23 décembre 2014

Sors d'ici, Georges Marchais, avec ton terrible cortège

Lors des dernières municipales, à Villejuif, les écolos, conduits par Alain Lipietz, se sont alliés à l'UMP pour ravir la municipalité aux communistes. Rien que pour cela, ils mériteraient d'être tondus à la libération. Très récemment, la nouvelle mairie a commis un nouveau forfait : ils ont rebaptisé la place Georges Marchais qui avait pourtant été député du coin pendant 25 ans.

Certes, Georges Marchais n'est pas exempt de défaut mais son bilan est globalement positif. Des andouilles élues depuis 9 mois ont décidé de le faire sortir de l'histoire. C'est idiot. Tiens ! Je vais leur expliquer... Si les banlieues rouges passent à droite, c'est parce que les communistes ont fait un excellent boulot pour y attirer une population... de plus en plus aisée...

L'ami Sarkofrance en fait un billet, ce billet, et, une fois n'est pas coutume, c'est moi qui vais défendre un dirigeant historique de la gauche, la vraie, française.

« On se souvient du « Taisez-vous Elkabach! » » Non, on ne s'en souvient pas, du moins pas dans la bouche de Georges Marchais. C'est une invention d'humoristes, notamment Thierry Le Luron.

« Aujourd’hui en 2014, Marine Le Pen a chipé l’électorat du PCF des années 80 puisqu’elle a chipé l’argument national, en lui ajoutant cette xénophobie (tantôt anti-arabe, tantôt anti-sémite) si cher au coeur de l’extrême droite. » C'est un premier pas de reconnaître que le Front National a un positionnement politique « piqué » au PCF et je félicite notre ami. Néanmoins, il est un peu fort de dire que le Front National a chipé « l'argument national » a un machin internationaliste (la lutte finale et tout ça).

En outre, si le premier pas est intéressent, il faudrait franchir le deuxième : la lutte contre l'immigration. Il faut le dire, ce n'est pas un mal mais si le traitement des immigrés par le PCF n'était pas toujours franchement humain : il luttait contre l'immigration parce que « le grand capital » faisait venir des immigrés pour avoir une main d’œuvre à bas coût et peu revendicatrice.

Alors, l'Humanité critique la décision de la mairie de Villejuif : « Loin d’être anecdotique, il s’agit d’une tentative d’effacement de la mémoire collective et de l’action d’un élu et responsable communiste, député de Villejuif pendant 24 ans, qui a toute sa vie œuvré dans l’intérêt général pour ses compatriotes et ses administrés. »

Sarkofrance lui répond : « L’Humanité est parfois un journal formidable. Ce jour-là, c’est-à-dire ce lundi 22 décembre, son propos était simplement indécent et anachronique. »

Hé bien je suis pas d'accord. Si Sarkofrance pense que le PCF n'a servi à rien sous Marchais, il est libre.

Il n'empêche que je suis nostalgique de ce PC, celui de Marchais, celui qui faisait 15% en 1981, mais qui a coulé dès qu'ils se sont mis à se préoccuper des sujets sociétaux plus que des sujets sociaux.

Tiens ! Sarkofrance est un ancien membre d'EELV et c'est ce parti qui s'est allié à la droite pour faire chuter le PCF. Si la gauche de la gauche n'étais devenue subitement contre le nucléaire, brouillant son identité par rapport à EELV, elle n'aurait pas fait fuir un électorat, celui qui défend les ouvriers du nucléaire, celui qui a peur des coupures d'électricité,...

Je n'ai pas vu beaucoup de blogs critiquer la décision de la mairie de Villejuif. Au moins, il y aura le mien. Des petites policards englués dans une gestion à la petite semaine, des conquêtes pour quelques postes, de médiocres types qui utilisent la gauche pour mieux l'enterrer.

Allez vous faire foutre.Et paf, ai-je envie de dire.

21 commentaires:

  1. "Il n'empêche que je suis nostalgique de ce PC, celui de Marchais, celui qui faisait 15% en 1981, mais qui a coulé dès qu'ils se sont mis à se préoccuper des sujets sociétaux plus que des sujets sociaux."
    A dire vrai, avec une même idéologie politique, chaque pays vivait avec ses propres coutumes. Il faut reconnaitre que le PC de l'époque était pour le partage de tout, sauf de l'information venant de Russie. Ça ne pouvait que péter un jour.

    RépondreSupprimer
  2. Bravo suis d'accord
    J'étais jeune très jeune mais je me souviens qu'on râlait souvent de lui chez moi pour ses soutiens au communisme de l'ex URSS et j'entendais en boucle Aragon dans la bouche de Ferrat (tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communistes)
    :-)

    RépondreSupprimer
  3. Les cocos des années 60/70/80 ont finalement réussi à hisser le prolo au niveau d'une petite classe moyenne en le mettant dans un périmètre de protection et d'acquis sociaux, c'est pour cela qu'il ne sont plus utiles : lorsqu'on a appris à nager, les bouées sont inutiles.

    RépondreSupprimer
  4. Bah... ils devraient être content puisqu'ils ils y sont arrivés !

    RépondreSupprimer
  5. Il reste que Marchais était une basse crapule et que vous inversez assez comiquement les perspectives : Marchais a pris un PCF à 25 % (à peu près) et il l'a coulé. Tout en soutenant imperturbablement la tyrannie soviétique dont il était l'obligé, et pas seulement financièrement (le KGB savait fort bien ce que Marchais avait fait durant l'occupation allemande…).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans billet je dis que son bilan est globalement positif. Je n'ai rien oublié et je ne suis pas le dernier à sortir des chiffres au sujet de l'évolution des partis.

      Supprimer
    2. Je pensais naïvement que votre "globalement positif" était de l'humour…

      Supprimer
    3. Ben oui. Pour relativiser le reste.

      Supprimer
  6. Georges Marchais était une sorte de réac de gauche. Peu tendre avec l'immigration, il aurait pu signer les discours du FN d'aujourd'hui.
    Honorer sa mémoire même par un nom de place en banlieue ne pouvait plus durer.

    RépondreSupprimer
  7. Donc votre "globalement positif" n'est que simple coïncidence et n'a rien avoir avec la célèbre phrase de Marchais ?
    Mais quel est donc le bilan positif de Georges Marchais ?
    Le PCF a commencé à décliné quand il s'est piqué de s’intéresser plus aux clandestins qu'au sort des travailleurs français. (Hue, Buffet, Juquin ...)

    RépondreSupprimer
  8. j'aime bien ta note, le terme de MEDIOCRES est particulièrement bien choisi. j'en rajouterai pas. ^____^

    RépondreSupprimer
  9. taisez vous les réac
    et rendez à Georges sa place
    ça ne coute rien et ça ne mange pas de pain

    RépondreSupprimer
  10. L'un veut faire oublier Georges Marchais ; l'autre a déjà oublié le nom de son meilleur imitateur, Pierre Douglas, qui inventa le "Taisez-vous Elkabach".

    Si vous êtes jeune, vous avez une chance que, dans longtemps, vos petits enfants ignorent qui était Nicolas Sarkozy !

    RépondreSupprimer
  11. Débaptiser une place où une rue, relève d'une certaine démarche révisionniste quant à la perception de l'histoire...Georges Marchais, comme d'autres, a marqué son époque, au niveau politique mais aussi dans les médias...Il fait aussi partie de l'histoire du PCF, comme étant l'initiateur de la fin de la "dictature du prolétariat"...Qu'on le veuille ou non, le PCF fait partie de notre histoire commune, comme le reste...
    Monsieur THIERS fait aussi partie de notre histoire commune...Bien qu'il soit le boucher de la Commune, je ne revendique pas que l'on débaptise toutes les places, avenues ou rues "Thiers" en France...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Comme le reste", d'où la multitude des places Louis-Ferdinand Céline, Charles Maurras, etc...

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.