19 octobre 2014

Vive le libéralisme, sauf le dimanche !

Parmi la chose politique de la semaine, il y en a une que je n'ai pas vraiment eu le temps de commenter dans mon blog : les annonces du ministre de l'économie Emmanuel Macron et des réactions qu'elles ont suscitées à gauche. Ca tombe bien, c'est aujourd'hui que Martine Aubry fait son vrai retour dans la presse en exigeant une réorientation de la politique économique. C'est elle qui soutenait Dominique Strauss-Kahn.

La vrauche a évidemment qualifié ces mesures de libérales, voire ultra libérales, la honte et tout ça mais a gueulé aussi quand Macron a fait des retours arrières : il est à la solde des lobbies de droite et tout ça aussi.

C'est bien rigolo. Le plus drôle étant l'Humanité qui qualifie les mesures de réactionnaires. Favoriser le travail du dimanche, c'est réactionnaire ? Torpiller les professions réglementées, c'est réactionnaires ? C'est vraiment n'importe quoi. En s'opposant au changement, l'Humanité qualifie les autres de réactionnaires. On croît rêver.

Les mots ont un sens, que diable ! Tiens ! Libéral : quel mal à libérer les professions réglementées ? En quoi pourrait-on considérer que casser des monopoles privés ne pourrait pas être de gauche. Un autre exemple : pourquoi les idées d'Emmanuel Macron de favoriser l'actionnariat salariés – à part le fait que les actions, c'est mal – serait-il mauvais ? Surtout quand ce sont des lascars qui préconisent la propriété de l'outil de travail par les salariés, ils ne pourraient pas devenir propriétaires de leur boite ?

Il n'y a qu'une seule vraie connerie, dans les propositions de Macron, la libération partielle du travail le dimanche. C'est une connerie pour un tas de raisons, la principale étant que c'est un leurre – qui plus est bien de droite, lui – qu'en travaillant plus, on pourra faire redémarrer l'économie. C'est faux ! Ce n'est pas parce que les gens dépenseront leurs sous le dimanche qu'ils en auront plus à dépenser.

Je vais donc faire une suggestion à notre jeune ministre de l'économie à propos de ce dossier. Petit 1 : aucune tolérance à la règle de la non ouverture des magasins le dimanche ne doit être accordée. Les contrevenant se verront enfoncer une statue gonflable de Mac Carthy dans un orifice tiré au sort. Petit 2 : les magasins auront le droit d'ouvrir tous les dimanches qu'ils veulent jusqu'à n'importe quelle heure dans des zones touristiques déterminées avec sagesse (les Grand Boulevards, à Paris, sont une zone touristique, contrairement au centre commercial des quatre temps, à La Défense). Petit 3 : les zones commerciales éloignées des centre-villes ou des centres d'activités touristiques ou de loisir ne pourront en aucun cas être reconnus en zone touristique. Petit 4 : même en centre-ville, les commerces qui ne peuvent prétexter aucun caractère touristique, comme les marchand de bricolage, les jardineries, ne pourront pas avoir de dérogation pour ouvrir le dimanche.

Ne chions pas sur le libéralisme, on se trompe de cible.

Hier soir, j'étais au bistro. Il n'y avait pas trop de monde, la soirée était sympa. J'en ai passé une partie à discuter avec le patron. A 0h35, il a sonné une première fois la cloche. Les clients connaissent : il ne va pas tarder à fermer, ceux qui ont encore soif peuvent encore passer une dernière commande. A 0h45, il a sonné une deuxième fois. Service terminé. A 0h50, il a commencé à prier les gens de régler leurs consommations et de partir. A 0h59, il a commencé à se fâcher. Il y avait un groupe de lascars qui faisaient la foiridon, qui voulait rester. A 0h05, tout le monde était sorti, y compris moi. Nous avions 5 minutes de retard, peut-être un peu moins. Si les gendarmes étaient passé devant, ils auraient pu faire un constat et obtenir une fermeture administrative de la boutique.

Ils ne sont évidement pas si cons : dans la mesure où il n'y a pas de problème de délinquance, de tapage nocturne, d'alcoolisme sur la voie publique, nos valeureuses forces de l'ordre n'ont aucune raison d'emmerder les commerçants.

Il n'empêche que, à Loudéac (comme dans tout le département), les bistros doivent fermer à 1h du matin le vendredi et le samedi. Pourquoi ce texte ? Pourquoi le patron n'aurait-il pas pu décider de fermer plus tard, hier, alors que nous n'étions pas nombreux, que tout se passait bien, que, de toute manière, la serveuse aurait pu faire le ménage dans la salle pendant que nous buvions le dernier verre... ?

Ce sont peut-être bien des textes réactionnaires qui imposent cet état de fait. De la sécurité, lutter contre les jeunes qui s'amusent, boivent, font du bruit.

Au nom du libéralisme, je demande leur suppression.

Si tu n'es pas d'accord et te prétends de gauche, réfléchis bien...

13 commentaires:

  1. Fin machiste.
    Pourquoi pas le patron à faire le ménage dans la salle et la serveuse à discuter avec les clients qui finissaient leur(s) verre(s) ?

    Pour le reste je suis d'accord

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    1. Ce n'est pas une question de sexe mais de salaire : si elle est payée pour faire le ménage, jusqu'à deux heures, ça ne change rien pour elle qu'il y ait encore dix types au comptoir.

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  2. "Pourquoi le patron n'aurait-il pas pu décider de fermer plus tard, hier, alors que nous n'étions pas nombreux, que tout se passait bien, que, de toute manière, la serveuse aurait pu faire le ménage dans la salle pendant que nous buvions le dernier verre… ?"
    Sauf qu'un autre dernier verre aurait suivi le prétendu dernier verre, et ainsi de suite. Les 5 mn se seraient transformées en 1/4 d'heure, voire plus. A un moment, stop, c'est stop !

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    1. C'est au patron de juger, pas à la loi

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    2. Sauf, qu'il a une employée pour faire son ménage et qu'elle a droit à des horaires cadrés. Contre le respect du code du travail, Nicolas ???

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    3. Il ne s'agit pas du droit du travail mais du droit des bistros. Au pire, il peut rester tout seul. Surtout comme je l'explique l'employé reste pour faire le ménage dans la salle. Il peut servir au comptoir.

      Il peut aussi avoir accord avec la serveuse : s'il n'y a pas beaucoup de client, tu pars à 1h sinon à 3. En aucun cas l'heure d'ouverture du bistro ne doit concerner la loi ou, du moins, des volontés préfectorales.

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  3. Comme on a eu Jacques Étienne depuis hier soir et que j'ai recommencé de picoler à midi, je n'ai pas été capable de lire ce billet entièrement (j'ai juste vu que vous étiez au bistrot hier soir, ce qui m'a considérablement surpris de votre part). Mais je suis sûr que vous avez raison, en bon réactionnaire viscéral que vous êtes.

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  4. Cette histoire de serpillère passée après minuit m'a donné l'idée d'ouvrir un bistrot et de le nommer le "Cendrillon".

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    1. Mais ce est pas Cendrillon. Cécile a un contrat de travail et est pas exploitée par son patron. Les temps ont changé.

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  5. Pour le travail dominical, tout n'est pas noir ou blanc.
    En milieu touristique, clairement ça ramène plus d'argent.
    En milieu non touristique, il y aurait A PRIORI étalement des frais de structures
    Sauf que si on avait des syndicats intelligents qui savaient faire une règle de trois, il y aurait une proposition intérressante à faire en échange du travail dominical:
    Actuellement, même le magasin le plus social possible a besoin de 50% de ses effectifs de logistiques et de caissiers le samedi, donc il ne peut que proposer en majorité que des contrats partiels. Ouvrir le dimanche permettrait d'avoir des contrats plus importants (bien qu'avec moins d'effectifs certes) et rendre de la dignité aux personnes qui se battent avec 600 euros, parce que le débat "nannn les gens veulent voir leur famille le dimanche" quand on gagne 600 euros par mois est complètement hors sujet (pour rester poli). Et pourquoi pas négocier en plus le non éclatement des heures des petits contrats (genre une pause de 5h, donc on ne peut pas faire un autre boulot por compenser). Donc on aurait une partie de l'effectif qui aurait un VRAI travail, donc du pouvoir d'achat en plus, et une autre partie qui ne se ferait pas retorquer à pôle emploi qu'ils n'ont plus à se plaindre ni à etre suivi puisque ils ont un contrat de 15h au leclerc du coin.
    Pour les magasins alimentaires, certes il y aurait étalement sans gain (et encore à priori), pour les magasins de bricolage ou autres du genre, il y a plusieurs études qui montrent un net gain. Je prends mon exemple, j'ai un achat à faire, ça fait deux mois que l'argent dort sur mon compte parce que je n'ai pas le temps d'aller au brico du coin le samedi, si il était ouvert dimanche, ça ferait longtemps que je l'aurais dépensé. L'économie n'est pas un gateau à taille fixe, le plus important n'est pas la taille de la masse monétaire mais le nombre d'échange, plus il y a des échanges de flux et plus la masse monétaire grossit et/ou l'économie se porte mieux. Donc plus vite je fais mon achat (même si je ne dépenserai pas plus dans l'année), plus vite un autre acteur pourra l'utiliser à son tour, s'en servir pour demander un prêt, ect...tout ce qui fait la croissance...Au final, ça revient chez moi quand même puisque mon emploi et mon salaire sont justifiés par les dépenses d'autres acteurs...
    Pour tous les magasins, ouvrir le dimanche pendant les fêtes ( et pas le 24 décembre par exemple), je suis persuadée qu'il y aurait quand même plus de gens car moins de cohue, les gens seront moins tentés d'aller acheter sur amazon. (et ça arrange les étudiants qui font office de renfort pendant les vacances de toute façon).
    Donc franchement, le travail domincial mérite mieux que que le débat tout ou rien...

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    1. On n'est pas dans le débat tout ou rien. On est dans un débat de société et tu ne fais que proposer une fuite en avant vers plus de commerce en partant du principe que ce seront des vrais contrats de travail ce qui est faux et que cela produira de l'activité ce qui n'est vrai qu'à la marge.

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