24 août 2015

La raison

Il s'est mis à pleuvoir comme vache qui pisse, ce matin. Ca sent la fin des vacances. Il me reste une semaine. Je vais la passer à Paris. Alors, je suis allé à la gare chercher mon billet retour (il faut, de toute manière, que je sois rentré demain pour la soirée de blogueurs à la Comète). J'aurais pu le faire par internet mais le type de la gare est particulièrement sympathique et gentil. Un dernier vestige du service public. J'espère qu'il ne lit pas mon blog et ne voit pas que je le traite de vestige. Une gare sans train mais avec un service pour les clients. Les usagers.

Je pense pourtant qu'il lit mon blog. Il sait que je fais de la politique et que je fréquente les bistros. D'ailleurs, nous avons parlé des bistros, de ceux que j'avais fréquenté pendant mes vacances et ceux qu'il avait vus. Nous étions d'accord : les bistros se meurent, il n'y a plus de client. A un moment, il m'a dit : « Ils doivent se faire chier les jeunes s'il n'y a plus de bistro. » Je lui réponds : « ah non, s'il n'y a plus de bistro et s'il n'y a personne dans ceux qui restent, c'est parce qu'ils n'y vont plus. »

Il m'a alors sorti : « ben oui, j'suis con, t'as raison. » 

Ben oui, j'ai raison. J'ai toujours raison. Ou alors, quand je n'ai pas raison, c'est que j'ai tort. Ce n'est pas très grave. Outre la connerie et l'abus de produits non recommandables, il y a plusieurs... raisons... d'avoir tort. En politique, il y a l'idéologie qui nous fait passer à côté de conneries et nous empêche de prendre un sujet sous tous les angles.

Tiens ! A Loudéac, il y a une gare mais il n'y a pas de train. Les transports publics sont faits par des compagnies de cars privées – sujet à la mode – organisées par les collectivités territoriales, le Conseil régional, en l'occurrence. Des purs gauchistes se croyant écolos pourraient se lamenter qu'il n'y a plus de train. En étant pragmatique, on ne peut que les traiter de réactionnaires, ce qui, ici, n'est pas une insulte. L'important est que le public puisse être transporté. Un car est plus rapide qu'un vieux train et pollue beaucoup moins qu'une vieille micheline. Certes, c'est moins sympathique. On a une gare et pas de train. Je suppose que la gare va fermer. Elle est probablement maintenue sous oxygène pour que l'on puisse dire que la SNCF maintient un point de vente en Centre Bretagne. Un jour, un technocrate quelconque verra que le seul chiffre d'affaire de la gare de Loudéac ne permet plus de payer le salaire des employés qui se relaient au guichet et le point de vente fermera. Nos gauchistes hurleront.

Pourtant, ils ne prennent pas le train à Loudéac et ne vont jamais à la gare. Ils réservent leurs billets par internet à l'occasion et, s'ils sont vraiment obligés de prendre le car alors qu'ils préféreraient aller avec leur voiture à la gare de Saint Brieuc ou de Rennes, ils achètent le billet au chauffeur. Et ils font des billets – s'ils sont blogueurs – pour lutter contre la loi Macron qui permet à des gens qui n'ont pas de pognon de voyager en prétendant qu'elle est contre les valeurs de gauche.

Amen. Je prends mon billet à la gare. Après je vais boire un coup au bistro, à l'autre bout de la commune. Et je tombe sur un copain, ancien patron de bistro... Gauchiste. Je lui dit que j'ai réservé un billet pour Paris via Saint Brieuc. Il me demande pourquoi je prends le car pour Saint Brieuc alors que ma mère et un copain pourraient m'y amener. Je lui ai dit : « bah, avec la pluie, ce n'est pas drôle et, en plus, on met le même temps en car qu'en voiture à cinq minutes près ».

Il m'a alors sorti : « ben oui, j'suis con, t'as raison. »

Laissons tomber les gares, les bistros,... et revenons au blog.

Hier je faisais un billet à propos de mon blog qui était cité par les Inrocks à l'occasion d'un article au sujet du copain Romain Pigenel. Ce billet était raté. Outre le fait qu'il contenait un nombre incroyable de fautes d'orthographes et petits lapsus, assez drôles avec du recul, je ne parlais que de moi, oubliant Romain et les copains blogueurs. On formait une sacré équipe, ce qui nous a permis de gagner la bataille politique de 2012 sur le web, sans même savoir si cela sert à quelque chose. Je les salue donc tous, y compris ceux qui se sont fâchés avec moi pour des raisons futiles notamment celui d'oublier que je puisse avoir raison. Et pas peu.

Tiens ! Cette semaine (ou la précédente), l'un d'entre eux me disait que je m'engueulait avec tout le monde. C'est une erreur. Certes, il m'arrive d'envoyer chier le gens ou de faire des billets ou commentaires désagréables mais je ne me fâche qu'exceptionnellement ou, plus précisément, s'il m'arrive de faire la gueule, cela dépasse rarement les quelques heures.

Ce n'est pas spécifiques aux blogueurs de gauche mais ils ont une sacrée manie de se fâcher avec ceux avec qui ils ne sont pas d'accord car ils refusent d'admettre qu'ils ne puissent pas avoir raison malgré des années de croyance, de politique, de militantisme, confondant ce qu'ils pensent être bon pour le peuple, pour la France, ce pour quoi ils ont raison, les opinions ne se discutent pas, et ce qui est politiquement acceptable, réalisable,... C'est peut-être pour cela que j'ai à peu près autant de copains à ma droite qu'à ma gauche : je refuse de me fâcher pour un désaccord.

Dans son article, les Inrocks expliquaient pourquoi j'avais été retenu par Romain pour participer à la campagne de François Hollande : j'étais « à peu près son seul soutien assuré sur la toile à l’époque. » J'étais effectivement assez d'accord avec le positionnement politique de Pépère et je le reste, ce qui est bien facile mais il y avait autre chose. Si un copain m'avait demandé ce que je foutais avec ce type hasbeen, sans charisme et tout ça, j'aurais répondu : « c'est le seul à pouvoir gagner contre Nicolas Sarkozy en 2012. »

Il m'aurait alors sorti : « ben oui, j'suis con, t'as raison. »

D'ailleurs, la suite m'a donné... raison. Non pas qu'il était le seul à pouvoir le faire mais qu'il a pu le faire et on a un peu tendance à l'oublier. Quatre ans après, on a un peu tendance à s'en foutre mais dans quelques temps, il faudra se poser la question : « qui peut battre la droite en 2017 ? »

Reposez la question après moi.

Parmi les copains de la bande de 2017, je ne vais en citer qu'un, Sarkofrance, parce qu'ils sont trop nombreux. Ce matin, il fait un billet où il tire le bilan – politique – des vacances. Il parle de l'évolution des blogs, du sien, de la politique,... Il dit : « J’écris parce que j’espère aussi que quelqu’un reprendra Sarkofrance au moment des élections de 2017. J’en parlerai plus tard. Je ne sais pas comment aujourd’hui pouvoir envisager de faire campagne. » Visiblement son fonds de commerce est à vendre.

Juan, il faut se battre, il faut bloguer, pour empêcher le retour de cette droite. Il faut faire campagne, continuer, distribuer des baffes, argumenter,...

On peut ne pas être d'accord avec le ligne qui semble majoritaire au PS. N'oublions pas de regarder ce que pourrait faire le camp d'en face si cette ligne majoritaire n'est pas élue et ne pas oublier que les lignes minoritaires ne sont pas élues.

D'ailleurs, la gauche de la gauche, comme le PS, a un air de déconfiture.

La raison doit l'emporter.

13 commentaires:

  1. pas la bande de 2017, plutôt celle de 2012 :)

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  2. « La raison doit l'emporter. »

    Ah, bon, vous appelez à voter pour la droite, finalement ? Décidément, j'ai vach'ment de mal, avec votre ligne politique, moi…

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  3. J'aime bien les analyses sur les bistros. Déjà parce qu'on n'y trouve normalement pas de fatras idéologique inutile. Ensuite parce que je crois que toute la finesse de votre capacité d'analyse s'y exprime avec le plus de liberté et d'expérience.
    Les bistros de ma jeunesse ont disparu, à la place on en trouve d'autre assez différents, je crois qu'il n'y a pas que les jeunes qui n'y vont plus, la société a évolué, les gens boivent moins, il y a sans doute des tas de raison.
    Je crois que ça m'intéresse davantage que de pronostiquer 2017.

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    1. Moi j'aime bien les bistros et les pronostics pour 2017. Il faudrait en faire des paris, genre PMU.

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  4. laisse les bookmakers anglais en avoir fini avec la campagne americaine, ça va venir les paris :)

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  5. Nicolas, la gauche est la droite du centre, et vice-versa. So what.

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    1. Et si ma tante en avait on l'appellerait mon oncle...

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  6. 2017 l'élection de tous les dangers, ça va être tendu.

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