13 juillet 2014

Passe ton bac !

C'était il y a trente ans presque jour pour jour. Ma prof de sciences nat, Maria, amie des parents, appelait la maison : « Nicolas est reçu » ! J'avais eu mon bac, dès le premier tour, avec 10,06. J'avais fait le minimum syndical. J'évitais le rattrapage et surtout un redoublement qui m'aurait obligé à subir les mêmes conneries. Tout le monde était surpris (ou consterné...). J'avais été un très bon élève dans toutes les matières scientifiques mais je m'étais effondré en physique en première. Comme j'étais assez mauvais dans les matières littéraires, tout le monde pensait que j'allais échouer ! Raté ! Une bonne note en math et une excellente note en sciences nat, m'avaient sauver. A l'heure prévue, j'étais allé au lycée voir les résultats (que je connaissais d'avance pour la classe : ça fait 30 ans, il y a prescription). Je me rappelle de la mine déconfite de ceux qui avaient échoué et l'envie que j'avais de me moquer de quelques prétentieux déçus.

Pourquoi je raconte ça, moi ? D'une part, parce que j'ai envie de parler d'éducation et, d'autre part, car c'est une chaîne de blog lancée par l'ami Romain à laquelle il faut que je réponde. J'essaierai de lui répondre plus longuement dans le blog bistro à l'occasion.

Deux sujets.

L'apprentissage du code informatique à l'école.

Benoît Hamon a annoncé une série de mesures pour l'apprentissage de l'informatique à l'école. Je ne vais pas hurler très fort car je ne sais que ce qui est sorti dans la presse, notamment cet article du Monde, mais j'estime tout cela fort très ridicule, d'autant que je suppose que les élèves sont plus à l'aise que leurs profs dans tous les machins technologiques.

Tout d'abord, je suis prêt à parier qu'on ne trouvera pas de prof formé aux dernières technologies et surtout pas à l'enseignement de leurs pratiques. Tiens ! Presse Citron annonçait hier le lancement par Apple de son nouveau langage de programmation. Comment voulez-vous qu'un type qui ne bosse pas dans l'informatique puisse connaître ça ?

Ensuite, si les mômes vont apprendre des technologies (avec du retard, voir le paragraphe précédent), elles n'ont aucune chance d'être encore pratiquées quand ils arriveront sur le marché du travail.

Enfin, en tant que professionnel de l'informatique, j'en ai marre d'entendre dire que « le code informatique » est l'essentiel de l'informatique, uniquement parce que le grand public croit savoir ce que veut dire « programmer ».

Le taux de réussite au bac.

Je suis fatigué de voir, essentiellement dans des milieux réactionnaires, que l'augmentation du taux de réussite au bac est surtout lié à une baisse de son niveau. Il y a probablement une part de vraie mais ils confondent le taux de types d'une classe d'âge à avoir le bac et le taux de réussite au concours. Le taux de type à avoir le bac est aussi lié à un changement de la société, une volonté politique,...

Et, quoi qu'on en dise, c'est très bien ainsi. Dans une économie mondialisée, avec le chômage qu'on a, il faut que l'on pousse le niveau de compétences vers le haut, et seules les écoles après le bac peuvent permettre de la faire.

Ca ne veut pas dire qu'il faut négliger les filières « avant le bac », via l'apprentissage, par exemple, c'est d'ailleurs un sujet sur lequel le gouvernement travaille. La droite au pouvoir avait cru sauver le monde en mettant l'apprentissage à 14 ans, ce qui était une belle connerie.

Par contre, s'il y a un problème d'orientation à régler, il est après le bac...

10 commentaires:

  1. Oui sauf que les jeunes américains l'apprennent à l'école primaire, qu'il n'ont de leçon à recevoir de personne en matière de prix Nobel par exemple, qu'ils dominent le monde en informatique et que ça ce passe dans leur langue en plus...
    Les codes fondamentaux de l'informatique ne seront pas modifiés dans l'avenir proche, je ne vois pas comment et par qui. C'est comme si on modifiait l'écriture du français...
    Je trouve que c'est une très bonne idée que de l'enseigner dès maintenant en primaire. Tout ce qui peut rendre les enfants curieux est utile...
    Je te trouve bien rétrograde Nicolas sur ce coup....

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    1. Je ne suis pas rétrograde, bien au contraire ! C'est mon métier, dans un secteur où la France est à la pointe, après avoir été "victime" des premiers plans informatiques de l'éducation nationale, en ayant un père acteur du système, ce qui fait qu'à 14 ans, je donnais des cours d'informatique à des adultes dans le club local.

      Maintenant, tu relis mon billet calmement : il est impossible que les enseignants soient formés pour les nouvelles technologies...

      Et tu réfléchis à ce que tu écris : "Les codes fondamentaux de l'informatique ne seront pas modifiés dans l'avenir proche, je ne vois pas comment et par qui". C'est une des pires conneries que je n'ai jamais vues, dans un domaine où il y a une révolution majeure tous les cinq ou dix ans.

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    2. Il y a pourtant deux ou trois petits trucs tout simples qui auraient pu auraient dû, plutôt, être pratiqués dès qu'on a commencé à mettre des ordinateurs dans les classes primaires: par exemple, l'apprentissage du clavier. C'est élémentaire, et pourquoi ne le fait-on pas, avec tous les doigts ? Ce serait un apprentissage scolaire utile pour toute la vie.
      Je vis dans un département où l'on a équipé tous les adolescents d'ordinateur portable, en 3ème. Et le conseil Général payait des heures d'abonnement internet aux familles démunies. Pour réduire la fracture numérique, ha ha ha. Expérience coûteuse et totalement inefficace. Les élèves n'avaient pas le droit de rendre leur rédaction imprimée proprement, il fallait toujours passer par l'écriture manuelle. La notion de formation à l'informatique ne recouvrait même pas des choses essentielles, comme apprendre à se servir d'un moteur de recherche de façon efficace. On a contribué à rendre les élèves accros aux réseaux sociaux, et à saper le contrôle parental.
      Toutes les enquêtes le montrent: l'ordinateur profite à ceux qui savent chercher, évaluer, discriminer.
      Je suis pour que les élèves, dès le plus jeune âge, soient équipés d'une ardoise numérique ou d'un portable. Et que les professeurs soient formés, s'il le faut, à utiliser de façon pédagogique les nouveaux outils connectés, mais seulement pédagogiquement.
      Les enfants des cadors de la Silicone Valley sont scolarisés dans une école privée assez spéciale, (école anthroposophique) où il n'y a aucun écran... et où beaucoup d'apprentissages passent par le travail manuel. Tiens donc.

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    3. Oui, il y a des choses plus intelligentes à faire qu'enseigner "le code informatique". La dactylo en est un (on avait le choix entre deux options en secondes, la dactylo et autre chose, genre mécanique. Je suis le seul mec à avoir pris cette option, les autres trouvaient que ça faisait pédé).

      Pour le reste, on est aussi d'accord !

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    4. Suzanne, René,

      J'en ai fait un billet dans blog geek.

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  2. Moi je pense que d'apprendre comment fonctionne un ordinateur, de pouvoir accéder au Bios, de pouvoir réparer en cas, d'avoir de bonne notion d'assembleur etc... ne peut qu'être utile à une génération qui vivra toute sa vie avec. J'avais au début des années 70 commencé en suivant des cours du soir du CNAM, et mes premiers cours d'assembleur, et si je n'avais pas alors bifurqué, j'aurais creusé car déjà il était évident que l'informatique allait révolutionner le monde.
    Dans la compétition qui va venir il vaudra mieux faire partie de ceux qui dominent le système plutôt que de faire partie de ceux qui seront dominés par le système...

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    1. Mais non. Les rois du monde seront ceux qui dominent l'utilisation. L'informatique a changé depuis les années 70. Il est impossible de dominer toute la technique et tout le fonctionnel. Lis mon billet geek, je parle de professionnels de l'informatique qui ont du se cantonner à leur secteur. Il vaut mieux savoir ce que l'ont peut faire avec un ordinateur que comment on peut le faire.

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