22 avril 2014

La vanité dans l'actualité

Mon confrère Sarkofrance s’en prend au verbiage en politique. A peu près en même temps, la consœur RosaElle évoque la vanité du discours politique. Ils ont raison. C’est ce que j’appelle parfois le manque de fond. Cela étant, n’est-ce pas l’essence des blogs politiques ?

Tiens ! Mon dernier billet. Je prends des propos de Laurent Fabius à propos du travail le dimanche et je pousse ma gueulante, sans approfondir, sans même rappeler l’histoire récente, ces conflits avec les grandes surfaces, ce décret de 15 mois, jugé illégal…

Sarkofrance nous dit : « Il faut se forcer à lire plus loin, plus en détail. Se remettre à l’ouvrage. Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi. Oublier les émissions d’information. » C’est aussi la réflexion que je me faisais en me forçant à regarder le direct de la libération des otages. A aucun moment, un journaliste n’a rappelé pourquoi ils étaient otages, ce qui se passe en Syrie, l’origine du conflit, les soutiens de chacun,…

Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi ? Je le fais mais la plupart sont incompréhensibles pour les non juristes. Pour faire court, un texte de loi est là pour modifier un Code, comme le Code civil, le Code du travail… Pour comprendre une loi, il faut donc se référer au code correspondant…

C’est le boulot de la presse, de faire ça, de nous expliquer le tout. Pourtant, c’est plus vendeur, pour la presse de titrer sur un raccourci de Laurent Fabius que de nous expliquer, tout simplement, pourquoi Laurent Fabius veut ajuster la loi Maillé. Tiens ! Allez la lire pour comprendre ce que je voulais dire au paragraphe précédent.

Rosa, elle, s’en prend à la vanité de la parole politique. Elle a raison. Je ne l’aurais pas exprimé ainsi, mais le personnel politique n’est plus crédible. Tiens ! Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères vient nous parler d’ouverture des commerces le dimanche. On croit rêver.

C’est même pire. David revient sur l’affaire Morelle et du cirage des pompes au château. « Le gouvernement demande 50 milliards d'euros d'économie supplémentaire. Et en même temps nos élites semblent ignorer le souci quotidien de leurs compatriotes. Pire, les images d'un cireur de chaussures de collaborateurs vient rappeler qu'une certaine aristocratie existe toujours. » Comment pouvait-il, Aquilino, ne pas se rendre compte des problèmes d’image que ça pouvait donner ? Comment peut-on s’imaginer que la parole du politique puisse rester crédible ?

Juan a raison, il faut qu’on travaille nous-mêmes les dossiers, ce que je fais à l’occasion. Mais nous ne sommes que des blogueurs. Mes billets d’humeur sont bien plus lus que tous les billets vaguement sérieux que je peux faire.

La vanité a deux significations : l’orgueil et la futilité.

Lequel s’applique aux blogs ?

25 commentaires:

  1. Les politiques sont polyglottes, en plus du français souvent très mal parlé, ils utilisent le salmigondis qui là, n'est compréhensible que par eux

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  2. Rappeler pourquoi les otages étaient otages ? Mais c'est inutile, tout le monde le sait fort bien : parce qu'ils représentaient de gros sacs de dollars sur pattes. C'est du bizness, tout ça. Comme la piraterie l'a été de tout temps.

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    1. D'autre part, la vanité et l'orgueil ne sont nullement synonymes. En poussant un tout petit peu le paradoxe, on pourrait même avancer que la vanité est un manque d'orgueil.

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  3. Je crois que l'orgueil et la futilité s'appliquent aux blogs. Mais plutôt que l'orgueil, je parlerais d'égo.
    Car si on blogue, c'est parce qu'on a des trucs à dire et qu'on imagine être intéressant (égo) mais quand on fait des billets d'humeur sans fond, on est futile.
    Sinon, comme toi, mes billets d'humeur sont bien plus lus que les autres...

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    1. Pas d'accord à propos de l'égo. J'aime écrire. Point barre. Je ne le fais par parce que j'ai quelque chose à dire. Et quand je fais un billet fouillé, c'est parce que j'ai cette façon de travailler.

      Figure toi que quand tu vas tirer du pognon avec ta carte à puce, c'est parce que les notes que j'avais prises pour comprendre le fonctionnement des puces sont devenues la norme française. Ainsi, dans la vraie vie j'écris beaucoup.

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    2. Je ne dis pas le contraire. Moi aussi j'écris beaucoup dans la vraie vie. Et j'aime le faire, donc j'ai ouvert un blog. Mais je reste convaincue qu'il y a une part d'égo dans le fait d'écrire publiquement. Bref, je ne sais pas si je suis très claire.

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    3. Je suis d'accord avec Élodie, à propos de l'ego.

      Je cesse de la suivre lorsqu'elle établit une différence entre billets d'humeur et billets "avec fond". En réalité, il me semble que, souvent, les billets dits d'humeur ont plus de "fond" que ceux qui ont la prétention de réfléchir. La preuve en est que les cons de la blogo (et je ne citerai aucun nom…) ne font jamais de billets d'humeur, mais toujours des tartines qu'ils pensent très sérieuses.

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    4. C'est pas faux... finalement.

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  4. Plutôt qu' orgueil, je dirais ego excessif ou suffisance, et la futilité ou la puérilité, ce n'est pas mal non plus.

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    1. Je viens de répondre au sujet de l'ego. On écrit parce qu'on aime ça. En six ou sept ans de blogage j'ai compris que mes billets ne faisaient exceptionnellement un chiffre significatif de lecteurs.

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  5. Je comprends pas que l'on puisse reprocher au blogueur un soi-disant ego trop fort...

    Dès fois c'est le commentateur qui se noie sous le sien propre.

    Il ferait mieux de dire merci à celui qui lui donne la possibilité de se prendre au sérieux.

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  6. Vous pouvez citer des noms, Didier.

    Je réponds de manière globale à tout le monde et reviendrai vers vous ensuite (c’est compliqué, je n’ai pas accès à mon blog, je ne peux commenter qu’avec l’iPhone, pour les tartines, je prends Word et je m’envoie la tartine par mail).

    Parler d’égo des blogueurs est une vieille histoire. Certains ont effectivement un égo démesuré, c’était le cas de ceux qui me critiquaient quand j’étais number one du machin : ouh la la il ne sait pas écrire le classement est nul (sous entendu : je devrais être le numéro un car c’est moi celui qui écris le mieux mais je suis au dessus de tout ça moi je me désintéresse de la question et de ces concours de bites).

    Pour le reste, on blogue tous parce qu’on aime ça et qu’on s’est fait des potes.



    Vanité ou orgueil ? Le Larousse estime lui-même que la vanité est le sentiment d’orgueil.



    Pour ce qui concerne les billets d’humeur, Didier, je crois que vous faite fausse route. Tous les blogueurs politiques font majoritairement des billets d’humeur. C’est peut-être sur la définition de « billet de fond » qu’on n’est pas d’accord. Pour les tartines sérieuses, on l’est. Mon dernier billet « de fond » est à propos de l’Europe et d’un machin appelé ecall. Depuis, j’ai fait 14 billets, dont un d’annonce de KdB et un « très d’humeur » dimanche après-midi. C’est bien moi qui qualifie mon billet « de fond », chacun pourra juger (chacun ses critères, en l’occurrence c’est un sujet dont je me fous totalement mais il ne me semble pas inutile de rétablir une certaine vérité). Il a eu 238 lecteurs, ce qui est dérisoire (mon billet d’annonce du KdB en a fait 366).

    Je crois que ce qui qualifie « de fond » un billet n’est pas « ceux qui ont la prétention de réfléchir. » pour moi (et pour Elooooody) mais ceux qui apportent du contenu, une recherche documentaire, ceux qui nécessitent une compétence ou des connaissances particulières (comme moi avec ecall, je connais un peu les nouvelles technologies et un peu le fonctionnement de l’Europe, je fais la jonction entre les deux). Quand je fais un billet sur la réforme territoriale, il reste « d’humeur » tant que je ne fais que proposer des trucs mais devient « de fond » quand j’analyse un texte de loi ou les compétences des départements pour les réattribuer aux régions. Ce n’est pas « la prétention de réfléchir », c’est poser les questions en sortant du « ah oui, les départements, ça serait bien de les supprimer ». Des tonnes de blogueurs peuvent faire des billets mais pas beaucoup iraient sur la page Wikipedia pour savoir à quoi sert un département.

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  7. Tiens ! Très juste formule !

    Suis-je le seul à revendiquer ma futilité ?

    Vanité, orgueil chez les blogueurs ? Bof, de quoi peut-on se prévaloir ?

    Jamais cités nulle part, une audience ridicule... Je cherche vainement les raisons de se la péter !
    Et rien à faire, je ne trouve pas l'ombre d'un prétexte pour ressentir la moindre fierté ou vanité !
    Je dois être snob...
    :-D

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    1. Mais bien sûr. Quand j'étais premier du Wikio, ça me faisait rigoler. Tout le monde parlait de mon orgueil alors que j'avais à peine la fierté qu'on peut avoir en gagnant à la pétanque contre des types saouls.

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  8. HA HA HA ! Le blogueur et l'ego. Le billet de fond et le billet d'humeur. Le blogueur qui blogue pour le plaisir.
    Un homme et une femme peuvent-ils être amis sans penser à autchose ?
    La vraie beauté n'est-elle pas intérieure ?
    On est toultemps le con de quelqu'un d'autre, pas vrai ?

    Z'êtes ridicules avec vos billets de fond. Enfin, de croire que ce sont des billets de fond.
    La presse écrite, même celle d'un niveau... disons pas très haut, est à cent coudées au-dessus des billets satisfaits des blogueurs politiques. On s'en rend compte très bien en ne lisant aucun blog pendant deux ou trois semaines, et en se contentant de quelques vrais journaux. En écoutant la radio, pareil.
    Il y a un bruissement des blogs, un bruit de fond de la blogosphère parce que les blogs sont nombreux, comme des cigales. Mais leur chant est aussi monotone.

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    1. Vous picolez plus que Didier et moi réunis, maintenant ? Je n'accorde pas plus d'importance à un billet qu'à un autre. Cela étant, j'ai plus confiance en un pote qui bosse chez Météo France qu'en un type qui bosse pour une multinationale quelconque au sujet du réchauffement climatique.

      Et après vous venez pleurer pour que j'aborde les sujets qui vous préoccupent, comme la laïcité.

      Et je n'ai jamais prétendu que la blogosphère avait la moindre importance sauf quand plusieurs blogueurs abordent le même sujet.

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    2. In vino veritas, d'abord. Mais même pas je picole. Quand plusieurs blogueurs abordent le même sujet, c'est par phénomène d'écho. Tout, presque intégralement tout, ce qu'on peut lire dans les blogs a déjà été écrit dans la presse en ligne, dans laquelle il reste encore des professionnels de l'information, des journalistes. Le blogueur, c'est le type qui parle au bar. Plus ou moins bien, plus ou moins marrant, intéressant, intelligent, plus ou moins talentueux.
      Le degré le plus bas de la blogo-vanité est atteint quand un blogueur s'excuse de n'avoir pas fait de billet du jour.
      Je ne médis pas du blogage. Bien sûr que non. Juste de la prétention, de l'auto satisfation, de l'immodestie flagrante des blogueurs politiques. Et d'autres aussi.
      Et puis, d'ailleurs, moi-même...

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    3. Mais il n'y a pas d'immodestie ! Je connais le nombre de lecteurs pour chaque billet...

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    4. oui, mais je parlais de la vanité des blogueurs qui commentent l'actualité et se nomment "blogueurs politiques" ou "leftblogueurs". Pas du frisé de la Comète en particulier. Vous faites bien de rappeler la vanité des concours Wikio et des polémiques stupides que ce classement à la noix nourrissait à l'époque. Il n'y a pas eu beaucoup de blogueurs qui se sont tenus à l'écart de ce cyber hochet. On peut relire les billets de blogueurs "politiques" de ce temps là, pourris de liens débiles, et les justifications "han... c'est pask'on est une bande de potes..."

      Les blogs intéressants ne sont pas des blogs politiques. J'ai juste un petit faible pour le vôtre, dans ce domaine, parce que vous êtes d'une mauvaise foi, d'un bagout et d'un vrai talent de blogueur (ainsi que d'une endurance hors norme) qui vous différencient du commun du lot. Sinon, dans les blogs des autres, je papote par plaisir comme je papoterais dans la rue ou chez moi avec n'importe qui. Ce n'est pas un reproche pour les autres, parce qu'un blogueur n'est pas un professionnel, il ne vend rien, il ne doit rien. Enfin si, c'est un reproche ou une moquerie pour ceux qui se la pètent, les immodestes boursouflés qui se prennent pour les vigiles et les héraults de la blanche civilisation d'une part ou les fers de lance du valeureux combat contre les forces nauséabondes du dragon FN d'autre part.
      Et en plus, j'aime bien papoter.
      Regardez donc du haut de votre blogo-expérience ce qui s'est passé quand on a essayé de réunir le meilleur des billets de blogs pour extraire de la masse ce qu'il y avait de beau, de drôle, de bien écrit, de talentueux et j'en passe. Pour mettre en valeur la voix des femmes qu'une presse féminine rabaisse au rang de la bête acheteuse, par exemple aussi. ça a donné Vendredi, dont j'ai acheté le premier numéro comme tout le monde, et le pathétique exemplaire de "la parole aux femmes engagées". Quel niveau ! Ils ont réécrit les articles à leur façon, tellement c'était inexploitable tel quel. Puis au bout de trois ou quatre numéros, ça a capoté. Pas de matière.

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    5. Suzanne, je vais vous répondre avec l'iPhone, donc de manière décousue en plusieurs fois.

      On s'appelle blogueurs politiques. Comment voudriez vous qu'on s'appelle ? Blogueurs traitant de sujets d'actualité à majorité politique ?

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    6. Vous n'avez rien compris au Wikio. Oui on était une bande de potes et on se faisait des liens pour ça. Wikio a modifié son algorithme pour que ces liens récurrents soient pénalisés. On s'est néanmoins maintenu pendant deux ans jusqu'à ce que Wikio change son algorithme. C'est d'ailleurs au changement suivant qu'on s'est barrés : le classement ne représentait plus les blogs individuels. On s'est maintenu parce que de plus en plus de blogs nous mettaient en lien.

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    7. Pour ce qui concerne Vendredi, ça n'avait en effet aucun intérêt. On ne fait pas un magazine avec des billets d'humeur destiné à un petit lectorat et un billet de blog sans commentaire n'a aucun intérêt.

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    8. Enfin, comme vous dites, bloguer n'est pas être journalistes. Être blogueur c'est dire ce qu'on a envie de dire. Être journaliste c'est dire ce que les lecteurs veulent savoir. J'avais été interviewé par la journaliste de Loudéac pour Ouest France. L'article reprenait peu de mes propos qui n'intéressaient d'ailleurs pas les lecteurs. Elle a fait son job : un papier sur un blogueur monté à la capitale et qui a su se faire connaître. Moi, je voulais qu'elle parle des blogs.

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