08 mars 2015

Les journées internationales de quoi ?

Hier soir, je suis arrivé à l’Aéro vers 20 heures. Ces andouilles de Kabyles s’engueulaient entre eux. La routine. Je commande un verre. Edouard arrive, c’est un noir d’une trentaine d’années, issu de je ne sais plus quelle ancienne colonie. On s’aime bien, je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être sommes nous les deux plus jeunes clients dans ce bistro (même si j’ai une bonne quinzaine d’années de plus). JP se pointe. C’est un noir qui vient de Guadeloupe. Un copain à Edouard mais pas trop à moi. Je lui offre un verre, on papote et je vais aux toilettes. Quand je suis remonté, il s’engueulait avec le patron, je ne sais pas pourquoi, une histoire de tournées, je suppose. Karim, le patron, est un habitué de ce genre de conneries. A un moment, c’est parti, comme souvent. Il dit à JP : « de toute manière, je n’aime pas les noirs, c’est toujours pareil avec vous. Le patron était saoul. La routine. Je lui envoie une soufflante pour qu’il aille présenter ses excuses à Edouard, ce qu’il fait, et je vais voir JP : le mieux, c’est que tu te casses, de toute manière cet imbécile est saoul comme un cochon, on en reparle demain et, s’il ne présente pas ses excuses, on se donnera rendez-vous dans un autre bistro.

Une espèce de routine. Nos braves militants de gauche, militant du vivre-ensemble à condition de ne pas trop fréquenter d’étrangers ne savent pas ce que c’est mais ces couillons d’immigrés ne peuvent pas se sentir entre eux. Dans la tête de Karim, il y a une hiérarchie : les « souchiens » d’abord, puis les Kabyles, puis les « autres » Arabes et enfin, les noirs. Je ne sais pas où s’insèrent les Chinois, pourtant nombreux dans la profession. Le plus drôle est que, comme j’ai commencé à défendre les noirs, Karim a commencé à s’en prendre à moi, comme quoi je venais chez lui uniquement parce que la Comète était fermée, qu’il était une roue de secours et tout ça. C’était d’autant plus faux que La Comète était encore ouverte… Une heure après, il me présentait ses excuses…

La Comète ! Il y avait une jeune fille, Katarina, qui faisait souvent la fermeture avec nous. Je ne pouvais pas la blairer depuis une anecdote que j’avais racontée ici. Elle avait dit au nouveau serveur : « pourquoi tu ne dis pas que tu es juif, je dis bien que je suis lesbienne ». J’ai appris ensuite qu’il n’était pas juif, ce dont je n’ai que faire, et qu’il a été viré, pour une toute autre raison (heureusement...).

Il y a environ trois semaines, Katarina me dit que je pourrais discuter avec eux plutôt que jouer avec mon iPhone. Je lui ai donc répondu aimablement que je préférais mon iPhone car je ne risquais pas (ce qui est d’ailleurs faux) d’y rencontrer des connasses bourrées. Elle a parfaitement compris ce que je voulais dire. D’ailleurs, on ne l’a pas revue à la Comète depuis ce que me faisait remarquer une andouille vendredi : « tiens ! au fait, on ne revoit plus la petite brune, là. » «  ben, non, t’avais pas remarqué ? C’est depuis que je l’ai envoyée chier ».

J’étais le seul à avoir noté son absence.

Aujourd’hui, c’est la journée internationale des droits de la femme et je m’interroge. Entre les Kabyles qui ne peuvent pas supporter les noirs et les femmes alcooliques qui refusent de se considérer comme telles, je ne retrouve plus trop mes petits dans ce monde moderniste.


 [NJ1]n

12 commentaires:

  1. Un bon billet comme je les aime :)

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    1. Merci. Uns sorte de marque de fabrique.

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  3. Et elle en pense quoi votre femme de vos virées dans les troquets, de la police que vous y faites ?

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    1. Ma quoi ?

      Je crois que tu es le seul de mes lecteurs à ne pas avoir compris que j'étais un célibataire endurcis. Tu as une dose de connerie incroyable.

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    2. Bah...
      L'essentiel c'est que vous soyez endurci.
      Moi je suis bien con et je fais avec.

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    3. De plus, sans même scruter tes allusions à ton état civil, je me doutais bien que tu l'étais célibataire.
      C'est votre force à vous, les célibataires endurcis, ce qui fait votre légèreté, votre dérision facile : ne pas avoir de descendance, de compte à rendre.

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  4. Tranche de vie, j'aime moi aussi ces billets.

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  5. JP, mais pas celui du bistrot.08 mars, 2015 23:28

    Une bonne tranche du quotidien qui donnerait presque l'impression d'une pièce de théâtre.
    La scène de la lesbienne, mémorable..

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  6. dans ton billet manque l'anecdote sur pourquoi tu détestes cette nana. Sinon on pourrait croire que tu l'aimes pas parce que lesbienne. Ce qui n'est évidemment pas le cas de ta part.

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    1. Ah non. Je ne suis pas lesbienne.

      Il n'y a pas d'anecdote précise. Elle est bête.

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