20 août 2016

"Je ne suis pas socialiste"

Étroits mousquetaires attendant Macron pour une belote
J'aime beaucoup les réactions des vieux gauchistes aux propos d'Emmanuel Macron. Elles sont, en gros, de deux types « Ah ! Ah ! Ce n'est pas une nouvelle » et « Ah ben il aurait pu le dire avant de rentrer au gouvernement ». Ils feraient mieux néanmoins de se méfier. Comme disait un copain dans Facebook, c'est probablement la déclaration la plus populaire de Macron.

Notons bien que c'est ballot, ce lascar vient de chuter durablement dans mon estime. Son escapade au Puy du Fou est une erreur : aller voir un des pires réactionnaires du pays dans une entreprise qui subventionne Civitas. On a vu plus fin.

Il n'empêche que je ne suis pas socialiste. Je ne suis pas pour la mise en commun des moyens de production. Je partage beaucoup de valeurs avec mes camarades, la justice sociale, la répartition équitable des ressources, la solidarité,... Je suis plus dubitatif pour certaines, comme l'égalité des chances, qui ne saurait qu'être un rêve.

Et quand bien même je serais socialiste, je serais toujours aussi éloigné du Parti Socialiste, de plus en plus même. Le plus drôle (heu...) est que j'ai réellement découvert ce parti grâce aux copains blogueurs de gauche, il y a une dizaine d'années (alors que je votais déjà toujours pour lui auparavant), avec la présidentielle de 2007 et la primaire de 2008, notamment. Il y a d'un côté les socialistes de gouvernement et de l'autre les socialistes frondeurs, pour résumer. Les premiers sont très bien pour arriver au pouvoir mais deviennent complètement déconnectés ensuite. Les seconds sont très mauvais pour arriver au pouvoir s'ils ne deviennent pas « de gouvernement » mais sont toujours aussi déconnectés. Le plus drôle (bis...) est que pour arriver au pouvoir, la dernière fois, il a fallu un candidat d'un bord et un premier secrétaire de l'autre.

Franchement, c'est à mourir de rire. Tenez ! Le dernier événement, au PS, est la déclaration de candidature de Benoît Hamon. Son programme : revenu universel, proportionnel, poursuite de la diminution du temps de travail, libéralisation du cannabis. Je « like » et je « partage ». Pourtant, il est hors de question que je vote pour ce lascar pour différentes raisons. Je suis plus proche de l'aile opposée du parti, celle que je qualifiais « de gouvernement ».

Ce qui me surprendra toujours, chez mes camarades socialistes du côté des frondeurs, c'est-à-dire loin de la lignée « libérale » de Valls et d'Hollande, celle qu'avait choisie Montebourg dès le second tour de la primaire 2011, c'est qu'ils ne comprennent pas qu'ils n'ont aucune chance de gagner, non pas parce qu'ils ne proposent pas la meilleure politique, ils peuvent le penser et je suis d'accord avec Hamon, mais parce que les électeurs n'en veulent pas. D'ailleurs, le Montebourg en question l'avait très bien compris, en 2011, en s'éloignant de Martine Aubry. Dimanche, il va sans doute tenter de récupérer la « moitié » du parti plus proche de Martine Aubry que de François Hollande.

Je suis donc loin du Parti Socialiste et ne suis pas socialiste. S'il y avait une primaire sans François Hollande, dans la mesure où je pense que personne d'autre, à gauche, ne pourrait gagner la présidentielle, je voterai pour Jean-Luc Bennahmias qui se vante de faire partie de la majorité présidentielle et de ne pas être socialiste. Un programme qui me va !

En plus, il a créé un parti, l'UDE : l'Union des Démocrates et Écologistes. Je lui propose de changer de nom : l'Union des Démocrates et Europhiles. Les initiales sont les mêmes, il n'y aura pas à refaire les logos les comptes Twitter. Quant aux écologistes, ils gonflent tout le monde.

A force de raconter des trucs, il me faut parler de l'écologie et de l'Europe. Commençons par l'écologie. Prenez le moindre paysan Breton, il pratiquait le recyclage des déchets (ce qui est à donner au cochon, ce qui brule dans la chaudière, ce qui peut être mis dans le fumier et les bouteilles qui peuvent être récupérées pour mettre du cidre et de la gnole). Et des types en 4x4 issues des grandes villes voudraient leur donner des leçons d'écologie. Prenons un exemple au hasard : moi. Je ne trie pas mes déchets. Je n'ai pas de déchets (si je ne compte pas les commentaires de mon blog) à part des barquettes de bouffe en plastique et, bien sûr, des machins en papier. Je n'ai pas de voiture. Je prends les transports en commun. Qu'est-ce qui pourrait me séduire dans un programme écologiste qui lutte contre le nucléaire qu'il faudrait remplacer par des centrales à charbon polluant plus. Et l'Europe. Certes, elle est mal orientée et donne l'impression d'avoir été mise en place par quelques gougnafiers ne pensant qu'à leurs gueules. Mais elle existe, me semble indispensable, parfaitement démocratique si on ne produit pas d'arguments populistes. Mais elle doit être revue. C'est ballot, cela va nous faire perdre une trentaine d'années.

Toujours est-il que je suis toujours surpris quand mes copains (les vrais) socialistes (les vrais) sont attachés à ce nom de parti (le Parti Socialiste) et à son mode de fonctionnement (qui aboutit systématiquement à un bordel monstre quelles que soient les circonstances ; regardons maintenant, il semble cadenassé par un lascar mal coiffé qui pense jouer pour l'intérêt de la gauche et du gouvernement).

Il faut lui changer de nom, changer de structure, de gouvernance, de Martine Aubry. Il faut virer les Filoche et autres andouilles qui passent leur vie à rentrer dans le lard alors qu'ils n'ont jamais été élus.

Il faut changer de nom. Manuel Valls l'avait proposé en son temps avant de rétropédaler, ce qu'il doit bien regretter maintenant, et Emmanuel Macron vient de lancer un signal pris à l'envers par les membres du Parti Socialiste. Les électeurs fidèles ne veulent plus de ce parti archaïque avec une doctrine du même métal, incapable de gagner une élection nationale sans compter sur le rejet du candidat de droite et gardant des responsabilités locales un peu par hasard.

Il faut changer de nom et il ne reste que quelques mois pour le faire. Et "La Belle Alliance Populaire", ça ne le fait pas...

2 commentaires:

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