30 janvier 2015

Rétablissons l'éducation populaire !

Animatrice à forte poitrine.
Depuis les événements parisiens de début janvier, on cherche des solutions pour lutter contre l’islamisme radical ou plus exactement pour que des connards arrêtent d’égorger nos fils et voiler nos compagnes jusque dans nos bras. Certains préconisent de faire chanter la Marseillaise à l’école. On a vu beaucoup de types dire aux profs ce qu’ils devaient faire, à ce propos… 65 millions de pédagogues. Le gouvernement a lancé récemment un site contre le Djihadisme et Nicolas Sarkozy exige que l’Etat réembauche les flics qui ont été virés au cours deux précédents quinquennats.

Je vais donc apporter ma pierre à l’édifice, en hommage à Suzanne qui s’est sacrifiée pour la patrie, sur les thèmes « les joyeuses colonies de vacances » et « hé ho, parler du vivre ensemble, ça commence à bien faire, faisons le réellement. »

Rétablissons l’éducation populaire.

Je sais, je l’ai déjà dit, c’était dans le titre. Il n’empêche qu’une famille qui touche des bons CAF et des chèques vacances et qui en profite pour envoyer son môme passer une semaine à faire du poney et une autre à faire du kayak, le tout agrémenté de rafting, de canyoning, de parapente et de putes de luxe ! Je dis : stop.

Ne déconnez pas, ceci est un billet de fond. De la vallée, en particulier.

Ne déconnez pas, le pognon en question vient des cotisations familiales que vous payez et des œuvres sociales de votre entreprise, donc indirectement de vous. Savoir que mon pognon est utilisé pour que des gosses de tarés puissent faire du cheval en engraissant des sociétés privées, certes sympathiques, me révolte. Je suis révolté.

Tiens ! J’ai une cousine qui habite à la Réunion. Une vraie cousine, hein ! Elle est même née à Loudéac, pour vous dire. Toujours est-il qu’elle a trouvé un mec et vit maintenant au bout du monde. Elle a eu des enfants que je fréquente grâce à Facebook. L’ainée, ma petite cousine, a passé ses vacances au ski dans les Alpes aux frais de la princesse. C’est grotesque ! Le jour où ses parents seront mutés en métropole, elle aura tout le loisir d’aller se faire chier dans des stations de ski surpeuplées et de ce pochetronner au vin chaud.

Quand on était gamin, nos vieux nous envoyaient dans des colonies de vacances, on allait jouer au foot sur la plage, faire des cabanes dans les forêts, construire des barrages dans les rivières, aider les paysans à traire leurs vaches et s’entrainer avec leurs filles. C’était sain. On prenait l’air (et des cuites quand les moniteurs avaient le dos tourné). On apprenait à connaître la France. Une année c’était les Pyrénées, une année les Cévennes, l’autre le Cantal, la suivante les Vosges et ensuite la Normandie, les Alpes. J’ai même passé des vacances dans la Sarthe, pour vous dire !

On découvrait la France en suivant des rivières, en se levant à trois heures du matin pour tenter de voir un cerf dans les bois,… Les samedis, en hivers, on allait dans les supermarchés pour récolter de la nourriture pour les plus pauvres, on organisait des spectacles pour les fils de bouseux qui n’avaient pas le droit de sortir, on récupérait des bouquins pour les redistribuer dans des écoles, les filles branlaient les petits vieux, tout ce qu’il faut pour rendre service.

On aimait la France, quoi ! Parfois, on partait à l’étranger mais assez rarement (étant Breton, aller à l’étranger, ça fait des frais de route). On aimait tout le monde. Le soir, dans la tente, on s’aimait soi-même, d’ailleurs.

Résultat : on aime la France et, aujourd’hui, je n’ai pas la moindre envie d’assassiner un dessinateur de presse. C’est bien la preuve, tiens !, que ce que je préconise est bon. Il me reste à travailler la méthode et à rédiger la suite du billet. Et vous à la lire, mes pauvres.

Rétablissons l’éducation populaire.

Pourquoi parle-je d’éducation populaire ?

Le problème du pognon dépensé pour des activités débiles certes ludiques me préoccupe depuis plus de vingt ans, à l’époque où j’étais au conseil national d’un mouvement d’éducation populaire. C’est simple : on nous demandait d’envoyer des mômes en vacances ou de faire des activités avec eux le week-end pour pas cher mais on n’avait aucun financement pour le faire si on n’avait pas un joli projet éducatif. A l’époque, on parlait en francs. Si on organisait une colo de trois semaines avec des belles activités pour 4000 francs, on en avait 1000 de subvention. Si on faisait une colo dans la foret pour 2000 francs, on n’avait pas un radis de subvention… Et les clients nous boudaient. Progressivement les colonies sont mortes… au profit de « séjours spécialisés ».

Lundi, j’étais avec Tonnégrande, qui n’est pas qu’un ivrogne de comptoir mais aussi le directeur départemental d’une des plus importantes structures d’éducation dans le pays et on parlait de ce qu’il fallait faire pour les jeunes, il me décrivait ce qu’il faisait quand il était jeune et qu’il fallait refaire aujourd’hui, ce que je dis plus haut : arrêter les vacances de luxe et le pognon dépenser pour des conneries et envoyer les mômes camper en forêt, faire des cabanes, préparer leur bouffe ensemble,…

J’ai sorti le truc : ben oui, quoi, l’éducation populaire. Il a acquiescé !

Voila une partie de la définition de Wikipedia  pour éducation populaire : « L'action des mouvements d'éducation populaire se positionne en complément de l'enseignement formel. C'est une éducation qui dit reconnaître à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie. Elle ne se limite pas à la diffusion de la culture académique, elle reconnaît aussi la culture dite populaire (culture ouvrière, des paysans, de la banlieue, etc.). Elle s'intéresse à l'art, aux sciences, aux techniques, aux sports, aux activités ludiques, à la philosophie, à la politique. Cette éducation est perçue comme l'occasion de développer les capacités de chacun à vivre ensemble, à confronter ses idées, à partager une vie de groupe, à s'exprimer en public, à écouter, etc. »

Evidemment, « éducation populaire », ça fait un peu ringard, aujourd’hui. Genre Front Populaire et Franches et Francs Camarades. Il n’empêche que cette définition me va bien. Trouvons un autre mot. « Colonies de vacances » ne fait pas plus moderne et le scoutisme est passé de mode, ce qui est bien dommage. Evitons « camps de rééducation » qui pourrait pourtant plaire à une certaine gauche…

Rétablissons l’éducation populaire. (et arrêtons les sous-titres identiques)

Ce que je propose, c’est :

Petit 1 : d’arrêter de dépenser du pognon pour financer des activités coûteuses en vacances, telles que je citais au début.

Ah ! Je vois deux objections.

La première : oui mais tous les enfants ont le droit de faire du cheval et du rafting. Non. Faire du cheval et du rafting n’est pas un droit fondamental.

La deuxième : ah mais c’est sympathique le cheval et le rafting, c’est bien de gauche, c’est écolo, on aime bien les petits jeunes qui montent des centres équestres et des machins de rafting. Je m’en fous : ce sont des entreprises commerciales comme d’autres. J’aime aussi beaucoup les petits jeunes qui ouvrent des bistros et ne reçoivent pas de financement public.

Petit 2 : récupérer le pognon pour en faire bon usage comme rétribuer ma contribution et financer les points que je détaille ci-après.

Petit 3 : certains proposent de rétablir le service civique. Bouh quelle horreur surtout qu’il faudra l’organiser, mettre un encadrement. Je propose que l’année des 16 ans, on oblige (sous une forme à déterminer, on ne va pas leur foutre des coups de pied au cul, non plus) les mômes à partir trois semaines dans un truc d’éducation populaire à renommer (TEPAR, tiens ! c’est presque pétard en verlan, ça leur fera plaisir). Du genre : le tour de la Bretagne en vélo. L’année des 17 ans, on offre une formation BAFA de premier niveau sous engagement de participer pendant trois ans à quatre semaines (pas nécessairement consécutives, en gros 30 jours par an) à l’encadrement (bénévole, andouille) des centres et activité « TEPAR » que je détaille ci-après. L’année des 18 ans, on leur offre une formation BAFA de spécialisation (en cheval ou en rafting si ils veulent).

Petit 4 : on réhabilite les associations d’éducation populaire qu’on appelle TEPAR pour rigoler. C’est-à-dire qu’on vérifie leurs homologations, leurs certificats d’utilité publique, qu’on les audite et les contrôles.

Petit 5 : qu’on assouplisse la législation sur les centres de vacances pour les TEPAR (je suis un peu hors sujet mais cette législation est parfois délirante alors que les responsables des associations sont souvent plus compétents que les législateurs).

Petit 6, le plus important et là où je voulais en venir : qu’on rende obligatoire pour les municipalités ou les intercommunalités, l’organisation de centre de vacances avec les associations TEPAR en capacité de recevoir pour une somme modique de recevoir tous les mômes de la collectivité territoriale (qui le désirent, évidemment).

Ce n’est pas un beau plan, ça ? Les plus curieux des lecteurs auront noté que le petit 1 torpille d’emblée une partie de la réforme des rythmes scolaires. J’assume.


Au boulot !

59 commentaires:

  1. on va nommer Pierre Perret à un poste gouvernemental pour la jeunesse

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    1. Non. Et quand je réponds sèchement à un commentaire, j'ai des raisons. En d'autres termes : j'ai passé deux heures à faire un billet sur lequel je dis réfléchir depuis deux ou trois semaines et tu fais une plaisanterie qui est pas drôle pour seule commentaire. Si tu continues, tu finiras viré, comme d'autres.

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  2. M'enfin... quand on met des animatrices à grosse poitrine heu !

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  3. Sans déconner, on peut pas nommer Pierre Perret ?

    (Oh, putain, la beigne que je vais me prendre, moi…)

    Pour ce que vous appelez "éducation populaire", j'y reviendrai sans doute demain : là, j'ai Louis Jouvet qui m'attend dans le poste.

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    1. Revenez y demain.

      Me passez pas les couilles avec Perret. Je cite une chanson de lui à la cinquième ligne d'un billet d'une bonne centaine et on le le sort dans les commentaires. Ça fait assez longtemps que je commente des blogs sans lire les billets pour ne pas être dupe.

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    1. Abruti.

      Vous êtes en train de couler les blogs. Je viens de faire le seul billet de fonds de l'année plaisant à lire (mais trop long, je sais) de la blogosphère politique (je plaisante c'est pour faire du bien à mes chevilles).

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  5. Eh bien, j'ai lu attentivement ce billet. je le trouve TRES intéressant. Je trouve d'ailleurs que c'est un des projets les plus intéressants que j'ai lus depuis qu'on se demande ce qu'on peut faire pour tricoter du lien, du vrai.

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    1. Enfin une douce et délicate jeune fille qui s'intéresse au fond et pas à des conneries comme si elle habitait au Plessis-Hébert.

      Merci.

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  6. C'est un excellent billet, intelligent et constructif. Je reviens commenter plus tard.

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    1. Enfin une douce et délicate jeune fille qui s'intéresse au fond et pas à des conneries comme si elle habitait au Plessis-Hébert.

      Merci.

      Oui. Revenez. Si possible avec un pack de bière.

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  7. Ah oui, moi aussi j'adore ce sujet. Que de souvenirs des nuits passées à la belle étoile, d'orages terribles, à trembler sous une petite canadienne (tente, bien évidemment), à manger des cochonneries mal cuites sur un petit feu de bois. Et bien d'autres.
    On n'en est pas morts, pas traumatisés et ça n'a rien coûté à la CAF ni au contribuables. Et qu'est-ce qu'on s'est marré.

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    1. Merci mais pourquoi commenter anonymement ?

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  8. Je pense au contraire que ta suggestion est même très complementaire avec les nouveaux rythmes scolaires. Il suffit de leur donner une orientation plus "populaire" et plus éducative au sens propre du terme.

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    1. Oui mais c'est un autre sujet. Je ne veux pas botter en touche parce que je suis d'accord avec. Mais au cours de ces séances extra scolaire de la réforme en question, il faut que ce que j'appelle "éducation populaire" prédomine par rapport à des activités à la con. Par exemple, en sixième il avait fallu que je fasse un herbier réunissant 40 (de mémoire, j'ai un doute) espèces d'arbres. Mes parents (profs tous les deux) avaient joué le jeu. Mon père avait construit un pressoir pour faire sécher les feuilles et on passait les week-ends à chercher des feuilles d'arbres.

      Or les suggestions de la réforme scolaire ne vont pas dans ce sens (pour ce que j'en connais). Les parents d'aujourd'hui n'ont pas les moyens d'aller en forêt surtout s'ils viennent de banlieue (la forêt est loin).

      Il faut donc des organismes pour leur permette de le faire et des éducateurs pour les accompagner. Les accompagner ? un débat porte sur la question des accompagnatrices voilées. Tout est lié.

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    2. C'est rigolo que j'en arrive à cette réflexion sur l'islam en répondant à un commentaire.

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    3. il faut que ce que j'appelle "éducation populaire" prédomine par rapport à des activités à la con
      J'espère que ce je fais bénévolement deux fois par semaine , par séance d'une heure le lundi et le vendredi ; initiation à La Boule Lyonnaise avec trois autres collègues deux moniteurs et deux assistants pour un groupe d'une petite dizaine d'enfants à la fois n'entre pas dans cette catégorie .... ;-))
      Bonne journée à toi futur ministre du temps libre ... Oups cela ne me rajeunie pas .
      vincent

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    4. Bah ! C'est vrai que ça n'existe plus...

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  9. Comme tout ce qui nous sert à rêver au retour de ce que nous avons connu et qui ne reviendra pas, je ne crois pas que ça marchera; je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de jeunes , aujourd'hui, qui sont tentés par ce qui nous avait plu quand nous avions leur âge (enfin, je dis "nous" pour simplifier : moi, le camping, les tentes à monter, les piquets à planter, etc.,ça m'a toujours emmerdé - et j'ai été scout pendant trois ans).

    Sauf , évidemment, si c'est mixte : là, ça pourrait être un plus .

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    1. On se en fout de ce que pense t les jeunes. L'important est que la société dépense son pognon pas importe comment.

      J'ai été eclaireur pendant 20 ans (19 en fait, je crois).

      Le point marquant est de supprimer l'offre alternative. Qu'ils se la payent !

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    2. Vous croyez que beaucoup d'enfants des "quartiers" (enfin, certains quartiers) et des banlieues ( pas Neuilly ) font du cheval ou du rafting ?

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    3. Ben non, ils n'en ont pas les moyens. Vous êtes ronchons ce soir. Ils n'ont aucune autre activité que celles de faire les cons avec les copains et celles préconisées par le centre social du coin qui n'a aucune idée de ce qu'est "l'éducation populaire".

      Ce n'est pourtant pas compliqué : un gamin veut faire du foot, qu'il en fasse, et qu'il se retrouve avec son équipe après le match à préparer un repas, avec des gens formés pour les faire aimer à préparer un repas.

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  10. Pour une fois, je suis d'accord avec vous! La surenchère d'activité proposée aux enfants résulte de cette peur de la discrimination dont je n'ai jamais entendu nos parents se plaindre.
    Concernant l'activité du blog, je suis toujours surpris des commentaires n'ayant rien à voir avec le sujet, ou débiles, ou lourds, ou les deux. Mais ça fait partie du jeu!
    Quand à vous imaginer vous palucher sous la tente, ça illumine ma soirée :D

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    1. Évidemment que vous êtes d'accord avec moi. Mon billet est affreusement réac. Je réagis à votre deuxième phrase : j'ai entendu des parents se plaindre. Quant aux commentateurs de blogs, je crois que j'ai tout vu.

      Et vive les ados qui se tapent une branlette collective !

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    2. Et n'oubliez JAMAIS que vous venez de défendre l'éducation populaire. Un truc de gauche.

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  11. Et vous avez des préjugés sur le cheval : c'est très bénéfique pour des enfants qui ont des problèmes relationnels (donc pour tous les ados) , et même pour les enfants autistes : il s'agit d'établir une relation avec un être vivant auquel vous devez finir par faire confiance pour ne pas vous casser la gueule, et qui ne passe pas par la parole .

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    1. Je n'ai aucun préjugé sur le cheval (sauf pour la sodomie). Mon billet ne porte pas sur les gamins handicapés. Il ne faut pas trouver d'exception, si non je peux vous prouver que le rafting est bon pour les gamins !

      Il n'y a rien de mieux pour la solidarité, les types attendent ceux qui les suivent et prennent soin d'eux... C'est beau.

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    2. Je vais aller plus loin : les professionnels du rafting et ceux du cheval sont là pour gagner de l'oseille, pas pour participer à l'éducation des gamins.

      Je connais assez bien le domaine du cheval (et ai encadré des séjours pour trisomiques, mais je le connais surtout pour des raisons personnelles) : le type qui tient un machin pour des chevaux pense avant tout à boucler ses fins de mois (ce n'est pas un reproche, je vous rappelle que je suis un gauchiste libéral...) pas à l'éducation.

      Dans mon billet, je dis que j'ai fait partie d'un truc d'éducation populaire. Les week ends, nous organisions des séjours pour les gamins handicapés (ce qui est bien), mais nous étions honteusement subventionnés pour ça. On le faisait pour gagner du pognon pour l'association, ce qui nous permettait de payer des activités pour les autres.

      Le secteur marche sur le crâne.

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  12. Non, franchement : plus j'y réfléchis, moins j'y crois ; le "populaire" ne signifie pas tenter de faire revivre le "populaire" d'une autre époque ; il faut inventer quelque chose de "populaire" pour le "peuple" d'aujourd'hui, qui n'est pas celui de notre jeunesse, qui ne supportera pas de passer 3 semaines dans une zone sans wi-fi ou réseau 3 G , ni de se geler les fesses sous la pluie ou de chanter faux autour d'un feu de camp pendant que les copains font du cheval ou d'autres sports qui les tentent .

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    1. Arrêtez de réfléchir, surtout à votre âge.d'autant que j'ai dit que "éducation populaire" était ringard. Pourquoi voudriez vous que l'on coupe internet à des mômes ? Il s'agit de leur faire découvrir autre chose, pas de leur interdire ce qu'ils connaissent !

      Prenons un exemple au hasard : moi, qui suis toujours avec mon iphone, je finis toujours par l'oublier quand je fais autre chose (que ce soit bosser ou parler avec des potes).

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    2. Et moi, je n’emmène pas d'ordi ni de tablette en vacances, et je n'ai pas internet sur mon portable - mais il ne s'agit pas de nous.
      Vous avez déjà vu, dans le métro, UN SEUL ado qui ne soit pas en permanence plongé dans son smartphone ?
      Cet "autre chose" que voulez leur faire découvrir, c'est votre jeunesse : ils n'en ont rien à cirer.

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    3. Putain, mais vous virez plus réac que réac !

      Je prends le métro tous les matins à l'heure où les ados vont au collège, ils sont entre potes à raconter des conneries.! En outre, il n'y aucun de mal à avoir un smartphone. Il y trente ans, les réacs gueulaient parce que les mômes lisaient des bandes dessinées. Et je passe parfois pour un fou parce que je passe trois ou quatre heures par jour dans les réseaux sociaux alors que les Français passent en moyenne quatre ou cinq heures devant la télé.

      Evidemment qu'ils se foutent de découvrir ce qu'ils ne connaissent pas. Mais quand ils seront devant leur butagaz, le soir, en train de faire cuire la soupe qu'ils auront choisi eux même parce qu'il n'y a pas de Mc Do dans le coin, ils ne seront pas sur leur smartphone sauf en attendant que l'eau bouille.

      Si vous ne leur dites pas qu'il y a autre chose que des smartphones, évidemment...

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  13. Depuis que Didier Goux a viré gauchiste, il faut bien que quelqu'un prenne la relève.
    (si, en plus, ils devront se trimballer la bouteille de butagaz...pas fichus de faire un feu avec du bois ? Et les chansons autour du feu de camp, ce sera en playback?)

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    1. Les feux de camp sont interdits presque partout ! C'est aussi pour ça que j'ai un point à propos de la législation.

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  14. Bon, en fait, après une bonne nuit de sommeil, je dois bien admettre que, vos histoires d'enfants, de chevaux et de toiles de tente, je m'en fous complètement. Et, surtout, je ne vois vraiment pas ce que ç'a à voir avec une quelconque "éducation", mais si on l'affuble du nez rouge "populaire".

    Je vous laisse avec M. Arié, ça vous apprendra.

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    1. J'ai dit que le nom n'était pas approprié, que ça date d'il y a longtemps et tout ça.

      Non mais sans blague, c'est qui, le réac, ici, qui devrait défendre ce qu'on faisait avant ?

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  15. Sous le choc comme nous tous, des attentats, j'ai écrit deux billets dans lesquels je suis bien fière d'avoir immédiatement parlé du rôle de l'Ecole et de la famille dans la "fabrique" de jeunes qui peuvent faire des passages à l'acte criminels à tout moment.
    Mais comme tu sais, je n'ai aucun mérite à cela.
    La biographie des frères Kouachi qu'on a connue plus tard, surtout au travers du témoignage d'une vieille dame qui fut leur voisine dans leur enfance, m'a renforcé dans deux autres convictions qui font que ton billet me touche au cœur : 1. Il s'agit de jeunes gens qui sont des "abandonniques" au sens élaboré par Françoise Gaspari-Carrière. L'abandonnisme se constitue comme psychose dans un contexte de misère socioculturelle et de rejet affectif. Il rend l'enfant inadapté aux apprentissages divers et met en échec les approches thérapeutiques. Pendant l'enfance, leur souffrance évolue à bas bruit. Les travaux de F. Gaspari-Carrière n'ont été publiés qu'en 1999 : c'est dire qu'il y a 30 ans, ces enfants qui ne sont pas parmi les plus difficiles lorsqu'ils sont petits, mais le deviennent si bruyamment à l'adolescence que la réponse n'est plus que judiciaire, n'étaient pas diagnostiqués.
    Je te rejoins donc totalement : certes, l'Ecole en elle-même doit se continuer à se "refonder", mais la "périphérie" de l'école doit aussi sortir de sa logique de marché, pour que l'enfant, même en situation d'abandon intra-familial - qui peut toucher tous les milieux, selon moi ! - trouve autour de lui, des "témoins secourables" (au sens d'Alice Miller) et ait une chance de connaître la "résilience" (au sens de Boris Cyrulnick).
    La Ligue de l'Enseignement est un organisme d'Education Populaire qui réfléchit et travaille dans ce sens. De tels organismes doivent être - et sont - associés à la réflexion sur les progrès que doit faire notre Education et Péri-Education : mais il faut plus largement y associer les familles en suivant l'exemple de ce qui a été mis en place pour la lutte contre l'exclusion sociale.

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    1. On est donc d'accord.Et l'offre de loisirs proposée aux jeunes n'est plus du tout adaptée à "cela" et non plus à la vie en collectivité ou, du moins, avec les autres.

      Les machins d'éducation populaire n'ont pas su évoluer (je parle du niveau national, pas des opérationnels sur le terrain), se moderniser,.. et on perdu une crédibilité, sinon, ils seraient au centre de cette réflexion. Ce n'est pas à des ministères de la mener et c'est peut-être un des plus gros échecs de la gauche en trente ans.

      Quant y associer les familles, c'est une évidence, mais sous quelle forme ? Ca veut dire quoi ? Honnêtement, c'est un sujet qui ne m'intéresse pas (je n'ai pas de gamin et n'est pas la responsabilité de l'éducation) mais que je suis un peu (12 ans de responsabilité dans une association d'éducation populaire ne s'oublient pas). Mais je suis abonné à la lettre d'information de l'UFAL (union des familles laïques ou un truc comme ça). Je ne me suis abonné. On m'y a abonné. Je ne me suis jamais renseigné sur l'obédience de ce truc. Je conserve l'abonnement car leurs publications sont souvent très intéressantes.

      Toujours est-il que je me suis toujours demandé comment il pouvait y avoir des représentants des familles alors que le problème vient justement des "familles faibles". Comment associer des représentants des familles à une réflexion sur des familles en difficulté ? Comment peuvent-ils savoir ce qu'est une famille en difficulté vu que, s'ils sont là, c'est qu'ils ont une haute estime de la famille ?

      Ce sont bien les organismes d'éducation populaire (qu'il faut renommer...) qui doivent être au coeur de la réflexion car elles agissent sur le terrain, au sein des milieux en difficulté.

      Leur rôle est à peu près évident pour ceux qui connaissent, comme mon pote Tonnégrande, toi et moi, mais comment convaincre ? Et comment convaincre que l'Etat a un rôle important à jouer en tant que législateur et dépenseur de pognon ? Et comment trier parmi toutes les associations qui pourraient se revendiquer de l'éducation populaire ?

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  16. En matière de lutte contre l'exclusion sociale,pour que les politiques publiques soient plus adaptées et plus rapidement efficientes, on a créé des organes consultatifs, tel le Conseil National de Lutte contre l'Exclusion : CNLE où les personnes en très grande précarité accompagnées par des associations ou services qui les prennent en charge, sont représentées (8ème collège) et participent aux débats. Leur retour d'expérience est capital pour la décision publique.
    S'agissant d'éducation populaire, un grand progrès a été fait par la réforme du droit des associations qui oblige ces dernières à signer des conventions avec les collectivités territoriales qui les subventionnent mais la question du clientélisme et des critères d'appréciation de la qualité du projet associatif reste un problème selon moi.
    L'Etat s'est et ses collectivités territoriales se sont trop délestés de leurs compétences sur les associations : la République est sociale, le droit à l'éducation, la santé, la culture, l'EPANOUISSEMENT, sont des objectifs constitutionnels, pas des mesures de charité.
    Néanmoins ce que nous venons de vivre nous apporte une nouvelle preuve de ce que nous savions déjà : les idéologies totalitaires sont très attentives à l'éducation et substituent la leur à la nôtre !
    Nous devons donc associer la société civile à toutes nos réflexions pour que l'Education soit réellement une éducation à la DEMOCRATIE !

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    1. Je t'avais fait une longue réponse et elle a disparu. Je repasserai mais j'ai rendez vous à 12h30 pour l'apéro.

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  17. Réponses
    1. Pas de pb pour toi ! J'ai passé une demi heure à décrire mon CV aux Éclaireuses et Eclaireurs de France pour faire une démonstration.

      Alors je résume maintenant : j'étais en même temps membre du conseil national de la boutique, trésorier régional, formateur BAFA et BAFD, formateur des trésoriers locaux, directeur de séjour et j'en passe. Sauf que j'étais aussi animateur avec des mômes.

      Voila pour le résumé du CV. Vraiment résumé. Voila le résumé du fond.

      Ton paragraphe sur la convention entre l'association locale et la collectivité locale m'a fait bondir. Si l'association est reconnue au niveau nationale pourquoi faudrait-il un accord local ? C'est une aberration.

      Et ça coûte une fortune. Je passais des heures à faire des dossiers de financement pour pouvoir embaucher des permanents pour aider les groupes locaux à faire des dossiers de financement pour les activités. .../...

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    2. Et c'est de la faute de la gauche de l'époque. Je ne voulais plus dire à l'adjoint au maire : hé ho ! Tu peux me filer 1000 francs de subvention par an pour acheter des outils pour construire des cabanes ? Par contre le type qui présentait un projet pour envoyer des gamins faire du ski dans l'Oural en avait. ../..

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    3. Il faut reconnaître les associations au niveau national. Et arrêter toutes les autres conneries.

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  18. Le vrai problème c'est la responsabilité civile. A l'époque où ça marchait bien, les nuits sous la tente et le feu de bois, les parents assumaient les pépins qui pouvaient se produire, aujourd'hui c'est le tribunal direct pour l'animateur(trice).

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    1. Oui les animateurs devraient avoir le droit de tripoter les gamins comme au bon vieux temps.

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  19. Bondis pas, t'es trop gros !
    Il y a en fait 3 sortes d'asso :
    - asso déclarée que tu nommes locale. Elle perçoit des subventions des collectivités : commune et département voire subventions européennes sur un projet précis.
    - asso agrée : par un Ministère : elle perçoit des subventions du Ministère et sur certains projets, de la Région.
    - asso reconnue d'utilité publique : elle perçoit des subventions de l'Etat, dans la limite de 50% de son budget et peut recevoir des legs et des dons 795 CGI. Elle peut percevoir des subventions européenne ou des OIG sur des projets précis.
    Elles sont assujetties à une comptabilité et à la transparence financière.
    Cette dernière obligation s'étend désormais aux autres formes d'asso, même si elles est plus précise pour les asso DUP.
    Ton asso a toi est à la fois agrée et DUP ... tu vois pourquoi déjà à l'époque, réclamer des sous n'était pas facile. Mais désormais, la gestion est plus rigoureuse et le projet est élaboré selon les méthodes de la conduite de projet, avec budget au centime d'€.

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  20. C'est une idée intéressante. Bien plus intéressante que cette foutaise de service civique obligatoire.
    Et la mise ne place de vos « TEPAR » permettrait peut-être à l'école de se recentrer sur sa vraie mission.

    Mais, tout-de-même, je me demande si vous ne virez pas réac, voire carrément pétainiste. La prochaine fois, vous allez nous proposer les chantiers de la jeunesse française?

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  21. J'ai été Eclaireur vers mes 10/11 ans, j'ai rencontré les fils des grands bourgeois de Jarnac et Cognac (tous protestants), ainsi j'ai connu les cons...
    J'ai été militaire pendant 1 an et demi sans l'avoir demandé, ainsi j'ai connu beaucoup d'autres cons...
    Finalement l'éducation se résume à comment reconnaitre les cons. Comment faire ami avec eux (de façade) et comment se constituer sa propre bande... Très restreinte pour mon cas.

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  22. je passe juste pour dire que j'aime beaucoup ce billet avec lequel je suis entièrement d'accord et te souhaiter un bon dimanche.

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  23. Ton billet est très intéressant mais il me laisse perplexe et je ne suis pas loin de penser comme Élie Arie.
    Néanmoins il y a à creuser là dedans.
    Enfin, tout ça pour dire que je ne sais pas trop.
    J'aurais mieux fait de fermer ma gueule !

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  24. Bon, t'as vu qu'aujourd'hui, Pépère a reçu les associations d'Education Populaire et que c'est le grand branle bas de combat !
    Bz

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