20 mai 2014

De la gauche à la droite

Pas le temps de faire un billet ce soir mais je vous invite à lire celui d'Elie Arié qui reprend une interview de Laurent Bouvet qui "compare" les positions de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. 

http://www.marianne.net/elie-pense/m/Pourquoi-Le-Pen-capte-beaucoup-plus-de-mecontents-que-Melenchon_a418.html

Je suis d'accord avec à peu près tout, ce qui s'arrose. 

Globalement, la vraie gauche et le FN font les mêmes constats (les autres aussi d'ailleurs : il y a du chômage, c'est mal) mais n'en tirent pas les mêmes conclusions. Celle du FdG sont évidemment meilleures que celles du Front National mais le discours de ce dernier touche une palette beaucoup plus large de la population. 

J'en retiens principalement que la gauche s'adresse essentiellement à ceux que Bouvet qualifie de "protégés de la mondialisation". 

C'est un truc qui m'avait marqué au moment des débats sur l'ANI (la réforme du code du travail de l'an dernier) contre lequel luttaient mes confrères. 

Dans leurs arguments (que je ne rejette pas, j'ai peu pris part au débat), ils défendaient essentiellement les gens bossant dans les grosses boîtes, pas les autres, les chômeurs, les salariés d'artisans, les serveurs des bistros,... 

C'est probablement une erreur historique de la gauche. 

Ça me fait penser au fameux rapport de Terra Nova qui a fait tant parler à la gauche de la gauche qui préconisait que le PS se concentre sur sa cible électorale. À juste titre mais il est totalement réfuté par la "vrauche", tant attachée à faire le bonheur des gens sans leur demander leur avis (et restant cantonné à 10 ou 15% de l'électorat, probablement moinsdimanche prochain). En concentrant son discours sur les ouvriers, elle laisse de côté les autres (contrairement à la droite) mais ne les attirent même plus. Elle n'attire plus que des électeurs voulant le bien des ouvriers. 

Et qui ne votent pas ailleurs. 

Le problème est que ce fait est totalement nié par les militants que j'imagine offusqués à la lecture de mon billet (et surtout de l'interview de Bouvet) alors que c'est une évidence : il suffit de regarder les scores électoraux. 

La gauche fera moins de 40% des 40% de gens qui vont voter dimanche, la moitié des 40% prétendant que ceux qui votent pour le PS ne sont pas à gauche. 

Triste. 

5 commentaires:

  1. En fait, c'est à peu près la thèse que le géographe Christophe Guilluy a développé dans Fractures françaises (2010): d'une part, on a des métropoles qui sont bien adaptées à la mondialisation, où l'on trouve les fameux bobos et de l'autre, à l'écart des territoires qui comptent, une France périphérique, où l'on trouve les ruines de la classe moyenne, et qui vote volontiers FN.

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    1. Oui. C'est bien ça. Mais, ci de mon côté, il faut que les militants de gauche l'admettent.

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    2. Pas "ci". "Vu". Connard d'iPhone.

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  2. Oui, c'est bien ça.
    Il y a encore du boulot à faire au PS.

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