17 mai 2014

Affaire Kerviel : la banque est forcément coupable de s'être fait voler, non ?

L'affaire Kerviel émeut le grand public. Ce garçon qui a failli faire couler une banque et mettre au chômage ses 160000 employés risque fort de se retrouver en prison. Les andouilles de la vraie gauche foncent à sa rescousse tellement il est évident que les banques sont les méchantes !

Tiens ! Un copain m'a fait suivre cet article du Monde sur la sécurité des cartes bancaires. Il est intéressant mais il pose toujours le même problème : il risque d’alerter le grand public sur une faille sécuritaire potentielle. Au moment où je répondais à mon pote, une copine a diffusé un statut Facebook pour dire à ses potes de ne pas utiliser certaines applications Facebook potentiellement dangereuses.

En lui répondant, j’ai eu une idée… Hop ! Un billet…

Vous vous rappelez de l’affaire Humpich ? Un jeune type avait réussi à intercepter le dialogue entre la puce d’une carte bancaire et le terminal de paiement puis à faire de fausses de cartes. Grosse émotion dans le public, surtout auprès d’un public plutôt gauchiste qui aime bien attaquer les grandes banques surtout quand il y a un petit jeune qui s’y oppose.

Avec l’affaire Kerviel, on se retrouve un peu dans le même cas. Mon confrère Captain Haka en parlait hier. Le grand public, notamment dans les même milieux gauchistes, il suffit d’écouter Jean-Luc Mélenchon, prend la défense de se pauvre petit gars victime d’une très grosse banque : La Société Générale. Le grand public, il a bon fond. Il n’empêche que, même si je ne suis pas juriste, on peut dessiner le contour de l’affaire ainsi : le gugusse n’a pas respecté les consignes qu’on lui avait données et aurait engagé une somme de 50 milliards, largement supérieure à ce qu’il est autorisé à faire, ce qui a fait perdre 5 milliards à la banque.

Les défenseurs nous disent : mais c’est bien de la faute à la Société Générale qui n’avait qu’à mettre en place des systèmes de contrôle. C’est bien facile à dire. Imaginons un brave citoyen qui va faire changer ses pneus dans un garage. Le soir, il vient chercher sa voiture puis ses enfants, respectivement au garage et à l’école. Le mécanicien a oublié de revisser les roues. Le type prend l’autoroute de banlieue pour rentrer chez lui. Il perd les roues. Tout le monde meurt dans un affreux accident, c’est abominable. La justice fera son boulot : le garage sera condamné à verser une énorme indemnité au conjoint survivant ce qui lui fera une belle jambe et le mécanicien sera licencié. Son avocat porte l’affaire devant les médias et le public prend sa défense. Pourtant, il est bien fautif. Totalement fautif. Seul fautif. C’est lui qui n’a pas revissé les roues. Il n’a pas respecté les règles, la base du métier !

Le public, dans sa folie, montera en épingle parce qu’un politicien populiste aura dit : le garage n’avait qu’à mettre un contrôleur… Personne n’aura réagi au coût du contrôle en question et à sa répercussion sur le prix du changement des pneus. Pour un peu, le tout fera jurisprudence et les systèmes de contrôles se multiplieront partout.

Sauf au sein de l’Etat qui n’a plus les moyens de payer des contrôleurs, des vrais, qui pourraient, en l’occurrence, s’assurer que les garages mettent en œuvre les bonnes procédures… C’est le libéralisme…

Revenons-en à Kerviel. Il a fait une très grosse connerie. Du moins, très probablement. D’ailleurs la justice l’a condamné. A gauche, on aime bien la justice sauf quand elle donne raison aux gros contre les petits. Ce type a fait une très grosse connerie. La Société Générale a failli déposer le bilan. La conséquence est qu’on aurait eu 160000 types au chômage… 160000 types qui auraient ému le grand public qui aurait continué à taper sur la méchante banque, organisme perdue dans le méchant monde de la finance.

Le plus drôle est que comme Kerviel n’a finalement été condamné à rembourser les cinq milliards, il pourra vendre son livre et il sera le seul à gagner de l’argent avec cette affaire. Contrairement aux salariés de la Société Générale qui ont vu leurs primes d’intéressement figée à cause des cinq milliards perdus.

Revenons-en à Humpich, cette fois. Ce brave garçon a, encore une fois très probablement, fait des trucs interdits. Les banques l’ont attaqué et tout ça. Le public s’en était ému et l’Assemblée Nationale avait monté une commission parlementaire qui a pondu un joli rapport. La conclusion était que, dans la mesure où l’on peut faire des fausses cartes, le code confidentiel que l’on saisit pour valider un achat ou une autorisation de retrait n’est plus valable. Il faut que le client signe sa facturette. La loi n’est jamais passée mais je vous laisse imaginer les conséquences.

Sur les distributeurs de billets, il aurait été impossible de faire une signature. Le code confidentiel serait donc resté, de même que sur les automates de paiement, genre parking. Par contre, dans les commerces de proximité ou les grands magasins, les « caissières » auraient été obligé de vous demander de signer, de vérifier votre signature,… Le magasin aurait été obligé de gérer ses petits papiers, de les transmettre à la banque. Cette dernière aurait du mettre en place une procédure pour les stocker, les archiver,… Le coût aurait été prodigieux et il en aurait été fini du paiement électronique. Néanmoins, il n’aurait pas été possible d’interdire le paiement sur internet d’autant que les acteurs sont majoritairement étrangers.

Le tout pour rien. Si votre carte est utilisée illégalement par un fraudeur, les frais sont à la charge de la banque, pas du grand public. Paradoxalement, il n’est pas concerné par la sécurité des moyens de paiement qu’il utilise. Les milieux gauchistes aiment bien mettre les banques sous contrôle alors qu’il s’agit de leur propre pognon. La fraude a un coût. Ce sont elles qui investissent des moyens considérables pour y faire face.

Revenons-en à cet article du Monde. C’est le Monde, l’article est très sérieux. Mais imaginez qu’il soit repris par la presse populaire ou les geeks. Ils nous expliqueraient encore que la carte bancaire a des failles. La lecture de l’article m’a plongé quinze ans en arrière puisque mon job avait été directement concerné par Humpich. J’imagine ce que l’on aurait pu lire dans la presse.

C’est un truc qui m’avait marqué lors de cette affaire Humpich. Toute la presse tombait sur les banques à bras raccourci en oubliant un léger détail : les cartes à puce étaient le moyen de paiement le plus sécurisé pour le grand public et les commerçants, loin devant les chèques et les espèces.

Revenons-en à ma copine qui dit à ses copains de ne pas utiliser certaines applications dans Facebook parce qu’elles sont dangereuses pour la sécurité des ordinateurs des utilisateurs. S’il y a un réel problème de sécurité, Facebook sera rapidement au courant et prendra les mesures qui s’imposent, sinon sa crédibilité sera en jeu et donc, finalement, ses finances.

L’émotion du grand public ne changera rien. Pire ! On lui fait croire qu’il peut être acteur de la sécurité en diffusant ce genre de bêtises alors que la conséquence possible est la fermeture de ce valeureux réseau social. Certes, il n’y a pas péril en la demeure !

Sauf qu’à force de démontrer qu’on ne peut pas se fier dans les experts, toute la crédibilité du système s’effondre.

Revenons-en à l’affaire Kerviel sur la base de cette dépêche (j’ai cherché « Kerviel Mélenchon » dans Google News pour avoir l’article le plus récent).

« «Nous réclamons que toute la lumière soit faite : Kerviel est innocent», a affirmé Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. De son côté, le sénateur communiste Eric Bocquet a écrit ce jeudi à François Hollande pour lui dire qu’il lui paraît «injustifié» que l’ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel soit incarcéré avant que «toutes ces questions» n’aient «trouvé une réponse». » « Selon M. Mélenchon, le fait que la Cour de cassation ait annulé la condamnation de M. Kerviel à verser des dommages et intérêts est «la preuve que les accusations de la Société Générale contre Jérôme Kerviel ne tenaient pas». «La Société générale doit cesser de se défausser sur son ancien trader et assumer enfin sa responsabilité dans les pertes liées aux subprimes», a-t-il estimé. »

Depuis quand M. Mélenchon est-il juriste ? La Société Générale a assumé sa responsabilité : elle a perdu 5 milliards. La Cour de cassation a annulé la condamnation à verser des dommages et intérêts parce que ce pauvre garçon n’aurait jamais pu payer. Sa vie aurait été un enfer. Sa centime qu’il aurait gagné jusqu’à sa mort aurait été saisi par la justice ou presque. Il n’empêche que la Cour de cassation n’a pas annulé les autres peines, dont la prison.

Jean-Luc Mélenchon est quasiment un menteur sur ce coup : Jérôme Kerviel n’est pas innocent. Il a failli faire couler une très grosse entreprise et foutre au chômage 160000 personnes.

Ses propos, tout comme ceux de Monsieur Boquet, sont du pur populisme. La justice a tranché. Un élu de gauche devrait mettre la justice avant tout.

Tiens ! Le rapport parlementaire sur les cartes bancaires avait été pondu Jean-Pierre Brard, député apparenté communiste.


Dans leur soif de mettre en accusation les banques, ces braves gens deviennent dangereux…

Tiens ! Si ta nièce, ton fils, ton conjoint, la fille de ta concierge,... bossait à la Société Générale, tu en penserais quoi ?

37 commentaires:

  1. No comment, j ne connais pas les garde fous et les para foudres qui existent dans les banques et qui les actionnent

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  2. Excellent billet, me semble-t-il. On y apprend plein de choses, et notamment que les puces de carte bancaire dialoguent avec les terminaux de paiement : c'est limite fout-la-trouille.

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    1. Pas du tout. Ils dialoguent en langage informatique.

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    2. J'avais compris, andouille !

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  3. Perso, m'en branle, je suis au crédit agricole :) Beau billet.

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  4. Avant d'émettre une opinion, il serait intéressant de connaître les termes du contrat de travail qui liait SG et Kerviel.
    Jusqu'à preuve du contraire, l'employeur est responsable de l'activité de son entreprise sauf mention précisant le contraire. Ainsi, un grutier est PERSONNELLEMENT responsable de la charge qu'il déplace à compter du moment où celle-ci est accrochée et n'a à recevoir d'ordres de strictement personne pour effectuer sa mission.
    Qu'en est-il des responsabilités de Kerviel ?
    Par contre, s'il a contrevenu aux ordres, il en est tout à fait autre chose. Il s'agit d'une faute professionnelle grave qui entraîne un licenciement.

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    1. Non. Désolé mais non.

      Je suis salarié d'une banque. Mon contrat de travail ne prévoit pas tout. J'ai par example accès aux serveurs d'autorisation ce cartes bancaires mon contrat de travail ne prévoit pas que je ne doive pas le pirater.

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    2. Dans le poste de l'activité professionnelle de Kerviel, soit il reste sous la tutelle de son employeur et à ce moment là, le trader est coupable d'une faute professionnelle grave et licencié, son employeur ayant manqué à son devoir de contrôle, soit il est prévu que son poste lui laisse le libre choix absolu de son activité et à ce moment là, il devient coupable de fraudes. Je n'ai jamais entendu parler des responsabilités de chacun.

      Personnellement, j'ai un certain recul devant cette activité très hautement spéculative et immensément nocive pour l'économie dans son ensemble et je mets à cet égard l'un et l'autre dans le même sac.

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  5. J'aime beaucoup ton billet. Et la réaction de l'Elysee devant la fuite de Kerviel m'a choqué

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  6. Prise de recul intéressante (et rafraichissante), mais l'analyse sur les facturettes me semble complètement foireuse : La plupart des pays Nord-américains font (ou faisaient) signer les utilisateurs de cartes depuis une dizaine d'années (y compris de façon numérique sur des écrans tactiles), et les consortiums divers (AmEx, MasterCard, Visa...) se portent bien là bas, merci pour eux ...

    De façon plus générale au sujet de Humpich, il me semble sain que le public (gauchiste ou pas, perso je m'en fous de qui gueule) s'émeuve d'une faille technique, et s'inquiète que le type qui révèle ça se retrouve condamné. Ça contrebalance partiellement (par un déficit d'image) la tentation naturelle des grands groupes concernés de "museler le messager", et les incite à faire quelque chose. Ceci dit, sur le fond de ce cas précis, mon impression était qu'il s'agissait effectivement d'une forme d'extorsion, mais je trouve quand même sympathique (et utile) que les gens soutiennent (même à tort) le petit contre le gros dans ce type de cas.

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    1. L'affaire est sympathique. Mais quand j'ai vu le Canard Enchaîné pondre une demi page pour casser mon employeur de l'époque à tort, j'étais assez peu de bonne humeur.

      Les commissions aux us n'ont rien à voir avec celle en France. On ne peut pas tout comparer.

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  7. Excellent billet j'approuve à 100%

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  8. => http://dozoneparody.wordpress.com/2014/05/17/jerome-kerviel-les-racines-du-mal-banquier/ ;-)

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  9. "La Cour de cassation a annulé la condamnation à verser des dommages et intérêts parce que ce pauvre garçon n’aurait jamais pu payer. Sa vie aurait été un enfer. Sa centime qu’il aurait gagné jusqu’à sa mort aurait été saisi par la justice ou presque."

    Non, ça, ce n'est pas possible: ce n'est pas la solvabilité de celui qui a causé un dommage qui détermine le montant des dommages et intérêts à payer, mais la valeur estimée du dommage provoqué.


    Pour se déterminer sur le volet des dommages et intérêts, la Cour de cassation a estimé que la cour d'appel de Paris avait condamné Jérôme Kerviel à réparer l'intégralité du préjudice subi par la Société générale, tout en reconnaissant "l'existence de fautes commises" par la banque. Ces fautes ont "concouru au développement de la fraude et à ses conséquences financières". Dès lors, la cour d'appel de Paris n'a pas pris en compte les fautes de chacun pour évaluer le montant des dommages et intérêts et fait supporter au seul Jérôme Kerviel la réparation intégrale de la perte.

    http://tinyurl.com/mxwxevv

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    1. Oui, ma phrase est branlée et mensongère. Ce que je voulais dire c'est que la Cour a annulé un truc et que c'était aussi bien...

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  10. Que Kerviel soit coupable c'est certain mais la SG à bien des garde-fous qui au mieux n'ont pas fonctionné au pire ont été détournés avec un certain aveuglement de ses supérieurs. Kerviel cherche bien à ce que la faute soit partagée avec la banque.

    Sur Humpich tu fais des raccourcis: le GIE-CB lui avait demandé de prouver qu'il était capable de contourner leur système de sécurité, ce qu'il a fait. En retour ils ont porté plainte pour un délit mineur.Très classe. Peut importe la porté des modifications à faire pour les banques françaises, elles étaient nécessaires.

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    1. Les deux affaires ne sont comparables que parce que c'est un jeune gars opposé aux banques donc recueillant la sympathie du public.

      Kerviel a ce qu'il "mérite" : le retrait des indemnités. C'est bien la Générale qui prend sur la tronche les cinq milliards.

      Pour Humpich, tu en fais toi même, des raccourcis : c'est lui qui a tenté de négocier avec le GIE. Une espèce de chantage. Porter plainte était la seule façon, pour le GIE, de déclencher une enquête pour savoir ce qu'Humpich avait réellement fait. Il a eu de la prison avec sursis ce qui n'est pas bien grave.

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    2. Il tentait de négocier oui. Il n'y avait pas de raison que son travail ne soit pas rémunéré. Porter plainte à été la bonne façon de voir ce qu'il savait pour pas un rond. Il n'est pas certain qu'il soir d'accord avec toi sur le "pas bien grave".

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    3. Il n'y a pas de raison que son travail ne soit pas rémunéré ? Quel travail ? Il avait un contrat pour le faire ?

      Penses-tu réellement que CB ait pu ignorer ce truc avant l'arrivée d'Humpich ? Qu'une signature statique avec une clé courte n'était pas inviolable ?

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    4. Il essayait bien d'avoir un contrat en tout cas. Il n'y aucun système de sécurité inviolable, c'est facile de le dire, il suffit d'avoir du temps (voir plusieurs vies) et des machines de tueurs.

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    5. Mais il n'y avait pas besoin de machin de tueurs, à cette époque (et encore moins maintenant) pour casser un RSA de petite taille. Ce qui a tué CB, c'est qu'une partie de la sécurité reposait sur la complexité des spécifications (contrairement à EMV pour lequel les spécs sont publiques). En comparant différentes cartes, il a recomposé ces spécs et trouvé une zone qui ne pouvait qu'être un certificat mais qui était toujours la même avec une carte.

      Toujours est il qu'il a essayé d'avoir un contrat... en faisant du chantage.

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    6. Ce n'est pas sa version des faits et il n'a pas été condamné pour ça.

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    7. De mémoire, le GIE n'a pas porté l'aîné pour ça. Il n'empêche que ce sont bien les faits : il a été voir CB pensant avoir de l'argent.

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    8. Ha oui ça on est d'accord.

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  11. Voici ce que dit la Cour, dans son arrêt du 19 mars 2014, page 42 :
    juges du fond ;
    " Attendu que, pour condamner M. X... à verser à son
    employeur, la Société générale, à titre de dommages-intérêts, la somme de
    4,9 milliards d’euros correspondant à l’intégralité du préjudice financier,
    l’arrêt énonce que le prévenu a été l’unique concepteur, initiateur et
    réalisateur du système de fraude ayant provoqué le dommage, lequel trouve
    son origine dans la prise de positions directionnelles, pour un montant de 50
    milliards d’euros, dissimulées par des positions fictives, en sens inverse, du
    même montant, et que la banque n’a pas eu d’autre choix que de liquider
    sans délai les positions frauduleuses du prévenu ; que les juges, après avoir
    constaté l’existence et la persistance, pendant plus d’un an, d’un défaut de
    contrôle hiérarchique, négligence qui a permis la réalisation de la fraude et
    concouru à la production du dommage, et l’absence d’un quelconque profit
    retiré par le prévenu des infractions commises, relèvent que si cette
    défaillance certaine des systèmes de contrôle de la Société générale a été
    constatée et sanctionnée par la Commission bancaire, aucune disposition de
    la loi ne permet de réduire, en raison d’une faute de la victime, le montant
    des réparations dues à celle-ci par l’auteur d’une infraction intentionnelle
    contre les biens ;
    Mais attendu qu’en statuant ainsi, alors qu’elle relevait
    l‘existence de fautes commises par la Société générale, ayant concouru au
    développement de la fraude et à ses conséquences financières, la cour
    d’appel a méconnu le principe ci-dessus rappelé ;
    D’où il suit que la cassation est encourue de ce chef "

    La Cour indique donc que la Cour d'appel, face à des fautes commises tant par la personne poursuivie que par son employeur plaignant, donc confrontée à un partage de responsabilité, ne pouvait mettre à la charge du seul salarié la réparation d'un dommage auquel l'employeur a pour sa part concouru.
    Le travail de la Cour de renvoi va consister à déterminer la part de la réparation incombant à chacun des protagonistes.
    Une autre question pourrait être soulevée : l'argent perdu est-il la propriété de la banque ou bien n'est-elle dépositaire que ce celui de ses clients ?
    Si un dommage est causé aux clients d'une banque, par un employé fautif mais dans le cadre de ses fonctions, le salarié est punissable pénalement, mais l'employeur est civilement responsable....
    L'affaire n'est donc pas finie. Oui, tu as raison : Kerviel a fait une connerie qui gâche sa vie.

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    1. Oui, la banque est civilement responsable...

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  12. J'ai lu ton billet.
    Pour ma part, j'ai toujours été intrigué par les sommes énormes qu'avaient apportées Kerviel l'année précédent sa perte.
    Mais peut être la Banque n'était-elle pas au courant de l'argent rentré dans ses caisses ?!
    Kerviel n'est pas un saint. Mais il est le produit d'un système ; produit qui satisfaisait tout le monde quand l'argent rentrait dans les caisses.
    Quant au fait que la juridiction de 1ère instance l'ait déclaré UNIQUE responsable, il y a franchement de quoi s'interroger.
    Je ne suis pas du tout d'accord avec toi.
    L'affaire KERVIEL aurait pu être un révélateur pour les pouvoirs publics de la crise des subprimes qui allait arriver quelques mois plus tard.
    Elle ne l'a pas été et ça c'est un sacré gachis.
    Dommage, mais révélateur.

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    1. Tu n'es pas d'accord avec moi sur un truc que je ne dis pas...

      Toutes les juridictions ont confirmé sa culpabilité.

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    2. Soyons plus précis effectivement c'est avec cette phrase que je ne suis pas d'accord " Pourtant, il est bien fautif. Totalement fautif. Seul fautif. ".

      Je comptais en faire un billet, mais je n'ai plus la gnac.

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    3. Disons que cette phrase est abusive. Il est seul fautif dans la mesure où il ne respecte pas les règles de l'entreprise et les contourne.

      Si un de tes collègues fait une faute, tu pourras toujours dire que c'est la "boîte" qui n'a pas assez contrôlé. La boîte serait effectivement fautive mais pas du délit en question. Et la seule chose qu'elle aurait pu faire, c'est augmenter les contrôles donc les dépenses.

      Mais ça n'aurait pas empêché le mec de faire des conneries.

      Je le vois dans mon propre job où l'inspection générale gueule parce qu'on ne contrôle pas assez tout mais ne nous file aucun pognon pour le faire.

      Je diverge mais le problème est bien là : c'est Kerviel qui a détourné des procédures de sécurités, celles que la banque a mis en place pouvoir faire confiance en des salariés.

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  13. Apolinne, la banque est liée avec ses clients par un contrat de dépôt. Elle n'en est pas propriétaire mais elle en est responsable.
    A ce titre, ses clients pourraient le lui réclamer.
    De ce côté là, il est normal que la banque réclame le remboursement des sommes.

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