contenus dans la Loi Famille seront votés un à un, par une majorité de députés; je ne pense pas que l'on aura pour cet épisode dommageable dans l'immédiat le même regard .
    vincent

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  6. Réponses
    1. Tiens ! Je croyais t'avoir cité.

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    2. C'etait dans un precedent billet mais c'est pas grave hein ? Et non je ne sous-entends pas que tu radotes :)

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    3. J'ai raconté le truc au moins 10 fois.

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  7. J'ai failli louper ce super billet.

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