09 mai 2014

Les étiquettes devant les yeux

« Le jour où le Parti Communiste Français redeviendra ce qu'il était du temps de Marchais, je militerai pour lui. » ai-je écrit dans mon billet hier, ce à quoi a répondu un sympathique commentateur : « Heu ? Stalinien ? Collectiviste ? Marxiste-Léniniste ? Révolutionnaire ?… ». Je lui ai rétorqué de manière un peu laconique car un billet s'impose.

Je faisais référence au temps où le Parti Communiste faisait plus de 15% des voix car il s'adressait réellement à ceux qu'il prétend défendre. Ou à l'époque où il acceptait de travailler avec les autres partis de gauche... Mon commentateur croit-il vraiment que l'électeur s'intéresse vraiment à ce genre d'étiquettes ?

D'ailleurs ces étiquettes ont-elles un sens, encore, aujourd'hui ? Est-il possible d'imaginer que les ouvriers représentent maintenant une très faible partie de la population ? Est-ce raisonnable de penser que les salariés de grandes entreprises sont maintenant relativement peu nombreux, que les salariés des petites boites sont plus individualistes et moins susceptibles de voter à gauche, que les salariés des grosses boites ne croient pas à une augmentation du SMIC qui les feraient, d'ailleurs, devenir smicard eux-mêmes, que les chômeurs croient qu'en luttant contre les entreprises, ils vont gagner un travail ?

Le Parti Communiste Français a fait un premier tournant au début des années 80. Est-ce avant la présidentielle de 1981, lors de leur présence au gouvernement ? Je ne sais pas. Il est amusant, d'ailleurs, de noter que le Front National tient aujourd'hui un discours proche de celui du PC des années 1970, quand il luttait contre les salariés venus de l'immigration qui provoquaient un dumping social et prenaient le travail des Français... Le PCF a alors adhéré à plein de causes magnifiques, que je défends aujourd'hui : la lutte contre le racisme, pour le féminisme, l'égalité, et tout ça.

Le Parti Communiste Français a fait une deuxième mutation, peut-être à l'occasion de la création du Front de Gauche, en passant à « l'écosocialisme », ce qui ne veut pas dire grand chose, mais en se mettant à dos les ouvriers car l'écologie est assez peu compatible avec l'industrie, par nature polluante. Le PCF a fait peur aux ouvriers. Je note d'ailleurs avec amusement, qu'ils parlent maintenant de transition énergétique, formule popularisée par le projet de François Hollande, pour montrer qu'on y va piano...

Cette manie de coller des étiquettes et ces erreurs de positionnement « électoraliste » me fatiguent comme toutes les erreurs d'analyse. Tiens ! Un sondage à propos des européennes circulait hier ou avant-hier (je l'avais cité dans un billet). Dans les réseaux sociaux de gens revendiqués de gauche, on ironisait beaucoup sur la catastrophe annoncé pour le PS vu qu'il était donné à 17,5%. Ce score est mauvais. Il n'empêche qu'il est de un point de plus que celui de la dernière fois... Ce sont les verts qui subiraient une déroute quand au Front de Gauche, il est incapable de « capitaliser » sur le mécontentement envers le PS.

Cette bataille d'étiquette me rappelle ceux qui insistent sur la différence entre le socialisme, la social-démocratie et le social-libéralisme, le tout en pianotant sur des smartphones ou des ordinateurs à bas coûts tout droit issus de la mondialisation et de l'économie de marché.

Dans son billet du matin, l'ami Sarkofrance parle d'un rapport du cabinet Aufondducouloiràdroite, citant les Echose qui titre : « l'étude conforte l'objectif du Medef ». Ce rapport est a priori d'inspiration libérale (encore que, dans leur soif d'étiquettes, les gauchistes collent ce mot partout) mais mon confrère le défend face aux Echos qui ont omis de citer les mesures qui n'étaient « franchement droitières ».

Cette fois, ce sont les Echos qui se collent à l'exercice des étiquettes, voulant absolument qualifier ce rapport de machin Libéral fait pour le MEDEF, alors que le rapport prône aussi l'augmentation des dépenses de l'Etat pour la formation et pour l'emploi... Sans oublier certaines mesures de ce rapport qui pourraient figurer au programme du Front de Gauche, comme l'accélération de la rénovation thermique des bâtiments...

L'important, avec les étiquettes, est de ne pas se les mettre devant les yeux...

17 commentaires:

  1. « Le PCF a alors adhéré à plein de causes magnifiques, que je défends aujourd'hui : la lutte contre le racisme, pour le féminisme, l'égalité, et tout ça. »

    Le PCF est dont le seul à être passé directement du statut de parti stalinien à celui de parti de tarlouzes. Belle performances !

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    1. L'orthographe, ça ne s'arrange pas, chez vous ! Et on ne dit pas un parti de tarlouzes pais un parti de LGmachin, vous savez, ce ramassis de tafioles !

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    2. J'en reste elge hébété…

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  2. il y a un truc qui a changé: avant les gauchistes voulaient autre chose, un autre monde.Maintenant ils ne sont juste plus d'accord avec les autres. C'est tout. C'est triste.

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    1. Ouais. C'est de pire en pire.

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    2. Presque, Juan... Il n'y a plus de proposition pour un monde meilleur... Il n'y a que l'opposition.

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  3. Pas mal, ca reprend par ailleurs mes arguments lorsque j'explique que j'ai quitté le PG pour Nouvelle Donne à cause de cet aveuglement de la direction du PG à croire que la direction du PCF est fiable et amène au contraire à détruire cette belle aventure qu'aurait pu être le FdG.
    Pardon aux amis militants du PCF mais votre direction n'a que des vues stratégiques et plus aucune vue idéologique. C'est triste

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  4. c'était au temps du cinéma muet euh non
    au temps ou le PCF réclamait le désarmement , la fin du commerce des armes (par la France) et pas à une contradiction près , se battait contre le ralentissement des arsenaux
    va comprendre charles

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  5. Retoquons nous au Parti Laconiste !

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  6. Depuis sa naissance le PCF a connu pas mal de hauts et de bas et la question de savoir s'il est un parti révolutionnaire ou réformiste est récurrente. J'avais planché la dessus déjà quand j'étais étudiante, ça date pas d'hier !
    Stalinien, le PCF l'a été après la Libération : l'actualité (anniversaire du D-Day) nous rafraîchit la mémoire sur ce que l'on doit aux orgues de staline, que ça fasse plaisir ou pas ... et permet de comprendre comment, à l'époque où on n'avait pas d'infos par internet comme à l'heure actuelle, l'admiration pour l'Urss a pu prendre une telle ampleur. Quand le recul a été possible, le PCF a mieux compris et s'est éloigné de l'urss. D'ailleurs Staline était mort. Cette phase du " socialisme à la française" a permis l'Union de la Gauche dans les années 1978/1983 : hélas, elle nous a poussés à accepter des "nationalisations" comme sous la 4ème République, avec le retour de manivelle violent qui s'en est suivi.
    En adhérent au FdG le PCF a cru se refaire une santé : mais l'opportunisme de gauche = le léchage de museau avec l'extrême gauche, c'est comme se mettre la corde au cou. Je ne crois pas que le PCF s'en remette et je crois que la division de la gauche qui s'est opérée aura de lourdes conséquences. Elle s'est opérée sous l'impulsion du grand "fouteur de m..." qu'est dans mon opinion, Jean-Luc Mélenchon, qui, selon
    moi ne sait rien faire d'autre que manipuler les gens pour avoir une occasion d'exister et n'a jamais, mais jamais construit politiquement quoi que ce soit de durable.
    Je partage donc ton rêve que le PCF se reconstitue car il a su être une opposition constructive, sous l'angle de la justice sociale, même si en aucun cas, je ne partage son projet de société : j'aime trop la liberté pour ça, j'aime la créativité et le respect de tout le monde, j'ai horreur du recours excessif à la coercition aussi bien dans la vie économique que dans les rapports entre les gens.
    Bz

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    1. Un beau modèle qui e peut pas fonctionner !

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