02 juillet 2014

Réactions de droite

Dans 20 Minutes, ce matin : « "Etait-il nécessaire de passer une nuit à la police?" Christian Estrosi rappelle que Jérôme Cahuzac, en son temps, n'a pas été mis en garde à vue. "Il y a des hommes politiques qui ont un traitement de faveur, d'autres qui ne l'ont pas". Et Christian Estrosi de mettre en cause l'impartialité de certains juges, "qui ont alimenté le mur des cons". Plus précisément, "je mets en cause l'impartialité d'un des juges, qui est engagé -qui a nourri des haines contre le président". Bref, "c'est une image qui est déplorable et qui ne grandit pas la France". »

Je préfère la réaction de Bruno Le Maire, par exemple, qui déclare son amitié pour Nicolas Sarkozy mais indique que la justice doit se faire et tout ça, ou celle d’Alain Juppé qui dit qu’il pense que Nicolas Sarkozy prouvera son innocence.

Christian Estrosi fait un certain nombre d’erreurs d’autant que la stratégie de victimisation ne fonctionnera pas, d’autant qu’il n’est pas exclu que l’ex soit réellement coupable…

Il ne devrait pas comparer cette histoire avec celle de Jérôme Cahuzac. Elles n’ont strictement rien à voir. Je ne vais pas m’attarder sur son cas car un type de droite pensera que je ne suis pas objectif et les débats pourraient durer indéfiniment. Bref, ce que je reproche à Jéjé, c’est d’avoir trahi les électeurs alors qu’on croyait à la probité de ce gouvernement. Certains lui reprochent d’avoir menti : s’il fallait critiquer tous les policards qui mentent, on ne serait pas couchés. Enfin, l’éventuel délit qu’il a pu commettre n’a rien à voir avec son activité publique (sauf s’il a utilisé son poste à Bercy pour couvrir ses activités mais il n’en est même pas soupçonné, à ma connaissance).

Par contre, je ne vais pas rappeler toutes les affaires dans lesquelles on suppose que Nico est impliqué. On pourrait tirer les fils dans tous les sens mais avec la campagne de 2012 dont les plafonds de financement auraient explosé, le tout dissimulé frauduleusement, du moins si les faits sont avérés, on peut supposer que la campagne de 2007 est légèrement suspecte, donc que les juges qui l’ont mis sur écoute ne l’ont pas fait pas acharnement mais à cause de vrais soupçons et le fait que ces écoutes auraient montré que Nico ait des informations sur son dossier montre qu’il est inquiet. Tirons les fils… Si le financement de la campagne de 2007 est frauduleux, on peut supposer qu’il est probable que l’affaire Bettencourt repose sur des faits réels même si Nico pourrait ne jamais être condamné faute de preuves.

De toute manière, le grand public n’y comprend rien, non pas qu’il soit encore plus abruti que le blogueur bedonnant qui n’y comprend rien non plus mais le résultat de l’équipe de France dans la coupe du Monde est un peu plus important.

Christian Estrosi fait passer deux messages (au moins).

Le premier est que la justice n’est pas indépendante. De la part d’un responsable politique, ce n’est pas bien fin. Et le grand public en question n'est pas idiot. Il sait bien qu'il n'y a pas de fumée sans feu...

Le deuxième est que toute la classe politique est pourrie. Certes, ce n’est pas fin non plus mais il devrait plutôt penser à l’avenir de son camp plutôt que de l’entrainer dans la chute…

Un nouveau sondage de popularité vient de sortir. Pépère remonte beaucoup mais il part de très loin. De fait sa cote reste très mauvaise. Chacun trouvera des explications à cette remontée mais la décrépitude de la droite n’y est probablement étrangère. Et à chaque fois qu’un type de droite défendra Nicolas Sarkozy et l’UMP de « cette époque », la droite dite de gouvernement s’enfoncera.

Parce que la coupe est pleine. Hips.

Je vais apprendre à Monsieur Estrosi à raconter des conneries : « Nicolas Sarkozy est un ami et il a fait beaucoup pour notre camp et pour la France mais nous devons laisser la justice faire son travail, tout comme la nouvelle direction de l’UMP. » Par exemple…

Cadeau bonus : "Comment en étant dans une telle position, un homme aussi puissant soit-il, a-t-il pu se laisser embringuer dans une pareille histoire ? Mis à part le sentiment d'impunité... jusque lors.  Cependant, qu'un puissant ne soit pas à l'abri de la justice paraît chose rassurante et c'est tant mieux." C'est ce que disait un blogueur de droite qui critique la justice, aujourd'hui, après l'affaire DSK.

13 commentaires:

  1. Ce qui m'amuse, c'est que tout le monde feint de croire que la république a toujours plus ou moins lavé blanc, jusqu'à une époque récente. Or, les affaires font partie de son adn :

    1792, Danton ministre de la Justice n’hésite pas à taper dans la caisse en distribuant quelques 300.000 livres qu’il distribue à ses amis. Loin d’être blanc-bleu, il avait reçu de l’argent de la perfide Albion, sans oublier les sommes envoyées par le duc d’Orléans. On n’oubliera pas non plus l’affaire d’Arcis sur Aube où il avait acheté des terres à hauteur de 125.000 livres. D’où venait l’argent ?

    En 1797, Paul Barras est au centre d’un scandale. On le soupçonne de s’être enrichi en se faisant rétrocéder 40 % du montant des commandes passées avec les fournisseurs de l’armée.

    En 1797 toujours, Talleyrand s’enrichit en prélevant une jolie commission sur les 60 millions de francs versés par l’Espagne à la France suite au traité du 22 juillet 1795.

    Le banquier Ouvrard a fait fortune sous la Révolution en multipliant par quatre le prix du papier. Nommé munitionnaire-général de la Marine en 1797 par Barras il empoche 17 millions de livres sur l’équipement de l’escadre espagnole ralliée à la France.

    Le général Ernest Courtot de Cissey se retrouve mis en cause pour des faits de trahison et de concussion. Lors du procès en séparation de corps de sa maîtresse, on apprend que le général Courtot de Cissey, lorsqu’il était de ministre de la Guerre, entre 1871-1873 et 1874-1876, avait dilapidé les fonds secrets de son ministère.

    Les noms continuent de s’égrener, c’est le gotha de la république et de ses affidés qui y figurent : Eugène Caillaux, Georges de Soubeyran, Emile de Macère, Charles de Freycinet, Georges Clemenceau, Raoul Péret, Antoine Chalvet de Récy, André Rives-Henrys, André Chandernagor, Alain Gourdon, Charles Hernu, Yves Chalier, etc.

    Alors, un de plus, un de moins, je ne vois pas vraiment où peut se situer le scandale. Il marche juste dans les pas de ses prédécesseurs. En fait, la seule chose que l'on pourrait reprocher à Sarkozy, c'est de ne pas avoir pris la peine d'affecter une respectabilité de façade comme Mitterrand et Chirac, qui n'étaient pas moins voyous que lui.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois qu'il dépasse les bornes par rapport aux autres andouilles de la Cinquième. Mais dans le fond vous avez raison. Ce que l'on peut lui reprocher est sa vulgarité.

      Supprimer
  2. J'ai aussi lu des déclarations à droite très respectables et responsables (qui m'ont presque surprise)...
    Les déclarations de la sarkozie officielle sont moins surprenante par contre...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les déclarations respectables ne m'ont pas surpris : il y a quand même des gens qui font de la politique.

      Supprimer
  3. Le cricri qui embrasse Raspoutine
    C'est ça la droite

    RépondreSupprimer
  4. Cher Nicolas, lisez mon billet de ce jour sur ce sujet (mais je ne suis pas, pas du tout, de droite").
    Et je n'ai aucun respect pour la "justice" politique, de tous bords...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah mais je lis tout vos billets, Michel ! Ce n'est pas de la justice politique mais de la justice sauf peut-être pour Cahuzac parce que je me sens trahi. Ils font des conneries, ils doivent payer.

      Supprimer
  5. Je crois que je dis un peu la même chose dans mon billet sorti ce matin, mais autrement.

    J'ai un gros problème d'identité, je ne sais pas si je suis un "blogueur de gauche" : c'est grave, Docteur ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce n'est pas grave.

      Je viens de le lire. On est d'accord mais le cas de Nicolas Darkozy est différent. Il suscite la haine. Je suis trop jeune pour me rappeler correctement de Giscard mais il me semble qu'il gênerait plus de moquerie que de haine avec ses casseroles. Quand à Chirac, il avait un fond sympathique et Mitterrand une stature.

      Supprimer
  6. Un UMP qui tient la route

    http://www.marianne.net/C-est-scandaleux-de-dire-que-Sarkozy-n-est-pas-un-citoyen-comme-un-autre_a239866.html

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.