17 juin 2014

La vie duraille à l'UMP

L’information fait la une de la presse : l’UMP et Nicolas Sarkozy auraient dépensé 17 millions de plus que déclaré et autorisé pour la campagne de 2012. C’est Médiapart qui se serait procuré la comptabilité. Le Monde quant à lui aurait pu avoir accès à « l’ordonnance des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire qui ont renvoyé devant le tribunal correctionnel,  jeudi 12 juin, les principaux protagonistes du volet financier de l'affaire de Karachi. »

Le cas de Nicolas Sarkozy reste à traiter dans cette histoire. Compte tenu de son statut, il ne peut être entendu que par la Cour de justice de la République. « Toutefois, s’il existe à l’encontre de l’ex-président de la République des « indices » qu'il aurait commis un délit, ils ne sont aux yeux des magistrats instructeurs ni « graves » ni « concordants », conditions nécessaires pour une mise examen. »

L’affaire va avancer et nos chers médias nous tiendront au courant. Néanmoins, deux nouvelles informations tombent le même jour…

Ca sent la panique à l’UMP. Comme le révèle Le Lab, Jean-Pierre Raffarin a lancé une salve contre Nicolas Sarkozy sur France Inter, tout comme l’avait fait auparavant Xavier Bertrand. Les deux sont sur la même ligne : l’UMP n’a pas besoin d’homme providentiel.

L’ancien premier ministre cherche une position pour l’UMP à propos de la réforme ferroviaire vu que c’est le sujet du jour. Du genre : on votera contre parce que la loi ne va pas assez loin alors que la CGT est contre parce qu’elle va trop loin. D’une manière générale, il trouve que la France connaît une période de déclassement historique. Si j’étais joueur, je taperais « croissance France Allemagne » ou « chômage France Allemagne » dans Google Images, il est assez facile de montrer que le déclassement de notre pays par rapport à nos voisins date d’une époque où Jean-Pierre Raffarin était premier ministre de la France.

François Fillon cherche aussi une position. Pas facile d’être ancien premier ministre et chef de parti, les gars, hein ! « J’accuse le gouvernement d’improvisation sur son projet. Il est perdant sur tous les fronts. D’un côté, en tentant de restaurer le monopole de la SNCF sur ses réseaux, il a ouvert une boite de pandore dans laquelle s’engouffrent tous les conservatismes ; de l’autre côté, son projet bloque la modernisation nécessaire du transport ferroviaire qui a besoin de s’ouvrir à d’autres opérateurs européens » ! Diable ! Il accuse. De quoi ? De provoquer un mouvement de grève avec une réforme qui n’est pas assez importante alors que les grévistes pensent le contraire.

Alain Juppé, quant à lui, ne s’est pas prononcé sur le sujet, à ma connaissance. Par contre, maintenant qu’il y a quatre chefs à l’UMP, mon tour de l’information prend plus de temps. En cherchant dans Google News, je tombe sur cette dépêche de l’Express : « Sur fond de grève dans les transports, Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, demande au gouvernement de "retirer" le texte sur la réforme ferroviaire. Et il est bien le seul dans son parti... où d'autres comme Xavier Bertrand refusent de se retrouver "dans le camp des jusqu'au-boutistes". »

Notons que l’objet de ce billet est de rigoler de l’UMP, on pourrait en faire autant au sujet du Front de Gauche, GdC trouvant par exemple réactionnaires ceux qui sont partisans de la réformes et progressistes ceux qui voudraient revenir à avant 1997. Quant à DPP : « A l'instar des précédentes réformes néolibérales, la réforme de la SNCF se fera au détriment de l'intérêt général ! En d'autres termes, les conditions de vie et de travail des cheminots et des usagers, et probablement comme l'a illustré hélas l'accident de Brétigny/Orge, la sécurité en pâtiront. » Une traduction ? L’organisation de la SNCF a provoqué l’accident de Brétigny, il ne faut donc absolument rien changer. Notons que je pourrais aussi me moquer du Parti Socialiste et notamment ceux de ses cadres qui soutiennent les grévistes.

Revenons à l’UMP. Les pauvres. Ils cherchent une position. Ils ne veulent pas défendre un texte du gouvernement (comme si le grand public avait un intérêt pour la position de l’UMP sur ce bordel) mais ne peuvent pas soutenir les cheminots ce qui serait pourtant assez drôle.

Ce soir, Jérôme Lavrilleux a été placé en garde à vue. Il devrait parler et peut-être dénoncer la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy…

L’UMP tient un bureau politique ce soir. François Fillon déclare que : « Notre travail sera de faire toute la lumière sur les scandales financiers qui touchent l'UMP ». Je vais le contredire. La justice va faire le travail. L’UMP ferait mieux de se trouver une ligne politique plutôt que de simplement vouloir tourner la page « Copé » en dégageant quelques types et en nommant quelques nouveaux secrétaires généraux.

Tant que leur opposition au gouvernement sera sur la dénonciation d’un texte que certains approuvent chez eux et que la grève qui découle de se texte est très peu populaire, ils n’arriveront à rien.

Toute la classe politique est empêtrée dans ce bordel. Ne me dites pas que je ne tape pas sur le PS, mon billet de ce midi était tourné contre François Hollande. Sans compter qu’on apprenait hier soir ou ce matin que Julie Gayet et François Hollande ne devraient pas tarder à annoncer leur union.

Pendant ce temps, le député UDI qui questionnait le gouvernement à propos de la réforme a déclaré : « Cette réforme est pourtant une absolue nécessité pour contenir une dette abyssale qui dépasse déjà les 40 milliards d’euros et pour espérer reconstruire un système ferroviaire à bout de souffle qui ne supporterait pas son report. Nous croyons à la rationalisation de la SNCF. Cette réforme n’est peut-être pas suffisante, mais elle nous semble nécessaire. »

Le représentant de l’UMP, quant à lui, dit : « Depuis une semaine, la France est le théâtre d’une double prise d’otage. » Toujours la même rengaine. « Prise d’otage, ensuite, du Gouvernement, qui n’a cessé de donner des gages à la CGT, pour la remercier sans doute de son soutien au candidat Hollande. » Allons bon ! La CGT descend dans la rue pour remercier le gouvernement ? Il se lance ensuite dans une charge contre le gouvernement.

C’est la routine. Le ministre finit par lui rappeler que la dette de la SNCF est due à des mauvais choix de l’UMP (je résume…). Ensuite, nous avons un député communiste qui intervient. « Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous vous engagez à ce qu’il puisse y avoir, durant cette discussion, des avancées qui permettent de faire en sorte que nous disposions d’un service public du fer capable de combattre les dysfonctionnements et de répondre aux besoins des usagers ? » Ainsi, contrairement à la CGT et à nos blogueurs, il ne rejette pas le texte. Manuel Valls en personne lui répond pour lui donner des assurances. Entre temps, un type du PS s’est exprimé…

Tous les partis tournent normalement et travaillent. Sauf l’UMP. Ses députés sortent des âneries du genre : « Généraliser le statut du cheminot, comme vous le faites, c’est organiser la casse sociale ». Il fallait oser.

Bien du courage au quatuor de tête...


6 commentaires:

  1. « Tous les partis tournent normalement et travaillent. »

    Mouarf, mouarf, et re-mouarf !

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  2. L'UMP est à la ramasse comme d'habitude, il suffit d'écouter leur réaction sur le cas SNCF, c'est du grand n'importe quoi. Ceci dit je souhaite du courage au gouvernement.

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  3. Tu nous dit que Sarkozy ne pourrait être jugé, compte tenu de son statut, que par la Cour de Justice de la République.
    Or celle-ci ne peut-être saisie que pour les membres de l'exécutif en raison de malversations (crime ou délit) commis dans le cadre de leur activité "professionnelle".
    Or dans ce cas précis, l'ex n'était pas Président mais candidat. Il n'était donc pas dans le cadre de ses responsabilités électives. Il n'était qu'un simple citoyen.
    Alors, qu'en est-il ?

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    1. Non il était ministre. Mais je ne sais pas.

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