24 mai 2016

Du bon usage du droit de grève

En ces temps de « surchauffe sociale » avec des blocages des machins, on entend beaucoup de conneries mais quand c’est la gauche qui est au gouvernement, cela fait parfois un peu mal. Par exemple, la ministre du travail parle de travailleurs pris en otage et le ministre de l’économie – que j’épinglais dans mon annexe, hier – parlait de la France qui travaille. On croirait entendre n’importe quelle andouille de droite, de Raffarin à Sarkozy en passant par tous les autres…

 

A gauche, on entend beaucoup de bêtises, aussi, comme ces andouilles qui prétendent qu’en intervenant par la force pour faire sauter les blocages, le gouvernement ne respecte pas le droit de grève. C’est lamentable de la part de gens qui sont supposés défendre les acquis sociaux : la grève est le fait de ne pas travailler (et de ne pas recevoir de salaire) pour soutenir une revendication quelconque, pas de « bloquer ». Les « blocages » restent interdits. Il me semble nécessaire de rappeler la loi : « Les grévistes doivent respecter le travail des non-grévistes. Le blocage de l'accès à un site, l'occupation des locaux afin d'empêcher le travail des non-grévistes sont des actes abusifs. Il en va de même de la dégradation des locaux ou des matériels. De telles actions sont illégales et peuvent donc être sanctionnées pénalement, tout comme les actes de violence à l'encontre de la direction ou du personnel de l'entreprise. »

 

L’intervention des forces de l’ordre et la parution devant les tribunaux des responsables sont donc parfaitement justifiés vis-à-vis du droit.

 

Par ailleurs, les grèves fondées uniquement sur des motifs politiques sont illégales. Certaines, enterrer la loi travail est une noble cause mais la motivation est exclusivement politique (faire retirer un texte) même si les syndicats sont assez rusés pour ajouter des motifs qui le sont moins comme le prix de la bière à la cantine.

 

Les actions en cours de la part des opposants sont parfaitement illégales ce dont on s’en fout mais ce qui me fait de la peine – ou presque – c’est que certains feignent de l’ignorer voire, pire, l’ignorent réellement. 

 

Si la grève est un droit – un droit constitutionnel, même – c’est parce qu’elle est parfaitement définie et encadrée. J’ose espérer que personne ne croit que foutre le bordel est un droit octroyé par la Constitution. On a le droit de lutter contre la loi, de manifester, mais on n’a pas tous les droits.

 

Et n’allez pas penser que je défends ici cette loi travail, je n’en ai dit aucun bien sur mon blog, au contraire, même si je me suis posé des questions sur l’immobilisme. J’essaie juste de défendre notre possibilité à nous opposer.


Ce qui ne peut se faire que dans le cadre des lois de la République.


22 commentaires:

  1. Tu n'es qu'un réac jaune qui ne connait pas le prolétariat
    Signé
    Un gauchiste de la gauche de la gauche

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  2. 4 murs pour les sociaux-démocrates (pires que les nazis à en croire la vrauche), c'est toujours 3 murs de trop, comme disait Félix Dzerjinski.

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  3. Certes on ne peut empêcher les non-grévistes de travailler mais les raffineries ne tournent plus parce que les salaries ont votés la grève de maniere tout a fait légale.

    Il semble important de le preciser vu le tas de conneries qu'on entend sur le sujet....

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    1. Personne n'en doute. Cela étant les blocages sont illégaux même si les grèves ne le sont pas.

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  4. Monsieur Nicolas vous devriez faire de la politique.
    Vous avez en matière de langue de bois et d'éléments de langage plus que des rudiments.
    Grâce à vos fréquentes gueules de bois ?

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    1. Ce n'est pas de la langue de bois mais une extrême précision qui va contre mon camp. J'ai lu ton billet. C'est un machin de trou du cul sans talent et sans recul, purement militant mais sans savoir pourquoi.

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    2. Si j'avais du talent ça se saurait.
      Mais j'ai quand même encore le droit de rire non ?
      Quant à savoir pourquoi je le sais très bien : tous les grains de sable qui viennent gripper cette mécanique infernale qu'est l'Europe, me réjouissent.

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    3. Tu dis que tu n'as pas de talent en prétendant tout savoir. C'est drôle.

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    4. Je vais quand même répondre sur le fond : tu confonds le responsable du problème et le bouquet missaire (comme dirait un blogueur disparu). Tu rentres dans le jeu des connards ce qui te permet d'oublier de réfléchir.

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    5. Je ne veux ni de l'un ni de l'autre.
      Je n'ai pas à payer les pots cassés.

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  5. En effet, quand un gouvernement de "gauche" parle de "prise d'otages", on a envie de les envoyer réviser leur fondamentaux sémantiques...
    "Du bon usage du droit de grève", un bon sujet pour l'épreuve de philo au bac ou pour un partiel en fac de droit...Sous la Ve République, le droit de grève est totalement reconnu (le préambule de la Constitution de 1958 fait référence au préambule du texte constitutionnel de 1946). Cependant, le législateur est intervenu en 1963 pour encadrer quelque peu ce droit. Sont ainsi interdites les grèves "tournantes", qui visent à paralyser l’action d’une entreprise...Le Conseil Constitutionnel a beaucoup légiféré en la matière..Quant aux "grèves politiques", les jugements de la Chambre sociale de la Cour de Cassation ont créé une jurisprudence constante qui affirme que "D'abord a côté des grèves que la cour de cassation qualifie d'immixtions dans l'exercice des actes réservés a la puissance publique, faussant ainsi le jeu des institutions constitutionnelles ; il y a les grèves mixtes, dont les mobiles sont a la fois professionnels et politiques. Pour la chambre sociale de la cour de cassation, ces mouvements sont illicites lorsque l'aspect politique est prédominant. Mais une grève déclenchée pour protester contre la politique économique et sociale du gouvernement sera considérée comme professionnelle, donc licite ; lorsqu'elle a pour objet le refus du blocage des salaires, la défense de l'emploi et la réduction du temps de travail, revendications étroitement liées aux préoccupations quotidiennes des salariés au sein de leur entreprise. Quant à la chambre criminelle, elle admet assez largement la licéité des grèves mixtes. Celles-ci sont déclarées licites même si les revendications professionnelles n'ont qu'un caractère accessoire par rapport aux motivations politiques" (http://www.memoireonline.com/01/12/5059/m_Consequences-du-non-paiement-des-heures-supplementaires-sur-la-poursuite-du-contrat-de-travail16.html)
    Alors parlons de grève au lieu de blocage...Ce soir, les salariés des 8 raffineries en France ont voté la grève illimitée...Et bien sûr, plus besoin de "blocage" puisque la production sera fortement perturbée...Cette grève est donc "légitime" (et légale) et contribue au rapport de forces qu'il faut construire face à toute absence de "dialogue social" de la part du gouvernement. Maintenant, ce sont les salariés dans les boites qui décident, car s'il suffisait que Philippe Martinez appuie sur un bouton pour décréter la grève générale,ça se serait vu depuis longtemps...

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    1. Soyons extrêmement précis : je n'ai rien contre le droit de grève mais je me moque de ce que les gens pensent de ce qu'il est. Et aussi sur une question de principe : une grève ne peut pas avoir de motif politique (et je dis dans mon billet que les syndicats peuvent masquer le sujet).

      Par ailleurs, une grève peut être l'égale sans être légitime.

      Et je laisse à M. Martinez expliquer aux gens qui vont renoncer à une partie de leurs salaires les enjeux. Les vrais, hein ! Dans dix ans, la plupart des voitures seront électriques et ce n'est pas en manifestant maintenant qu'ils sauveront leurs emplois jusqu'à la retraite. C'est du mensonge.

      Tu vois, je bosse dans les distributeurs de billets. Or tout laisse à penser que les paiements en liquide vont disparaître dans les prochaines années (à priori, je serai à la retraite avant). Un syndicat qui nie ce phénomène est criminel.

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    2. « Dans dix ans, la plupart des voitures seront électriques »

      Alors, ça, ça reste à voir ! En réalité, ça paraît même assez mal barré.

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  6. Moi, dès que je vais reprendre le boulot, je vais vivement conseiller à mes amis de la CGT qu'ils gardent de l’énergie pour 2017 quand Juppé sera président.

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  7. On l'a déjà expérimenté quand il était "droit dans ses bottes" en 2006...Et s'il faut que la CGT se mobilise contre Juppé, ce sera encore une grève politique ?

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    1. C'était pas en 95 ? Voire en 2005 avec le CPE ? Mais la question n'est pas là. Mon billet porte uniquement sur le droit de grève, pas sur la légitimité des luttes. Je veux bien dire que toute lutte est légitime mais faisons attention : avant 3 ans ans, les grévistes le seront pour défendre la préférence nationale.

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  8. Nous voilà dans un combat que veut mener l'extrême gauche, par l'intermédiaire de la CGT, contre le reste des Français. La CGT veut complètement bloquer le pays, par là faire perdre des points de croissance ce qui augmentera automatiquement le nombre des chômeurs, pour refuser que le monde bouge. Je rêve ! Si l'on se réfère aux pays où l'extrême gauche a accédé au pouvoir et a pu appliquer sa politique, comme au Venezuela, on ne peut qu'être inquiet sur le sort qu'ils réservent à la France. Le monde bougera sans eux et contre eux...

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  9. Le problème est que le respect du droit ne peut être opposé par une des parties que si elle même se soumet aux règles qui le régissent.

    Si il le faut je ferai une petite liste non exhaustive des droits bafoués de part et d'autre ....

    Ceci étant dit, je m'en fous un peu plus chaque jour, au regard de la grande comedie à laquelle nous assistons.

    Helene dici

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  10. Allez zou !
    Mon commentaire s'est paumé dans la case "Google"
    Je recommence donc :

    Le problème est que le respect du droit ne peut être opposé par une des parties, que dans la mesure où elle même respecte les règles qui le régissent.

    A la rigueur je ferai une petite liste non exhaustive de ces manquements.

    Ceci étant, je m'en fiche tous les jours un peu plus, au regard de la comédie qui se déroule quotidiennement sous nos yeux.

    Helene dici

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  11. Désolé, les gens qui avaient des commentaires coincés dans les tuyaux.

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