19 septembre 2014

La véritable histoire des stratèges du Parti Socialiste

Fin 2001, François Hollande était premier secrétaire du Parti Socialiste. L’élection présidentielle approchait. Le PS avait un bon résultat à l’issue de la législature avec une vraie diminution du chômage et une belle croissance, liées à de bonnes mesures de gauche, comme la réduction du temps de travail mais aussi la prime pour l’emploi, les emplois-jeunes, la baisse de la TVA, , mais aussi à une bonne conjoncture économique qui s’était néanmoins émoussée, sur la fin, avec l’éclatement de la bulle informatique.

Mais c’est la baisse du temps de travail dont il était le plus content même si elle avait été mal gérée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, car il est évident que le progrès technologique permet de moins travailler et que la mondialisation galopante allait faire que les emplois industriels seraient pour beaucoup délocalisés dans des pays en développement. D’ailleurs, cette mondialisation et la création prochaine de l’Euro allaient avoir des impacts importants sur l’économie et le gouvernement Jospin avait pris des premières mesures radicales pour l’accompagner. Par exemple, il fallait privatiser France Télécom parce que nous connaissons aujourd’hui, la concurrence, le dégroupage,… étaient inéluctables. Ces mesures faisaient grincer, à gauche, évidemment, mais François étaient sûr de lui. D’ailleurs, 13 ans plus tard, on le constate : tout le monde à un mobile voire un smartphone et un accès à internet. Les mesures étaient bonnes.

Mais contestées. Entant que chef du premier parti de la majorité et éminent député, celui qui se ferait appeler volontairement Flamby, aidé par son ami Arnaud Montebourg, pour entretenir une image de bonhommie, les avait fidèlement accompagnées.

Fin 2001, il regardait la présidentielle arriver, quelques mois plus tard. Lionel Jospin était sûr de gagner. Il avait de bons résultats et Jacques Chirac une très mauvaise image. Il savait par ailleurs que, quel que soit le gouvernement, il aurait à continuer à gérer cette mondialisation et qu’il faudrait prendre des mesures très douloureuses. Il fallait que cela soit la droite qui les prenne sinon la gauche serait grillée pour des dizaines d’années et sa propre carrière serait compromise. Car il ne pensait qu’à cela : sa propre carrière et les dix ans qu’il allait passer à l’Elysée, en réformant la France et en laissant un nom dans l’histoire du pays et de l’Europe.

Encore une fois, l’avenir lui a donné raison : la gauche allemande, menée par Gerhard Schroder, a pris ses mesures et est évincée du pouvoir. Pire ! La droite ayant pris le relai, la situation économique du pays s’est bien améliorée mais, en l’absence de la gauche au pouvoir, personne n’a pu mener la politique sociale nécessaire à l’accompagnement des braves gens qui allaient subir les dommages causés par ses réformes.

En laissant Lionel Jospin gagner, il foutait en l’air sa carrière mais aussi tout le progrès social dans le pays. D’ailleurs, c’est Lionel Jospin lui-même qui le lui a dit. C’était un grand homme d’Etat et ne voulait pas laisser le peuple dans la merde. Et supputait déjà que l’image de Gerhard Schroder qui se préparait à faire ces réformes ne serait pas au top !

François Hollande et Lionel Jospin décidèrent alors de perdre la présidentielle. Ils allaient faire une mauvaise campagne, accumuler les bourdes. Mais François Hollande était déjà un fin tacticien électoral. Il savait que Jacques Chirac ne trouverait jamais 20% des électeurs pour passer le premier tour. Même en foirant la campagne, Lionel Jospin était sûr de gagner. Ils décidèrent alors de rencontrer Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement. Le premier secrétaire du Parti Socialiste les invita a déjeuner au Récamier et leur dit la vérité : voila, nous ne sommes pas sur la même ligne politique mais si on gagne l’élection, la gauche est foutue pour l’avenir quelles que soient les mesures qu’elle pouvait prendre. Il poussa la réflexion dans tous les sens, exposa toutes les réformes possibles, celles qu’allaient faire l’Allemagne et celles qu’envisageaient la gauche de la gauche. Un seul constat : la gauche serait définitivement out et le peuple allait souffrir. Avant même que François le leur suggère, Christiane et Jean-Pierre comprirent. La seule solution pour ne pas gagner l’élection présidentielle était de perdre dès le premier et perdre le premier nécessitait d’avoir moins de voix que le candidat d’extrême droite. Il fallait laisser se disperser les voix de gauche. Christiane et Jean-Pierre seraient donc candidat et on allait laisser croire aux électeurs qu’on s’en foutait, on était sûr de gagner. Moi-même, je ne suis pas allé voter… Ca ne faisait pas un pli dans mon esprit : il y avait un seul candidat de gauche susceptible un bon score au premier tour et il y aurait forcément un candidat de gauche à ce deuxième tour…

La présidentielle de 2002 fut perdue avec brio. La seule anecdote notable de la campagne fût quand ils apprirent que Bruno Mégret serait candidat, en plus de Jean-Marie Le Pen ! Ce dernier, pas fou, savait que s’il était au second tour face à Jacques Chirac, il perdrait nécessairement, ce qui est logique. Un candidat frontiste ne pouvait gagner à un second tour que s’il était opposé à un candidat de gauche. Pire ! S’il passait le premier tour pour perdre un second, les Français comprendraient que le premier tour est important. Jean-Marie Le Pen avait compris la stratégie de Lionel Jospin et décidé d’appliquer la même : disperser son stock d’électeurs. Après sa « victoire », d’ailleurs, il comprit qu’il était grillé définitivement. Il fallait passer le relai à sa fille mais 2007 était trop tôt, il fallait attendre 2012 pour qu’elle soit candidate et prenne de l’expérience. Mais c’est une autre histoire.

François Hollande, soutenu par Lionel Jospin malgré une légère comédie de ce dernier, resta premier secrétaire  du parti et s’occupa de reconquérir les collectivités territoriales avec le succès que l’on connaît. C’était important pour lui, il fallait qu’il représente la gauche qui gagne. Il était resté sur un mauvais résultat, avec la présidentielle de 2002 mais aussi sur un résultat mitigé, aux européennes de 1999. Seules les élections locales lui réussissaient, comme les municipales de 2001 qui vit une victoire inespérée dans certaines villes. La liste qu’il menait était arrivée en tête, certes, mais sur fond de forte division de la droite. Alors, le Parti Socialiste gagna les cantonales et régionales de 2004. Le Parti Socialiste fit un très bon résultat aux européennes, cette année-là. Les élections locales de 2008 se sont correctement déroulées, également. Mais ne brulons pas les étapes.

Restons en 2004. Il y avait le referendum de 2005 à préparer, au sujet du traité européen. Il se foutait royalement de ce traité qu’il ne jugeait ni bon ni mauvais, à part sur la forme. C’est le traité de 1992 qui était mauvais puisqu’il n’incluait qu’un volet économique libéral et rien pour le peuple. D’ailleurs, seuls les Etat compteraient pour la gestion de l’Europe pendant des décennies : la démocratie européenne resterait balbutiante, ce qui, au fond, n’était pas un problème : les peuples n’étaient pas prêts et, au fond, c’est bien à eux que revient la décision ! Néanmoins, il savait que la question européenne diviserait profondément le Parti Socialiste et, surtout, ses militants, la plupart des cadres étant convaincus, comme François Hollande, qu’un parti antieuropéen ne pouvait pas prendre le pouvoir en France. Il eut alors l’idée d’organiser un vote interne : il savait que s’il soutenait le « oui », il serait largement en tête, ce qui est arrivé (59%). Il serait confirmé comme patron du parti malgré les lourds clivages internes.

Il lui fallait organiser le « non » pour ne pas prendre le risque de voir des électrons libres prendre de l’importance. Il a donc invité des amis à lui à prendre la tête des opposants au traités : Arnaud Montebourg (encore lui…), Manuel Valls (et oui !), Jean-Luc Mélenchon (tiens, le voilà) et Laurent Fabius (il fallait un homme de poids). Ils furent rejoints par Henri Emmanuelli mais c’est le hasard...

Vous connaissez la suite pour ce qui concerne ce vote. Hollande a pris la tête du oui de gauche. Sa réputation est clairement faite.

Cela nous pousse à 2006 ou, du moins, à la préparation de la présidentielle de 2007. Le constat était clair : la droite n’avait rien fait ou presque, écorchant les 35 heures, et, surtout, les gérant mal en ne poursuivant pas les travaux – mal – prévus par les lois de Martine Aubry notamment dans le secteur hospitalier. Pour le reste : rien. Tout le travail – de décorticage du droit du travail, il faut bien appeler les choses par leur nom – était à faire. On était dans la même situation qu’en 2002, mais avec une évolution évidente de la société, poussée par les nouvelles technologies et la poursuite de la mondialisation.

Il ne fallait pas que la gauche gagne 2007 sinon, elle serait foutue.

C’est le constat qu’a fait François Hollande devant sa compagne à l’issue d’une sieste crapuleuse (les livres d’histoires sont imprécis à ce sujet mais, au fond, cela ne nous regarde pas). Avec elle, Ségolène Royal, donc !, ils formaient un couple très moderne. Ils ne se sont jamais mariés mais on eut quatre enfants. Ils s’entendaient à merveille sur à peu près tout ! D’ailleurs, ils rigolaient beaucoup d’une jeune maitresse qu’il avait depuis peu, une journaliste à Paris Match…

François Hollande : voila, comment être sûr de perdre cette élection ?
Ségolène Royal : on n’a qu’à présenter une femme, dans ce pays de machos, elle n’aurait aucune chance d’être élue !
FH : oui, tiens ! Excellent ! T’as qu’à y aller...
SR : hé ho, tu crois que j’ai ça à foutre ?
FH : tu ne veux pas que je demande à Valérie, non plus ? Et tu verrais qui ? Martine… Tellement entêtée qu’elle serait capable de se faire élire. Toi tu as une bonne cote. On va organiser tout ça, tu vas voir. On va te créer des comités de soutiens, des réseaux sociaux et tout ça… De toute manière, Fabius et DSK n’ont aucune chance de passer la primaire, Fabius parce qu’il n’en veut pas, il me l’a dit quand on a préparé le vote pour le referendum, et Dominique parce qu’il est encore en plein dans les affaires.
SR : c’est OK ! Mais si je suis élue, on fait quoi ? Et tu passeras pour quoi, toi ? Et ta propre carrière ?
FH : on va faire en sorte que tu ne sois pas élue. Tu vas multiplier les gaffes et je ferai en sorte que le parti ne soit pas clairement derrière toi.
SR : oui, mais ça risque de te griller, tu risques de passer pour responsable de la défaite.
FH : Tu as raison. Trouvons autre chose !
SR : j’y suis ! Tu vas me larguer pour ta journaliste, la petite jeune, tu vas batifoler pendant la campagne, après la défaite, on se sépare et je continuerai à foutre la merde dans le parti, jusqu’au congrès de 2008 parce qu’il faudra bien que tu quittes la direction du parti… T’imagines que Martine gagne le congrès brillamment ? Tu es foutu pour 2012.
FH : OK, mais on tentera de se rabibocher, quand même après, hein ?
SR : ne t’inquiète pas, on verra à l’occasion. Tu auras peut-être encore besoin de Valérie et notre rivalité pourrait avoir des avantages…

Vous connaissez la suite, du moins pour 2006, 2007 et 2008. Notamment 2007 : l’élection était imperdable. Il a fallu la force de Ségolène Royal et de François Hollande pour réussir à la perdre.

Nous voilà fin 2008. 2012 était en ligne de mire mais François Hollande fit un constat : la gauche est malade, surtout la gauche de la gauche. Un candidat socialiste ne peut pas gagner sans une gauche de la gauche forte. Il faut sauver le parti communiste en les intégrant à une force politique modernisée. Pépère eut alors une idée : il appela son copain Jean-Luc Mélenchon. J’ai l’enregistrement de la conversation si vous voulez… Mais passons cet épisode.

En 2009, il y avait une échéance électorale importante : des européennes. François Hollande et Ségolène Royal, et donc leurs soutiens réciproques, ne pouvaient pas tolérer une victoire du Parti Socialiste qui aurait été mise au crédit de Martine Aubry. François Hollande invita alors à déjeuner Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et quelques autres. Il leur tint à peu près ce discours : le PS est divisé, les partisans de Ségo ne peuvent pas blairer Aubry, vous faites des listes ouvertes avec des têtes de liste comme Bové et vous avez un boulevard pour être à égalité avec le PS.

Et hop !

Après la réussite de ce nouvel échec du Parti Socialiste, François Hollande commença à préparer 2012, mais pour lui, cette fois ! Si un autre type était élu, à gauche, sa carrière serait terminée. En outre, il apparaissait évident que Nicolas Sarkozy conduisait une mauvaise politique et qu’il ne fallait pas laisser le pays aux mains de ces gens-là. Tant pis ! On a laissé la droite faire des conneries en espérant qu’elles prennent des bonnes mesures mais tout ce qu’elle a fait est de créer le statut d’auto-entrepreneur, signifiant encore plus la fin du salariat.

Dans dix ou vingt ans, il n’y aura plus de salariés ou, du moins, leur nombre aura diminué au profit de travailleurs indépendants de statuts divers, forcément précaires. Il faut préparer la société à cette évolution et, pour se faire, il faut renforcer notre modèle redistributif ce qui nécessite de sortir de la spirale infernale du chômage, de l’aide aux PME et à toutes formes d’entreprise, de statut, susceptibles de travailler auprès de grands groupes aux mains des puissances financières.

Tiens ! « Mon adversaire, c’est la finance » serait un bon truc, non ?

C’est ainsi que raisonnait François Hollande en se rasant.

Il lui restait évidemment une étape à franchir. Il est rapidement apparu, au vu des sondages, que la présidentielle ne serait qu’une formalité, d’autant qu’à l’été 2010, Nicolas Sarkozy a commencé à durcir ses propos, faisant fuir les centristes.

Il restait une formalité : la primaire. Il se mit en campagne : le tour de France pour présenter son projet, la relation avec Valérie Trierweiler, le régime,… Elle n’aurait vraiment été qu’une formalité. Face à Dominique Strauss-Kahn, lui, le social libéral, allait passer pour le gauchiste de service. A mourir de rire… DSK s’était grillé en allant au FMI et s’était grillé pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy n’avait pas compris cela et était même persuadé du contraire : Dominique Strauss-Kahn était son pire concurrent. Il a donc organisé sa chute en passant par des intermédiaires Libyens (cette partie de mon récit est outrageusement romancée alors que le reste n’est qu’embelli).

Catastrophe ! Il serait opposé à Martine Aubry et elle pouvait très bien gagner, il lui fallut organiser le deuxième tour, dès le premier. Il a donc choisi lui-même ses copains pour être candidat au premier tour : Ségolène Royal, sa fidèle vaguement compagne, Jean-Michel Baylet, pour montrer l’ouverture, Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui pourraient faire leur premières armes dans des ministères le temps de penser à leur propre carrière alors qu’ils sont minoritaires au PS et pour montrer qu’il ratisse large au sein du parti. Il avait réussi son coup : les quatre candidats éliminés au premier tour se sont prononcé pour lui pour le second. Mais, dès le mois de juillet – deux mois après l’affaire DSK – il fallait bien se rendre compte que Martine Aubry ne voulait pas y aller. Comme elle n’avait pas compris la stratégie de pépère, elle organisa elle-même sa propre chute en promettant une augmentation de 30% du budget de la culture. Elle s’en foutait ! Elle aura alors été la femme qui a remis de l’ordre au sein du Parti Socialiste et qui lui a permis de garder le pouvoir.

La campagne pour 2012 pouvait démarrer. François Hollande serait enfin candidat à la présidence de la République, pour sauver la France et était absolument sûr de gagner. Néanmoins, les sondages lui donnaient une telle avance que cela compromettait sa stratégie pour la suite. En effet, si un candidat socialiste était élu avec 60% des voix, il serait obligé de mener une politique franchement de gauche ce qui était en désaccord complet avec ses idées : la quantité de travail allait diminuer tout comme la part de salariés réalisant ce travail. Il fallait relancer l’industrie française et supprimer quelques avantages liés au travail pour permettre de faire fonctionner l’économie et améliorer la redistribution pour ceux qui ne pourraient pas gagner de l’argent avec un travail salarié. Il fallait dépasser l’Allemagne, libéraliser le travail tout en protégeant les êtres humains…

Avec 60%, il était sûr de ne pas pouvoir le faire.

Il eut un coup de génie et a appelé Martine Aubry. De mémoire, il lui a dit : dis donc, Martine, comme tu as la réputation de ne pas pouvoir me blairer, tu ne pourrais pas me faire un coup dans le dos ? Après tout, je t’ai bien rendu service en gagnant la primaire.

Elle répondit (toujours de mémoire) : ah oui, tiens ! J’y pensais ce matin en me rasant. Je me disais que si j’avais gagné, j’aurais du faire un accord électoral foireux avec les écolos. Tu veux que je le fasse pour toi ?
Lui : mouarf ! Extra ! Prévoit des trucs rigolos comme la sortie du nucléaire pour bien faire peur aux Français et tout ça.

Lui-même ajouta deux ou trois conneries dans sa campagne, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Ca allait souder les gauchistes et donner à la droite l’occasion de s’exciter et ça allait faire hurler François Bayrou.

Tiens ! Le Bayrou ! Dès le début, François Hollande l’a appelé : dis donc, cher homonyme, tu te rends compte que tu feras un petit score. L’autre lui répondit : ben, oui, ça commence à me gaver, tout ça, mais je n’ai pas le choix… mais ça sera la dernière fois sauf si Morin se présente en 2017.
Hollande : j’ai une idée, tu ne fais pas campagne contre moi, je te promets que je vais réellement m’attaquer au problème de la dette, tu me soutiens au second tour pour ce prétexte et, comme l’UMP présentera un candidat contre toi, je m’arrange pour que le PS te soutienne aux législatives.
Bayrou : OK pour le soutien d’entre deux tours, mais rends-moi service. J’en ai ma claque d’être député. Ca n’avance à rien et si le PS me soutient, je serais catalogué à gauche, je ne pourrai plus rien faire au centre. Tu vas t’arranger pour que je sois battu à cause du PS.
Hollande : OK.

Nous voila au 17 mai 2012, le lendemain de l’investiture. François Hollande avait été élu au ras des pâquerettes, comme il le voulait, alors que des sondages le donnaient à 60%, il avait été odieux avec Sarkozy lors de la cérémonie d’investiture.

Il avait réuni sa garde rapprochée dans un des salons de l’Elysée et leur tint se discours : il faut absolument que notre popularité baisse très rapidement pour que l’on puisse avoir les mains libres dès le début. Sur une idée de toi, Ségo, j’ai obtenu de Valérie qu’elle envoie un tweet de soutien à Falorni. Je comprends bien que tu n’aies pas envie de redevenir député et que ta situation serait impossible. Obligée de conquérir la présidence de l’Assemblée avec moi à l’Elysée… Ca aurait été complètement grotesque. Mais je tiens à te remercier. Après, on va nommer un gouvernement de branquignoles, je vais faire des conneries, comme convoquer les journalistes pour mon départ en vacances en TGV et des trucs comme ça. Tiens ! On va mettre Cahuzac ministre du budget, avec toutes les casseroles qu’il a au cul… J’ai appelé Plenel, tiens ! Je lui dois un service à propos d’un épisode pendant la campagne. Sinon, on va mettre Harlem à la tête du PS et quand il aura bien foutu la merde, on le nommera ministre.

Les autres étaient pliés de rire !

Fin 2013, début 2014, la popularité n’était pas encore inscrite durablement au-dessous des vingt pourcents et il y avait un risque pour qu’elle remonte, surtout que la droite était toujours en lambeaux… Le travail avait été pourtant bien fait avec le mariage pour tous qui a fait plaisir aux gauchistes en fâchant les réacs et d’autres mesures comme l’ANI qui avait eu le résultat inverse.

Il fallait frapper fort. La décision de faire un tournant social libéral et de mettre Valls premier ministre après les municipales mais toujours avec un gouvernement de branquignoles, à peu près les mêmes, d’ailleurs, était prise depuis longtemps mais il fallait frapper fort.

Valérie Trierweiler commençait à s’ennuyer à l’Elysée. Pas facile d’être première dame, pas possible de coucher à droite ou à gauche contrairement à son homme. Elle fit une proposition à François Hollande vu qu’elle avait un copain qui bossait pour Closer. La scène aurait tellement été ridicule qu’il fut convaincu dès le début que l’idée était bonne. Il prit soin, alors, de peaufiner le scénario : on va faire un peu de bordel pendant quelques temps, je vais te larguer ! Tiens ! Tu pourrais même sortir un bouquin sur notre histoire, vers la fin de l’été, ça te permettra de gagner un peu d’oseille, en plus, car je ne pourrais plus t’entretenir, avec tes fistons.

Il fallait tenir au plus bas jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. C’est chose faite. Je peux réécrire l’histoire. Compte tenu du positionnement politique de Hollande, il ne pourra que proposer une politique ultralibérale sur le plan économique et bien à droite pour le reste. L’élection de 2017 serait une formalité : François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener.


Comment tout ce bordel serait-il possible si cette histoire n’était pas rigoureusement exacte ?

19 commentaires:

  1. Vous m'avez convaincu : je voterai Hollande aux deux tours en 2017. Gloire et longue vie au président !

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    1. Voilà. Ce billet répondait à une commande.

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  2. J'en connais un qui est une graine de romancier politico historique.
    La fin est tellement vraie. Bravo

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  3. "François Hollande passera pour un rempart contre cela et pourra mettre en œuvre la politique qu’il a toujours voulu mener." C'est quoi cette politique qu'il a toujours voulu mener?

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  4. Vous êtes sacrément bien informé, vous !

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    1. Ben oui. Je suis un blogueur de gouvernement avec de bonnes sources.

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  5. Réponses
    1. Merci. Je n'ai pas fait exprès. J'avais en tête l'histoire de 2002 (voir les commentaires du billet précédent) et le reste est sorti tout seul en une grosse heure (je n'ai pas chronométré, je continuais â bosser en même temps). J'aurais du y passer une deuxième heure d'ailleurs pour relire vu le nombre de fautes d'orthographe (je viens de relire en allant répondre à Elie).

      Mais ton billet est aussi excellent, je l'ai dit dans Twitter mais ai eu la flemme de commenter vu que j'étais au comptoir.

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  6. Impressionnant tu t"es donné. Cette vision est toutefois effrayante.

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  7. Machiavéliques à ce point les socialistes ? ou vraiment pas doués ? :)

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