11 juin 2016

Notre-Dame-des-Landes et la caution écologique des opposants

« L’ironie de l’histoire, c’est que la richesse biologique du lieu est vraisemblablement une conséquence des retards pris par le projet d’aéroport. Pendant plus de quatre décennies, les agriculteurs ont vécu avec l’imminence d’une expulsion, ce qui ne les a pas incités à effectuer des travaux d’intensification de leurs exploitations. Les ruisseaux n’ont pas été rectifiés, les 220 mares du lieu n’ont pas été comblées, les talus n’ont pas été arasés et les prairies ont gardé leur caractère oligotrophe, pauvre en substances nutritives, induisant une faune et une flore d’autant plus exceptionnelles que ces prairies sont en voie de raréfaction. »

Cela fait longtemps que je n'ai pas parlé de Notre-Dame-des-Landes sur mon blog mais, mercredi, j'ai déjeuner avec deux relations professionnelles venant de Nantes qui m'ont dit qu'elles allaient voter contre eu referendum. Je leur ai demandé pourquoi et elles m'ont répondu que c'était parce que les travaux allaient assécher la Brière, cette zone de marais près de Guérande. Le plus drôle est qu'elles ont parlé, toutes les deux, de la Venise verte, confondant ainsi une zone de marais au nord de la Loire et une près de La Rochelle, à l'ouest des Marais Poitevins. Non ! Le plus drôle est qu'elles m'accusaient de ne pas connaître la géographie locale (ce qui en soit n'est pas un drâme, on ne peut pas tout connaître).

Cela étant, j'ai été horrifié de savoir que NDDL, que j'avais tant défendu, allait assécher la petite Brière que je connais un peu pour passer relativement souvent à Herbignac depuis 1991, année où j'y codirigeais un centre de vacances. Surtout, j'étais très surpris de pas être tombé sur l'information avec la tonne d'article que j'avais lus lorsque j'avais le temps de beaucoup bloguer sur le sujet. Avant même que nous n'ayons fini la conversation, j'avais compris que tout cela était faux mais, pour des raisons professionnelles, je ne pouvais pas être grossier et, surtout, leur apprendre que je connaissais mieux qu'elle la région où elles avaient débarqué pour des raisons professionnelles. Je me suis contenté de fines allusions au fait que j'avais fait mes études à Nantes et que j'avais travaillé à Vannes et très souvent fait l'aller-retour entre les deux villes.

Toujours est-il que Notre-Dame-des-Landes n'aura aucun impact sur la Brière qui n'est exposée dans aucun argumentaire des opposants (sauf que les avions passeraient dans son ciel, à l'occasion, même si l'orientation des pistes laisse à penser le contraire).

On trouve assez peu d'articles de presse relativement neutres parlant de l'environnement et de Notre-Dame-des-Landes les journalistes ayant un plus gros poil dans la mien que moi et ayant souvent tendance à reprendre les articles des militants d'un bord ou de l'autre. Je suis néanmoins tombé sur cet article de Sciences-et-Avenir, heureux mensuel qui ne me paraît pas suspect. J'en reprends une partie en introduction de ce billet et je résume : si la zone de NDDL est conservée au niveau de l'environnement, c'est parce qu'il y a un projet d'aéroport depuis très longtemps.

Si l'aéroport ne se fait pas, la « ZAD » sera rendue aux agriculteurs qui se précipiteront pour l'aménager à leur goût. Cela sera bien fait pour les gauchistes qui défendent ces braves gens qu'on appelle aussi des propriétaires terriens.

J'invite les électeurs à étudier précisément le sujet, en prenant en compte le profil de ceux qui donnent des arguments, notamment chez les écologistes qui ne sont pas du coin et soutiennent des positions de principe sans même se rendre compte qu'ils luttent contre leur camp.

Certes, quand on est écolo, on peut difficilement défendre un nouvel aéroport mais le principal argument étant de défendre l'ancien, beaucoup d'arguments sont à plier de rire.

Les électeurs peuvent aussi prendre une carte du coin, assez large, à y reporter les deux futures pistes et m'expliquer comment elles pourraient avoir un impact sur une vaste zone une humide "comprenant au nord le golfe du Morbihan et l'estuaire de la Vilaine, à l'ouest s'étendent les marais salants de Guérande et, au sud, l'estuaire de la Loire et le lac de Grand-Lieu." Le lac de Grand-Lieu, celui survolé par des dizaines et dizaines à cause de l'ancien aéroport.

Les électeurs peuvent aussi se demander comment des enquêtes d'utilité publiques auraient pu ignorer des conséquence d'un nouveau machin sur un parc naturel classé...

13 commentaires:

  1. NIcolas, pour avoir utilisé périodiquement l’aéroport de Bouguenais et observé les alentours, je pense que la construction de NDDL contient deux vices cachés :
    - l’aéroport actuel fermera au trafic voyageurs, mais avec l’implantation d’Airbus et autres sociétés de la ZI voisine, se transformera en aéroport de fret aérien. Résultat Nantes aura deux aéroports à entretenir.
    - deuxio, si NDDL est construit par ceux qui construisent des autoroutes en raclant sur les coûts (voir cet article), les Nantais auront un aéroport inondable
    En prime le trajet Gare de Nantes ) Aéroport de Bouguenais se fait en 20 minutes en bus urbain, faudra un peu plus pour rejoindre NDDL.
    Quand NDDL sera construit, on saura qui a touché et combien....
    Sur ce je m'en ressers un.... Santé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ElZede,

      1. Ce n'est pas un vice caché. Au contraire, c'est connu. Nantes n'aura pas plus d'aéroports à entretenir : ce sont des entreprises privées qui le font qui se rémunèrent en facturant les services aux sociétés utilisant l'aéroport.

      2. Qu'est-ce qu'on a à foutre que l'aéroport soit inondable (et perde deux jours d'activités tous les cinq ans). En outre, ce n'est pas l'aéroport des Nantais mais du grand est.

      3. Même réponse pour le temps de trajet : ce n'est pas les gens du centre de Nantes qui vont l'utiliser.

      Cela étant, tu es hors sujet, comme tous les militants, dès que l'on sort un argument qui va contre eux, ils en sortent d'autres car ils ne savent pas quoi répondre et ainsi de suite. Tous l'hiver "avant dernier" j'ai débattu avec des andouilles. Ils n'ont jamais eu le dernier mot parce qu'ils ont systématiquement tort et que les arguments sont mensongers.

      Et c'est le but de ce billet, en démonter un nouveau, totalement mensonger, presque éhonté. C'est d'ailleurs une honte de freiner le développement économique de toute une région sur la base de mensonges.

      Supprimer
  2. "Les électeurs peuvent aussi se demander comment des enquêtes d'utilité publiques auraient pu ignorer des conséquence d'un nouveau machin sur un parc naturel classé..."

    Ben oui, comme pour le nucléaire francais réputé d'utilité publique et qui est en train de se casser la figure en laissant une note salée pour les 100 ans à venir, en espérant aucun accident type Fukushima, ce qui multiplierait la note par X.

    Tout comme les JO et l'Euro foot qui coûtent une blinde au contribuable pour satisfaire l'égo des élus.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu es visiblement un crétin qui ne sait pas ce qu'est une enquête d'utilité publique. Ou alors un menteur comme tous les autres. Et hop ! On parle de foot pour faire diversion. Connard.

      Supprimer
    2. Si si, on connait les détails concernant l'enquête d'utilité publique NDDL. Tu peux me traiter de crétin, ca ne change rien à l'affaire et démontre que tu n'as plus aucun argument quand tu insultes tes contradicteurs.

      Tu n'es qu'un pauvre type qui ne comprend rien à rien, tous les sujets que tu abordes sont traités en dépit du bon sens. Tu peux toujours prendre la posture du beauf, tu n'en seras considéré que comme un beauf bas de plafond, un trou de balle destiné aux chiottes.

      Supprimer
    3. C'est toi qui n'apportes aucun argument. Bon. Ce n'est plus la peine de revenir si tu restes anonymes.

      Toujours est il que c'est un plaisir de voir que les opposants idiots sont toujours présents.

      Supprimer
  3. C'est comme ça que tu réponds aux gens qui te contredisent sur ton blog toi ? : CONNARD !!! En tout cas, s'il est un connard (que je ne connaîs pas), toi tu es un VRAI BEAUF ' ! D'ailleurs, si c'est ta photo là, ça se voit !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est comme ça que je réponds aux débiles anonymes.

      Supprimer
  4. Bonjour, oui effectivement la zone de notre dame des landes est préservé du fait de ce projet qui n'a pas vu le jours: pas de remembrements, arrachage de haies... mais ce n'est pas une raison valable pour massacrer cette zone humide aujourd'hui. oui effectivement il n'y a pas de rapport entre la brière et cette zone et visiblement les personnes ont tout mélangé. Comme le projet ne verra pas le jours, les terres agricoles seront attribués suivant des projets d'installations variés (maraichage, élevage, plantes médicinales...)sur des productions extensives, bio permettant au plus grand nombre de s'installer et non aux agrandissements. Pour avoir un bon dossier sur l'environnement, la faune et la flore, le dernier Penn ar bed est sur NDDL. Pour ne pas être anonyme je suis agricultrice sur Couëron, éleveuse de mouton.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu es toujours anonyme.

      Et une agricultrice qui me dit que les terres seront exploitées en fonction de l'intérêt des terres m'amuse.

      Supprimer
  5. Ma foi je ne sais toujours pas quoi voter...Mais il est vrai qu'aux opposants je leur rétorquai que pour une fois l'état avait bien fait son boulot en réservant depuis longtemps ces terres et que c'était pour ça qu'elles étaient préservées, et que de toute façon on ne parle pas d'un produit chimique qui pourrait se répandre dans un fleuve alimentant des millions de personnes mais d'une toute petite zone humide et que cela ne faisait pas le poids face à un aménagement de territoires qui concernaient des millions de personnes. Faut avoir le sens de la mesure des choses.
    Maintenant je sais de source sûre qu'évidemment airbus a bien négocié le maintien de l’aéroport actuel en transférant une très grosse partie des coûts sur le contribuable (la question de la consultation est d'ailleurs extrêmement fallacieuse : êtes-vous pour le transfert de l'aéroport? Alors que le premier ne sera jamais fermé.).
    Donc les gros porteurs passeront toujours au-dessus de Nantes, et on a vu bien pire en implantation d'aéroport niveau sécurité.
    J'ai fréquenté beaucoup d'aéroport et on a jamais rien fait de mieux et pratique qu'un hangar rectangulaire en tôle. Et là le projet va coûter au moins un milliard (avec les dépassements on a encore jamais vu un projet public ne pas doubler son prix initial) pour fabriquer un truc d'architecte qui coûtera une fortune à entretenir et je fais le pari que les gens feront quand même la queue les uns sur les autres.
    Avec l'aéroport actuel, c'est 30 minutes en heures de pointes depuis le centre, à NNDL c'est 40 minutes en heures creuses. Même les bretons devront passer entre porte de Vannes et porte de Rennes, une portion complètement saturée du périph nantais. (le périph n'est toujours pas continu au niveau de la porte de rennes)
    Les rennais vont être à 1h30 de paris en TGV, ils garderont leur aéroport (donc aucun intérêt pour eux pour les liaisons internes d'affaires qui font la rentabilité d'un aéroport de province).
    Les vendéens sont out.
    Il y aura peut-être plus de vols internationaux en été pour les français autour qui ne passeront plus par paris, mais ce n'est pas ça qui fait la rentabilité d'un aéroport de province et qui développe l'économie autour non plus.
    Devenir un hub de province? ça ne s'est encore jamais vu dans aucun pays européen. (et reviens encore et toujours le problème de l'inter-mobilité)
    Le péage sera certainement plus élevé qu'avec l'actuel, donc les prix charters vont augmenter.
    Je devrais être plutôt pour en faisant le pari économique quand même mais je n'arrive pas à me convaincre que ça ne sera pas encore un enième éléphant blanc comme sait si bien financer l'état Français.

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.